‹ Notice sur les systèmes de montaguesChapitre 10 sur 18 · V. Système du WestmorelÂnd et du HundsrOck · texte numérisé non relu

V. Système du WestmorelÂnd et du HundsrOck

L'idée première de ce Système est due aux recherches dont M. le professeur Sedgvick a communiqué les résultats, en 1831, à la Société géologique de Londres. Ce savant géologue, qui s'était occupé (dès lors) depuis près de dix ans , de Texploration des montagnes du district des lacs du Westmoreland, a fait voir que la moyenne direction des différents Systèmes de roches schisteuses y court du N.-E. un peu E., au S.-O. un peu 0. Cette manière de se diriger fait que, Vun après Tautre, ils viennent se perdre sous la zone carbonifère qui couvre les tranches de leurs couches , d'où il résulte qu*il8 sont nécessairement en stratification discordante avec cette zone. L'auteur confirme cette induction en donnant des coupes détaillées; et de tout l'ensemble des faits observés, il conclut que les couches des montagnes centrales du district des lacs ont été placées dans leur situation actuelle , avant ou pendant la période du dépôt du vieux grès rouge , par un mouvement qui n'a pas été lent et prolongé, mais soudain.

A cette époque, les belles recherches de If. Marchison sur la région silurienne n*é-

tAiint pu «oeore ou éuient à paliii eommenoéea , le nom même de terrain sUurim Drivait pas encore été prononcé ; et frappé de rirrégularité des couches de transition moderne que j'avais visitées à Dudiey et t Tortworth, couches qui n'avaient encore été rapprochées d'aucune décolles du Westmoreland , j'annonçai que des circonstances autres que celles mentionnées par M. le professeur Sedgwick, me faisaient regarder à rooi-méme comme très probable que ce soulèvement avait même eu lieu avant le dépOt de la ptrtie la plus récente des couches que leiAnglais nomment terrains de transition, e'est-à-dire avant le dépôt des calcaires à trilobites de Dudiey et de Tortworth. Les beaux travaux de M. Murcbison ont rectifié ce que cet aperçu avait d'inexact , et m'ont ramené à une détermination complètement conforme à la première indication de M. le professeur Sedgwick«

M. le professeur Sedgwick a aussi montré que si l'on tire des lignes suivant les directioDs principales des chaînes suivantes, savoir la chaîne méridionale de l'Ecosse» depuia Saiot-Abbs-Head jusqu*au MuU de Galloway, la chaîne de grauvracke de l'Ile de Man , les crêtes schisteuses de l'Ile d'Anglesea , les principales chaînes de grauvracke du

» •• \ pays de Galles et la chaîne du Cornouailles,

cet lignes seront presque paralMtes Tune à Pautre et à la direction mentionnée ci-dessus , comme dominant dans le district des lacs du Westmoreland .

L*éltfvation de toutes ces chatnes, qui influent si fortement sur le caractère physique du sol de la Grande-Bretagne, a été rapportée par M. le professeur Sedgwick à une même époque , et leur parallélisme n*a pas été regardé par lui comme accidantel , mais comme offrant une confirmation de ce principe général déjà déduit de Teitmen d*uB certain nombre de montagnes « que lei ebatnes élevées à la même époque affectent un parallélisme général dans la direction des couches qui les composent , et par suite dans la direction des crêtes que ces «oachet constituent.

Passant ensuite de la 6rande*>Bretagne sur le continent de TEurope , Je remarquai que la surface de TEurope eontinentale présente plusieurs contrées montueuses. oh la direction dominante des couches les plus anciennes et les plus tourmentées court aussi, èomme M. de Humboldt Ta observé depuis longtemps , daiia une direction peu éloignée du N.>E. ou de TE.-N.-E. (J^a 3-4 de la boussole des mineurs). Telle est.

par exemple , la direction des couches de ichiste et de grauwacke des montajgnes de TEiffel, du Hundsrûck et du pays de Nassau, ta pied desquelles se sont probablement déposés les terrains carbonifères de la Belgique et de Sarrebrûck. Ces derniers reposent à Nounweiler, route de Birkenfeld à Trêves (1 ), sur la tranche des couches de schiste et de quartzite. Telle est aussi la direction des eoacbes schisteuses du Hartz ; telle est encore celle des couches de schiste, de grauwacke et de calcaire de transition des parties septentrionales et centrales des Vosges, sur ta tranche desquelles s'étendent plusieurs petits bassins houillers ; telle est même à peu près celle des couches de transition calcaires et schisteuses ^ d'une date probablement fort ancienne, qui constituent- en grande partie le groupe de la Montagne- Noire , entre Castres et Carcassonne, et qui lé retrouvent dans les Pyrénées où, malgré des bouleversements plus récents , elles présentent encore, et souvent d'une manière très marquée , l'empreinte de cette direction primitive.

Enfin, cette direction hora 3—4 est aussi U direction dominante et, pour ainsi dire,

<t) ExplictaHm. éê la CarPg fittofi^ut d* ta Fraiia, t. 1 . 59».

iw

ftMidratfliati du frontêii pttif ou moifli prononeéi dei gnelii, mlcaiehlitei , lehlitei argileux et dei roches quartzeuseï et caN cairei$ de beaucoup de montagnes nppelëeS souvent primitives , telles que celles de la Corse, des Maures ( entre Toulon et Aniibes), du centre de la France, d*une partie de la Bretagne, de TErzgebirge, des Grampians , de la Scandinavie et de la Finlande. Le parallélisme de cette direction et de celle observée par M. le professeur Sedgwick en Angleterre , joint à la circonstance que cette loi d'une forte inclinaison dans une direction à peu près constante , à laquelle obéissent très habituellement les couches et les feuillets des terrains les plus anciens de TEurope, ne comprend pas les formations d'une origine postérieure, conduisait naturellement à supposer que rinclinaison de toutes les couches de sédiment qui sont comprises dons le domaine de cette loi, est due à une même catastrophe qui, jusque là , était la plus ancienne de celles dont les traces avaient pu être clairement reconnues. Elles m'ont paru constituer un Système particulier dont je viens de retracer les traits fondamentaui, et dont il me reste à compléter Tétude autant que Pétat des observations le permet aujourd'hui; mais

HT

il éolf d*atofd rêppéter ftourquoi ji l^t' nommé Syêtème du Weshnoreland el du BundtrUckt

Les noms qui rappellent un type naturel bien déterminé, tels que ceux de calcaire du Jura , d'argile de Londres, de calcaire grossier parisien, ont, en géologie, des avantages tellement marqués, qu'il était à désirer qu^on pût en employer du même genre ponr les divers Systèmes d'inégalités, d'âges difTérents , qui sillonnent la surface de la terre. Il n'était pas sans embarras de choitir, pour indiquer une réunion de rides qui traversent une grande partie de l'Europe , qoi probablement s'y sont produites au milieu d'accidents préexistants , et qui depuis ont été soumises à un grand nombre de dislocations , un nom simple et facile à retenir, qui se rattachât à des accidents naturels du sol , et qui ne fût pas exposé, à cause de sa brièveté même, à donner lieu à des équivoques et à des disputes de mots; il m'a semblé qu'on pourrait adopter pour le Système dont nous parlons le nom de Système du Westmoreland et du Hundsriickt en convenant de prendre la partie pour le tout, et en rattachant tout l'ensemble à deux districts montagneux, où les accidents très anciens qui nous occupent sont encore I. 1^

au nombre des traits les^ pliia proémioenta. Oq pourrait tout aussi bien l'app/Bler Système du Bigorre^ du Cauigou, du Pilas, de i'Ër^gebirge, du Harz» puisque les eoacbes schisteuses anciennes dont ces moptagnes sont en grande partie eomposées»

paraissent avoir contracté elles-mêmes , à répoque ancienne qui nops occupe» leun infleiions primordiales. Mais comme ces mêmes montagnes paraissent devoir une grande partie de leur relief actuel à des mouvemenis beaucoup plus récents, j'Ai craint qu'en les faisant figurer dans la désignation d*un Système d'accidents bien antérieur à la configuration définitive qu'elles nous présentent, on n'introduisit trop de chances de confusion.

Depuis que le premier aperçu (Ion t Je viens de reproduire la sul)stance a été publié (1), la réunion en un ipême faisceau de tous les accidents orog^aphiques et stratigraphiques dont je viens de rappeler les noms, est Revenue de plus en plus indispensable; quelquep autres même ont dû y être réunis ; quelques accidents partiels ont dA seuls être détachés des masses avec lesquelles ils étalent confondus.

(t) JfMMlWolo^ifiw, p. SiS. - fràiti di^iio^misi^, t. lU, p. S4i.3o2.

J*ai eru pendant longtemps que lea coud)l9 |€liMteii<ef leg plut «ndcnAes des Ar- ^eoniis, du HundiiUck , du Harlz, etc., çorreipondaiept par leur âge à celles dcf collines du Lwigmynd, sur lesquelles les eoucbes siluriennes inférieures reposent en tkalification discordante. C'est dans cette pensée qu'en 1^35, je proposai à If. AluvcbisoQ , ainsi qu'il a bien voulu le rappeler dernièrement (t), de donner au groupe de roches schisteuses anciennes qui forme la base du Longmynd le nom de Système hercVttfm, nom auquel M. le professeur Sedgwiek a préféré celui de Système cam^rien. Mes illustres amis ont conservé eux-mêmes, pendant longtemps , quelque chose de cette ancienne opinion ; car sur la belle carte des terrains scbisteui des bords du Rhin , qu'ils opt publiée en 1^40, ils ont indiqqé un qpyau qipi|)rieq dans l'Ardenne, près de Bflstogqe et de Hourfaliie, et uq autre sur les bords du Rhin , près d'Oberwesel et de Saint-Goar.

Vincertitude où nous étiops iqr Texisr teqce réelle de ces noxaux cambriens, l'im- BMsibili^ de lea limiter avec précision , et

(i) Ifarchison , Mémoire lu à U Société géologique de LMrfm, le 6 jwvier 1847. — Çwatrfy journal 0/ thê Oeolo^ tUai toeietr^ ». lU. p. «67.

d*autref diffleultëi encore, noui ont déier' minës, M. Dufrëooy et moi , à figurer une grande partie de ces contrées schisteuses , snr la carte géologique de la France publiée en 1841, comme composées de terrains de transition indéterminés, désignés simplement par la lettre i , et j'ajoutais dans Texplication de la même carte : « L'expression terrain ardoisier laisse dans une indétermination dont il ne me paraît pas encore prudent de sortir aujourd'hui , et l'époque du dépôt des schistes et des quartzites de l'Ardenne , et l'époque de la conversion en ardoises d'une partie des premiers.... Les schistes verdàtres qui, près de Bingen, sur le Rhin, alternent avec des quartzites, m'ont paru présenter une ressemblance frappante avec ceux qui alternent de même avec des quartzites près de Noiizon , sur les bords de la Meuse. De part et d'autre les quartzites sont semblables, et ils rappellent en tout point quelques uns de ceux de la Bretagne. Le calcaire qui se trouve à Stromberg, un peu à TE. deBingen, constitue une analogie de plus avec le terrain des bords de la Meuse et de la Semois (1). De petits bancs calcaires remplis de crinoïdes et contenant aussi des

(i) ExplieatiOH de la Carte géologique de la France , t. I , p. a65.

fpirife» et d'autres fossiles, sont intercalés dans les schistes ardoisiers , depuis Moncy' Notre-Dame, près de Mézières, jusqu*à Bouillon (1), suivant une lignedirigée de TO.-S.-O. à l'E.-N.-E.

Tous les pas que la science a faits depuis lors ont tendu à rajeunir les terrains dont il s*agit, par conséquent à les éloigner du terrain du Longmynd et à les rapprocher du terrain dévonien. Mais je rappellerai d'abord les analogies qui, sans en fiier encore Tâge, me portaient déjà , il y a sii ans , à reconnaître un grand ensemble de dépôts con* temporains dans ces terrains de transition indéterminés de TE. de la France, qui luus sont affectés de la direction hora 3-4.

Je disais, dans reiplicatioti de la carte géologique , qu'à Tangle septentrional des Vosges, au N.-O. de Schirmeck, le terrain le compose de couches parallèles dirigées de 10. 30" S. à TE. 30O N. et plongeant d'environ 60° au S. 30"* E., de schistes argileux à rarfacc luisante, de grauwacke et de caleaire gris. On trouve , dans les calcaires et dans les schistes , des en troques , des polypiers, et des coquilles univalves et bivalves, ntalheureusement peu distincts (2). »

(i) Eiplie. ât la carte géot. île la France, t. I,p. a&l (ft4). (>) Ihid,, 1. 1, p. 3as.

Et j*i^utais plus loii : « .... Ce terrain sçbif t«i}K , 9yfc ^rmwfÇH^ e( C4tp«ir«« 8^bordonnég, me pa^att avoir une grande aqalogie avec celui des parties de l^Ardenne voisines de Mézières et de Bouillon, et rien n^empécherait qu'on ne suppose que ce sont deuf affleuremen^ d'un même Système q|ii, dans tout Tintervall^ eqtre Mézières el Framont, demeure couvert par des dépôts plus modernes (4). »

Je disais encpre que ^ dans |a partie méridionale des Yosgeç et d^ns les partiel adjacentes des coUipes de la flau^-Sadne» on trouve, au-dessou5 de? porphjrés bruns, un système de roches scbisy;;<4ses dont \^ direction court généralement entre le N.-E. et TE.-N.-E. Ces ruches schisteuses renferment des couches de grauwaclie, dçs dét)ris végétauiL et quelques amas de calcaire fossilifère. C'est la même réunion d'éléments qpe dans le terrain stratiQé des environs de Scb|rmeck» ou dans |a parti«f de l'Ardennf qui avoisinQ Mézières et Bouillop. Ces schistes rappellent également ceux qq'pn observe d^ns les m^n laines entre la Saône e( la Ivoire , çt danç la partie méridionf If di| Morvan , çntre Autun et Decize, et qui

(i) StpUemUnm éê Im Cmu féaUfittuétim Bvaea , t. 1, cli«l>. V, I.I, p. lat.

eontiennent de mène dei amas stratifléf ip cdicairç avec encrjofHI e( Cjuel^neç ft^Ufi fossiles en petjt nombrç. Tous ces ter^aip^ lehisteui font probablement partie d*un même Système que jes roc|ies éfuptiye^ Qnl di$|oqqé (1).

«Dans Tespac^ compris entfe les C[r))- Qites du Cbamp-du-Feu et |es monta^qéf granitiques de Sainte-Mariii 4yi Mines t la direction moyenne des schiste^ se rapproche, à la vérité, davantage de la ligne E.-0.; j^ eoDcluais cependant qi|e rétqffe fopdamenr taie sur laquelle la succession c|es pbénomènes géologiques a, en quelque sort^, brodé le relief actuel ()es Vosges , était yii terrain pouryu , daps (>eauçoup de parties , 4'pne stratification a^ex régulièreiqent dirigée de rO. 30 à éO" S. ^ TE. 30 à 40» N. (2), (moyenne E. SS"" '^.).

J'ajoutais que « le sol des Vosges e| 4$ la forêt Noire avait été compris dans n^ ridenient très général qui avait aCTec^é tous ^es terrains anciens d'une grande partie de l'Europe, et leur avait imprimé cette direction habituelle vers TE. 20 à 40" N., que j'ai signalée dans les gneiss , les schist^ ^t

(i) MjfUeati0m ée i« (kuu giiOoti^Mê éê lu Frmme*, t. I , p. 3a6.

{*) ntd., t. r, p. 3<w.

autres roches anciennes , dont les bandes juxtaposées constituent le sol fondamental des Vosges (1). »

Dans le chapitre suivant du même volume, j'ai signalé les analogies qui me paraissent exister entre les roches fondamentales des montagnes des Maures et de PEstérel, qui bordent la Méditerranée entre Toulon et Antibes , et celles des Vosges. ( Les roches cristallines stratifiées des montagnes des Maures forment , disais-je , un système analogue à celui que nous avons déjà signalé dans les Vosges (p. 309). Elles semblent avoir pour étoffe première un grand dépôt de schistes et de grauwackes à grains fins , contenant des assises calcaires et des dépôts charbonneux.

» La cristallinité paraît s'y être développée après coup par voie de métamorphisme , mais d'une manière inégale, suivant les localités. C'est aux environs de Toulon et d'Hycre.s que la cristallinité a fait le moins de progrès , et que les schistes sont le moins éloignés de leur état primitif (2).

