‹ Notice sur les pierres sculptées du Guatémala récemment acquises par le Musée royal d'ethnographie de BerlinChapitre 2 sur 4 · I.ES PIERRES SCULPTÉES DU GUATEMALA · texte numérisé non relu

I.ES PIERRES SCULPTÉES DU GUATEMALA

ches entreprises pour la science de l’antiquité américaine. Et cependant ces pierres se trouvaient au pied du volcan d’Atitlan, l’Atital-Huyu, par conséquent en ce lieu dont le nom rappelle celui de la femme primordiale i 2. Atitou l’aïeule, de laquelle toutes les familles princières du pays prétendaient descendre, depuis son union à Copichoch. C’est là que nous amènent les migrations des Cholutèques, se faisant jour à travers la plus haute antiquité, également importantes au point de vue de la géographie et au point de vue de la linguistique, là, dis-je, au milieu de cette contrée où l’on s’est heurté à ces trésors historiques.

Lorsqu’ils furent forcés d’abandonner les lieux de leur patrie consacrés par de pieux souvenirs, les Cholutèques 8 (Xuchiltépèques et Vitznahuas) 3 cherchèrent à s’établir sur les confins de Téhuantépec et de Soconusco, jusqu’à ce qu’ils se vissent menacés et pressés par leurs ennemis, les Olmèques. De nouveau, ils sentirent, eux, les héritiers de la science et de la civilisation toltèques, peser sur eux le joug d’une horde de barbares, joug alourdi encore par les sarcasmes et les affronts de tous genres qui venaient s’y ajouter chaque jour. Lorsque la mesure fut comble, les princes, plus indécis encore après chaque assemblée, s’adressèrent aux prêtres et ceux-ci demandèrent un délai de huit jours pour consulter les dieux. Ils obtinrent un oracle qui ordonnait l’émigration, une fuite secrète. Les princes hésitaient, à cause des dangers qui menaçaient une entreprise aussi hasardeuse; mais le grand prêtre4 * *, plein de confiance en la divinité, promit une issue heureuse, et sur cette assurance, on entreprit l’exode, qui réussit malgré la poursuite des ennemis. Après vingt jours de voyage, on arriva sur les bords du fleuve Michatoyatl, et là on fit halte, car le vieux pontife qui avait conduit l’entreprise, et que l’on célébrait comme un sauveur, ne pouvait supporter plus longtemps les fatigues de la route. La faiblesse dans laquelle il était tombé

1 Centeotl (Tonantzin ou notre mère) était adorée à Mexico sous le nom de de Tonaeajohua (celle qui nous conserve) ou de Cihuatcoatl (la femme-serpent).

2 Les sectateurs de Quetzalcoatl, qui furent poursuivis depuis Huemac jusqu’à Cholula, gardèrent la religion de la paix; celte religion amena l'établissement des associations monastiques, comme en en rencontre aussi au Pérou.

3 Après la défaite des Centzon-Vitznahuas (les quatre cents hommes du Sud) par Huitzilopochtli, ceux qui refusèrent de se soumettre émigrèrent (d’après Sabagun) vers le Sud (Vitzlampa).

4 Nunca tuvieron rey, sino solo elegian los sacerdotes cada ano dos capitanes, chez les Chiapanèques

(selon Garcia) du Soconusco qui faisaient partie du Nicaragua et qui s’étaient elliés avec le roi de

Tehuantepec contre Mexico.

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le conduisit à sa fin; et c’est ainsi que le séjour fut prolongé en cet endroit, pendant le temps de la célébration des funérailles et même au delà. Alors furent jetés les fondements de Itzcuintepec ou Ezcuintla, qui plus tard devait être la Panatacah des Cakchiquèles.

Les migrations nous amènent ensuite par delà Cuzcutlan à ces stations de l’Amérique Centrale, reliées entre elles par le fil d’une tradition dont on a cherché tantôt l’origine, tantôt la fin chez les Chiapanèques et les Chanes de Votan, les positions du centre relativement aux extrémités restant les mêmes dans les deux cas.

