‹ Notice sur les manuscrits trouvés à HerculanumChapitre 6 sur 11 · LES VOLUMES DES ANCIENS · texte numérisé non relu

LES VOLUMES DES ANCIENS

JLa forme des livres anciens dépend de la matière dont ils sont confectionnés. On pliait ordinairement les livres sur parchemin, auxquels s'applique le nom de codices (1); ceux en papyrus au contraire formèrent longtemps des rouleaux , volumina. Avant la découverte importante qui nous occupe, il fallait, pour connaître les volumes, recourir aux passages des anciens et à quelques monumens antiques ; mais les volumes, tirés des fouilles d'Herculanum, nous permettent de préciser plusieurs points autrefois douteux, quoique leur forme ait éprouvé des changemens plus ou moins graves.

Un volume est composé d'un certain nombre de feuilles ou colonnes, schedae, plagulae (1), jointes si

(1) «Plurium tabularum contextus caudex apnd antiquos vocabatur," dit Senèque, De Brevit. vit., c. 13. Les Grecs appel aient ces tables âilrot. v. Baehr ad Herod. VII, 239, indépendamment de leur forme.

(2) Salmasius, in Vopisc. , p. 446, D.

parfaitement au moyen de la colle, qu'on a de la peine à en distinguer la réunion. Le nombre des colonnes dépend en quelque sorte de l'étendue de l'ouvrage qui y est contenu; car les recueils d'ouvrages des divers auteurs (Miscellanea , Mélanges) sont bien rares. Les volumes d'Herculanum n'en offrent qu'un seul exemple que je sache (1). Jusqu'ici deux traités de Philodème sur la rhétorique, N°. 1674 etN°. 1015, dont l'un contient soixante-dix, et l'autre soixantedix-sept colonnes, passent pour les plus forts de la collection. Un volume , déchiffré récemment par M. Quadrari, a eu jadis une étendue bien plus grande. Il résulte du nombre des pages, marqué au bas de chaque colonne, et parti de la main de celui qui a écrit le texte, que les cent vingt-six premières pages en sont perdues. Nous savons d'ailleurs que l'Iliade et l'Odyssée, l'ouvrage de Théophraste sur les plantes, la guerre Punique de Naevius, ont été

(1) Nc 1418, <bi,Xoârtiiov nul twûv akX<av TtQuyfjouxtZab. —

On est leuté de penser à ces volumes de mélanges, en examinant la distinction entre volumina commixta et simplicia et digesta, dont parle une note tirée d'un ancien manuscrit de Plante. M. Bernhardy, dans les Annales critiques de Berlin, 1838, p. 829 — 31 soutient cette opinion contre M. RitschI, qui a discuté ce point dans l'onvr. cité, p. 23 suiv. L'original Grec de cette note intéressante est publié depuis par Cramer, Anecd. Graec. Paris 1839 et reproduit par ïïeineke, Fragm. Comic. Graec. II. P. 2, p. 1234, s. Selon l'auteur anonyme (Ttetza) il y eut dans la bibliothèque du Bruchium 017*tu,yâ)v fikv fîifiXw âQi>&fjkbç % i 00 uqâxovx a ftvQtàâtq, à/i,t>yûv ai xai àrrkûv ftVQiââeç irvéa. p. 1238. Mein.

quelquefois réunis dans un seul volume (1). Mais comme de tels volumes étaient incommodes aux lecteurs, on divisait ordinairement les grands ouvrages en plusieurs livres, et chaque livre formait le contenu d'un volume séparé (2), quelquefois même de plusieurs volumes (3) , comme le quatrième livre de Philodème sur la rhétorique, et le cinquième du même auteur sur les poèmes ont été divisés en deux parties(4). La largeur des colonnes n'est pas toujours la même; ordinairement on compte de quatre à six pouces. Le nombre des lignes ne s'élève pas au dessus de 50 par colonne. Il est douteux, si Winckelmann ne s'est pas trompé, en disant avoir trouvé les traces d'un encadrement des colonnes en lignes rouges (5); quoique d'une autre part il soit bien constaté que le papier était quelquefois réglé, pour empêcher que l'écriture n'allât de travers (6).