» Dans la presqu'île de Giens , les cou-

(i) Explication de la Carte féologique de la fiance, t. I ,

(a) Uid., p. 447.

chM ichiitemef lont YerUcalei , et dirigécf de l'E.-N.-E. à TO.-S.-O. (1).

j) Ce que les schistes de la presqu'île de Giens ont peut-être de plus remarquable , c'est la présence des couches calcaires qui y sont intercalées. Elles se trouvent près de la pointe occidentale, où les roches du système schisteux qui nous occupe ont quelque ehose de moins cristallin, de plus arénacé, et une teinte plus grisâtre que dans les autres parties, et se réduisent même, en quelqaes endroits, à des Quartzites schistoïdes bUncbàtres ou gris (2). Les assises calcairef et les Quartzites intercalés dans les Schistes de ia presqu'tle de Giens, rappellent naturellement les Schistes qui contiennent simultanément des couches subordonnées de ces deux natures, dans les Ardnnnes et dans les Vosges (3). Les Schistes d'Hyères ont de grands rapports avec ceux des Grampians , comme le montrent les descriptions de Saussure , comparées à celles de Playfair (4) ; quelques unes de leurs variétés ressemblent également aux Rillas de Cornouailles (5).

(t) Explication de la Carte géologique de la France , t. I « P. «48 (j) Ihid , p. <*o- (3) Ibid. |i 4jo.

(*) Ihid., i». 45.»

(b) /«rf.,p. 454.

» Le principal groupe des directions otMer- Tét« danf lei monUgnei det liaoref le dirige moyennement au N. 44' E., direction peu éloignée de celle que noua avons d^à signalée dans les Vosges, et résultant du ridement général qui , à une époqw géoUh' gique très ancienne , a affecté les ^^is Hror tifés d*v,ne grande partie de V Europe (t ). »

Cette direction moyenne est, en eOét, comprise dans le cbamp trop large peutêtre de la désignation hora 3-4 ; cependant elle s'éloigne plus de la ligne G.-O. que dans les autres localités que je viens de citer; mais nous avons déji vu qu'on peutsubdiviaer le groupe de directions qu'elle représente.

La direction de la plupart des anciens terrains stratifiés de l'Europe se reproduit plus eiactement encore dans les lies de Corse et de Sardaigne. Les montagnes granitiques qui composent la partie occidentale de la Corse forment une suite régulière de rides parallèles, dirigées à peu près de l'O.-S.-O. à l'E.-N.-E., et embrassent , dans leurs interstices, les échancrures symétriques des golfes de Porto, de Sagone, d'AJaecio, de Yalinco et de Ventilegne (2). D'après M. de

(i) EspUemtion de ta CwU géologifut de te France, t. I ,

(i) J. ReynMid, Mémoires sur Im eomtiitution géot^gi^e de

ta llainnoray les crêtes que tormeot, en Sardai^bè, lies ierrâihs de trànsilion, afrecieht uni direction semblable.

Cëtle mébie direction reparatlâvéc de légères Tâiriaiions daiis les terrains dé transition de la|monUgne Koirë, entre Casires el Carcassoiiiie, et dans ceux d*une partie des Pjrrënëès.

Le massif de la itiontagne Noire , entre Castres éi Carcassonne, depuis Sorrëze et le bassin de Saint - Féréol , jusque vers Saint- Gervëis et le pont de Camarès, est formé de masses ellipsoïdales de Granité séparées par des bandes de Ëocties schisteuses et calcaires, dont Tune renferme les belles carrières de marbre de Caunes , entre Carcassonne et Siiot-t^ons. Ces diverses Roches ont une tendance prononcée a former des bandes dirigées vers t'É. 30 à 40<» N. ; celles qui sont «traiifiées se dirigent vers TE. 25, 30, 35, 40 et 45** ^. La moyenne de toutes ces direclionà, <|ue j'ai relevées en grand nombre, eD1832, m'a paruéUeÊ. 34* N. La même direction s'observe aussi dans beaucoup de Nnts des Cévehnes, entre Meyrueis et Anduie.

Pavais cru reconnaître encore là même

i« Carut Mimmiru éé te SêcUU iM^giP^* ^ Wrèneé , t.l.p.t.

difêeiloii fondamentile dam Im ftoéhii ichiiteuses et calcaires, souvent pënëtréeë par des Granités , qui forment la base ded Pyrénées. M. Dnrocher, qui depuis lors a exploré avec beaucoup de soin et de détail les terrains anciens des Pyrénées , a publié une nombreuse série d'observations de direction dont la moyenne s'écarterait un peu moins de la ligne E.-O. ; mais peut-être ces directions devraient-elles être divisées en deux groupes.

M. Durocher, dans son intéressant Essai sur la classification du tetTain de transition des Pyrénées (1), indique d'une manière générale la direction E.-N.-E. comme propre aux Rocbes stratifiées les plus anciennes des Pyrénées ; mais, dans les nombreuses mesures de direction qu'il a soin de rapporter, on voit que les directions des Roches dont il s'agit oscillent dans l'intervalle compris entre l'E. et l'E. 40" N., et que très souvent elles se rapprochent, soit de l'E. 15à 20** N., soit de l'E. à 30 à 35" N.

La première de ces deux directions peut être rapportée au Système du Finistère ^ car la direction de ce Système, transportée dans un point de la partie méridionale du département de PArriége, situé par 42° 40' de la-

(i) Amnmtts des mintt, 4« ■«rie, t. VI, p. i5.

titttdfl K.) et par 1» de longitude 0. de Pa« ris, en calculant Vèâ^cès sphëfiquê, comme si Brest se trouvait sur le grand cercle de corn» paraison du Système, se réduit à E. 17"* 26'

Quant à la seconde direction E. 30 à SS** N., elle coïncide , à peu de chose près, avec la direction moyenne E. 34" N., que j'ai trouvée pour les couches de la montagne NToire, et cela me confirme dans la supposition que celte moyenne est très sensiblement exacte.

Les Tossiies renfermés en difîérents points dans les roches de transition que je viens de passer en revue, n'ont pu servir, pendant longtemps , qu'à montrer qu'elles devaient être fort anciennes , sans qu'il fût possibl:e de s'en servir pour les rapporter à un étage déterminé. Dans cette incertitude , nous ne pouvions , M. Dufrénoy et moi , les figurer sur la carte géologique de la France autrement que comme terrains de transition indélerminéSy et elles y sont, en effet, coloriées en brun clair et marquées de la lettre t, qui est consacrée à ces terrains.

La science est principalement redevable

de la cessation de cet état d'incertitude a

M. de Buch, qui a parcouru , en 1846 , une

grande partie des Pyrénées , et qui a bien

voiiiu examiner, à diverses époques, tes collections de fossiles des localités sus-mentioo- Dëès que nous avons réunies à TÉcole des mines. Il a vu aussi ceux qui se trouvent dans les musées de Strasbourg et de Lyoïu l'oùt récemment encore, il a examiné , sous ce point de vue , les collections recueillies, dans les Pyrénées et dans les carrières de Cannes , par M. Dufréuoy et par moi , et i| a reconnu , à Tensembte des fossiles dont il s*agit, un caractère dévonien.

Il rapporte spécialement au Système dévonien les fossiles des terrains de transition des t'yrénées orientales, cle là vallée de Campan,des carrières de Cannes (montagne Noire ), et de celles de Schirmeck dans les Vosges (1).

(i) DepuU le moment où j*ai fait cette communication i la Société géolwfiqne, M. de Aucb. en retournant i Berlin , à Tialtt lea environs de Sdiinnecli ctd' Framont avec If M. et BiUy et Daubrée; et dans une lettre subséquente , dont je sais heureux de pouvoir consigner ici un extrait , H a con- Srmé son opinion de l'Age dévonien des calcaires de transition des environs de Schirmeck et de Pramont.

BtrKn, U 19 juUkt itk-j.

41 Le calcaire de Rnss, de Schirmeck et de Framont

I» est un banc de corail, catamopora, pofymorpha , spongjrtet^ » eyatkophiùum, ni silurien, ni carbonifère, donc âévomiem; n c'est Oetolstain et plus encore te MahMiil du ttarti. Vaj. MiMiteutottcttarcke 4«i, 8iinf«is,.^ T^Hiin^lmjp^ n on trouva entra Schiraieck at Framont Vortk—eratitts n-

Toutes ces localités fossilifères , de même que celles da Harti et des enrirons de Bafreuth, sont donc déwmtennes ; mais elles me paraissent Tétre de la même manière que les localités du HundsrQck, du pays de Kassau, de TEifel et de la Westphalie , que lllf . Sedgnvick et Ifurchison aTaient coloriées comme sUvrimnes^ dans leur belle eirte publiée en 1840. Dans leur mémorable travail sur les fossiles des terrains an* eieni des provinces rhénanes, imprimé dans las Transactions géologiques , à la suite du Mémoire de If M. Sedgwick et Murchi* ion (1) , MM. d'Archiae et de Yerneuil ont placé dans le terrain silurien les localités liosiilirères d'Abentbeur (Hundsrûck), de Wisscmbach, Ems , Kemmenau , Niederos^ bieh, Braubach , Haûsling ( duché de Nas- Mo), etc., de Prttm et de Daun.(Eifel), de Soliogen, Liegen, Unkel, Lauderskroo, Lindlar ( Westphalie) , etc., et ils les ont, par conséquent , distinguées des localités dé?osiennes des mêmes contrées. Aujourd'hui H serait question de considérer toutes ces localités comme dévomênmes^ et Je suis très

» ttlmrit MMs grtMà ; il est encore dévoniem à IbUicnreatb. «pràdeBayreutb. »

(i) Traniaetions of r*«|lr«oloftMf toeteiy of Lnuhn , ncw «iftoi. t. VI.

porté à croire que c*esc particulièrement de ces localités, regardées primitivement comme distinctes du terrain dévonien proprement dit, que doivent être rapprochées les localités fossilifères de la France dont je viens de parler.

Les terrains schisteui du Fichtelgebirge et du Frankenwald , dans lesquels sont encastrés sous forme lenticulaire les calcairei fossilifères d'Elbersreuth près de Bayreuth, et des environs de Hof, appartiennent essentiellement au Système de couches anciennes caractérisées par la direction Hora 3-4. C'est là que M. de Humboldt, en 1792 , a été frappé pour la première fois de la conatance de cette direction.

11 en est de même des terrains schisteux de PErzgebirge , qui sont le prolongement de ceux du Fichtelgebirge et du Frankenwald , et de la plus grande partie de ceux du Hartz.

Enfin , celte direction se dessine encore , de la manière la plus nette , dans les couches fossilifères des environs de Prague. Le beau travail que M. Joachim Barrande a commencé à publier sur ces dépOts ne permet pas de douter qu'ils n'appartiennent au terrain silurien ; mais ils paraissent cependant ne pas être dénués de quelques

rapporu avec le terrain roHilifère d'Elbersreuth , car on lit les lignes suivantes dam la savante notice de M. Barrande : « 11 ne

> sera pas hors de propos de faire observer » eo passant qu*un assez grand nombre de

> nos bivalves du genre Cardium, etc., pa- >raissent se rapprocher de celles que le » comte de Munster a décrites comme ap- » partenant au calcaire d*£lbersreuth (1). n

Les lumières nouvelles que ces divers rapprochements jettent si heureusement sur les terrain» de transition que nous nous sommes bornés à colorier, M. Dufrénoy et moi , sur la carte géologique de la France comme terrains de transition indéterminés, ne permettraient pas encore de les colorier d'une manière bien certaine. Il reste toujours évident que le terrain ardoisier de TArdeiine et du Hundsrûck consiitue un Système différent du Système anthraxiTére de M. d'Omalius d*Halloy. Les trois assises inférieures de ce terrain que M. d' Ornai ius a désignées sous les noms de poudingue de ^rnot, de calcaire de Givet et de Psammiles du Condros , me paraissent toujours former un Système distinct du terrain ardoisier sur lequel le poudingue de Burnot

(0 Joacbim Barrande, Notice préliminaire sur te tfrrmit iiluritn et les trilobites d* Bohême (i846), p. M.

repose près de Givet et de Fumay, et à Pepinstir^, préside Spa , en slra'tifieatiott diicordinte. À mes yeui, eei trois assises eoilstUuent le terrain d^nmien proprmnent dit, et les couches pommées aussi d^vontennas, qui font partie du terrain ardoisier , appar* tiennent stratigraphiquement à un Système plus ancien.

Le terrain de transition longtemps indéterminé, qui comprend le terrain ardoisier de TArdenne et du HundsrOck , et ceux que J'ai cherché à y rattacher dans i« Vosges , dans les montagnes des Maures et de TEstérel, etc., se compose de ces couches dévùniennes anciennes ^ de couches silurien^ Ms y et peut-être de couches plus anciennes encore. Ce terrain est la matière constituante essentielle du HundsrQck et de lentes les rides dirigées Hora 3-4, que j*ai désignées sous le nom de Système du Wssfmoréland et du ^tnderikk. Il devient évident, d*après eela , que ce Système de rides est postérieur au terrain sUwwn , et même à ene partie des couches qu*on désigne an- Jeurdliui comme d^uontanties ; mais ii deneure également évident qu'il est enté* rieur, d^une part, au terrain' d^bomen d9 la partie S.-E. des Vosges (1) , et , de Tautre »

(t) Voyes £i^/ic. de tm Çartt géoi. de Ut FiwipM, t. l, p. 3C$.

an poudingue de Boniot, qui repoie en f tnli|ic«iioii fllKerdeoie «ur U$ oeudiiei î^m^ léei du terrain ardoUier*

La Système du poudingue de Burnot , du Calcaire de GiYet et dea Paammitea de Condroi a été regardé pendant quelque tempe comme représentant le ttrrain silurien, A U Déme époque, le terrain ardoisier a été considéré comme représentant le terrain ctm^ ifiMi. Cela eipliquera naturellemeii( com-^ ment J*ai été conduit à regarder le aystèniq de rides de HundsrQck comme se rapportant à une époque intermédiaire entre le terrain cemMen et le terrain itluriati. L*indéciaioo oà Ton a été ensuite sur Page d^une partie dee coQchea dont les rapports stratigraphiquea déterminent TAge relatif de ce système de ridea, a dû me faire prévoir depuis loogtempi on cbangement dans Ténoneé de cette détermination» et me rendre en même temps trèi circonspect à proposer un nouvel énonce; mais, en envahissant ainsi le terrain ardoisier, et , en général , tout notre terrain de transition indéterminé, qui est la matièrf coBstituante essentielle des rides du Syst^oyq du HundsrQck, les dénominationf decouchfi sUmiennes et des coucbea d^voniennes çnt conquis le droit de préséance, p#r rang d*^^, nr le ^jratème du Hundar^ck* ^ n*al |fq

qa*appUudir à une pareille conquête, et

je me suis empressé de la proclamer au moment où les derniers nuages qui me la faisaient considérer comme douteuse se sont évanouis. Si tous les doutes n*ont pas encore disparu , relativement à la classification de ces couches, il est cependant devenu évident que le Système duHundsrttck est postérieur aui couches siluriennes et aux couches d^voniennes anciennes; mais rien n>st changé quant aux motifs qui le faisaient considérer comme antérieur au Poudingue de Burnot, au Calcaire de Givet et aux Psammites de Condros, qui me paraissent représenter le terrain dévonien proprement dit, en ce sens qu^elles sont Téquivalent chronologique exact du vieux Grès rouge des géologues anglais. -

Un coup d*œil sur la structure stratigraphique de la Grande-Bretagne va confirmer ce premier aperçu.

Dès Torigine , je dois m^empresser de le reconnaître, M. le professeur Sedgwick a indiqué rage relatif du Système de rides anquel il a rapporté les montagnes du Westmoreland, les Lead-Hills, les Grampians, en des termes auxquels renoncé que je propose aujourd'hui ne fait que donner peut-être une plus grande précision. Dans le Mémoire qu'il

a eommuDîqQé k la Société géologique , en 1831, M. le professeur Sedgwick disait que les chaînes dont il s'agit avaient été soulevées avant le complet développement du vieux Grès rouge (1). 11 est vrai que ce premier éDODcé ne s'opposait pas à ce qu'on supposât le soulèvement de ces mêmes chaînes plut ancien que le vieux Grès rouge ; mais les dernières publications du savant professeur de Cambridge ont levé, à cet égard, toutes les incertitudes.

