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Les lunettes dans lesquelles le centre d'anallatisme coïncide avec le centre de l'instrument qui les porte, sont appelées lunettes anallatiques. On s'en sert comme de simples lunettes stadiraétriques.
En faisant porter en K une stadia divisée en parties égales /, et en désignant, comme tout à l'heure, par N le nombre de ces divisions comprises entre les deux traits A et B qui viennent se peindre sur les fils a et ô du micromètre, fils dont l'écartement est m, on aura :
ffM fîn
IPP' Si Ton fait : = 1 mètre, la formule précédente deviendra :
ft = Nx 1",
et la distance du centre de rotation de l'instrument à la stadia sera proportionnelle au nombre de divisions lues sur cette dernière ; le problème sera donc résolu :
La lentille 0' s'appelle verre anallatiseur.
Remarque. — On a, dans le triangle rectangle AEK :
is
ou encore
S (fi ffn l
Cette remarque conduit à des considérations analogues à celles établies précédemment.
La lunette anallatique qui convient le mieux à nos instruments de topographie est celle de M. le colonel Goulier.
Je vais en indiquer les parties essentielles :
L'oculaire est négatif; mais il diffère de l'oculaire d'Huyghens décrit précédemment, en ce que les deux verres qui le composent ne sont pas des lentilles plan-convexes. La len-
tille de champ 0" est un ménisque convergent {voir fi g. 41), le rayon de la courbure concave étant trois fois plus grand que celui de la courbure convexe; son diamètre est égala W millimètres et sa distance focale principale à SI"",?. Le verre d'œil 0'" est une lentille bi-convexe à courbures inégales, l'un des rayons étant quatre fois et demie plus grand que l'autre; son diamètre réel est égal à 6 millimètres et sa distance focale principale à 11"*'",9. La lentille de champ est située à 9""",5 du diaphragme porte-fils, et le diamètre de l'ouverture de ce dernier est réglé à 5""",1 .
Le verre anallatiseur 0', qui est une lentille plan-convexe, a 13 millimètres de diamètre réel et 125 millimètres de distance focale principale. Il est situé a 25 millimètres en avant du foyer principal de l'objectif.
L'objectif, qui est une lentille achromatique, a 24"",5 de diamètre réel et 230 milHmètres de distance focale principale ;.et il est situé à 122 millimètres du centre d'anallatisme.
L'anneau oculaire se trouve à 5'"",1 du verre d'œil.
L'écartement des fils, pour l'angle stadimétrique de^,
est égal à S'"™,05.
Le grossissement est égal à 12; on pourrait porter ce gros-
sissement à 15 ou 16 pour l'angle stadimétrique de ^tj.
La lunette anallatiquc construite avec les dimensions que
je viens d'indiquer, donne Une netteté supérieure à celle des lunettes ordinaires munies d'oculaires de Ramsden.
Le mécanisme de l'oculaire, dans la lunette anallatique de M. le colonel Goulier, est analogue à celui qui a été décrit dans le chapitre II (fig. 27) ; je ne parlerai que du verre anallatiseur et des pièces qui l'accompagnent.
cp
Jt f
Fig. 42.
Le corps de la lunette {fig. 41) est prolongé par un tube T d'un plus petit diamètre, dans lequel entre à frottement doux le tambour t, qui porte le verre anallatiseur 0'. La position de ce verre est fixée au moyen delà vis V, l'une de celles qui arrêtent le guide g du coulant G qui porte l'oculaire.
Ce dernier enveloppe le tube T ; il porte en son milieu un collier cl venu de fonte avec lui et qui porte luimême l'axe de rotation A du bouton yi^ ^5 molèté B {voir fig, 42 et 43).
Derrière celui-ci est fixée, avec une excentricité de 7 millimètres, la vis flj qui est l'un des axes de rotation de la bielle bL L'autre axe a^ est vissé dans le guide du coulant.
Au moyen de cette bielle, le mouvement de rotation imprimé au bouton moleté B se transforme en un mouvement de translation du coulant. Un arrêt r empêche le bouton de tourner dans un mauvais sens. Il suffit de dévisser a^ pour pouvoir retirer le coulant et essuyer le verre anallatiseur 0'. En mettant le coulant de l'oculaire à l'extérieur, M. le co-
lonel Goulier a pu lier invariablement l'objectif et le verre anallatiseur ; cette liaison invariable est indispensable pour la stabilité de la direction de l'axe optique de la lunette et de la valeur de l'angle stadimétrique.