Quoi qu’il en soit, on peut donc dire que les monuments de Santa-Lucia de Cosumalguapan ont été trouvés précisément dans la localité 1 qui nous était signalée dans les légendes des migrations cholutèques comme le siège d’une colonie de longue durée et la sépulture de leur grand-prêtre.

Les sujets sculptés sur ces monuments ont trait au culte des Mystères, qui se relie au monde des morts de Xibalba et que l’on célébrait dans le temple de Iluehuetan (dans le Soconusco) et plus tard dans les succursales de ce temple, sous la suprême direction du Teuti de Mictlan. Nous y remarquons jusqu’à des particularités concernant les vêtements, et l’apparition du tapir sacré (dont la tête se trouve également au Musée royal de Berlin, grâce à la bonté de M. Herrera qui me l’a cédée pour le Musée). En rapprochant le dieu du soleil et les squelettes, tels que Zakiquaxol (le boiteux blanc), on trouve que les notions que nous avons du culte de Nahuas se rattachent à celles que nous avons sur les squelettes ; et si, dans le temple des Nahuas la figure de Mictlanteuctli, surgissant du monde souterrain, a été placée en face de la figure du soleil, c’est que celui-ci donne la vie à ce qui, sans lui, serait frappé de mort et tomberait au pouvoir de Mictlanteuctli et de son ténébreux empire. C’est là que Xolotl, lorsqu’il se voit forcé d’exécuter sa

* Au pied du volcan del Fuego, le Cak-chi-Hunahpu (le feu, parole de Hunahpu). Avec Xbakiyalo ou (chez Ximénès) les « Huesos alados » Hunliun-Ahpu engendra ses fils Hunbatz et Hunchouen. Lorsque, au moment de l'adoration, le brûlant visage du soleil parut, semblable à un guerrier séchant les eaux, Tohil, Avilix et Gagawitz, ainsi que les serpents et Zakiquoxal ou le spectre furent changés en pierre. U Xibal Huyub est le spectre des montagnes (dans le pays quiche). Les sculptures des Indiens dans le Yucatan sont reconnaissables, d’après Landa, à la ceinture nommée Ex (algunos largos listones) Les rois quichés portaient des sceptres en os de tibia ornés de pierres précieuses, comme la trompette d’os du lama à Sikkhim. Les renflements du front rappellent les modes africaines. La reproduction du type des monuments de los Tarros se trouvent à la planche JÇVIII de la Revue d'Epinoloc/ie, (orne VIJI (1876).

périlleuse mission, va chercher le squelette duquel doit sortir la race nouvelle appelée à l’existence après la submersion du genre humain dans le déluge (à la fin de l’Atl-Tonatiuh). Les hommages rendus aux têtes-trophées, (lesquelles dans l’Amérique Méridionale remplacent le scalp du nord) firent place bien des fois au culte des crânes des ancêtres i, et pour ce qui concerne ce culte dans le Yucatan 2, nous avons au Musée ethnologique de Berlin, des pièces reproduisant, presque jusqu’aux plus petits détails, la conception mélanésienne, malgré son excentricité, particulièrement à la Nouvelle- Irlande.

Le souvenir du culte rendu aux ancêtres s’est aussi conservé dans le drame Rabinal Achi, comme on le voit dans le chant de mort du prince des Yaquis (Gavelh-Queche-Achi), prisonnier du roi Ahau-Hobtoh (le Rabinalien) 5 on lit en effet dans la traduction qu’en a faite Brasseur de Bourbourg : « C’est « la tète de mon aïeul, mais c’est la tête de mon père, que je vois et que je « considère. Ne sera-t-il donc pas possible qu’on en fasse de même et que « l’on travaille ainsi l’os de mon front, le crâne de ma tète, qu’on le cisèle « et qu’on le peigne de couleurs en dedans et en dehors. Alors quand on ira « descendre en mes montagnes et en mes vallées pour négocier des sacs de « peck ou de cacao avec mes fils et mes vaisseaux, dans mes montagnes et « mes vallées, mes fils, mes vaisseaux diront : Voilà la tète de notre aïeul, « de notre père. » A ce sujet, signalons encore dans ces mythes indécis qui

* Sur la sculpture représentant le sacrificateur, le couteau de pierre à la main, les têtes sont emportées dans diverses directions par le Génie de la mort et de la vie.