Dans un de ses derniers Mémoires, lu à la Société géologique de Londres, le 12 mars 1845, M. le professeur Sedgwick dit que, dans la vallée de la Lune, les roches de Liidiow supérieures sont recouvertes par une masse épaisse de TUestone, dont les couches les plus élevées sont remplies de fossiles ap- IMrtenant tous aux espèces du terrain silurien supérieur. Il pense qu'il n'existe pas de véritable passage entre ce Tilestone et le Tieux Grès rouge qui le recouvre, et cette opinion est basée sur les trois faits suivants: 1* C'est une règle générale que les conglomérats du vieux Grès sont en discordance

(i) •■• AUelevated nearly uf the some period , bpfore ttt» complète deveioppcroent uf tlie old redhantlstone (JPr*ceedings 0/ the geological Society o/ London^ vol. 1, p. b44 p. 285;.

complète avec les Schistes «upérieun dv W^liqorelaild : en peut en etterun grané nombre d'exemples înGoniestabfes. â** Les couches du oonglomëratdu irieui Grès rouge, sur les bords de la Lune, ne sont pas exactement parallèles aux couches du TUesUme, T Ces conglomérats contiennent de nombreux fragmenta de TilesUme qui doivent voir été solidifiés ayant la formation des

BgloméraU (i).

M. le Professeur Sedgwiek a encore cobfirmé ces conclusions dans un nouveau Mémoire, lu à la Société géologique de Londres» le 7 janvier 4 846, en disant qu*il existe une fessemblance générale entre les espèces que renferme le terrain silurien supérieur dans la région silurienne et dans teWestmoreland. Considéré comme un grand groupe , le terrain silurien supérieur peut , d*aprè8 le savant professeur, être regardé comme presque identique dans les deux contrées, et il se termine , dans l'une et dans l'autre , par des couches appartenant à un même type minéralogique, c'est-À-dire formées de dalles rouges ou Timtones (8).

Enfin, dans son dernier Mémoire» la à la

(x) A. Sedff^ck, Çutrurly Jouradt of fte g—l99icmi «•- «M«r, vol. I, p. 449* '

<l) l»tll.,T«l. II, p. II9é

Société géologique, le 16 décembre I846f M. le professeur Sedgwick regarde la Coniston limeitone du WestmorelaDd . comme Téquivaient du Caradoc sandstqnef et. les coaches les pl|is élevées de la même série (entre Kendijl et Kirby-Lonsdale), comme représentant les LudUno-Rocks supérieurs et le Tilestone de la région silui;ieone (1).

il est donc avéré que le redressement des couches du Westmoreland est postérieur au dépôt du tilestone , mais antérieur à celui du vieux grès rouge proprement dit.

Les couches schisteuses rouges qui sont désignées sous le nom de tilestone , ont été considérées jusqu'à ces derniers temps, sur^ tout d'après leur couleur^ comme formant rassise inférieure du vieux grès ro'^ge ; mais dans ses publicati9ns les plus récentes , U. Murchisoii a , de son côté , séparé le tikstone du vieux çrès roujge,^ j)our le comprendre dans le terrain silurien. Dire que le redressement des couches du Westmoreland est postérieur au tilestone et antérieur au reste du vieux grès rouge, revient donc exactement à dire qu'il est postérieur au krrain ^ilurièn et antérieur au vieux grès roiige , dans Vaôceptïon actuelle de ces deux

é^rêsiioMf et qu'il établit la llgtiê dêdé* marcation entre ces deui grandes formatioDs. Cet énoncé cadre , d'une manière remarquable , avec celui auquel j*ai éié conduit ci-dessus relativement au Hundsrtlck, lorsque J'ai dit que le redressement de ses couches est postérieur au dépôt du terrain silurien et des couches dé vonien nés anciennes , mais antérieur au dépôt du terrain dévonien proprement dit. On doit , vu effei, se rappeler que le terrain dévonien, ici que MM. Murchison et Sedgwick Font déûni originairement d'après l'étude du Devonshire, est la réunion des couches qui, sans avoir la couleur ni la composition du vieux grès rouge, en sont néanmoins les équivalents chronologiques. Or, à l'époque où cette déGnition a été donnée , le tilestone était encore compris dans le vieux grès rouge. Le terrain dévonien , tel qu'on l'a poursuivi sur une partie du continent de l'Europe, d'après ses caractères paléontologiques, comprend donc des couches qui représentent chronologiquement le tilestone. Je suis porté à présumer que les couches dévoniennes an- <iiennes, qui font partie du terrain ardoisier de l'Ardenne et du Hundsrtlck , sont les équivalents chronologiques du tilestonât et que le poudingue de Burnot , le calcaire

de givet et le psuDmite de Condros , (fiie je désigne sons le nom de terrain dévonien proprement dit y représentent collectivement le vieux grès rouge dans le sens restreint iCTDEL de cette expression , le vieux grès rouge proprement dit.

Cette question pourra peut-être se décider par une étude nouvelle du Cornouailles et du Devonshire , faite dans ce but spécial. Des couches fossilifères, bien caractérisées Gomme siluriennes , ont été signalées der- ' nièrementsur la côte S.^E. du Cornouailles aux environs de Falmoulh et de Saint- Austle, par M. Pcacfa. Dans une lettre adressée le 12 avril 1847 à sir Charles Umon , sir Roderick Murchison dit qu'à la première vue des fossiles recueillis par I. Peach , il reconnut qu'il existe en Cornouailles de véritables couches siluriennes , et même des couches siluriennes inférieures, Taitdontil trouve la preuve dans U présence de certains orthis à côtes simples, qui sont le caractère invariable de cette époque. Il annonce en outre que Tune des coquilles , le Bellerophon trilobatus que M. Peach a trouvées avec certains débris de poissons dans la zone des roches de Polperro , est uoe des coquilles caractéristiques des tiles^ Urnes du Herefordshire et du Sbropshire, et I. 16

a été ausû trouvé dans les couches da laéiiie âge du Cumberland ( sur les confins du Weslmoreland , entre Kirbj-Lonsdalc et Kendal ), couches qui rorment y dit-il , Tassise supérieure du terrain silurien , ou une transition entre le terrain silurien et le terrain dévonien. M. Murchison ajoute encore que le district du Cornouailles dans lequel existent des couches, siluriennes incontestables , est celui dans lequel M. le professeur Sedvick et sir Henry de la Bêche avaient indiqué Teiistence d'une ligne de soulèvement dirigée duN.-Ë. au S.-O., qui, en amenant au jour certains schistes quartzeux et argileux , avait relevé les couches de part et d'autre au S.-E. et au N.-O. suivant une ligne qui traverse la baie d« Falmouth. Avant d'avoir subi ce nouvel examen, toutes ces couches fossilifèrea du Cornouailles avaient été coloriées comme dévoniennes.

Ainsi que M. le professeur Sedgwick Ta annoncé dans le Mémoire de 4831 que j*ai déjà rappelé, les chatnea des Lead-Hills et des Graropians, en Ecosse, qui, lorsqu^on les considère avec leurs prolongations dans le nord de r Irlande, forment deux des Itgnes fondamentales des Iles-Britanniques, paraissent aToir reçu les traits prindpani

de leun formes en mtee tempt que les nonlagoesdu Wet tmoreland et que la dut ne fondamentale du Cornouailtes. Le vaste massif des montagnes de TÉoesse, comme celui des contrées rhénanes, a sans doute éprouvé , mène dans les Grampians , pinlieors soulèvements suceessifs à des époques fort éloignées les unes des autres. On y en djitioguera probablement de plus anciens que celui qui nous occupe (t). Il s'y en est produit de plus modernes. J*ai moi-même Mprimé depuis longtemps l'opinion que les aoDtagnes de TÉcosse et de l'Irlande , depuis les Iles Orcades et Shetland jusqu'aui gnnites de Wicklow et de Carlow, présenteot des dislocations parallèles aux failles da Système du Rhin , et qui en sont prokiUemeot cooteroporaines (2). J'ai aussi iodiqué , dans ces montagnes, des accidents

(i) Drpuia ^e rrs lignctootété imprioiéca tian« le Buttetin de ta société géologique, M. J. Nicol a publié des obsrrniionsplnnes d'intérêt sur Ia ronstilutioo de la chaîne du Utd-Hitts ; 1rs arhistcs et les grauwackes de Cette cbalne M dirigent moymoement à l'B. %6' N., c'est à dire à quelque* ^rgrés près, suivant la direction du Système du Finislire i et rien oe me parait établir qalls ne soiefit pas aussi anciens «tac les scbistes et les grauwackes des eatirons de SaintcLd (Maarbe) que j'ai cités ci-dessus (James Niool, On tke geo' f«fy of the silurian roàks in thé walley of the Tweed, t'rottedimgs 0/ the geoiogieat soeietjr, 5 janv. i8(8)-

(a) Ejptiett. de la Carte géolog. de la France, 1. 1, p. 434.

«iratigrflpbiques |M)8térieurs au dépôt d* lerrain jurassique, et anlérieurs à celui des terrains crétacés (1). Peut-être y en a-l-il d'autres encore , mais il parait évident que la convulsion qui a façonné le relief principal des Grampi^ns est précisément celle qui a produit les conglomérats grossiers que M. le professeur Sedgwick et M. Murchison ont si bien décrits comme formant dans ces contrées la base du vieux grès rouge (2). Ces poudiogues , à très gros fragments , que les anciens géologues écossais signalaient , afac tant de raison , comme les témoins d*uiie grande révolution du globe, et qui marquaient à leurs yeux la limite entre les ter» rains primaires et les terrains secondaires, ne rappellent en rien le tile^one. Tout annonce qu'ils représentent la base du vieux grès rouge proprement dit.

Je crois , surtout d'après le mémoire de M. Nicol , que les couches de scbiste et de grauwacke des Lead-Hills, dont sir James Hall a si bien décrit les con tournera en ts, que les calcaires, les schistes argileux et les

(f) Annales des sciences naturelles, t. XIX.

(a) A. Sedgwick and R. I. MurrhisoD : On llie ttruriure •iid relations of tbe depoaits contuined betwecn the primary rock* and the oolitic séries, in tlie north of Srotiand. ~. Transactions of the geologicat societjr ofLondon, ew séries, t. lU, p. taS'

roches ardnacées des Grampîaos et des Iles de Jura et d*Isia, que Playfair, le docteur Mac-CuUoch , M. le professeur Jamesoo et d^autres géologues écossais ont étudiés avec tant de soin , appartiennent , en partie, à la série fossilifère du calcaire de Bala et au terrain silurien proprement dit. Il ilaratt donc difGcile de douter que la grande discordance de stratification de T Ecosse ne corresponde eiactcment à celle du Westmoreland. il me parait également probable que le poudingue iorérieur du vieux grès rouge de TÉcossc correspond aux poudingues de Burnot et de Pepiusler, et par conséquent, que la grande discordance de stratification de TÉcosse correspond à celle qui existe en Belgique entre le terrain ardoisier et le terrain dévonien proprement dit. Enfin , je crois reconnaître ce même poudingue dans celui de Poullaouen en Bretagne , et en général dans tous ceux que M. Du frénoy a signalés comme formant dans cette presqu'île la base du terrain dévonien tel que nous Tavons limité ^ur la carte géologique de la France.

Cet horizon géognostique me parait le plus largement et le plus fortement marqué de tous ceux qu'on peut indiquer aujourd'hui dans la série des anciens terrains de transition. En l'adoptant, comme base de classification on I. IG*

en reviendrait finalement k la principale division que M. d'Omalius d'Halloy a indiquée depuis longtemps dans la série des terrains de transition , par le partage en terrain ardoisier et terrain anthraxifère, dont il a posé les fondements dès 1808, dans son Essai sur la géologie du Nord de la France , publié dans le Journal des mines, t. XXIV, p. 123. L'importance de cette ligne de démarcation , si heureusement indiquée il y a plus de quarante ans, par l'un des observateurs les plus pénétrants qui aient exploré TEurope , me paraît d'autant plus grande , que les beaux travaux de MM. Murchison etdeVerneuil, sur la Suède et la Russie, et le dernier mémoire de M. de Buch sur rile Baeren (1), montrent qu*ell constitue réellement l'un des traits les plus étendus de la structure de l'Europe septentrionale.

Quelques mots vont suffire pour faire comprendre ma pensée à cet égard.

MM. Murchison et de Verneuil, dans leur dernier voyage en Suède, ont constaté que rile de Gothiand présente les diflTérents étages du terrain silurien superposés l'un à Pautre, plongeant légèrement au S.-S.-E.,

(i) Die Barren-Insei nach B. M KifilUau , ?un LropohI vu* Bucb. — Berlin, i84;.

et formant des crêtes qui se dirigent è l'E.-N.-E.

Le magnifique ouvrage de MM. Murcliison , de Verneuil et de Eefserling , sur la Bussie, nous montre la côle méridionale du golfe de Finlande, formée aussi par les différentes assises du terrain silurien , présentant encore une inclinaison légère, mais dirigée vers un point de Tborizon plus rapproché du S. que le S.-S.-E., et avec cette circonstance que les couches siluriennes supérieures ne se montrent que dans la partie occidentale de cette côte. Au midi et à peu de distance de celle même côte, le vieui grès rouge, qui couvre en Russie de si grands espaces , se superpose au terrain silurien; mais à TO., en face de Ttlede Dago, il est en contact avec les coucbes siluriennes supérieures, tandis qu*à TE., près de Saint- Pétersbourg et du lac Ladoga , il s*appuie directement sur les couches siluriennes inférieures : par conséquent il est superposé au terrain silurien en stratification discordante.

De plus, il n*est assujetti en rien aux allures du terrain silurien, il le déborde, à partir du lac de I^doga pour s^Aendre vers Archangel , où il se perd sous les eaûi de la mer Blanche. Enfin , les reipnrques ingénieuses que M. de Bncb a cjusignées dans

son beau mémoire sur Ttle Baeren , noos conduisent à concevoir que, s'éiendani sous les eaux de la mer Glaciale, le vieux grès rouge entoure au Nord le vaste Système des moniagiies de la Scandinavie, pour aller se relever dans les lies Shetland et au pied des montagnes de TEcosse.

Souvent disloqué dans ces contrées septentrionales, le vieux grès rouge y laisse cependant apercevoir un vaste réseau de dislocations plus fortes encore , et antérieures à son dépôt, dont une partie ont affecté les couches siluriennes d'une manière plus ou moins sensible.

Ainsi r horizon géognostique du poudingue de Burnot, de Pepinster et de TÉcosse, forme un des traits les plus largement dessines de la stratigraphie de TEurope septentrionale, depuis la rade de Brest jusqu'à la mer Blanche , et depuis les lies Shetland jusqu'à TArdenne, et méme-jusqu'aux Ballons des Vosges.

J'ajouterai peut-être quelque chose encore à rinlérêt que peut présenter celte rapide esquisse, si je montre que dans tout ce va»ie espace, et même dans des contrées qui s'étendent beaucoup plus au midi, on peut suivre un grand ensemble de dislocations toutes GODCordantcs entre elles par

leurs directions , et toutes postérieures au terrain silurien et aui couches dévonienoes anciennes (tileslone fossilifère), mais toutes aotérieures au vieux grès rouge et au terrain dévonien proprement dit.

Il ne me sera pas possible .de comprendre dans ce résumé , la totalité des localités européennes dans lesquelles on a observé des directions dépendantes du Système du West" moi'eland et du HundsrUck, Je me bornerai à UD certain nombre pour les(|uelles j'ai actuellement des observations plus nombreoses ou plus précises que pour les autres , et je m*occuperai d'abord de grouper toutes ces observations de manière à en déduire une moyenne générale par les procédés que j'ai indiqués *au commencement de cet article; puis je comparerai cette moyenne générale aux observations locales pour apprécier l'importance des divergences partielles qui pourront se manifester.