(1) XJlpian., 1. 52, §. 1. Dïg. de légat. III. Plin. H. N. III, 5, Suét. De 111. Grammat., 2.

(2) C'est ainsi qu'Ovide, Trist. I, 1, 117, appelle ses quinze livres de Métamorphoses: nMutatae 1er quinque volumina formae."

(3) Plin. Epist. III, 6. «Libri très in sex volumina propter amplitu- »dinem divisi."

(4) N. 1423, Tteçl ÇTjroQwfjq â' rûv (ïq âi'o tô TtQÔxtQov. N. 1538, Ttfçl TtoitjfiaroJv rov e' râv -sic âi'o xô /?'. Il paraît que les W. 1007 (Hercul. Volnm. Oxon., P. II , col. 1—45) et 1425 (ouvr. cité, P. II, col, 117—155) en contiennent la partie qui manque.

(5) Winckelm., S. W., II, p. 118 et 233.

(6) De Jorïo, p. 38 (b). Winckelmann n'avait pas vu ces lignes, mais il observe fort à propos qu'elles s'appellent en Grec aXonëç^ sillons.

Bien qu'il résulte du passage de Pline concernant le papier d'Auguste, qu'il était assez solide pour permettre l'écriture des deux côtés, l'usage cependant n'admit ce procédé que pour les lettres familières ou pour des notes privées. Ainsi Pline le jeune nous parle de centsoixante volumes de commentaires choisis, que son oncle avait inscrits sur les deux côtés du papier (1), et quand Lucien fait mention d'un sac rempli délivres pareils, c'est uue preuve de la pauvreté de leurs auteurs, les Cyniques (2). J u vénal, pour se venger de l'ennui que lui avait causé une mauvaise tragédie d'un de ses contemporains, nous dépeint la pièce comme remplissant non seulement les marges , mais encore le revers d'un volume, sans être achevée (3j. Le mot adversaria, pour désigner des notes, dérive de la coutume de porter ses remarques sur le revers du manuscrit.

Par cette manière d'écrire, les bouquins mêmes pouvaient être employés , ne fut-ce que pour les donner aux enfans , occupés à apprendre à tracer- les caractères (4). Souvent aussi l'inexorable éponge effaçait des volumes entiers (5). On connaît le pas-

(1) Plin. Epist. III, 5.

(2) Lacian., Vit. Auct., §. 9.

(3) Juven. Sat. I, 5.

snmma pleni jam margine libri Scriptus et in tergo, necdum finitus, Orestes.

(4) Martial. IV, 87, 11. L'endroit d'Horare , Epist. 1,20, 17, s., cité par Winckelmann, II , p. 222, N. 75 , nous semble dire antre chose.

(5) Martial. IV, 10.

de Cicéron (1) sur les palimpsestes, quand il demande en plaisantant à son ami Trebatius qui lui avait donné de ses nouvelles sur un tel chiffon de papier, s'il avait contenu des formules de jurisconsulte y ou bien des lettres de ses amis? Ulpiennous apprend qu'il était permis de faire un testament sur le revers d'une feuille et sur un écrit effacé (2).

Les volumes d'Herculanum s'accordent tous avec les témoignages des auteurs. Un seul volume présente trois colonnes de l'autre côté , ce qui fait présumer que c'est là un autographe de l'auteur. L'auteur entraîné par sa verve , aura plutôt dépassé les bornes de son livre , qu'un copiste ne se sera trompé sur la mesure (3).

Quand la copie était achevée, on attachait au bout une baguette de bois ou d'os (4), qu'on désignait sous le nom de nombril, umbilicus, 6{i<paXoç (5). Dans quelques volumes d'Herculanum des bandes de papier fortement collées ensemble, remplacent ces ver-

(1) Cicer. ad Faniil. VII, 18. — Catall. Carm. 22. v. 5.

