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XIII. — Iles fonctions du foie dasas les Araclmides

Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. XLI, p. 1256 (1856).

Chez un très grand nombre d’ Animaux sans vertèbres, Mollusques et Articulés, le foie acquiert un développement si considérable, qu’on ne saurait mettre en doute son importance physiologique.

Dans le but d’obtenir quelque lumière touchant les fonctions de cet organe dans les Articulés, l’auteur a soumis à des expériences divers Arachnides, et notamment des Scorpions.

Ces expériences ont fourni la démonstration la plus évidente que chez ces Animaux le foie sert d’une manière extrêmement active à l’ épuration du sang. Elles ont montré, d’autre part, que l’organe hépatique produisait toujours delà glycose chez les individus en état de digestion, mais ce dernier résultat n’ajoutant qu’un exemple de plus aux faits découverts par M. Cl. Bernard, dans une série d’ Animaux appartenant aux différentes classes du règne animal, il n’y a pas lieu de s’y arrêter.

L’auteur a rendu palpable le rôle du foie comme organe d’élimination, en colorant le sang en bleu ou en rose par de la garance ou de l’indigo introduits dans l’alimentation. Il a résumé ainsi le résultat obtenu :

Chez les individus ouverts peu de jours après le commencement du régime, le sang était coloré, la substance colorante se voyait dans l’intestin, mais c’était tout. Au contraire, chez les individus soumis au régime depuis plus longtemps, le foie avait pris la teinte de la substance ingérée par l’animal ; chez les individus d’abord soumis à la même alimentation que les autres, puis laissés à jeun pendant plusieurs jours, le sang avait presque perdu sa couleur bleue ou rose,

et le foie l’avait acquise avec beaucoup plus d’intensité ; chez les Scorpions laissés à jeun au même moment et ouverts plus tard, le sang avait repris sa teinte ordinaire, tandis que le foie conservait encore des traces évidentes de la présence soit de l’indigo, soit de la garance. Chez les individus mis dans des conditions semblables et ouverts après un long espace de temps, tout avait disparu de F économie.

La matière colorante qui de l’intestin passe dans le sang est donc positivement éliminée par le foie.

Xï¥. — ®e l’appareil 'circulatoire et des orgaaaes de la respiratloa

dans les Iraclmides.

Annales des sciences naturelles, 3e série, t. XII, p. 316 (1849).

Ce travail a pour but de faire connaître l’appareil circulatoire des Arachnides, et de montrer dans ces Animaux les relations de l’appareil circulatoire avec les organes de la respiration.

Jusqu’alors on ne savait presque rien de la nature du système sanguin des Arachnides. Les anatomistes Treviranus, Dugès, etc., qui s’étaient occupés de ce sujet, avaient même déclaré leur insuccès dans les tentatives qu’ils avaient faites pour découvrir la distribution des artères.

A l’aide d’injections colorées, l’auteur a constaté dans les Arachnides les plus élevés en organisation , là où le système artériel est très parfait, que le système veineux est fort dégradé ;

Que le sang qui a servi à la nutrition est conduit aux organes respiratoires par de simples canaux ;

Qu’il pénètre dans l’épaisseur des parois des feuillets pulmonaires;

Qu’il est repris et ramené dans le cœur par un système de vaisseaux pneumocardiaques.

L’observateur a porté aussi son attention sur les Arachnides inférieurs, et là il a trouvé le système artériel extrêmement dégradé.

Le groupe naturel des Arachnides , présentant des organes respiratoires , tantôt localisés, tantôt diffus, tantôt en partie localisés et en partie diffus, se prêtait mieux que tout autre parmi les Articulés à l’étude des relations de l’appareil circulatoire avec les organes de la respiration.

L’auteur a reconnu que le sang pénétrait dans les parois celluleuses des poumons sans être contenu dans des vaisseaux proprement dits; que dans les Arachnides, où les poumons prennent en partie la forme de trachées, on observait de même le sang dans l’épaisseur des parois, aussi bien que les

liquides injectés, et que le fluide nourricier se retrouvait également dans l’espace intermembranulaire des trachées, qui existent seules chez les Arachnides inférieurs.