Je vais passer en revue successivement, en allant du Nord au Sud , ces diverses lo-* calités ou cantons géologiques. Dans chacun d'eux je remplacerai toutes les observations de direction pariine moyenne qui représentera la direction d'un petit arc du grand cercle dont le milieu se rapporterait au cen-

tro du canton. On se rappellera qu*an léger déiriacenieDt dans ce point central n*apporierait pas de changeaient sensible dans te fésultat final , d'où il suit que la détermination de ce point n*eiige aucun travail spécial. Pour chaque canton , je désignerai le point central de la manière la plus simple possible , et j'indiquerai sa latitttde, sa longitude et Torientation du petit arc de grand cercle qui y représente les observations de dfredlon.

lo Laponie. Dans ces dernières années, M. le professeur Keilhan a fait d'excelieutes observations géologiques dans la Laponie norvégienne. Elles ont paru dans sa Goa* Norvegiea avec une carte géologique de cette contrée, et M. de Netto en a publié , dios un des derniers numéros du journal de MM. Leonhard et llronn, un résumé acoenn pagné d'une carte réduite (1). Les formations sédimentaires de la Laponie , déjà décrites en partie, il y a 40 ans, par M. Léopold de Buch, appartiennent, suivant toute apparence , au terrain silurien ou dévonien ancien {tilestone) . Ëlleaaont redressées dans des directions qui se rapprochent généralement de l'E.-N.-E. Leur dlreeilon moyenne , dé-

(t) Jahrbuck fur Minéralogie , geognosie mud pctrefaett*' ttmde, aanét it47, p. iyjq

leriMoée simplement d'après la farte àt M. de Netto, est E. -N.-E. Les observations de M. Durocher, qui ont été prises surtout dans les parties occidentales et méridionales delà Laponie, donnent en moyenne E. 23° N. Je rapporte la moyenne générale à un point à peu prés central de cette contrée, ponr lequel les désignations que j'ai annoncées doivent être: Laponie ^ lat. 70' N.; long. 23« 30' E.; direction E. 22' 30' N.

2* Côte méridionale du golfe de Finlande, La direction de la bande silurienne des provinces balliques de la Russie est assez exactement représentée par une Hgne tirée de Heyei à Cronstadt. Cette ligne, qui est sensiblement parallèle à la direction des coucjies siluriennes et à la direction générale de la côte méridionale de la Finlande, coupe le méridien de Dorpat , qui répond au milieu de la longueur du golfe de Finlande, tous un angle de 73^. Pour ce canton géologique , les désignations seront : Estonie , lat. 59<>30'; long. 24o23'15"; direction E. 17*N.

3* IledeGotMand. Dans Ttle de Gothiand, l« coocbes siluriennes plongent légèrement M S..S.-E.,etsoRt dirigées à rE.-N.-E.(l).

(i) MurrIiisoD, Çuaterly Journal 0/ Geology, téfùer 1S47.

». ni, p. il.

On peut prendre pour point centrât de ce canton la ville de Wisbf, située à peu près au milieu de la longueur de Ttle. -^ Wiiby^ lat. 58» 39' 15'; long. 16* 6' 15' E.; direction E. 22* 30' N.

4° Grampians. Le trait le plus facile à saisir dans la structure straligraphique des Grampians est la direction presque rectiligne de leur base méridionale. Cette direction fait, avec le méridien du Loch-Tay qui se trouve presque au milieu de sa longueur, un angle de 52*>. Je prends pour point cen« tral de ce groupe un point situé sur les bords du Loch-Tay, par 56« 25' de latitude N. et 6° 37' de longitude à PO. de Paris. La désignation que j'ai annoncée devient alors pour ce groupe. — Grampian$, lat« 56° 25' N., long. 6" 37' 0., direction E. SS"" N.

5" Westmoreland. D'après M. le professeur Sedgwick, les couches du groupe montagneux du Westmoreland (dont les plus anciennes ont peut-être en quelques points la direction du Système du Finistère) se dirigent généralement du S.-O. un peu 0. au N.-E. un peu E. J'adopte comme moyenne la direction E. 37' 30' N., et pour point central la ville de Keswick.— ^eswirfc, lat. 54« 35' N., long. 5° 9' 13''0.,dir«c(tonE. 37*> 30' N.

6« Région silurienne. Je prends pour cen-

tre de c»tte région le bourg de Church- Sirettoo, situé au pied du Longmynd , et pour direction la moyenne de celles que la belle carte de M. Murcbison assigne aui couchcs siloriennes. — Church-Stretton^ lat. 52<* 35', long. 5" 10' 20" 0., direction E. 42° N.

7" Comottatiles. La ligne suivant laquelle les couches siluriennes sont soulevées sur la côte S. -E. du Cornouailles, se dirige, d'après M. Murcbison , du N.-E. au S.-0., et tra-. verse la baie de Falmouth. Je prends cette viile pour point central. — Falmouth , lat. 50* 8', long. T 23' 0., direction E. 45" N.

8" Erzgebirge. D'après le travail publié <lerDièrenient par M. le proresseur Cotta , sur les filons de TErzgebirge (1) , la direction moyenne des roches stratifiées de TErzg^irge rapportée au méridien magnétique, est Hora 5 -. La déclinaison à Frejberg étant d'environ 16* 40' 0., cette orienta* tioD revient à E. 2T 55' N. par rapport au méridien astronomique. Je prends naturellement pour point central Freyberg. — Freyberg, lat. SO-» 55' 5'' N. , long. Il» 0' 25" E., direction E. 27» 55' N.

9^ Franhenwald. Je prends pour point

(i) Cotta , Die Ertgange und ikre Beziehungen tu den ^ftivengeiteinen^ nacbgemesen im départtmtnt de PAvey- 'w»! w» Foantet.

centrul l^a vHtr de Hof, oè M. de fhimboMC résidait lorsqu^il a eu la première Idée ite , R*occiiper de la ditection remari|aabieinent ronstante des eouches de ces contrées, e( je prends pour direction celle figurée sur la belle carte géologique de TEarope centrale, par M. deDechen,qui estE. 28<* N. : les calcaires d'Elbersreuth, près Bayreutb, appartiennent à ce groupe. — Hof, tat. 59** 29' N., long. 9" 35' E. , direction E. 28" N.

10" Bohême. J'ai fait en Bohème, en 1837, un certain nombre d^observations sur les directions des couches du terrain de cal^ caire, de schiste et de quartzite doBt tf . Joachim Barrande a si bien établi depuis lors l'ordre de superposition et Tâge silurien; j'en ai fait aussi sur les directions des schistes et des gneiss qui avoisinent le terrain silurien. Vingt-deux de ces observations , faites aux environs de Prague , de Przibram et de Brzezina , tombent entre TE. et PE. 50° N., et donnent pour moyenne la direction E. 28° 40' N. Si Ton se bornait aui observations fartes sur les eouebes silurienne*, la direction moyenne serait uo peu moins éloignée de la ligne E.-O. Je m'en tiens i la moyenne générale. — Prague, lat. 50" 5' 19", long, i 2*» 5' E., direction E. 28' 40' N.

Il<» Ardenne. Les couches du terrain êf'

4flliier de TArdMiM se dirigent eu gdnérti «itfe le N.-£. et r£.-N.-E. ; diaprés l'im- IMfftant liëiBoire i|ue M. Duraont vient de pblier «ur le Isrrain ardennais , elles osàUeet iiuUMftr d'une moyenne, qui est à peu près Ë. 25° N. J*avais indiqué moi-méine, dlnae manière générale , entre Charieville et Fépin, une direction moyenne de TE.-N.-E. « rO.-S.-O. , en signalant en plusieurs iwiats la direetion E. 25» N. (I) ; et d*aprèi rtutorité de M. Dumont , qui a fait , dans celte contrée , des observations plus nomhisase^ que les miennes , je n'hésite pas à m'arrèier à cette même direction E. 25* N. qu'on peut rapporter à Mont-Hermé , dans la Tsâée de la Mense. -^ Ardênne , lat. 49* sa. long. 2» 23' £., direcUonÈ, 25° N.

12° Cotidros. La direction moyenne des eoackcs de TArdenne présente des tnceflitudes à enuae des écarts Bonbreux et eonddéraWes qu*on y observe, et cela m*en- |ige à faise entrer en ligne de compte ta ëireetion beaucoup plus régulière dei couekesnnUiraxifères duCondros, direction que je regarde , ainsi que je 4'ai annoneé aitleais (2), comme une reproduction posté-

(i) ExflieatioH de ia Cmrte géologifme de la France, ch. iv, t< 1, p. a59 à 263.

(a) Reekertkes sur ^uet^es uaet des révolutioms de Ut sur'

rieure et accidentelle de celle des coocbcf de TArdeDne. D*après M. d*Omalius d'Hiiloy (1), les crêtes du Condros se dirigeât régulièrement à TE. dS'^N. Le centre te Condros est un peu au N. de Marche etFamène par 3» de long. E. de Paris , et 50* 15' de lat. }i.— Condros, lat. 50» 15', toBg. 3» E., direction E. 35o N.

1 3* Taunus, La chaîne du Taunus présente» sur la route de Wiesbaden a Langen- Schwalbach, une série de couches deQuiTtâtes et de Schistes» dont la direction moyenne esta TE. 33* 13' N. — Tauntu, lat. 50" 41* N. long. 5» 47' E., dtfwliofi, E. 33* 13' N.

14* Binger-Loch, Le Taunus est le prolongement oriental de la chatne du HundsrQck dont il est séparé par le Rhin qui s'échappe de la plaine de Mayence par le défilé appelé Bi»ger-Loch, Dans ce déûlé, la érection des couches de Quartzites et de Sdnstes verts de Teitrémité de HundsrQck est assez peu régulière, ce qui tient sans doute à la formatioa violente de la Gssure diNst l'élargissement a produit le défilé. La moyenne des observations que j'y ai faites m*a donné la direetioa E. 43» 50' N.— Bifififer-IocA, lat. 49<> 55'N.,

fitee du globe, rxlrait inséré dans U traduction franraiae d« Manuel géologique de M. de la Rè'^he, p. 616. (1) D'Onalins d'Halloy (Joum, du Mm., t XXIV. p. >:&)•

loDg. 5* 30' E., dmamn, [E. 43» 50' N.

1$" Hundgriick^Taunus, Le HundsrOck et le Taunus ne forment rëelleisent, comme on vient de le dire, ^'une seule chatne coupée en deux par un défilé. La direction moyenne de cette chatne, qui représente assez bien celle des diverses bandes du terrain de transition de la contrée, est à TE. 270 30' N. On peut la rapporter au défilé qui partage la chatne en deux tronçons. — Binger-Loch, lat. 49*55' N., long. 5* 30'E., direction, E. 27° 30' N.

16* Bretagne. Parmi les directions comprises dans la désignation hora 3-4 qui s'observent dans les Roches schisteuses d'une foole de points de la presquMIe de Breta^e, une partie seulement me parait se rapporter proprement au Système du Westmoraland etdu Hondsmck. On en voit un exemple bien développé dans les départements de rille-et-Vilaine et des Cdtes-du-Nord, aux environs de Cancale, de Jugon et de Lamballe. Point central : Saint-Malo. — Saint-

Jfaio,lat.48«> 39' 3" N., long.4»21'2e"0., direction, E. 42° 15' N.

17* Bretagne. Lorsqu'on jette les yeux

sur la partie de la carte de la France qui

représente la presqu'île de Bretagne, on est

frappé de certaines lignes d'accidents strati-

graphiques qui la UtVArttcnt «n «atier, par e&emple 4e Caeii à BeUe-Ule et 4ii eap de la Hougue à la ^n te de Penmarcb. La directioa moyeone de cea Ugnes esta TE. 47** N.; elles me paraissent représenter la direction du Système dji Wesimorelaad et du Huudsrûck : on peut les rapporter à Saiut-Malo comme point central. — Saint^Malo^ latit. éS' 39' 3" N., long. 4» 21' ^6' 0.,direc<ioii, E. 470 N.

i8<> Schirmeck, Aux environs de Schirmeck et de Framont» les couches dévonien- Des anciennes qui forment reiirémité N.-E. du masAiffondamental des Vo8ges»se dirigeât à l'E. 30°N.~-5e/M>m«cfc. Iat.48"26' 40" JN., long. 4** 45' £., direction, £. 30° |^.

,19" Massif central des Vosges, Les couches scbisieuses qui entrent dans la composition du massif fondamental des Vosges, se dirigent moyennement à TE. 35* N. ; ou peut rapporter ces directions à Saint^Dié comne pointcantral.— Sain(-Z)(V.lat.48''i7'27"N., long. 40 36' 39" E., direction, E. 35« N.

20** Montagne Noire. Les directions observées dans le massif de la montagne Noire, au nord deCarcassonne, dont j'ai 44iÀ parlé, peuvent être rapporiies à u^i |ioioi « peu près central de ce massif situé par 43^ $k' lat. ^., et ^0' li^og. 0. de Paris.— iion/^^M

Noire, iat. 4a« 25' N., loog. iO' 0., dinc* Uon, E. 34» N.

210 Hyères. Les couches schisteuses de la partie S. -0. des monUgoes des Maures préseoteot, auK environs d'Hyères, des directions moins éloignées de la ligne E.-O. que dans le reste du massif; très souvent leur direction est à peu près E.-N.>E. — Hyère$t Iat. 43» 7' 2" N., long. 3» 47' 40" E., direction, E. 22' 30' N.

22" Ile de Corse, -Les Roches anciennes de nie de Corse se dirigent moyennement, d'après U. J. Reynaud, vers TE.-N.-Ë. ; on peut les rapporter à Ajaccio comme point central.— iijaccio, Iat. 41° 55' l" N., long. 6f 23' 49" E., direction, E. 22« 30' N.

Il s'agit maintenant de prendre correctement la moyenne générale de ces vingt-deux directions moyennes partielles, en ayant égard aux positions géographiques respectives des points auxquels elles se rapportent.

Pour cela nous exécuterons l'opération indiquée dans le commencement de cet article. Nous choisirons un point sur la direction présumée du grand cercle de comparaison qui doitreprésenter le Syttèoie du Westmoreland et du Hundsriick^ et auquel tous les petits arcs, qui représentent les directions locales, sont considérés comme étant approximati-

vemeot parallèles; nous y transporterons toutes les directions et nous en prendrons la moyenne.

Je suppose que le grand cercle de comparaison dont il s'agit passe au Binger-Loch.

Pour transporter au Binger-Loch la direction E. 22^ 30' N. observée en Laponie par 70o de lat. N. et 23» 30' de long. E., jedétermine, au moyen du tableau de la p. 178, la différence des angles alternes internes que Torme, avec les méridiens du Binger-Loch et du point d'observation en Laponie, Tare de grand cercle qui réunit ces deux points; la différence est de 15° 3a 23 '.J'en conclus que, transportée au Binger-Loch, la direction E. 22*" 30' N., observée en Laponie, deviendra E. 22« 30'-f 15° 35' 23"--t.N., € étant l'excès sphérique d'un triangle spbérique rectangle dont je m'occuperai ultérieurement.

Exécutant la même opération pour chacun des vingt points dont les directions doivent être transportées au Binger-Loch^ je forme le tableau suivant dans lequel je comprends également les directions qui se rapportent au Binger-Loeh, et je fais raddition :

s O Ci ^ r» >» i-

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>^ H U H U H ^* U H » Pe3 H H H (lî M H lÛ H H

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La somme, toute réduction faite, est de 697« 23' 55" + 2 ± «; et, en la divisant par 22, on a pour la moyenne des directions rapportées au Bitiger-Loch ,

Pour qu*eU« ne renferme plus rien d'iadéterminé , il reste seulement à apprécier la valeur de S ± c La quantité c , que j'ai fait entrer dans le tableau , est , comme je Vëi indiqué ci-dessus, p. 188, Vexcès sphérique d'un triangle rectangle qui a pour hypothénuse la j^us courte distance du point central de réduction {Singer- Loch) au point central d'observation auquel elle se rapporte, et, pour Tun daa angles aigus, Tangle formé par la direction transportée au Binger-Loch avec la plus courte distance. Il est aisé de voir que, survant la position respective du point central de réduction et du point d'observation, et suivant la direction qui a été observée, Vexcès sphériqu» dont il s'agit doit être employé soustractivement ou additivement, ainsi que Je tableau l'indique, et comme je l'ai aussi rappelé dans l'expression de la somme , en y écrivant S± «. Le tableau renferme 20 de

m qiiatttitéB t , dont 8 Mnttriifcifreii «t f 2 auditives. La plopart sont n^cesMireitent fort petites; et comme elles entrent dans la somme avec des signes coBtraires, elles doivent se détruire mutuellement, à très peu de chose près. Mais quelques unes se rapportant à des points assez éloignés, auxquels correspondent d*assez grands triangles, ont des grandeurs notables. La somme

± c se réduit sensiblement à celle de ces Talears plus grandes que les autres , prises elles-mêmes avec le signe qui leur convient. Il est nécessaire de calculer les plus grandes de ces valeurs de c pouf apprécier Pinfluence qu'elles peuvent exercer S4ir la déterminalion de la direction moyenne.

Le calcul s^exécute très simplement au moyen du tableau de la page 83, ou en se servant directement des formules consignées > sa suite.

Par une simple construction faite sur mie carte , on trouve que pour la Laponie on a >pproiimativemeni 5=» 29" =» 2444 kil.

