‹ Notice Sur Les Modes De Germination Et De Ramification Du Glaux Maritima LChapitre 3 sur 4 · G SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

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figure symbolique de la croissance ; à peu près comme M. Al. Braun l’a fait pour le Gnlanthvs nivalis , YHepotica nobilis, etc.; les coupes longilutlinales et transverses ne manqueraient pour aucun genre d’évolution.

Ces travaux ont été entrepris, pour une foule de plantes, par MM. Al. Braun, H. Wvdler, Th. Irmisch, Fr. Buchenau, etc., etc. M. Vaucher,dans son Histoire physiologique des plantes d’Europe, a commencé un travail semblable dès 1830, mais cet auteur était trop pénétré d’idées téléologiques, qu’il faudrait bannir du genre d’études que nous proposons ; on les réserverait, au besoin, pour la Botanique des gens du monde. Toutes les évolutions souterraines, les foliations et les préfoliations, les inflorescences, les torsions, les spirales, les métamorphoses de tout genre seraient passées en revue; nous aurions ainsi un tableau dramatique de la vie des plantes ; tandis que les descriptions que nous donnent les Aoristes ordinaires ne présentent que le tableau sans vie d’un moment dans l’existence d’une plante.

M. Irmisch est passé maître dans ce genre de description et de représentation graphique de l’évolution. S’il réunissait tous ses travaux épars en un Essai d’une flore morphologique de l’Allemagne, nous aurions là un modèle excellent à suivre ou à imiter. Pour vous montrer combien les descriptions des Aoristes français sont peu morphologiques, je citerai celle de YHepatica nobilis , dans une flore française toute récente (1865).

« Feuilles toutes radicales, triangulaires, à lobes ovales entiers. Pédon- » cules radicaux uni flores à peine plus longs que les feuilles. »

Je le demande, que signifie cette phrase, qui a la prétention d’être diagnostique ? « feuilles radicales et pédoncules radicaux » est bien vieux ! D’où sortent ces pédoncules et ces feuilles radicales? Quelle est la succession évolutive des feuilles-squames à aisselle fertile et des feuilles de végétation à limbe trilobé ? Dans le langage diagnostique, on devrait, une bonne fois, abandonner les feuilles radicales et les pédoncules radicaux / En quatre ou cinq lignes, on pourrait donner un tableau vivant de l’évolution de l’Hépatique, que MM. Al. Braun et Th. Irmisch ont d’ailleurs parfaitement décrite et figurée. Ce sont même les caractères morphologiques ou d’évolution qui fournissent les plus beaux et les meilleurs signes diagnostiques. Le sympode des Droséracées est toujours encore une grappe roulée en crosse. Les mots de soucfle, de racine , de rhizome , de stolons sont employés généralement de la manière la plus vague. II faudrait nécessairement s’entendre sur les termes, qui devront avoir un sens précis. On ferait de cette manière une florp pour les savants et même pour les gens du monde, car les descriptions seraient des tableaux animés.

Les diagnoses descriptives, dans nos flores vulgaires, commencent à nous paraître bien fastidieuses; personne ne peut les lire sans ennui; tandis qu’une description même très-longue, de MM. Braun, Irmisch, Buchenau, etc., nous intéresse constamment. M. Grimard a commencé à marcher dans cette voie dans

le premier volume de son livre : La Plante ; dans le deuxième, les connaissances, les études spéciales lui font défaut ; mais ce n’est là qu’une question de temps. Si M. Grimard s’y mettait avec ardeur, il nous donnerait facilement la biographie morphologiquement vraie d’une quinzaine de Renonculacées ou de Labiées, et ce serait déjà beaucoup.

Ces études nous débarrasseraient aussi d’une autre plaie de la botànique moderne. Je veux parler de la recherche anxieuse des espèces linnéenncs. Linné n’a décrit qu’un très-petit nombre de plantes européennes nouvelles. Presque toutes les espèces linnéennes se trouvent mentionnées dans le Pinax de G. Bauhin ou dans YHistoria de J. Bauhin, ou par Dodoëns, Lobel, Clusius, Camerarius, etc., etc. Ainsi les deux tiers des plantes rhénanes ont été décrites et ligurées par Tragus et Tabernæinontanus, et les cinq sixièmes par les frères Bauhin. Si l’histoire littéraire d’une plante doit être intéressante, elle ne l’est qu’à la condition de la commencer par les origines primitives et de la suivre à travers les siècles. Nous trouvons chez Tragus les descriptions morphologiques les plus naïves et souvent les plus justes, surtout dans l’édition allemande ; dans l’édition latine de Kyberus, ces détails charmants disparaissent en partie ; le latin des savants exclut la naïveté.

Les Adumbrationes de Linné sont des descriptions dépourvues de toute valeur morphologique; il y a quelquefois des annotations physiologiques sur les plantes horaires (noctiflores, vespertincs, matinales, etc.) ou sur les usages populaires. Il en est de même des longues descriptions de Mertens et Koch, qui n’ont absolument qu’un intérêt diagnostique. Nous ne blâmons nullement Linné et ses successeurs d’avoir écrit et agi dans ce sens; c’étaient l’esprit et la tendance de l’époque. C’est pourquoi, quand Gœthe fit paraître, en 1790, sa Métamorphose des plantes , personne ne voulait ni ne pouvait le comprendre, et encore aujourd’hui nous voyons des Aoristes qui se mettent à décrire des espèces sans le moindre souci des travaux morphologiques de De Candolle, de R. Brown, de Cari Schimper, d’Al. Braun, de Tbilo Irmisch et de tant d’autres. On ne veut toujours encore que distinguer et séparer ! Il est vrai, la morphologie a une tendance contraire ; elle veut généraliser (confondre, disent ses adversaires). En effet, Gœthe a eu raison de dire que la morphologie conduit logiquement ou fatalement à l 'amorphe (zum Formlosen) ( 1); mais, dit-il, un contrepoids, une force centripète, empêche celte confusion, cette indétermination des formes; c’est une persistance de celles-ci dans de certaines limites ou circonscriptions. La nature semble s’appliquer à ne pas briser le moule dans lequel elle a coulé ses créatures, tout en se permettant quelquefois des modifications plus ou moins profondes.

Je reviens donc à mon idée fondamentale, savoir, à la rédaction, dans la

(1) Voyez E. Faivre, Œuvres scientifiques de Gœthe, p. 381.

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