En résumé, il a été démontré que l’appareil respiratoire, soit localisé, soit diffus, était toujours pénétré par le sang; qu’il n’y avait jamais d’exception à cet égard, comme on avait cru pouvoir l’admettre pour les Animaux articulés à respiration trachéenne.

— IVote sur le sang des Arachnides.

Annales des sciences naturelles, 3* série, t. XII, p. 351 (1849).

Ces observations ont pour objet la comparaison des globules sanguins dans les principaux types de la classe des Arachnides, et la détermination de la forme de ces corpuscules.

XAI. — Observations sur la circulation du sang chez les

Arachnides.

Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XXXIV, p. 409 (1852).

L’auteur n’avait eu à sa disposition pour ses premières recherches sur la circulation du sang chez les Arachnides, que des espèces européennes, dont la taille est fort minime. Par une circonstance heureuse, des Mygales vivantes du Brésil, les plus grandes Aranéides connues, lui ayant été procurées, il a réussi à mettre en évidence tout le riche système artériel de ces animaux, ainsi que leurs réseaux capillaires et leurs trajets veineux. C’est seulement alors que le système sanguin des Arachnides s’est trouvé être observé jusque dans ses moindres détails.

XVII. — Sur les mouvements du fluide nourricier chez les Arachnides pulmonés. — mécanisme de la circulation.

Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. XXXVI, p. 1079 (1853).

Après avoir suivi minutieusement dans les Animaux articulés, et en particulier chez les Arachnides, le trajet des vaisseaux et des canaux sanguins, un point essentiel dont on ne s’était pas encore occupé restait à éclaircir. Il importait de reconnaître la nature des mouvements du fluide nourricier dans les vaisseaux, et de se rendre compte du mécanisme de la circulation.

[. L’auteur s’est attaché, par des observations multipliées et par diverses expériences, à élucider cette question. Il a constaté que l’impulsion donnée au sang par les mouvements de systole et de diastole que le cœur exécute était singulièrement augmentée par les contractions de ses muscles extrinsèques. A l’aide de matière colorante introduite en petite quantité dans le cœur d’animaux bien vivants, la vitesse relative avec laquelle le fluide nourricier arrive dans les différentes artères a pu être appréciée exactement.

La recherche des conditions auxquelles est soumise la marche du sang veineux présentait un intérêt plus considérable, la science ne possédant encore aucune donnée à cet égard. Dans les veines si imparfaites des Animaux articulés, simples canaux, il n’existe et ne peut exister aucune valvule pour empêcher un mouvement rétrograde du sang ; néanmoins, comme l’auteur l’a constaté, le mouvement rétrograde est impossible. On a ici un exemple remarquable de la variété des procédés de la nature pour atteindre un même but. Avec des instruments moins parfaits que dans les Animaux supérieurs, on voit se produire chez des Animaux, dont l’organisme est plus ou moins dégradé, des résultats moins complets sans doute, mais cependant tout à fait analogues.

Les canaux veineux des Arachnides, a montré l’auteur, sont disposés de telle manière que les muscles circumvoisins agissent constamment sur eux : la direction de ces muscles et leurs moindres contractions favorisant le passage du liquide dans un sens et présentant un obstacle à peu près insurmontable pour le passage dans le sens opposé.

Après l’ observation anatomique, une expérience physiologique a mis ce fait hors de toute incertitude.

En injectant un liquide coloré dans l’un des grands canaux de l’abdomen, on ra vu pénétrer facilement dans la plupart des espaces remplis par le sang veineux. En même temps, on a remarqué qu’il n’entre ni dans les canaux veineux des pattes, ni dans ceux des autres appendices. Sous l’effort d’une pression excessive se manifeste une résistance qu’on 11e parvient jamais à vaincre absolument. Les muscles extenseurs et fléchisseurs, fixés sur les cloisons qui s’élèvent dans la cavité thoracique, se rapprochant à leurs points d’attache, ferment le passage de dedans en dehors, et suppléent de la sorte à l’absence de valvules, en empêchant le sang des grands canaux céphalothoraciques de retomber dans les canaux veineux des membres locomoteurs placés naturellement sur un plan inférieur.

