Fac igitur libi arcam de lignis quadratis, etc
Le premier sujet est douteux; le second s’explique par sa position, la composition suivante représentant 1 arche au milieu du déluge. Au lieu d’Enos, il faut peut-être voir, dans le personnage les bras étendus, Noé invoquant le Seigneur. Quelle quelle soit, cette figure est dun très-beau dessin, et l’ajustement des draperies d’une rare élégance. On remarquera l’ornement très-gracieux du bas de la robe; il est tout à fait hellénique.
Pl. XI. Nef, rangée supérieure. — L’arche. Gen. vu, 2 3.
23. « Et delevit omnem suscitationem quæ erat super faciem terræ, ab homme usque « ad pecus et reptilia et volalilia cœli. Et deleta sunt de terra. Et relictus est solus Noe, et qui « erant cum eo in area. »
L arche est figurée comme un grand vaisseau dont une des extrémités, la poupe ou la proue, il est difficile de décider, se termine par une tête fantastique. Cet ornement, qui se retrouve, avec quelques différences de caractère, dans la tapisserie de Bayeux, est évidemment emprunté a 1 antiquité grecque et romaine. Sur le vaisseau s’élève un bâtiment à trois étages. Des animaux de diverses espèces, et par couples, paraissent à chaque ouverture des deux premiers étages. Noé et sa famille se montrent aux fenêtres de letage supérieur : ils sont hors de toute proportion avec la grandeur de ces fenêtres et celle des animaux représentés au-dessous deux. Toutes les ouvertures de l’arche sont des arcs surbaissés. On n’y peut guère voir quune fantaisie ou bien une maladresse du peintre, car cette sorte d’arc, bien quelle ne fut pas absolument inconnue au xn° siècle 1 , n’était du moins que très-rarement employée.
Quelles sont ces deux figures qui semblent chercher à grimper sur le toit de l’arche? Les traditions rabbi niques rapportent qu’un géant, s’accrochant à l’arche, échappa de la sorte du naufrage2. Suivant une autre version, des géants auraient essayé de faire chavirer l’arche et d entraîner Noe avec eux dans la destruction générale. Serait-ce un souvenir de cette tradi-
1 On peut en voir un exemple dans l’église de Montmajour, près d’Arles.
2 » Volunt enim Og rex Basan unum ex gigantibus antedilu- «vianis fuisse, qui cum ob magnitudinem corporis locum in " arca habere non potuerit, insiliens in arcam sententiam di- “luvii evasit, qui postea famulus Abrahami fuit, et captum
"fuisse Lot eidem nuntiavit, secundum quod legitur. (Gen. xiv, « i3.) Et veniens qui evaserat.... quod intelligunt Rabbini qui eva- «serat a diluvio, non a præda illorum pugnantium contra « Sodomæos. o Hujusmodi Talmudistarum nugæ referuntur in En Israël. Part, n, p. 1 54 • Bartolocii Bibl. magn. Rabbinica, pars ni, 62 9.
EXPLICATION DES PLANCHES. 107
lion que I artiste aurait retrace dans son tableau?. Il esl impossible de voir dans ces deux figures des membres de la famille de Noé, car l’Écriture représente l’arche comme entièrement fermée jusqu’au retour de la colombe.
Sous 1 arche, les flots roulent des cadavres. Les vagues sont exprimées par des traits bleus ondulés.
Le dessinateur a omis, ou plutôt n’a pu voir un oiseau volant au-dessus de l’arche. La couleur est tellement altérée qu’il est impossible de savoir si c’est le corbeau ou la colombe que le peintre a voulu représenter.
Pl. XII. Nef, rangée supérieure. — Deux sujets : A, Sortie de l’arche; B, Sacrifice de Noé. Gen. vin, 1 5-2 1 .