A» 340 1, ce qui donne, à VMée de la formule cos C = cos 6 tang A ,

Pour tous les autres poinM, on peut se contenter des résuitats tiré» À vue du U-

b1«au de la ptfe i%9 , d'«prM Im disUnces et 1«8 angles déteNninés sur la carte, etroo trouve :

Pour l'Estonie ,

b = 1611 kil., A = 18o, e = 33';

Pour Wisby, b = 1102 kil., A =24% c = 19';

Pour les Graropiaos ,

h = 1073 kil. , A = 74^ 30', « = 12'

Pour Keswick ,

b = 889 kil., A 68° = 30% c = 12' Pour Church-StrettOD ,

b « 786 kiL, A === 60*, f = 12' Pour Falmouth ,

6 = 907 kil., A==41«i, t == 17' Pour Saint-Malo (couches) ,

6 = 722 kil., A =28% c = 9' Pour Saint-Malo (grandes Ugne^ ,

b = 722 kil., A « 32° 45', t = 10' Pour la Montagne Noire ,

b = 741 kfl., A = 26'» 30', t = 10' Pour Hyères,

b =: 772 kil., A = 57° 30', e = 12', Pour AjacciOy

b =893 kil., A = 71«30',ic=10'.

Les valeurf de t relatives aux autres points, tous plus rapprochés du Binger- Loch que les précédents, seraient encore plus petites, et comme elles entrent dani la valeur de S ± c , les unes positivement et les autres négativement , elles doivent se détruire presque eiactement entre elles : on peut se dispenser d*en tenir compte.

Quant aux valeurs de c qui viennent d*ètre calculées , la somme de celles qui sont prises négativement est 3" 23' 35", la somme de celles qui sont prises positivement est io 12' : donc2±f =a~2*' 11' 35",

et — -=- =3 — 5' 58", ou en nombres ronds

2 + 1 = — 6'. Or, dans Tétat actuel des

observations , il n'y a presque pas lieu de tenir un compte rigoureux d'un pareil résultat. Plusieurs des directions, dont nous prenons la moyenne après les avoir transportées au Binger-Locb, présentent des inceniiudes de plus de 3**, et le remplacement de leur valeur réelle eiacte pour leur valeur approximative actuelle pourrait faire varier la moyenne de plus de 6'. Toutefois, comme il est évident que la somme des excès sphé» rigues est négative, et qu'elle tend à diminuer la moyenne de plusieurs minutes, nous y aurons égard , autant qu'il est permis de I. 18

le fane aujourd'hui , en adoptent pour la (lireeiion moyenne do Système du Westmoreland et du Hundsrack , Iransporiée au Biiiger-Loch , un chiffre un peu plus petit que celui donné par notre premier calcul, et nous la fiierons en nombres ronds à E. 31» 30' N.

Je ferai remarquer en passant , combien le choii d^un point à peu près central , comme le Binger-Loch , pour centre de réduction , a simplifié notre marche : d'une part, la somme des angles ajoutés ou retranchés aui directions transportées, pour tenir compte de la convergence des méridiens vers le pôle, s'est réduite, toute compensation faite, 8 — 9" 29' 5"; d'une autre part , la somme des excès sphériques s'est réduite, toute compensation faite, à environ 2" 11'; de sorte que le nombre 31** 30', qui représente la direction, diffère peu d'être la 22"^ partie de 706" 23', somme des nombres qui représentent les directions par-

ticlles , car == 32- 6' 30". Le ré-

sultat de tous ces calculs est d'arri\er à réduire cette moyenne de 36' 30". Or, en y arrivant, comme nous l'avons fait par une série de compensations, on évite beaucoup de chances d'erreurs dans lesquelles on au-

rttt été plus eiposé k tomber en prenant pour centre de réduction un point excentrique tel que U Montagne-Noire ou U Lapon ie.

li nous reite maintenant à nou« rendre compte du degré de confiance i|ue mérite notre moyenne. Pour cela j'eiécule Toperalion ÎDverse de celle que j'ai faite, en transportant au centre de réduction toutes les directions observées : je reporte la direction moyenne du centre de réduction à chacun des points d'observation , et je la compare à la direction observée. Dans ce nouveau transport , je ne tiendrai compte de Texcès sphérique que pour les points où je Tai déterminé ci-dessus, points qui sont les seuls où il ait quelque importance. A la rigueur il faudrait calculer de nouveau Veaxès sphéri^uepour chacun des points d'observation, en le rapportant à la direction moyenne déterminée pour le Binger-Loch, et non à la direction observée en chaque point; mais les corrections qui résulteraient de ces nouveaux calculs seraient peu considérables et peuvent être négligées.

D'après les calculs auxquels nous nous ionimes déjà livré, la direction E. 32" ^ N. transportée, ainsi que je viens de le dire, da Binger-Loch au point d'observation en

Laponic , devient E. 31° 30'— 15" 35' 23' + 4*" 59' 35" N. -= E. 17° 54' 12" N. Elle diflerede la direction observée Ë. 22*' SON., de 4" 35' 48".

En opérant de la même manière pour tous les autres points d'observation, j*ai formé le tableau suivant :

» "î "■ "T ^ "♦ — • »*? » — l*; •* 1*5 QP O O « — ^ O IC liî —

(•^ O 3 IC «1 SI te O C SI ^ 00 ^ 91 <» IC X 91 3< <«- O X

â ( Si"^ 2 S î^ 2Î 2 G 2S IS •5 **? '5 w fc <a «^ Q "«S ■* t» •»

^ \ .3 <w •- -«r ic ©1 11 Cl ©1 « ^ »<: i»; -* <»i C; îà « c f -^ -•- CI •♦ -«r à-: -^ a* a» SI ic it w fccicic ic ic te îe ic lo

kCdU&qUWUUJbmuCsïbdUZWUtiWUUpâUU

.-, a M Mrf ,^ «» V*« 2 S ^ SI «w C ^

La somme des différences ne devait pas être nulle, parce que nous avons adopté pour le point central de réduction (Binger- Loch), la direction E. 31" 30' N. exprimée en nombres ronds, au lieu de la moyenne des directions transportées en ce point. Pour plusieurs des points d'observation, les diflTërences sont considérables ; mais on n*a pas droit d'en être surpris d'après la nature même des observations faites dans ces points. Ainsi, pour les couches du Binger-Loch, la différence est de plus de 12**; mais nous avons remarqué tout d'abord que la direction est probablement anomale. Pour Hyères, pour Ajaccio et pour la Laponie, lei différences sont considérables aussi ; mais BOUS avons simplement employé pour ces trois points la direction E.-N.-E. Or, lorsqu'on exprime une direction de cette manière, il est généralement sous-enteodu qu*on ne prétend pas la flxer très rigoureusement. Pour les grandes lignes qui traversent la Bretagne, la différence est de 8" il' environ; mais la direction de ces lignes ne se prêle pas à une détermination complètement rigoureuse. Pour l'Ardenne, ta différence est de près de 9^ : c'îest une des plus considérables et peut-être des plus singulières que renfeune le tableau. Je suis

porié il Tatiribuer principalemeolàcequeU dislocation qui a relevé le front de TArdenne, près de Mézières, suivant la direction du système des Ballons (1), a comprimé la masse des terrains sdiisteui situés plus au Nord , et rapproché leur direction de la ligne E.-O. La production des dislocations du Système du fiainaut peut enc4)re avoir concouru plus tard au même résultat. La direction du Système du Finistère transportée dans TArdenne, à Mont-Hernié, en observant que pour ce point la correction due à Vtxcès sp}fériqtjie serait complètement insignifiante, défient E. iV 48' N. Elle s^écane de 10" 12' de U direction moyenne E. 25*' N. des couches ardoisières de cette contrée, tandis que celle-ci ne s'éloigne que de 8° 53' 6" de la direction du Système du Weslmoreland 9t du Hundsrûck. Cela prouve que Panonalie signalée ci -a près , dans la direction des couches ardoisières des bords de U Meuse, ne se rattache pas, comme on aurait pu le croire au premier abord , au Système du Finistère. Quant aux autres points, pour lesquels la direction observée parait mériter plus i|e confiance , les difléronces ne dépassent pis 4**, et elles sont le

(i) \oyti Ejplicntion de la Carte grologitjue de la France, (|np. IV, 1. 1, i>. a66,

plus souvent au-dessous de 3" , c'est-à-dire qu'elles ne sont guère au-dessus des incertitudes et des erreurs que comportent les observations elles- mêmes.

Nous remarquerons encore que les différences les plus considérables 'sont les unes en plus et les autres en moins , d*où il résulte qu'elles approchent beaucoup de se compenser, et qu'on retrouverait à très peu près la même moyenne, en regardant comme défectueuses les observations qui leur ont donné naissance, et en ne tenant compte que des autres.

Enfin , Taisant un retour vers le point de départ de toutes les observations de ce genre, nous remarquerons que non -seulement ta direction E. 31" ^N., qui se rapl^orte a un point de l'Allemagne septentrionale, rentre complètement dans rindication hora 3-4 , donnée il y a plus d'un demisiècle par M. de Humboldt; mais que cette moyenne, transportée à Hof, ne diffère pas d^un demi-degré 6e la direction générale des couches du Frankenwald , que l'illustre voyageur a signalée, au début de sa carrière, comme se reproduisant d'une manière très générale dans les couches schisteuses anciennes d'une grande partie de TEurope.

La direction moyenne E. 31" \ N., que

nous avons adoptée pour le Binger-Loch , (léiermine celle de la tangente directrice du Système du Weslmoreland et du Hundsriick. L*aDgleA» formé par cette tangente avec le méridien du Bioger-Loch , est égal au com» plément de SI*" {, ou à SS*" ^.

Pour déterminer complètement ce système, il nous resterait à calculer, ainfi qu'il a été dit dans la première partie de cet article , Tangle équatorial E ; mais le calcul ne serait guère plus eiécutable pour \t Système du Weslmoreland et du Hundsnkk que pour celui du Longmynd , à regard duquel nous y avons renoncé pour les motifs énoncés page 129. Nous serons donc réduits à nous en tenir, provisoirement au moins , à la suppositUm employée dans les calculs précédents , savoir que le grand cercle qui passe par le Binger-Lock^ en se dirigeant à TE. 31'' 7 N., est le grand cercle de comparaison ou Téquateur du Système <lu Weslmoreland et du Hundsriick.

Il est probable , sans doute , que cette supposition n*est pas tout à fait exacte , et qu'elle est destinée à subir une rectificatUm ^térieure, 11 est toutefois à observer que le grand cercle dont il s'agit divise à peu près en deui parties égales l'ensemble des }M>ints où ont été observés jusqu'à présent les ri-

xiemeiits ^penda&ts du Système du Weitmoreiand et du Hundsriick, et cette remarque doit porter à préMuner que le grtiMl oercle de coœparMSOD profisoire que aew •doptoAfl ne sera pas déplacé daDs la suite d'une quantité très considérable.

▲pMS avoir ainsi discuté, la direction du SiftUme du WeslmareUmd et du HundsrM; ûprès avoir reconnu que le groupe compacta et BBiforme des li|$nes stratigraphiques doal M Système se compose, est antérieur, daas toute TËurope, au vieux grès rouge, et postérieur Ml terrain silurien et aux coudM éévoniennes anciennes {Tiiettcne et TUm^ Urne foaùlifère), j*ai pu me montrer plus difficile q«e par le passé, pour y laisser renfermés des accidents stratigraphiques qui D*f figuraient qu*à titre d*anomaUes. J*ai pu, suiwni La marclie que j*aî indiquée depuis ieiigteraps ( voyez le commencement de oct article), essayer de séparer ces aoomaUes et de les grouper elles-mêmes en Systèmes.

J'avais originairement laissé réuaies en un seul groupe, qui était, pour ainsi dire, le résidu non développé de la série , toutes les dislocations du sol , trop anciennes pour qu'il me parût prudent de chercher dès lori à les distinguer et à les .classer. Mais sur la planehe coloriée jointe à la premièce publi-

cHioncpie j*ai faite sur ces matières {Ann. des se. nat., t. XIX, pi. 3, 1830), j'avais consigné une note ainsi conçue : « On a » figuré ici des Fougères , des Prèles , des » Lépidodendrons , pour rappeler que les' » vf'gétaux, dont les débris enfouis ont pro- » duit ia houille, avaient crû sous nos lati- » ludes peu de temps après le plus anciem » redressement de couches figuré dans le ta* » Ueau; d'eu il suit que, dès lors, nos con^'^ » irées se trouveraient dans des circonstan- » ces climatériques dont nous pouvons nom » faire quelque idée. »

Ce plus ancien redressement découches, figuré dans le premier tableau graphique (les résultats de mes recherches , était celui des collines du Bocage ( Calvados ), où j'ai irouvé les premiers indices du Système des hUons et des collines du Bocage^ dont je n'ai pa fixer que plus lard , d'une manière pré« cite, la direction et Tàge relatif, et dont Je parlerai ci -après.

Aussitôt que î'observalion m'a permis de (^finir, d'une manière complète, le Système ^s ballons et des coUines du Bocage, j'ai aperçu qu'il existait des Systèmes de dislocations plus anciens et d'une direction différente.

L'un de ces Systèmes ayant été mis en lu *

mière dès 1S31, comme je Tai rappelé cidessus, par M. le proresseur Sedgwick, je me suis empressé de Tinscrire alors en tèie de ma série, et il figure déjà sous le nom de Système du Westmoreland et du Hundsrikk dans relirait de mes recherches qui a été imprimé en 1833 (1). Mais j'annonçais eo même temps qu'il ne fallait pas désespérer de voir des recherches ultérieures mettre les lignes de démarcation, que Tobservation indiquait déjà entre les différentes assises des anciens terrains de transition , en rapport avec des soulèvements plus anciens, et encore plus effacés que celui-là.

J'ai cru trouver la réalisation de ces espérances de vieille daté dans les Systèmes de montagnes que j'ai esquissés ci-dessus.

Lorsqu'on ne pouvait encore indiquer la direction des dislocations des couches les plus anciennes que par la désignation générale Hora 3-4, et lorsque l'âge précis d'une grande partie de ces couches était encore indéterminé , on était réduit à composer de toutes les dislocations dont il s'agît un seul faisceau, dont l'analogie conduisait à penser

(i) Traduction française (}a Manuel féologique de M. de La Bèrhe, publié pnr M. Biorhniit de Villiers. Voir aussi le i" volame du Traité de géognosie de M. Dubuisson de Voi* 5in, continué par M. AmédéeBurat, p. 282 (i834).

que rage relatif serait le même que Pige de celles qui en auraient un bien déterminé. Mais le progrès des observations permettant aujourd'hui de procéder à une analyse plus exacte , on peut distinguer dans cet immense faisceau trois directions et trots âges.

J'en ai d'abord extrait un groupe assez nombreui de directions plus rapprochées de la ligne E. -0. que celte du Système du Westmoreland et du Hundsriick , et , en même temps , plus anciennes. Je veux parter surtout des directions des roches schisteuses les plus anciennes de la presqu'île de Bretagne, que j'ai mentionnées dans l'extrait de mes recherches , consigné dans la traduction française du Alanuel géologique de M. de La Bêche, et dans le Traité de géoffnoîte de M. Daubuisson, comme l'un des types des dislocations Hora 3-4 antérieures aux dépôt des terrains de transition modernes de la Bretagne , qu'on sait aujourd'hui être siluriens et dévoniens. C'est frappés de leur constance et de l'évidence de leur âge relatif, que nous avons cru , M. Dufrénoy et moi , devoir indiquer, dans le premier volume de l'explication de la carte géologique , 1*E. 25* N. comme la direction du Système du Westmoreland et du Hundsriick , I. 19

2iâ

indic«lipn qui a été reproduite par M. Beudant dans s^ Géologie élémentaire ^ et par M. de Coliegno dans ses Elemenia di ge(h

logia.

Cette directiou, qui, en raison surtout de ce qu'elle s'observe dans une contrée aussi occidentale que la Bretagne , difTère beaucoup de celle du Système du Westmoreland et du Hundsriickt telle que je Tai précisée cidessus , caractérise un Système particulier antérieur au terraiasilurien, que j'ai nommé Système du Finistère,

J'ai extrait aussi du même faisceau If Système du Longmynd^ que j'ai placé de même avant le dépôt du terrain silurien, mais après le Système du Finistère.

Les autres directions, dégagées de ces mélanges hétérogènes, composent le Système du Westmoreland et du HundsriJLckf réduit à ce qu'il a d'essentiel.