L’auteur s’est assuré que chez les Crustacés tout se passait de la même façon que chez les Arachnides.

Le sang des poumons, après avoir respiré, est ramené au cœur dans les Arachnides par des vaisseaux qui remontent le long des parois latérales de

l’abdomen. Des injections multipliées et la dissection n’avaient pu laisser le moindre doute sur la marche du sang dans ces vaisseaux pneumocardiaques ; cependant on ne se rendait pas compte de la manière dont le liquide pouvait faire une continuelle ascension de la partie inférieure à la partie supérieure du corps.

L’auteur, par l’observation et l’expérience, a découvert le curieux mécanisme qui agit pour produire ce résultat.

Des ligaments, semblables à des tiges grêles et résistantes, sont attachés inférieurement aux poches pulmonaires, et supérieurement au péricarde ; or, les battements du cœur, comme il l’a remarqué en mettant à nu une petite portion de cet organe, se font sentir sur les ligaments en question, et déterminent sur les poches respiratoires une pression qui fait aussitôt relluer et remonter le sang dans les vaisseaux pneumocardiaques.

Il a donc été démontré que c’est au moyen d’un mécanisme analogue à celui de la pompe foulante que le sang parcourt si aisément le trajet ascensionnel de la distance qui sépare les organes respiratoires du cœur.

XYill. — Observations relatives à la génération fies Arachnides.

Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XL1V (1857).

f Depuis les célèbres expériences de Bonnet sur la génération des Pucerons, on a cité parmi les Animaux articulés beaucoup de faits de reproduction par des femelles vierges, et le nom de parthénogénèse a été choisi pour exprimer cette reproduction sans le secours d’individus males.

Certaines Aranéides tenues en captivité, conservant la faculté d’engendrer pendant une suite d’années, malgré leur isolement absolu, avaient été signalées comme un exemple bien concluant de la parthénogénèse.

L’auteur a montré qqe c’était là une opinion erronnée. Les Aranéides ne demeurent fécondes, malgré une captivité prolongée, que si elles ont été prises après avoir été accouplées. Le fait a d’abord été établi par l’expérience : des Aranéides, emprisonnées avant leur entier accroissement et parvenues à l’état adulte en captivité, ne donnèrent jamais que des produits inféconds. Le fait a été établi d’une manière plus positive encore par l’examen anatomique et l’observation microscopique. L’auteur a constaté dans l’appareil génital femelle des individus fécondés la persistance et l’abondance delà liqueur séminale dans des réservoirs particuliers ; c’est là ce qui permet à des Aranéides d’engendrer au retour de chaque saison sans avoir besoin que les mâles interviennent de

nouveau.

XIX. — lie la fécondation et fin liquide séminal chez les Arachnides.

Comptes rendus de V Académie des sciences , t. L, p. 727 (1860).

Ce mémoire a pour objet : 1° la disposition des organes de la génération dans les divers types de la classe des Arachnides; 2° les différences qui se manifestent dans la constitution de l’appareil femelle, entre les espèces dont la vie dure plusieurs années et celles dont l’existence ne se prolonge pas au delà d’une saison; 3° la nature de la liqueur séminale dans ces deux catégories d’espèces.

Les organes reproducteurs des Arachnides femelles se composent essentiellement de tubes membraneux présentant sur leur trajet des vésicules ou loges en quantité plus ou moins considérable, dans lesquelles se développent les œufs. Ces tubes, ainsi que l’auteur l’a montré, servent à la fois d’oviductes et de réservoirs de la liqueur prolifique. Les œufs se développent dans les loges formées par des expansions des conduits ovariques , et comme ces vésicules sont étranglées à leur origine, le liquide séminal n’y pénètre pas. C’est seulement lorsque les œufs, parvenus à maturité, passent dans l’oviducte qu’ils se trouvent imprégnés. Dans les Aranéides, dont la vie ne va pas au delà d’une saison, l’appareil femelle est assez simple ; mais chez les espèces dont l’existence dure plusieurs années, l’auteur a reconnu une complication particulière : on trouve là un réservoir spécial, une sorte de poche copulatrice à parois fibreuses, s’ouvrant au dehors avec l’oviducte, et disposée pour recevoir directement la liqueur du male pendant la copulation.