2 A los senores antiguos de Cocom avian cortado las cabezas, quando murieron, y cozidas las limpiaron de la carne y despues aserraron la mitad de la coronilla para tras dexando lo de adelante con las quixadas y dientes, a estas médias calaveras suplieron lo que de carne les faltava de cierto betun y les dieron la perfeccion muy al propio de cuyos eran, y las tenian con las estatuas de la cenizas (Landa). Avec la cendre provenant de la combustion du cadavre, on préparait en la mêlant à Ulli(le cœur) un masque du défunt et on le plaçait dans une urne cinéraire avec des figurines d'argile « dont la tête réduite avait été moulée sur le cadavre. » Dans Xibalba, Hun-Ahpu et Xbalanqué conversaient avec leurs pères morts, Hunhun-Ahpu — dont la tète avait fécondé la princesse Xquiq ou femme de sang — et Vukub-Hunahpu, et pour honorer les cendres de Vukub-Hunahpu, on chercha à représenter sa forme tout entière (Xavixere u vach x-r-ah uxic), son nom (X-tzonox eut chiri u bi), sa bouche, son nez, ses os, son visage. « Ainsi comme crâne, ainsi seront ceux des plus grands princes; seul le revêtement de la peau embellissait le visage. De là, à cause du squelette, l'horreur qui s'empara de l'homme au moment de la mort » (Monte maintenant sur la terre, tu ne mourras plus). Les paroles de la tête de mort, sur les sculptures, sortent également de la bouche (conjointement aveedes anneaux hiéroglyphiques) sur une banderolle, divisée suivant le mètre des stances et d'une manière mnémotechnique, par des nœuds disposés et représentés de différentes façons. Au réveil, se rattache une indication d'un symbole mystique, malheureusement il y a à l'un des doigts, uue petite cassure, qui d'ailleurs ne paraît pas appartenir à la récente fracture.

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flottent autour de Votan, le culte des mystères, lequel se rattache à la construction antédiluvienne des pyramides ; culte que l’on célébrait dans des labyrinthes 1 et des galeries souterraines ; qui, partant du territoire enfermé par le Tabasco et l’Usumacinta, s’étendait depuis Nachan ou Ototum jusqu’à Huehuetlan (au delà de Huey-Zacatlan dans le Chiapas), et qui dans ses Kryptes où se passent les métamorphoses ophitiques 2 des Chanes, nous conduit aux « Racines du ciel, » nous enseigne la résurrection des morts dans le royaume chthonique de Xibalba, ainsi que d’autres doctrines sur l’immortalité 3.

Là, dans la cité souterraine de Mictlanteuctli, au milieu du Conoh Xibalba, là régnaient ces princes à la face terrible, Hun-Came et Vukub-Came (le mort unique, le mort septuple), entourés de l'épouvantable cour des Ahpop - Achicli, spectres effrayants qui sèment l’épidémie et la peste.

La main de fer des tyrans s’appesantit lourdement sur la population découragée de Gumarcaah. Cependant il y a là deux jeunes audacieux, inaccessibles au découragement, prêts à toute entreprise hasardeuse, Hun-Ahpu et Xbalanqué ; ils exécutent l’ordre qui leur est donné, à eux, les lanceurs de la balle, les gais chanteurs, les gais danseurs, et obéissants ils se présentent dans le sombre royaume de Xibalba. C’est alors une lutte de sorcellerie, des fantasmagories magiques, le plus obscur des mystères, le plus accablant mais aussi le plus élevé : la résurrection des morts 4.