La direction du Système du Finistère, transportée au Binger-Loch^ devient E. 11* 35' N. Elle diffère, par conséquent, de 20° environ de celle du Système du Westmoreland et du Hundsriickf qui est pour le fiinger-Loch E. 31'' ; N., et de plus de 47» de celle du Système du Longmynd quiy rapportée au même ppint, est N. 31" 15' E. «m E. 58° 45' N.

La comparaison de ces trois directions, rapportées à un seul et même point, montre que les trois Systèmes dont nous parlons sont parfaitement distincts l*un de Tautre, sous le rapport de leur direction.

Ils ne le sont pas moins sous le rapport de leur Age, et le dernier s*isole d^autant mieux des deux autres, entre les directions desquels la sienne est intermédiaire, qu*i\ en est séparé chronologiquement par le Système du Morbihan dont Torientation est complètement différente.

Mais 11 s'est présenté, à cet égard, une circonstance assez singulière : c'est que, parmi le grand nombre de couches redressées dont la direction avait été comprise d'abord dans la désignation générale /lora 3-4, celles relativement auxquelles Tépoque du redressement était indiquée par les observations les plus complètement éclaîrcies, étaient précisément les premières qui devaient être mises de côté pour former des systèmes séparés, lorsqu'on en viendrait à une discussioD plus précise de tous les éléments dont le groupe entier se composait ok-iginairèmeot.

Telles étaient, par exemple, les couches des schistes anciens de la Bretagne et de la !^ormaudie sur lesquelles les grès siluiriens

inférieurs reposent en ctratifications discordantes. Telles étaient aussi les couches des ^ schistes cristallins de la Suède et de la Finlande dont les principaux redressements sont si évidemment antérieurs au dépôt des couches siluriennes inférieures du Rinneculle et de la côte méridionale du golfe de Fialande. Le grès de Caradoc, qui forme, dans une grande partie de l'Europe et de TÂmérique» Tun des horizons géognostiques les plus étendus et les plus nets qu'on puisse citer dans toute la série des terrains sédimentaires, s'est déposé postérieurement aui redressements de toutes ces couches dont il recouvre souvent les tranches. C'est là ce qui place dans les périodes antésiluriennes les Systèmes du Finistère, du Longmynd et du il/or&t/tan dont nous avons discuté précédemment l'ancienneté respective.

Au contraire, les observations les plus récentes ont fait reconnaître pour moins anciennes qu'on ne l'avait cru jusqu'à ces derniers temps un grand nombre de couches qui demeurent comprises dans le Système du Westmoreland et du Hundsruck réduit, comme nous venons de le voir, à ce qu'il y a d'essentiel. Ainsi les couches du terrain ardoisier de l'Ardenne, qui ont été regardées d'abord comme un des types essentiels du

terrain cambrien, et dont MM. Murchison et Sedgwick ont encore figuré quelques parties comme cambriennes, dans leur belle carte des contrées rhénanes, publiée en 1840, doivent être rapportées au terrain silurien et au terrain dévonien ancien {tileslone fossilifère). La classification des couches du HuDdsrûck et du Taunus a dû subir une modiGcaiioD semblable. Il en a été de même des couches schisteuses et calcaires du Hartz, du Tfauringenwald, du Frankenwald, des environs de Prague, des Vosges, des environs d'Hyères, de la montagne Noire, des Pjréoées, etc. Toutes les couches qui reposentsur celles-ci en stratification discordante, et dont quelques unes , comme le poudingue de bur«ot (en Belgique) , avaient été classées comme siluriennes, ont été reconnues comme contemporaines du vieux grès rouge etdu terrain dévonien proprement dit. l*époque à laquelle répond la discordance de stratification de ces deux classes de couches, s'est ainsi trouvée moins ancienne qu'on ne Tavait cru d*abord, par suite de rage moins ancien assigné aux couches ellesmêmes. Voilà comment, en partant toujours des mêmes faits stratigraphiques, on a été conduite laisser seulement dans les périodes aotésilurieunes deux démembrements du U 19*

Sysièm du WBStmoreland el du Hundsiiick qui avait parix d'abord antésiiurien , et k placer ce système lui-même , simplifié et mieux défini, entre la période du terrain silurien et du tilestone fossilifère et la période dtl vieux grès rouge et du terrain dévonien proprertient dit.

Je passe maintenant aux Systèmes de montagnes qui ont pris naissance postérieurement au dépôt du vieux. grès rouge ou du terrain dévonien.

Je suis porté à croire que, parmi ceux de ces Systèmes que Je puis dès à présent définir complètement, le plus ancien est celui auquel se rapporte le plissement des couches anthraxirères (dévoniennes fet carbonifêres) des bords de la Loire inrérieure, et auquel appartiennent aussi les accidents orographiques les plus remarquables des collines du Bocage de la Normandie et de la partie méridionale des Vosges.

VI. Système des Ballons (Vosges) et dbs COLLINES DU BocAgE (Calvados).

L'âge relatif que j'avais cru devoir assigner originairement à ce Système a dû être modifié comme celui du Système du Westmoreland et du HundirUckf et pour des raisons à peo près lemblables. L^ê faits stra-

tigraphiques qui délerminent cet âge conservent leur place dans la science; mais les couches auiqueljes ces faits se rapportent sont aujourd'hui classées autrement qu'elles De Tétaient à Pépoque de mes premiers traraiix. Toutes les couches afTectées par les plissements propres au Système des Ballons et des collines du Bocage de la Noi'mandie étaient considérées, il y a quelques années, comme plus anciennes que le vieux grès rouge; il est aujourd'hui -constaté qu'une partie de ces mêmes couches appartient au terrain dévonien, représentant du vieux grès rouge, et même au calcaire carbonifère.

Anciennement le vieux grès rouge et le cal> ciire carbonifère étaient considérés comme Tormant, avec le millstone grit et le terrain houilier, une série indivisible pendant le dépôt de laquelle on ne présumait pas que le sol de l'Europe eût éprouvé de grandes dislocations. Mais de houvelles observations ont montré que cette série n'est pas aussi continue qu'on l'avait cru d'abord, et que, pendant Son dépôt, le relief du sol de VFairope a subi de grands changements.

Le redressement des couches du Système d9s Ballons et des collhies du Bocage de la Nùrmandie me paratt avoir coïncidé avec Turi de ees changements, ateç celui auquel s^

rapporte la ligne de démarcation qui sépare le calcaire carbonifère du millstone-grit.

Pendant les périodes comparativemeui tranquilles qui ont suivi Tappariiion du Système du Weslmoraland et^u Hundsrikkf la surface d'une grande partie de TEuropea été recouverte par dévastes et puissants dépôts de sédiment dont la corrélation a été clairement établie dans ces dernières années. Ce sont : le vieux grès rouge et le calcaire carbonifère de rÉcosse, de TAngleterre et de rirlande ; les couches dévouiennes (postérieures au lileslone) et carbonifères du Devonshire; les couches correspondantes de li presquMIe de Bretagne, c'est-à-dire celles qui cummcncent aux poudingues de Huelgoet ( l'inisière) et d'Ingrande ( Loire-Inférieure), et qui comprennent les dépôts de combustibles des bords de la Loire-Inférieure et des environs de Laval et de Sablé, ainsi que le calcaire carbonifère de Sablé; les couches an tbraxifères de la Belgique, depuis le Poudingue de Burnot jusqu'au calcaire de Visé inclusivement; les couches de schiste et de grauwacke des collines des Tenfelsberge et des Hollenberge, au N.-O. de Magdebourg; le vieux grès rouge de la Norvège et de la Suède; le vieux grès rouge» les couches dévonieonea et le calcaire

carbonifère de toute la Russie, dont les beaui travaux de MM. Murchison, de Verneuil et Keyserliog ont si bien fait connaître la nature et la position indépendante par rapport aux terrains afTectés des anciennes rides Aora 3-4.

Je suis encore porté à classer dans la même série les terrains de porphyre brun, de grau* vacke et de schiste argileux, contenant des couches d'anthracite accompagnées d*em-* preÏDtes végétales peu différentes de celles du terrain houiller dont se compose en grande partie Tangle S.-E. des Vosges, et qui paraît s*étre adossé aux masses granitiques des environs de Gérardmer, deRemire« mont et du Tillot^ dont le soulèvement a probablement coïncidé avec la formation des rides /lora 3-4.

Il parait , surtout d*après les dernières observations de M. Verneuil, qu'une partie des terrains de transition du département de la Loire doit aussi être rapportée à la même époque.

Or, indépendamment des rapports géogoosiiques et paléontologiques qui existent entre les diverses parties du vaste ensemble de terrains dont je viens de parler, ils ont encore cela de commun que leurs couches échappent aux rides et aux dislocations qui

6oit»titti«nt t« SyHème au Westfndreland et du Hundsruck. Lorsque la directiott de ce Sfstème ê'f manireste comme dans le Conduis, e'esi seutemeot d^Uiie manière locale et accidentelle. Quand les couches n*y sont pas horizontales , leurs dislocations suivent généralement d'autres directions dont la plus man|uée, qui probablement a été produite immédiatement après la tet-irhinaîson du dépdt , court\ suivant dés lignés dont Tangle évec le méridittti varie « selon la longitude, en divers points de l'Europe , entre 90 et SO"", mais qui sont toujours très près d'Ctré eiaetement parallèles à un grand cercle passant par le BaUon d'Alsace (dans le midi des Vosges : iatUud« 47» 50' N., longitude 4** 36' Ë. de Paris) et faisant avec le méHdien de cette cime un angle de 74**, ou se dirigeant, en ce point, dé PO. 16'* N. à l*£. 16" S.

Des tâtonnements graphiques m'ont fait adopter depuis longtemps ce grand cercle comme le grand cercle de comparaison du Système des Ballons et des collines du Bocàgei, •t on va voir qu'il représente encore très etÉctement la moyenne des observations actuelles dont aucun groupe ne s'en écarte d*ttne manière notable.

Le caractère spécial des parties méridio-

nales 4es Voxgjes esi d'offrir dea formes phis découpées que le reste. Au premier abord , les moniagiies semblent y élre confusémeot entassées les unes à c<)ié des autres ; mais un examen plus attentif ne tarde pas 4 montrer qu'elles sont groupées avec assex de régularité autour du massif de syénite dont les Ballons d'Alsace et de Comté sont les deux points culminants.

La configuration des Vosges estcomparable à un T renversé ( x )> et , dans cette comparaison, le massif de syénite des Ballons figure la barre horizoïrtale du (x), tandii que la crête principale des Vosges, qui se rapporte au Système du Rhin, représente le jambage vertical. La structure de toute la partie méridionale du noyau ceutr^al des Vosges, depuis Plombières jusqu'à la vallée de Massevaux , est en rapport avec celle du Ballon d'Alsace dont le massif syénitique ^ qui a, dans son ensemble, la formed'un vaste tlôme allongé de l'E. 15" S. à l'O. 15» N. , est Taxe de tout le Système.

Celte disposition s'explique très simple* meut, en admettant que longtemps après la consolidation des porphyres bruns , le inassir de syénite qui forme les cimes juf inelles du Ballon d'Alsace, et du Ballon de Comté ou de Servance, a été soulevé de

dessous les porphyres. Ce soulèvement aarait causé la destruction d*une partie du terrain porpbyrique, et aurait relevé le reste autour du massif des Ballons d'Alsace et de Comté, en donnant naissance aut déchirements qui paraissent avoir Tormé la première ébauche des vallées de Massevaux, de Giromagny et de Plancher-Ies-Mines. Cette supposition s'accorde d'autant mieux avec la disposition relative des cimes de la partie méridionale des Vosges , que , des points situés de manière à prendre en enfilade le groupe allongé des Ballons , par exemple , des environs de B&le , de Mulhouse, de Bar denweiler , les diverses arêtes suivant lesquelles ils se groupent entre eux font naître , par leur disposition respective , Tidde d'un cratère de soulèvement dont le centre serait situé vers le Ballon d^Alsace. Une coupe faite perpendiculairement à l'aie du massif de syénite des Ballons, vers son extrémité orientale, montrerait que le terrain de porphyres bruns qui constitue principalement les montagnes de Tangle S.-E. des Vosges, se relève à l'approche du massif syénîtique, en s'appuyant de part et d'autre sur ses flancs (1).

« (i) Explication dt la Carte géologique dt la Franti, I.U

Lm pftHies méridionales de la Forêt-Noire offrent le même caractère de dislocation, et on y remarque , comme dans les Vosges , beaucoup de montagnes orient<^s ou alignées entre elles à peu près de l'O. IS"* N. «TE. 15* S.

De la cime du Blauen, le midi de la Forét- Noire se présente comme un massif granitique découpé sans loi bien visible, mais terminé assez abruptement vers le S., suivant une ligne qui court à TE. 16* S.

Le Feldberg doit probablement son nom * ce que sa cime est plate et unie comme vn champ. Elle est couverte d'un gazon on- M, qui s'étend à une assez grande distance vers l'E. i5'*S.; mais vers le N., elle offre des pentes très rapides qui conduisent à des précipices. Cet arrachement est évideittODentpostérieur au ridementN.-E.-S.'O. du gneiss dont le Feldberg est composé , et intérieur au dép6t du Grès des Vosges qui entoure son large dôme à une grande distance.

Toutes ces montagnes ont été soulevées par des efforts violents qui ont brisé la croûte du globe, et depuis cette époque ces éclais saillants n'ont plus été recouverts d'une manière permanente par les eaui , puisque unlle part on ne trouve de rocbes sédimeni. 20

Uûft- fttf keur» «cuQinil^. \\ en eti 4e même des Ballons de la partie m^Utionale des Yofiiges , et de la saillie primofdiale do Ckamp-du-Feu.

L'époque à laquelle ces masses oiU éU façonnées peut être circonscrite entre dsi limites beaucoup plus étroites eiieore que celles dont nous vepons de parler ; car il eft évident qu'elle est antériewre à TeiisteiiflC des bassins de Roncbamp et de Yillé , qM« le terrain bouil^er , le grès rouge et le gras des Vosges ont comblées en partie, et postécieure à toute la formation des porphyres bruns, qui est un des éléments essentiels da massif des Ballons. Ainsi le Système des fisUons a reçu, par voie de soulèvement, la configura lion qui le distingue, à une époqns postérieure à (a formation 4*1 perpbyrs brun (i), mai» antérieure au dépôt du terrain houiller.

La Lozère nous- présente , beaucoup plus AU sud , une au^re mass» graait<^e allongée à peu près dans le même sens ; et eomnie la direction de cette masse semble avoir déterminé celle da bassin intériew des départements de la Loaère et de TAvtgFf on , dans lequel se «ont déposés borisioAlalenienA le terrain bmailler, le grès bi-

(i) 9J9ii9Mti»m 49 In Cartf f 40/* et /• frmn€4, t. I, p. 4f T'

gâffiS et le oiieftirè eu Jura, «»ii peut §ii|ipàsfrque rélévÉtk>h de cette oiaMe eit con- «nnporâfiHe de re))e de la syénite du BalloM d'Alsace.

La presqulle de Bretâghie est , parmi lea ^{Wrentes contrées de TEurope, une de celteé où le Système dm B&ihns m deatlne de la manière la plus étendue et la plus nette* U plupart des acddenti stratigraphiquea 4ae doiis j averti déjà étudiés étaient anié* ithirs au dépbt du teirrain silarien. On seul» te jf/ilème d« Wêstemoretnnd et dm Hunâs^ rwekj est postérieur à ce terrain ; mais il est ibtérteur au terrain déTonien. En ell^t, ce â^^tème dé disloeations affecte une partie^ mais non la totalité du vaste ensemble de ti^raitos sédimentaires, qui constitue principalement le sol de l'intérieur de la Bretagne. Ces terrains appartiennent en partie itt terrain silurien, en partie au terrain ^Tonien, et les travaux paléon lologiques de MM. de Yerneuil et d'Archiac ont montre que le calcaire de Sablé qui en partage iek allures, mais qui en forme Taksise supérieure , doit être rapporté au caleaire carbonifère.

toutes lei assises de ce grand dépôt , le plas souvent parallèles élMre elles , sont affectées indistinctement par un Système

d'accideDU stratigrapbiques , qui est rartout très prononcé dans Tespace qui a*étend d* Angers à Ploérmel. Sans former nulle part de montagnes considérables , les couches présentent des plis nombreux, qui les renversent quelquefois complètement, et qui indiquent une compression latérale des plus violentes. Leurs affleurements étroits forment de longues bandes parallèles ; et lortqu'elles sont toutes dessinées , comme sur les belles cartes de MM. Triger , le papier prend l'apparence d'une étoffe rayée. Les petites crêtes et les légers enfoncements auxquels elles donnent naissance, suivant qu'elles sont plus ou moins résistantes, déterminent la plupart des accidents topographiques de la contrée; d'où il résulte que sur toutes les cartes détaillées , leur direction, à peu près constante, se reconnaît au premier coup d'œil. Cette direction forme, avec les lignes de projection verticales des cartes de Cassini , un angle d'environ 75*"; mais si on tient compte du petit angle que ces lignes forment elles-mêmes avec les méridiens astronomiques, on voit qu'à ChHeaubriant, par eiemple, la direction des couches coupe le méridien sous un angle de 78*, c'est-à-dire qu'elle court de l'E. 12» S. à l'O. 12" N.