(2) L. 4, D. de bon. poss. sec. tab. (37, 11). «Testamenta fieri pouterant in opistographo et in charta deletilia."

(3) V. de Jorio, p. 75 (a).

(4) Porphyrins ad Horat. Epod. 14, 8. »In fine Jibri umbilici ex aligno aut osse fieri solebant."

(5) Salmas. Exerc. Plin. , p. 704, s. Delà dérivent les expressions: Ad umbilicum pervenire, Horat. Epod. 14, 8, et Ad umbilicos deducere , Mart. Epigr. IV, 01 , 2, ponr terminer, conduire à la fin.

ges (1) , mais les tuyaux, dont parleWinckelraann (2), n'existent nulle part. Une autre opinion, avancée par le même auteur, ne me paraît pas mieux fondée; il prétend que chaque volume aurait eu deux baguettes attachées aux deux extrémités du rouleau.

Il est vrai qu'en déroulant le volume, on aurait pu se servir d' une telle baguette ; mais admettre un fait sur un tel raisonnement, cela est arbitraire. Ni les volumes d'Herculanum , ni les restes d'antiquité figurée, ne viennent à l'appui de cette opinion. Dumbilicus qui souvent manque absolument, comme dans le volume qu'on voit entre les mains de Clio (3), s'il y est , on le remarque toujours au centre, Winckelmann invoque en vain l'emploi du mot umbilicus au pluriel, pour constater ce fait; le nom dumbïlicus est affecté à cette baguette, parce qu'elle se termine en deux pointes ou cornes, et non pas parce qu'elle se trouve au milieu du volume. Cornua et umbilici sont sans doute des synonymes , et l'expression: Ad umbilicos deducere, équivaut à celle qu'on trouve ailleurs chez Martial (4) : Explicare librum ad sua cornua.

Les anciens avaient encore adopté la coutume de

(1) De Jorio, ouvr. cité, p. 19,

(2) Winck., II, p. 103 et 231.

(3) Pitt. cTErcol. II, ta». 2. — V. aussi la vignette à la p. 66 du même vol., et V. VII, tav. 63.

(4) Epigr. XI , 107.

dorer ou de peindre cette baguette là ou elle dépassait les tranches; il en est question à diverses reprises (1). Un billet attaché au volume contenait le titre de l'ouvrage. C'est l ^ index , dont parlent les anciens, et qui a quelquefois été confondu avec la table des matières. Les indices des volumes d'Herculanum n'ont pu résister à la matière volcanique; mais leur forme nous est connue par les peintures anciennes. Les rouleaux, placés près de Clio, et ceux qu'on voit sur une autre peinture de Pompeji, connue sous le nom de la leçon du philosophe (2) , sont pourvus de Pindex. Dans une représentation de décorations architectoniques on observe Pindex attaché au milieu du volume déroulé, et on y distingue même des caractères lisibles. (3). Il ne sera pas inutile d'indiquer quelques passages des anciens relatifs à cet objet. Cicéron, retourné de l'exil, prie son ami Atticus, qui comptait plusieurs libraires parmi ses esclaves, de lui envoyer deux colleurs, glutinatores , pour réparer les dégâts que sa bibliothèque avait soufferts. »Or-

(1) V. Tïbnll. III, 1, 13.

Atuue inter geminas pingantur cornua frontes. Ovid. Trist. I, 1, 8. Martial. Epigr. III, 2, 9. Lucian. adv. indoct., c. 7, de merc. cond. 41.

(2) Pi». d'Ercol. II , tav. 2 ; VII , tav. 63.