Enfin, la lunette anallatique dont je viens d'indiquer les parties essentielles renferme 6 diaphragmes situés à 6 millimètres, 49 millimètres, 39 millimètres, 75 millimètres, 423 millimètres, i 75 millimètres de l'objectif, et dont les diamètres en millimètres sont : 20,7, 20,19, 46,5, 43,5 et 40,2.
La lunette anallatique de M. le colonel Goulier a été adaptée à la boussole nivelante qui porte son nom.
La stadia qu'on emploie avec la lunette anallatique est analogue à celle qui a été décrite précédemment, à cette différence près qu'elle n'a pas de division réduite.
Quelquefois on dispose verticalement les fils micrométriques, et on se sert d'une sladia horizontale qui porte le nom d'euthymètre et qui comprend trois parties distinctes : le cadre à pédale, la stadia et l'arc-boutant.
Pour le transport, la stadia et l'arc-boutant sont enfermés dans le cadre A ; pour l'usage, on retourne la stadia B {fig. 44) de manière à ce que ses divisions soient à l'extérieur et on lui imprime un quart de révolution autour 'dé son axe 'pour la rendre horizontale.
L'articulation G, autour de laquelle tourne la stadia peut glisser le long d'un montant divisé, ce qui permet de la fixer à la hauteur de l'axe de la lunette, à l'aide d'une queue d'excentrique D {voir fig. 44 bis).
Le porte-mire doit suivre les indications suivantes :
Après avoir tourné la stadia vers l'opérateur, il empoigne avec la main gauche le montant gauche du cadre et le bout de l'arc-boutant E dont le pied doit être à sa gauche, et il maintient le cadre verticalement en suivant les indications d'un perpendicule F.
Il cherche ensuite à voir le petit rond blanc dans le collimateur H fixé sur la platine de l'articulation; puis, élevant un peu l'œil pour voir à la fois le rond et la lunette, il incline la
Piff. 44.
Fig. 44 th.
stadia autour de son articulation, et il la fait tourner autour de la verticale jusqu'à ce que la lunette paraisse enfermée dans le rond blanc; dans ces conditions, l'écart entre le rayon visuel et la perpendiculaire à la stadia est insignifiant.
Quand l'aide est prêt, l'opérateur dirige la croisée des fils de la lunette sur le carré noir placé au centre de la stadia ; il lit les nombres et les fractions de division qui correspondent aux deux fils stadimétriques ; puis il vérifie immédiatement si la somme des deux lectures est égale à 400 divisions, à peu près; cela doit toujours avoir lieu quand les fils stadimétriques sont équidistants du fil du milieu; cette somme peut différer de 400 de une ou deux unités, mais toujours dans le même sens. .
Il vaut mieux, afin de réduire l'erreur de lecture, désorienter un peu la lunette pour obtenir que l'un des fils stadimétriques bissecte une division blanche.
L'euthymètre ne peut donner, par ce moyen, que les distances inférieures à 88 mètres • mais on peut aller jusqu'à 470 mètres en opérant de la manière suivante:
On pointe d'abord le fil de gauche, puis le fil du milieu sur la division chiffrée 10, 20 ou 30, et l'on fait la somme des nombres de divisions qui, dans chacune des visées, paraissent compris entre ces fils et ceux qui sont placés à leur droite, c'est-à-dire dans les deux moitiés de l'angle stadimétrique ; cette somme est la distance cherchée.
Gomme vérification, on examinera si le second des nombres de divisions est plus grand ou plus petit que le premier de une, deux ou trois unités, selon que la somme des lectures est plus grande ou plus petite que 400.
L'euthymètre a son utilité sur tous les terrains où la partie inférieure d'une stadia verticale pourrait être masquée par des branches ou des feuillages, par exemple ; seulement l'approximation des lectures est moins grande que sur cette dernière, parce qu'on ne peut pas, à moins de rendre l'appareil
très encombrant, faire l'angle stadimétrique supérieur à rfri-
M. le colonel Goulier vient très récemment de remplacer le collimateur par iki viseur muni de trois œilletons entre lesquels on choisit celui dont l'emploi est le plus commode; ce viseur se fixe sur le montant de droite, soit au-dessus, soit au-dessous de l'articulation.
Quand on emploie Teuthymètre, la stadia horizontale ayant été dirigée perpendiculairement au rayon visuel, on doit, pour avoir la distancahorizonlale, multiplier la lecture par le cosinus seulement de l'angle d'incUnaison; tandis qu'en opérant avec une stadia verticale, la lecture doit être multipliée par le carré de ce cosinus.