L’auteur a constaté chez ces mômes Aranéides un caractère remarquable de la liqueur séminale. Cette liqueur ne tient pas en suspension des spermatozoïdes libres, comme chez la plupart des autres Arachnides, mais des corpuscules en forme de sphère aplatie, d’une grosseur telle, qu’en répandant sur une lame de verre une gouttelette du liquide, on aperçoit à la vue simple une foule de petits grains. Ces corps ou plutôt ces capsules ont d’un centième à un cinquantième de millimètre. Sous des grossissements de 300 à 400 diamètres, on distingue dans leur intérieur une grande quantité de spermatozoïdes filiformes; si l’on comprime une de ces capsules à l’aide d’une lame de verre mince, on la fait éclater, et alors les spermatozoïdes se répandent, animés de mouvements qui ne peuvent laisser aucune incertitude sur leur nature.

L’auteur a reconnu que ces corpuscules se rencontrent dans le môme état dans les réservoirs des femelles et dans les testicules des mâles. Au moment où les œufs doivent être fécondés, les capsules se rompent, et les spermatozoïdes étant devenus libres, la liqueur séminale présente l’aspect ordinaire.

XX. — Des modifications du type dans la famille des Scorpionides.

Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XXXVIII, p. 965 (185i).

En présence d une longue série d’espèces, formant ce que les zoologistes nomment une famille naturelle, l’auteur a voulu se rendre compte de la nature des principales différences que l’on observe d’espèce à espèce.

Un groupe considérable des mieux délimités et des mieux caractérisés, la famille des Scorpionides, composée de plusieurs centaines d’espèces, était un sujet extrêmement favorable pour cette étude.

On savait que les Scorpions ont des pattes-mâchoires converties en pinces plus ou moins volumineuses, des yeux variant de six à douze, un prolongement abdominal en forme de queue d’un volume plus ou moins grand. Les faits constatés ne s’étendaient pas au delà. L’auteur a vu que le système nerveux est d’autant plus centralisé, que les caractères si frappants des Scorpionides se prononcent davantage; qu’il l’est d’autant moins, que les pinces, le prolongement de l’abdomen, etc., demeurent plus grêles et les yeux en nombre plus restreint. Cette série d’observations conduisait déjà à voir dans le groupe des Scorpions une suite d’espèces différant les unes des autres, surtout à raison d’un degré de développement plus ou moins avancé.

L’étude des embryons a achevé de mettre ce fait hors de doute. Au moment de la naissance, les jeunes des Scorpions les plus parfaits, tout en ayant absolument les formes générales de leurs parents, en diffèrent néanmoins par leur extrémité abdominale plus mince, par leurs pinces plus grêles, etc. Ces parties sont dans un état comparable à celui que présentent les adultes des espèces moins parfaites, et le système nerveux est alors à un degré de centralisation correspondant. A une époque antérieure, les embryons ont des traits de ressemblance très prononcée avec les formes permanentes des représentants tout à fait inférieurs du groupe.

En résumé, l’auteur a montré là des rapports de la même nature que ceux qui existent entre les Batraciens pérennibranches adultes et les Batraciens urodèles qui ne sont pas arrivés au terme de leur accroissement.

L’auteur a rappelé dans ce mémoire les idées émises par M. Serres, qui voit dans les formes permanentes des Auimaux inférieurs les représentants des divers états embryonnaires des Animaux supérieurs, en faisant remarquer, toutefois, que ses observations sur les Scorpionides portent sur des espèces appartenant toutes à la même forme typique.

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