Celte direction se rapporte très sensiblement à celle du Système des Ballons ; car si, par Cbàteaubriant (lat. 47» 43' 38" N., long. 3" 43' 10" 0. de Paris), on mène une ligne rigoureusement parallèle au grand cercle de comparaison qui passe par le Ballon d'Alsace en se dirigeant de TE. 16" S. à 10. 16o N. , cette ligne se dirigera de TE. 10" 15' S. à rO. 10" 15' N., et ne formera avec la direction des couches qu'un angle de 1** 45'. La différence se réduirait même à 45' si on menait par Cbàteaubriant une ligne parallèle à la direction 0. 15" N. , qui est la moyenne de celles qu'on observe dans le S.-E. des Vosges et de la Forêt -Noire. De pareilles différences sont au-dessous des erreurs probables des observations , et peuvent être considérées comme nulles.

La direction dontnous parlons se reproduit très habituellement dans les coucbes siluriennes e( dévoniennes de toutes les parties de la presqu'île de Bretagne, et notamment dans la bande de terrain silurien qui s'étend de la forêt d'Ecouves (au nord d'Alençon) jusqu'à Mortain et au-delà, et qui forme une des lignes principales du Bocage de la Normandie. Elle se retrouve encore dans la bande de terrain silurien des buttes de Clecy, qui s*étendde Goutances à Falaise et jusqu'aux

environs tlbChambôis, btondb Mbins étendue <|ue lés précédentes , niitis cohhtie antérieurement par les travaux de M. Hérault, de M. de Caumont et de M. de La Bêche « et d'après laquelle j'ai adopté dans Torigine la dénomination de Système du Bocage (Calvados ) , qu'il me paraîtrait inutile de changer aujourd'hui.

Les couches affectées par ce Système d'accidents présentent généralement peu de déviations. Elles offrent rependant une Inflexion remarquable par l'étendue sur laquelle elle se manifeste et par sa régularité. Les lignes suivant lesquelles sont dirigés les plis des terroins anthtaiifères des bords de la Loire et des environs de Sablé, s'Infléchissent, vers le S., à l'E. d'une ligne tirée de Beaupréau à Ségré, et prennent à peu près la direction du Système du Morbihan. Le même fait se reproduit plus au N. enlre DomTront etSeez; et oH en trouvé un autre exemple dans la presqu'île de Crozoh , qui sépare la baie de Duuarnenez de la rade de Brest. Mais ces faits particuliers me paraissent devoir être expliqués, en admettant 4ue , dans ces parties dont l'éiendue , citnsidërable en elle-même, est cependant assex petite comparativement à la p^w^u'tte en* ifè#0 f la direeiloii du Sy$tèni$ du Mm-MkÊi*

s^est reproduite accidenlelletnent à l*époque de la formation du Système des Ballons ^ phénomène dotit J*ai déJA eité plusieurs eiemples.

Le Sjsiètne de plissement que Je viens de lignaler dans la presquMIe de Bretagne , reparaît , au nord de ta Manche , dAns les roches de transition modernes du Devon^ ihire. D'après les belles cartes de sir Henry de La Bêche, la direction générale de la ligne de jonction , entre le Système des grauwackes et le Système carbotiacé au nord de Soulh-Molton, estO. 9» N. C'est là la direction normale de la stratification des roches d« ces deui Systèmes dans le nord du Devonshire. Au sud , près de Launceston , la direction s'écarte souvent davantage de la ligne E.-O. ; triais elle est moins régulière , et elle présente peut -être une anomalie comparable à celle que j*ai signalée ci-dessus dans la presqu'île de Bretagne , à Test de la ligné de Beau préau à Ségré , ainsi qu'entre Domfront et Seez, et dans la presqu'île de Crozoïi. Dans tous les cas, c'est une anomalie relatiTement nttx allures générales des couches dévonierines et carbonecées du Devonsbire, dont les plis« dans toutes les parties qui ne sont pas trop voisines dei inassea ëraptives de grâtttte et de tran»*

se dirigent très régulièrement de TE. 9° S. a ro. 9' N.

Or, si OD trace, par le centre du Devonshire (lat. 50» 50' N., long. 6» 30' 0 de Paris), une ligne parallèle au grand cercle de comparaison qui passe au Ballon d'Alsace en se dirigeant à TO. 16" N., et qu'on ait égard aux latitudes et aux longitudes des deux points, et à la correction relative à Texcès sphérique, on trouve qu'elle coupe le méri* dien astronomique du Devonshire sous un angle de 81 « 27', et qu'elle se dirige de TE. 8" 33' S. à ro. 8** 33' N. Cette ligne ne s'écarte que de 27', ou de moins d'un demidegré , de la direction des couches dévonieonés et carbonacées de celte contrée. C'est une différence complètement négligeable.

Le redressement de ces couches est évidemment antérieur au dépôt des couches les plus auciennes du nouveau grès rouge qui reposent sur leurs tranches ; mais il est postérieur à la période du d^pôt dei couches carbonacées , qui , d'après les espèces de Goniaiites et les autres fossiles qui y ont été découverts, ne peut être considérée comme antérieure à celle du calcaire carboni rère.

. Quelques unes des dislocations si conpli* quées que présente la pointe S. -G. du Pem-

brokeshire , de part et d'autre du MUford- HaTeo,appartienoent aussi , probablement, au Sy$tème de Battons , dout elles ont , à très peu près, la direction. 11 en est peutêtre de même de quelques unes des dislocations des Mendip-Hills , au midi de Bristol.

inexistence d'une discordance de stratification entre le calcaire carbonifère et le miUstone gril est clairement indiquée par le tracé de plusieurs accidenta stratigrapbiques, très nettement exprimés sur les belles cartes géologiques de Tordonnance publiées par sir Henry De La Bêche : je me bornerai à eo citer un seul exemple.

Près de Denbigh-Lodge, entre la forêt de Dean et la vallée de la Saverne, le miUstone' grU repose directement sur le vieux grès rouge, par suite de Tinterruption subite du calcaire carbonifère qui , un peu plus au nord , sépare les deux formations. Cette interruption continue au S.-O. jusque près de Undey, oii le calcaire carbonifère reparaît lubitemeot. Dans Tintervalle le dessin de sir Henry De La Bêche indique clairement la superposition transgressive du millslonegrU sur le vieux grès rouge et le calcaire carbonifère ( Carte géologique de l'Ordonnance, n**XLllI, partie S.-E.)*

D'assez nombreuses dislocations apparte-

nant aii Syitèine dei Ballons se reconnâisscnl encore vers le nord du pays de Galles, oà elles h*ont pas échappé à M. le professeur Sedg- Wick. Dans son tiiémoire intitulé : Esquisse dô la str^ture géologique du nord d« pays de Galles (l), ce savant géologue dit (p. 222) :

« Les plus anciens mouvemetits dont nous » trouvons des traces distihctes sont eèui » qui ont déterminé la direction N. -E., et » imprimé aut masses des montagnes une » disposition ondulée....

» Plus tard , utie séfie de mouvements <• imprima une disposition O.-N.-O. , d'une » part, à Tancien Système (de couches) à » l'extrëmité-septentrionaledes Berw^ns, et, » de Pautre, au Système supérieur dans le » Denbyshire. L*auteur attribue la ronni- » sion extraordinaire que présente la position » des couches dans la chaîne des Berwyns à » rintersection de deux lignes principales » d'élévation, qui se rapportent, Tune à » Tancien mouvement dirigé au N.-E. on au M N.-N.-E., et Tautre au mouvement siib- » séquent dirigea PO. -N.-O. Probablement, » ajoute-t-il, les conglomérats placés à la

(i) Outline of the Geotoficat structure ofnorth ff'atrê. Prurri>diags of thc gcolo^iral Society of Lotidon. t IV, p. m (1843).

» baae duCftlealre carbonilèredaDenbjsbîre » ont été formel après cette pérkuJe. »

En indi4|uant , dans le pays de GaUea , TesisteDce simuttanée du Système de Longmynd , et du Système du Westmoreland et du Hundsrùckt j'ai proposé implicitement de considérer le premier des deux mouve* ments comme composé de deux, mouvement* distincts dirigés respectivement, suivant les deux directions, N.-N.>E. et N.-Ë. , que mentionne M. le professeur Sedgvick. Je présume que le second mouvement, figmUé par lui, doit aussi être subdivisé en deux autres se rapportant Tun au Système du Morbihan^ dirigé à peu près à TO. 38" N. , dont Tai déjà indiqué ailleurs (1 ) T influence sur cea contrées , et Tautre au Système des Ballons^ plus rapproché de la ligne Ë.-O. : de (elle sorte que la moyenne des deux directions «loanerait à peu près la direction O.-N.-O., à laquelle s'arrête M. le professeur SedgivicliC.

Si on transporte la direction 0. 16 ' N. du Billon d* Alsace dans le paois de Galles , ai( confluent des rivières Tierw et Ceiriog (lat. 52" 58' N. , long. 5" 33' 0. de Paris ), en ajant égard à la différence des latitudes et des longitudes, et même à la correction due à Texcès sphérique, elle devient 0. 8" 18' N.

(i) BulletiH de la Stx.gêal. de Fr. , a« série, t. IV, j> 962.

Une ligne menée par le confluent da Tierw etduCeiriog, de TE. 8« 18' S. kVO.^T 18' N., passe , d'une part, à Wem , et , de Tautre , à l^emboucbure de la rivière Lyfni dans la baie de Caernarfon. Il est facile de la tracer, d'après cette indication , sur une carte d'Angleterre quelconque , lors même que les méridiens et les parallèles n'y seraient pas Ggurés. Si on trace cette ligne, soit sur la belle carte géologique de l'Angleterre par M. Greenougb, soit sur celle de la région silurienne par sir Roderik Murcbîson , soit sur les petites cartes du nord du pays de Galles publiées par M. le professeur SedgMrick (1) et par M. Daniel Sharpe (2), on verra d'abord qu'elle est en rapport avec les grandes lignes géologiques de la contrée, et qu'après avoir marché parallèlement à la direction que suit la grande route de Holy-Head , depuis la vallée du Ceiriog jusqu'à celle du Convay, elle passe à une petite distance au sud de la haute cime du Snowdon. On remarquera en outre qu'elle est sensiblement parallèle à la moyenne direction des accidents stratigraphiques que présentent, d'après les trois premières de

(i) A. Spdf>vick, Çuartfrly JourKal of tke gtoloficat So» eiety, vol. I.

(2) /«irf.vol.II.

ces cartes, les couches siluriennes anciennes et modernes de la région arrosée par le Ceiriog et par ses affluents , et de plusieurs cantons adjacents. Elle s'éloigne de la direction des lignes stratigraphiques de la carte de M. Daniel Sharpe, lorsque celles-ci s'é« carient du tracé des trois autres cartes; mais elle représente , aussi exactement que possible, la moyenne des directions que M. le professeur Sedgwick a tracées sur sa carte, sur un échelle à la vérité très réduite, mais évidemment avec beaucoup de soin.

Maintenant les lignes de dislocation tracées dans cette région par M. le professeur Sedgwick yiennent butter contre le terrain carbonifère qu'elles ne paraissent pas en tanner, ce qui annoncerait qu'elles ont été produites antérieurement au dépôt de toutes les assises de ce terrain et même antérieurement au dépôt dii calcaire carbonifère. En effet, les cartes géologiques de M. Greenough, de sir Roderick Murchison et de M. le professeur Sedgwick figurent une bande du calcaire carbonifère qui s'étendrait du Cralg-y- Rbiv à Craigant d'une manière aussi continue que le millstone-grit qui se trouve immédiatement a l'E. Cependant sir Roderick Murchison dément ce tracé, dans le texte même de son grand ouvrage, où il dit formel-

leroent (i) qu'à partir du Craig-y-Rhiw, U calcaire carbonifère se perd pendant un court eipace, mats reparait de nouveau^ se dirigeant au N.j à Orsedd'Wen, sur la cime du Soilatt-yn-Hill, élevée de 1300 pieds au-dessus ii la mer.

J'ai heureusement trouvé un tracé très net de celte interruption sur la carte de M. Daniel Sharpe» et, en reportant ce tracé sur la carte de M. le professeur Sedgwick , j'ai vu qu'elle coïncide exactement avec le proton* gement des couches- silurieunes qui, des bords du Ceiriog, s'avancent à TE. S'' 18' S., suivant la direction du Système des Ballons. Plus au N. et plus au S., le calcaire oarbonirère repose en stratification discordante sur les couches siluriennes redressées dans la direction du Système du Westmoreland et duHundsruck; mais précisément au point oji les couches siluriennes prennent la direction du Syslème des Ballons, ce calcaire pré-. sente une échancrure d'autant plus remarquable que, d'après le tracé de M. Daniel Sharpe»le bord septentrional de cette échaacrure semble avoir été retroussé. Le millstone' grity si les cartes sont fidèles, ne présenterait pas d'échancrure correspondante, mais poursuivrait sou cours en passant sur

(i) Silurian System, p. 4& et 4C.

te prolonf ement des couches silurien nés redressées suiyant la direction du Système des Ballons.

En supposant ce résultat eiact, Je crois pouvoir en conclure que le calcaire carbo- Birère a été altfecté par le redressement des couches dont il s*agit, mais que le fiUlhumegril nePa pasétéXe redressementdes couches liluriennes, dirigées, dans la vattéeduGeIriog, ée TE. 80 48' S. à TO. S** f 8' N., aurait donc eu lieu postérieurement au dépdt du calcaire carbonifère, et antérieurement au dép6t du ¥Mlstone-grit^ c*est*à-dire quMI appartiendrait, par son âge relatif comme par sa direction , au Système des Boitons, dont Page se tfouverait même filé ici avec plus de précision <ttte dans aucun des points que nous avons eiaminés; car nous ne Pavions pas encore trouvé en contact avec le tniitsIon^-^Ht bien caractérisé.

Il est vrai que le terrain carbonacé du Devonshire a été regardé comme comprenant non seulement le calcaire^arbonirère, mais encore le mitlstone- grit et le terrain houiller proprement dit, ce qui conduirait à assigner une date encore plus moderne au Système des Ballons. Mais ces rapprochements ne reposent sur aucune détermination précise, et je ne crois pas qu'on soit réellement fondé à

considérer aucune des couches du terrain earhonacé du Devooshire comme plus moderne que le calcaire carbonifère. Il y a encore là, sans doute, matière à controverse, et je fais des vœux pour que celte controverse s'établisse. Elle déterminera le rôle qui peut être attciluié au Système des Ballons dans la formation du relief de la Grande-Bretagne , et elle contribuera à fixer d'une manière plus assurée encore l'&ge relatif de ce Système de montagnes, celui des différents dépôts carbonifères, et le degré d'utilité que peut avoir le principe des directions dans la «olution des grandes gtMsttons géognostiqjies. Quoi qu'il en soit, il existe, dans le midi de l'Irlande , comme dans le midi de l'Angleterre, des dislocations qui, par leur direction et par leur âge, autant qu'on peut répondre de ce dernier, paraissent appartenir au Système des Ballons, D'après la belle carte géologique de l'Irlande publiée par M. Griffitb, il existe aux environs de Cork et dans les moi^tagnes de Barrymore et de Knockmeiledown, qui s^élèvent au N. de cette ville, un ensemble de dislocations qui se dirigent en moyenne de TE. à TO., ou de TE. un peu S. à l'O. un peu N. Ces dislocations affectent le vieux grès rouge et le calcaire carbonifère, mais elles paraissent

se distinguer d'autres disioeaiions plus étendues qui affectent en même temps le mUhtone-grU, Leur origine remonterait, par coDséquent, à une époque intermédiaire entre la période du calcaire carbonifère et, ctWediimUlstone-grit, c'est-à-dire à Pépoque de la formation du Système des BcUlons. Les dislocations dont il s'agit ont, en effet, très sensiblement la direction du Système des Ballons ; car la direction 0. IG"* N., transportée des Ballons d'Alsace à Cork (latit. W 48' 10", longit. 10« 34' 59" 0.), eo ayant égard à l'eicès sphérique, devient 0. 5- 4' N.