Les deux frères se vouent mutuellement à la mort, ils se rappellent à la vie, et voilà qu’un désir impétueux de rajeunissement s’empare des spectateurs

1 Les labyrinthes souterrains avec des lieux de sépulture pour les rois et des chambres d'initiation pour les Wiyatéos étaient, à Mitla, consacrées au Yohopohelichi Pezelao ou Mictlanteuctli. Algunas vezes echavan personas vivas en el pozo de Chicheniza, creyendo que salian vivas al tercero dia (dans les sacrifices humains du Yucatan) (Landa). Lorsque le chien, tué pour essai par Xhunahpu et Xbalanqué dans Xibalba, revient à la vie, le poème nous dépeint le joyeux frétillement de sa queue, comme d’ailleurs il nous représente, en naturaliste, les traits des animaux, par exemple, dans le message porté de l’un à l’autre.

2 Le roi Gucumatz. qui régnait avec Cotuha à Gumarcaah, montait tous les huit jours au ciel, et tous les huit jours descendait dans Xibalba, sous la forme d’un serpent (pour se changer ensuite en aigle ou en tigre ou en sang coagulé). Chez les Banlus les âmes reviennent sous la forme de serpents, comme chez les Maoris sous la forme de lézards.

3 Ainsi, dans Téotihuacan : « Réveille-toi, ô Seigneur, car déjà il fait jour. Vois, l’aurore s’avance dans le ciel, déjà commencent à chanter les oiseaux au jaune plumage, les papillons aux couleurs variées déjà voltigent dans l’air » (d’après Sahagun).

* Leve-toi, lui cria-til, et la vie lui fut rendue (Ci valih-or, x-chacut, x-qaztah u vach); ainsi parle Xbalanqué quand il ressuscite dans Xibalba Xhunahpu mort. Les quatre cents jeunes gens tués par Zipacna, revécurent aussi après la défaite de Xibalba.

pleins d’étonnement et de trouble. Ils offrent eux-mêmes leur poitrine au coup mortel, et tombent victimes, victimes vengeresses offertes par les fils aux cendres de leurs pères retenues jusque-là dans Xibalba par ]a non- célébration du sacrifice expiatoire.

Eux aussi, Hunhun-Ahpu et Yukub Hun- Alipu, les descendants du couple primordial, de Xpiyacoc, et de Xmucane, eux aussi les gais joueurs aux dés et à la balle, musiciens et artistes, eux aussi furent un jour sommés de comparaître devant les sombres souverains do Xibalba. Au milieu des oiseaux de nuit, de funeste présage, au milieu des hiboux et des crapauds leur était venu le message i, le message de Hun-Camé et de Vukub-Camé, ainsi que de Ahalpu, d’Ahalgana, de Chamiabak, de Chamiaholom, de Xiqiripat, de Cuchumaqiq, d’Ahalmez, d’Ahaltocob, de Xic, de Patan, en un mot de toute cette armée des maladies 2 qui sèment la dévastation. Et les deux frères le reçurent précisément sur la place du jeu de paume 3 au milieu du plaisir, de la joie et des plaisanteries. Ils suspendent alors sous le toit leurs instruments de jeu, prennent congé de leur mère baignée de larmes, lui adressant des paroles de consolation et d’espérance : leur vie, lui disent-ils, n’est point encore éteinte. Pleins de confiance, ils suivent le messager dans les dangers de la route. Là, cependant, un piège leur a été dressé; trompés sur la direction, ils prennent au carrefour le chemin noir, et alors se voyant soudain devant le triple trône des rois chtlioniques, ils reconnaissent que tout espoir est perdu. Conduits dans la maison ténébreuse (Gekuma-ha), ils ne peuvent supporter les tourments auxquels ils sont condamnés ; ils succombent à des épreuves d’une difficulté et d’une horreur toujours croissantes ; bientôt ils meurent et ils sont enterrés.