(3) V. Winckelm., II, p. 233 et 242. Pitt. d'Ercol. V, p. 375. Le lien ou la courroie, qui se voit <lans cette peintore et dans une autre, III, tav. 45, semble avoir été destiné pour lier le rouleau Martial. Epigr. XIV, 37 ; ce sont les lora ruhra de Catulle, epigr. XXII , 7.

wdonne," ajoute-t-il , »qu'ils apportent du parchemin »pour faire des indices , que vous autres, si je ne me » trompe, nommez mWvfiovç" Atticus ne tarda pas à satisfaire aux désirs de son ami , et peu de tems après celui-ci lui rendit compte des services que Dionyse et Ménophile venaient lui rendre (1).

Le même auteur, en parlant de La défense de Messins , lieutenant de César, et de celles de Drus us et de Scaurus, qui lui furent confiées, ajoute ces mots: ))Paranturorationibus indices gloriosi" (2), c'est-à-dire: » Je pourrai décorer mes plaidoyers de titres pompeux," puisque les Drusus et les Scaurus appartenaient aux familles Romaines les plus distinguées. — Tibulle, en décrivant le volume qu'il offrira à son amie, ne néglige pas ce titre (3), qui d'après Martial était souvent colorié (4).

On ne saurait dire avec certitude si le titulus ' , dont parlent le même Martial (5) et Sénèque (6), est identique avec Vindex. Je suis porté à croire qu'on donnait plus particulièrement ce nom à l'inscription sur

(1) Epist. ad Au. IV, 4, 5 et 8. (2) Epist. ad Au. IV, 15, 9.

(3) Tibull. Eleg. III, 1, II, suiv.

Summatjue praetexat tenuis fastigia chartae , Indicet nt nomen litera facta tneuoi.

M. Becker propose de lire tenuis charta, correction facile, qui rend le sens plus clair. V. Gallus, I. p. 172.

(4) Epigr. III, 2, 11. »Et cocco rubeat superbus index.7'

(5) Epigr. XII, 3, 17. —

(6) Seneca, De tranq. anim., c. 9. Lucien, De conscr. hist., e. 30, le désigne par le mot ÏTtvy 'qâcpij.

le dos du volume, telle que la présentent deux antiques du Musée deNaples (1), et plus distinctement un des volumes d'Herculanum, selon M. de Jorio (2), qui cite le N°. 1491.

On sait quelle confusion causa l'absence de ces inscriptions. Athénée nous apprend qu'un seul poème d'Archestrate fut cité sous quatre titres divers (3). Les copistes ne trouvant pas le titre véritable, en formèrent un selon leur gré , comme il arriva par exemple à l'oraison de Cicéron, de imperio Cn.Pompeji, qui nous est parvenue sous la fausse dénomination : Pro lege Manilia (4).

Les volumes d'Herculanum offrent toujours le titre répété à la fin de l'ouvrage, soit immédiatement après la dernière ligne, soit sur une colonne séparée, soit enfin des deux manières, comme dans le manuscrit de Philodème sur la musique. Mais ils ne sauraient résoudre la question de savoir, si le titre de l'ouvrage et le nom de l'auteur se trouvèrent également en tête du manuscrit. Quelque peine qu'on se donne pour dérouler les volumes entiers, jamais on n'a réussi à sauver les premières

(1 ) De Jorio, Off. dei papiri, p. 60. La statue marquée W. 332, salle de l'Atlas, réprésente Homère (Gerhard, Neapelsantike Bildw. l,p. 98). L'antre marbre, N°. 363 de la même salle, jadis connu sous le nom d'Aristide (Gerhard, p. 105, s.), paraît représenter l'orateur Eschine.

(2) p. 59 (a). (3) Athen. I, p. 4, E.