Avant de quitter les Iles Britanniques, je ferai remarquer que des dislocations appartenant au Système des Ballons pourraient être soupçonnées d'avoir exercé une grande influence sur la configuration des montagnes du district des lacs du Cumberland et du Westmoreland.

M. le professeur Sedgwick a distingué depuis longtemps le phénomène de plissement qui a imprimé leur direction caractéristique aux schistes qui forment l'étoffe fondamentale fie ce groupe de montagnes, du mouvement d'élévation qui a fait surgir comme de véritables Ballons, les montagnes de granité et de syénite qui en forment aujourd'hui les 1 21*

cimes les plus élevées , mouvement qui a éié accompagné de nombreuses disloeatioDS. M. le professeur Hopkins, «yant envisagé dernièrement ce mouvement d'élévation sous un point de vue qui lui est propre (1), le considère comme coordonné à un aie légèrement sinueux qui se dirigea peu prèsà ro. 3° N. Or la direction 0. i6'' N. transportée du Ballon d'Alsace à Reswick (lalit. Si^'as^N., long. 5''9'13''0. de Paris) avec toutes les précautions déjà indiquées, devient 0. 8*" 38' N. La différence avec la direclioti figurée par M. le professeur Hopkins est de 5"* 38'; mais, comme les considérations d'après lesquelles M. Hopkins a figuré cette ligne ne sont pas de nature à fiier une direction avec une rigueur absolue, on peut dire qu'une divergence de h'* \ seulement est ici peu importante. Sous le rapport de Tépoque à laquelle a eu lieu cette élévation ^ M. le professeur Hopkins établit qu'elle est postérieure au dépôt du calcaire carbonifère et antérieure, en grande partie, à celui du nouveau grès rouge. Il admet, à la vérité, qu'elle est postérieure , non seulement au calcaire carbonifère, mais aussi au mHlstont-

(i) Ou tlif élévation and ilf nudation ol'the di>tiict if ibe lakej <if Ctiinb^rland and Wfsim<TeI.ind. — Çuaiterty Jovnmt •/ tk« géoiofical Soeitty, vol. IV, p. 70.

grit et au terrain houtller; or cette dernière partie de sa conclusion me paraît beaucoup moins évidente que la première.

Le millstone-grit est loin d'entourer le groupe montagneut du Westmoreland avec la même uniformité d*allure que le calcaire carbonifère. Bien loin de conserver dans la ceinture du district des tacs la grande épaisseur qu^il présente dans les moorlands du Yorkshire, il se réduit, diaprés la carte de H. Greenough, à une bande étroite qui s'amincit et finit par disparaître en avançant vers Touest, et on voit alors le terrain boutller de White Haven reposer directement, près de la côte, sur le calcaire carbonifère et même sur le vieux grès ronge. Il parait, d'après cela, que le sol de ces contrées a été soumis à des perturbations locales particulières entre le dépôt du calcaire carbonifère et celui du millstone-grit, et peut-être entre le dépôt du miltslone-gril et celui du terrain houiller, et il demeure permis de soupçonner que les Ballons du Westmoreland sont, on principe, du même Age que ceux des Vosges et dus à des mouvements d'élévation coordonnés au même grand cercle de la «phère terrestre.

Peut être pârviendrait-on à constater l'eilêtence «|e dislocations du Système des

Ballons dans plusieurs autres groupes montagneui des tles Britanniques. Il me paraît des aujourd'hui très probable que les petites protubérances de roches anciennes qui pointent isolément au milieu des plaines secondaires du Leicestershire lui doivent le principe de leur existence.

Le prolongement oriental de la ligne tirée de Tembouchure du Lyfni à Wem passe très près de Leicester. Elle laisse, au nord, le massif isolé du Chamwood-Forest dont les principales lignes topographiques lui sont à peu près parallèles. A côté du Charnwood- Forest, le terrain houiller d'Ashbf de la Zouche se trouve en contact d'une manière anormale, comme celui de White-Haveo, avec le calcaire carbonifère, sans Tinterposition du millstone-grit. Cet ensemble de circonstances peut faire soupçonner qu'il y a eu dans ce district un mouvement de dislocation immédiatement postérieur au calcaire carbonifère, parallèle à la direction du Système des Ballons, et que le Mont-Sorel, point culminant du Cbarnwood-Forest, peut luimême être considéré comme un Ballon.

Les Ballons du nord de V Allemagnet les masses granitiques du Hartz, qui se trouvent presque exactement sur le prolongement de la ligne d'élévation du Westinoreiand, se

prêtent à ce double rapprochement d'une manière pluf certaine encore.

Le Uartz se termine, au N.-N.-E., par uii escarpement comparable à celui qui termine les Vosgci» et la Forêt-Noire au S.-S.-O. Cet escarpement, qui coupe obliquement la direction dea couchea schisteuses , est parallèle à la plus grande longueur de ce groupe de montagnes isolé, et à la ligne sur laquelle les granités de Brocken et de la Rosstrappe se sont élevés en perçant les schistes et les grauwackes déjà redressés antérieurement dans une autre direction ; il est en même temps parallèle au grand cercle de comparaison du Système des BaUons dirigé de la cime du Ballon d'Alsace à TO. 16" N. En effet, si, par la cime du Brocken (latitude Sr 48' 29" N., longitude 8** 16' 20" £. de Paris), on mène une ligne parallèle au grand cercle dont il s'agit, on trouve que la direction de cette ligne calculée rigoureusement, en ayant égard à la correction due à Texcès spbérique, est à TO. lO'* 15' N. Or, si Ton trace cette ligne sur une carte géologique du Hartz, on verra qu'elle passe par la Rosstrappe f tout près du Rammberg, et qu'elle est parallèle aussi exactement que possible à la ligne légèrement sinueuse qui termine le Hartz au N.-N.-E. Le soulève-

ment qui a détermiKé eetie ligne» évidemment postérieur à eeluf qui afait plissé \h schistes et les grauwackes dans la direction hora 3-4 {Sy^èmê du Westmoreland et â»

Hundsriick}^ it'a pas été le demiar que It Hartz ait éprouvé; mais il a influé ploi i|U*auouD autre sur la forme générale de soa relief, tt II a évidemment précédé le dépM des terrains houillers qui sont situés à soa pied*

Les grauwackes qui forment des colliiMi des Teufoisberge et des Hollenberge au N.-O. de Magdebourg, et dans lesquelles on trouve, comme en Devonshire, en Bretagne et dioi le sud des Vosges, un grand nombre d*inipressions d'Équisétacées et d'autres plantes peu différentes de celles du terrain houiller, ne partagent pas la direction hora S-4 da autres grauwackes de T Allemagne. Elles apfMrtiennent probablement à la partie la plus récente des dépôts dits de transition, et la direction de leurs couches est presque parallèle à celle de rescarperoent N.-N.-E. du Harti, dont le soulèvement a sans doute eu quelque influence sur le ridement qu^elltf ont éprouvé.

A Tautre ettrémité du grand ensemble des terrains schisteui des bords du Rhia, i*Ardenne se termine au nord de MezièreS)

s«iva»l une ligne dont rorieauUoii ttt oMîQue par rapport à la siratificalioii dirigée à peu près kora 3-4 du terraio ar« doiiier, et dont la direction ne s*écarte pas sensiblement de celle du Système d$$ Ballons. La direction 0. 16" N., transportée du Ballon d'Alsace à Mezières (latitude 49" 45' 43" N., long. 2" 22' 46" E. de Paria}» devient, toute correclion faite, 0. W 51' N. Or, le front méridional de TArdenne court de TE. 14 à 18<>S. àTO. 14 à 1S« N. ; o'està dire en moyenne suivant une direction 0. 16° N., qui ne diffère que de 1** 9' do celle qui serait rigoureusement parallèle au grand cercle de comparaison du Système des Ballons. Le front méridional de TArdenne coupant obliquement la direction générale des couches du terrain ardoisier, ressemble, en cela, au front septentrional duHariz auquel il est parallèle , et qui peut être con* sidéré comme formant Teitrémité diamétra« lenent opposée de la grande Imu de schisteuse des bords du Rhin. L'un et Tautre doiventc probablement leur première origine à la même révolution physique. Les roches à crialauifeldspa tiques de Monthermé pourraient UeD faire, jusqu'à un certain point, le pendant des granités du Hartz. Le Hartz n'est peut-être plus élevé que parce qu'il a éprouvé,

postérieurement au dépôt des terrains s«*conilaires, un nouveau soulèvement que les Ardeones n'ont pas éprouvé ou qu'elles n'ont, du moins, que très faiblement ressenti (i).

La direction du Système des Ballons se manireste aussi dans le massif des terrains schisteux du Hainaut, au nord de Namnr, et on la retrouve encore, mais peut-être acciden tellement, entre la SambreetlaMeuse, aui environs de Philippevîlle.

Le Système des Ballons s'est également dessiné dans l'Europe orientale. Les montagnes de Sandomirz, dans le S.-O. de la Pologne, nous présentent des couches de transition, d'une date probablement récente, redressées dans une direction presque exactement parallèle à celle du grand cercle de comparaison que nous avons mené par le Ballon d'Alsace. Mais c'est surtout au milieu des grandes plaines de la Russie que le Système de rides dont nous nous occupons joue un rôle important.

La belle carte géologique de la Russie d'Europe, publiée par MM. Murchison , de Verneuil et Keyserling, nous représente cette vaste contrée comme divisée en deux parties

(i) Explication de la Carte géologique de ta France, t. U p. 2C6.

par un aie de terrain clévonien dîrifé de Voroneje vers le golfe de Riga. Cet axe paratt dû à un soulèvement qui a émergé le bassin carbonifère de Moscou et l'a rendu inacceslible aux dépôts de la période houillère; qui, par conséquent, doit être d'une date postérieure au dépôt du caleaire cariranifère et antérieure à celui du millstone-grit. Or, la direction 0. 16** N., transportée du Ballon d*Alsace à Orel, en Russie (lat. 52o 56* 4" N. , long. 33° 37' E. de Paris), devient 0. 36** 32' N. Construite sur la carte de Russie , cette direction coïncide, à très peu de chose près, avec celle de Taxe dévonien, dirigé de Voroneje vers le golfe de Riga. Je suis conduit, par là, à considérer Taxe dévonien du centre de la Russie comme étant, en Europe, Tnn des membres les mieux définis et le plus largement dessinés du Système des BcUUms. Enfin les résultats du voyage géologiqus que ll|. le comte Eeyserling a exécuté , en 1843, dans la contrée de la Petschora, semblent annoncer que le Système des Ballons joue aussi un rôle important dans cette parlie reculée de la Russie. D'après la carte géologique jointe au bel ouvrage deM. le comte Keyserling (1), la contrée de la Petschora

(«) ffissentchaflliehe Beobachtungen auf einer reise in 'm l'etsckora land^ im jahre i8j3.

2S4 eftsëp«réed(B»8nii<ie8 plaines où eoule U DwîDa par la cbatne des monts Timan qui s'ëtead obliquemeot de TOural au golfe de Tscbeskaja , dont l'ouverture, dans la mer Glaciale, est séparée de celle de la mer Blanche par le cap Barmin-Myss.

La chaîne des monts Timan n'est pas rectiUgne. Elle décrit une ligne brisée dont le coude est placé près du 65*^ parallèle de latitude nord, et dont la seconde par^e forme un angle d'environ 2t^'' avec le prolongement de la première.

Le milieu de la plus méridionale de ces deux parties se trouve à peu près par 63° 50 de latitude N., et par 50** 10' de longitude E. de Paris. Si on mène par ce point une ligne parallèle au grand cercle dirigé du Ballon d'Alsace à l'O. i6^ N. et qu'on en calcule la direction en ayant égard à la correction relative à l'excès sphérique qui s'élève pour ce point éloigné à 2<' 29' 53", on trouve que la parallèle en question se dirige à l'O. 31<> 30'N. Or, en contruisant cette ligne sur la carte de M. le comte Keyserling, on voit qu'elle représente d'une manière très satisfaisante la direction générale de l'axe de la partie méridionale de la chaîne des monts Timan. Les flancs de cette partie de la chaîne sont formés par le terrain dévonien et par le calcaire

eaitoiiifl^e ; mafs If. le ooniCeKeyserliiig n*f • pas obsenFé le terrain houiller {miUsumê^ grtt) qu*i1 figure an eoAtraire oamme étaDi redressé sur les flancs du chatnoD sepientri<k Dal des moDts Timan et sur oeui de lH>aral. De là il paraîtrait résulter que le chatnon méridional des monts Timan, qui, oomHW toutes les montagnes de la contrée, est antérieur an terrain Permten et au terrais jurassiqua, le distinguerait des ebatnonaqui ravoiaiBaiit en ce qu*il serait antérieur aussi êumUUtm^ 0fn( auquel les antres sont poatérîeorf, et d'une date immédiatement postérieure •« dépôt du calcaire carbonifère. Ce chatnein méridional des monts Timan appartiendrait ainsi par son âge , comme par sa direction, au Syitème des Ballons,

Si cette conclusion se vérifie, elle aéra importante, en ce qu*elle donnera une très grande largeur à la zone qu'embrasse, en Europe, le Système des BalUms, En effet, une perpendiculaire abaissée de la crête des monts Timan sur le grand eenie de compa* raison du Système des BeUUmSt mené par ie Ballon d'Alsace, a une longueur égale à en* Tiron IT du méridien. D'un autre cdté.

If. Durocber croit avoir retrouvé des dislocations dépendantes du Système des BaUens dans les schistes anciens de la ebalne des

Pyréoées dont la crête, presque parallèle à notre graocl cercle de comparaison , en est éloignée de 6*". La zone embrassée par le Système des Ballons aurait donc une largeur de 33» ou de 3,667 kilomètres (plus de 700 lieues).

Dans cette zone, le grand cercle que nous avons mené arbitrairement par la cime dt Ballon d'Alsace serait loin d'occuper une position médiane. La ligne médiane passerait à peu près par Kœnigsberg, en Prusse. HaiSy comme la zone du Système des BalUmt pourrait encore être élargie dans la soice fera le midi par de nouveaux chaînons de eeSystème qui viendraient à être découverts en Espagne , il serait peut-être convenable de prendre pour le grand cercle de comp^ raison auquel on rapporterait tout rensemble, celui que nous avons mené par le ^rocften, dans le Hartz, vers TO. 19'*i5'N.

J'avais déterminé le premier depuis longtemps par de simples tâtonnements graphiques. Nous avons vu qu'il cadre avec toutes les observations auxquelles nous l'avons comparé avec assez d'exactitude pour qu'il tùi inutile d'en chercher, quant à présent, une détermination plus exacte. Le grand cercle, passant par le sommet du Brocken, que je propose de lui substituer, satisferait

^emeot bien à toutes les observations; ce sera celui auquel je recourrai dans la cuite de cet article.

Le Syslèine des Ballons a laissé sur la surface de l'Europe des accidents orograpbiques plus considérables qu*aucun des Systèmes de rides qui s*étaient formées antérieurement. Les Ballons des Vosges, du Hartz, du West* DDoreland, sont sans doute de fort petites montagnes, comparativement aux cimes des Pyrénées et des Alpes ; mais celles-ci sont d*une origine plus récente. Les Ballons n'ont même pas eu, au moment de leur naissance, toute rélévatjon que présentent aujourd'hui leurs cimes , par rapport au niveau de la mer ; car ils ont éprouvé depuis lors des mouvements qui ont encore ajouté à leur hauteur initiale ; mais la cime du Ballon d'Alsace s'élève à 789 mètres au-dessus de la ville deGiroroagny, située elle-même à peu près à la même hauteur que le terrain houil- 1er de Ronchamp, qui a rempli une des dé* pressions de la contrée telle qu'elle était configurée après la formation du Sysème des BdUons, et cette faible hauteur suffisait probablement pour faire alors du BaUon d'Al-* sace un des rois des montagnes de l'Europe. Parmi les inégalités de la surface du globe dont on peut assurer que l'origine remonte

à «ne époque aussi reculée, on eu citcr^t 4iffi€iieraent de plus CDD«idérat>les.

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