Cependant, de Hunhun-Apu on avait conservé la tète 4, et l’arbre sur lequel elle avait été fixée, se mit à pousser et à verdir d’une façon mer-

1 Voc, le faucon, vole enlre le ciel et la terre, comme messager de Hurakan.

2 Hémorragie, apoplexie, enflure, phtisie, e!c.

3 Auprès de Nimxoch-Carchah, où Hunhun-Ahpu et Vukub-Hun-Ahpu jouaient à la balle, se trouvait, au temps de Las Casas, une entrée dè l'enfer (dans Vcrapaz). Parmi les officiers de la cour de l'Ahau- Apop, à Utlatan, l'officier préposé au jeu de paume s'appelle le Popol-Vinak-Pa-Hom-Tzalatz-Xcuxéba. Les princes de Xibalba perdirent après leur défaite les droits du jeu de paume.

4 La transformation en calebasse trouve son pendant dans les mythes de l’Amérique du Sud, ainsi que dans le mythe polynésien de la noix de coco»

Ann. G. — X

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veilleuse, de sorte que la curiosité attira la jeune princesse. Alors, dans l’entretien qu’elle a avec le crâne grimaçant, elle se sent fécondée par le germe qui la rend mère 1 de Hun-Ahpu et de Xbalanqué.

Gomme il a été dit plus haut, Hun-Ahpu et Xbalanqué se présentent comme les vengeurs de leurs pères; ils recherchent et rassemblent les ossements de Vukub-Hunahpu et préparent l’apothéose des deux frères. Pour eux, ils surmontèrent heureusement toutes les épreuves, comme l’indique le roseau toujours verdoyant, symbole qu’ils laissèrent dans la maison de leur mère : ils avaient vaincu la mort et ses horreurs, la puissance de Xibalba était désormais brisée 2.

Ils se rattachent par conséquent au règne vivifiant des dieux créateurs, et c’est pourquoi, malgré la forme plus récente de leur incarnation humaine, ils se proclament plus vieux que leurs pères, et c’est aussi pour cela que dans le Popol-Vuh on raconte en premier lieu les aventures qu’ils ont eues avec Vukub-Gakix et son engeance. Ici, dans un monde encore inachevé, ils combattent les forces de la nature : dans Cabrakan, les tremblements de terre; dans Zipaena3 les éruptions volcaniques; et dans Vukub-Gakix l’insolence d’un présomptueux orgueil bravant « b cœur du ciel » et dans sa témérité s’estimant égal au soleil et à la lune. Or il n’y avait encore ni soleil ni lune; mais, lorsque les vainqueurs, dans Xibalba, virent leurs pères briller comme ces corps célestes, alors seulement s’éleva le soleil historique, comme il avait apparu déjà, dans le conseil de Téotihuacan, après que Nanahuatl et Metzli furent montés aux deux pour y être le soleil et la lune.

Sous le règne de Vukub-Cakix, il n’y avait que peu de clarté (are eut xa hubic zaknatanohuvach uleu). La figure de ce prince flotte dans ce demijour de l’aurore, entre cette race de bois condamnée à. périr et qui survit

1 Appartenant par leur mère à une race plus noble, ils traitent plus tard en ennemis les fils de leurs pères nés dans le pays (IIun-Batz et Ilun-cliouen). De là le fil nous conduit chez les Zapotèques dans Oaxaca avec la cité des morts, Mictlan ou Chuvenila (buveur de sang humain), pendant la métamorphose en singes ou en Ozomolli (à cô!é de Pil'zinteuctli).

2 Cependant à côté des articles concernant la dégradation, que la proclamation du vainqueur édicte pour ceux qui demandent grâce, il leur est ac:ordé va 7tpor,xovva d'un culte chthonique (Conoh Xibalba).

3 Pour attirer Zipaena dans la caverne du mont Méavan IIun-Alhpu et Xbalanqué façonnent une écrevisse ou crabe gigantesque çcomme on peut en voir dans l'ornement de la tête).

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dans les singes mangeurs de fruits1, et les hommes nouveaux qui devaient être appelés à l’existence par les dieux, avec le pouvoir de se soustraire à la juridiction de la mort, nature immortelle dans sa pleine conscience. Et ce pouvoir leur fut confirmé à jamais dans le culte secret démétriaque, où la création de l’homme se rattachait à la découverte des grains dans Paxil et Cayala.