(4) V.Wunderi Variae Lect., e. cod. Erfurt. enotatae, Prolegvp. LXII, s.

colonnes , pas même dans les rouleaux les mieux conservés et pourvus d'une enveloppe. Ce seul fait suffit pour soulever des doutes touchant les assertions de Paderni et de "Wmckelmann, au sujet d'un ouvrage botanique de Phanias (1). Après tout ce qu'en disent les témoins que je viens de citer, ce serait trop hasarder que de traiter leur récit de fable ; néanmoins je partage l'opinion de Mr. Quadrari, lequel à ma demande, si ce prétendu volume n'avait laissé aucune trace, m'a assuré que dans le Musée de Naples il n'y a pas un seul fragment connu avec ce nom de Qunaç ou Oavjjaç. Il r^en existe aucune trace, ni dans les registres des faits relatifs aux travaux , ni même dans une tradition verbale. Or quel intérêt n'aurait pas excité ce nom de Phanias? n'aurait-on pas fait l'impossible pour dérouler et déchiffrer ce volume? Si, après des tentatives ton* jours vaines, on s'était vu forcé d'abandonner l'entreprise, n'en aurait-on pas au moins consigné tous les résultats? n'aurait-on pas gardé comme une relique précieuse ce titre brillant, avec le nom de l'auteur? Tout bien considéré, il paraît que ce fait, quoique rapporté par tant de personnes , à même de se convaincre de la vérité, n'est pas mieux garanti t que tant d'autres apparitions éphémères du tems de la renaissance des lettres en Italie.

(I) De Murr , p. 5, sniv.

Revenons au sujet. Une enveloppe de parchemin, quelquefois pourprée (1) , préservait l'extérieur des volumes. D'après les observations de Sir H. Davy (2), cette enveloppe doit avoir été autour des rouleaux lisses, qu'on désigne sous le nom de vernissés (invetriati).

Les gens de lettres plaçaient les livres perpendiculairement dans des cassettes, connues sous le nom de scrinia ou capsulae (3). On s'en servait surtout en voyage; ainsi Catulle (4) raconte à un de ses amis, qu'il a laissé sa bibliothèque à Rome et qu'une seule de ses nombreuses cassettes l'accompagne à Vérone. La statue d'Orbilius à Bénévent avait deux de ces boîtes pour attribut (5). Leur forme est connue par les peintures d'Herculanum que j'ai déjà indiquées.

Quelquefois elles étaient en bronze, mais le plus souvent on se servait du hêtre (6). Dans un siècle, où les porteurs de lettres ne se faisaient aucun scrupule de parcourir les lettres d'autrui (7), il importait de garantir les cassettes de l'indiscrétion. Horace nous

(1) Mart. Epigr. I, 67, 11 j I, 118} III, 2, 10; V, 6, 14; VIII, 72; XI, 1, 2. Tibull. III, 1 , 0.

(2) Philos. Transact. 1821 , p. 198.

(3) Catull. XIV, 17. Mart. 1 , 67 ; IV, 33; XIV, 37. — Lucien les nomme àTtofryxcti, râv fii.fikl'j)v. adv. indoct. 5.

(4) Catull. LXVIII, v. 33-36. (6) Sueton., De gramm.it., 9 extr.

(6) Plin., H. N. XVI, 43, 229. Horat. A. P., 332.

(7) Cic. ad AU. I, 13, 1.

l'apprend. »Tu hais les clefs et les sceaux, dont la »modestie se prévaut," dit-il à son livre, impatient de sortir enfin de la capsule et d'être livré au public (1). Martial parle de papier vierge , que l'auteur tient enfermé dans sa cassette et qui n'est pas encore frotté par le menton du lecteur (2). Ces remarques suffiront pour éclaircir la matière, pour autant qu'elle se trouve en rapport avec les volumes d'Herculanum. Passons maintenant à la considération de l'état actuel de ces monumens curieux.

(1) Horat. Epist. I, 20, 3. »0disti claves et grata sigilla pudico."

(2) Mart. Epigr. I, 07

Sécréta quaere carmina et rudes curas, Qnas novit unus, scrinîoque signatas Custodit ipse virginis pater chartae; Quae trita duro non inhorruit mento.

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