Mais ici comme toujours, les ombres, rejetées dans Es ténèbres par cette première aube du jour, commencent aussi à pâlir, lorsqu’on pleine lumière la vie du peuple se fortifie dans l’histoire. Au bruit des armes qui accompagne l’entrée en scène des chefs de migrations, après que le soleil a été salué sur le mont Hacawitz, au milieu des luttes des Quichés avec les nations qui les entourent, avec la fondation des villes, la pompe du couronnement par Naxit, etc., le chuchotement des mystères 11e s’entend plus, si ce n’est dans les échos que nous a conservés le nagualisme au Guatémala 2 Même les monuments découverts jusqu’ici dans le Centre Amérique donnent peu d’indications, et si des monuments de Santa -Lucia nous en tirons de plus claires, cela s’explique par les rapports que l’on a pu établir, au moyen des migrations des Chorotègues, avec l’ancienne superposition des peuples du Chiapa3; superposition préhistorique pour le Guatémala découvert par les Espagnols. Les quelques indications qui, à cette époque, dans ce nouvel état de choses, survivaient encore, durent la plupart disparaître dans la tragique catastrophe de Chapa-Nanduime, lorsque, poursuivis par les Espagnols, les Indiens se précipitèrent dans l’abîme avec leurs femmes et leurs enfants. Là disparurent à jamais les peuples du Nicaragua parlant la même langue ; c’est ce que nous apprennent les rapports adressés à Berlin et à Washington par le docteur Berendt, qui put encore recueillir

1 Vukub-Cakix se nourrit des fruits de l'arbre Nanzé; Hun-Hun- Alhpu, caché dans les branches de l’arbre l’atteint avec la sarbacane, lui fracasse la mâchoire, mais il y perd un bras. Chiapa de Indios s'appelait Nambi-hina-Yaca (la ville des grands singes).

2 « Salut à la beauté du jour (Acarrok) ô LLurakan, Cœur du ciel et de le terre, toi qui donnes la gloire et le bonheur, toi qui donnes des fils et des filles, tourne tes regards vers nous, et répand le bien-être, donne la vie et la subsistance à mon peuple. » Ainsi priait le roi. Chez les Quichés, on adorait comme créateur Alom et Qaholom : celui qui engendre, celui qui donne l'étre.

3 Le sentiment que chez les Chiapanéques — présentés par Iierrera comme supérieurs à tous les Indiens de l’Amérique pour l’habileté dans les arts — on rencontre divers problèmes qui se croisent, ce sentiment a conduit les anciens chroniqueurs à remonter jusqu’aux Ghananéens de Josué, et par {inox, adoré dans le Seiba sacré, jusqu'à Ninus, etc.

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du dernier représentant de ces nations expirantes quelques dernières paroles permettant d’établir une comparaison scientifique.

Pour l’histoire de l’Amérique Centrale, à d’autres questions viennent s’ajouter celle du synchronisme à établir avec les époques historiques qui se sont terminées sur le haut plateau d’Anahuac; et, à l’occasion delà réapparition à Huey-Tlato, de Topiltzin-Acxitl-Quotzalcohuatl venant de Tulan (dans le codex Chimalpopoca), on devrait, dans l’examen des listes royales, remonter (v. Fuentès) jusqu’à Tanub, et si alors llocab devait (chez Brasseur) nous conduire plus loin dans le pays des Ombres (Skuggam ou Utzihoxic Ka muhibal), il en résulterait une longue histoire sur la [j.eyzl-n vkreTpcn, et plus d’un Uepl Caugaatwv (à l’imitation de Polémon) sortit peut-être des rêves d’un Nuktouros endormi (v. Plut.) ou d’une évocation nouvelle des images fantastiques de cette Atlantide , qui, pour les anciens déjà, s’était abîmée au fond des mers.

LES PIERRES SCULPTEES T)U GUATEMALA

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