‹ Notice sur les systèmes de montaguesChapitre 15 sur 18 · XII. BTfttiils titj «ont PiLAè, de la CAYB-to · texte numérisé non relu

XII. BTfttiils titj «ont PiLAè, de la CAYB-to

Et D£ L^EftZGEÉlIkdli.

Une foule d'indices se réunissent pour •ttesier ^ue daqs Piptervalle des deux périodes auxqqelles correspondent le dépôt jurassiape et la série des fqrn^^tions crétacées ( wealàen formation ^ green sand qi^â çhalk)^ il y a eu une variatiop brusquç et importante dans la manière dont les sédiments se disposaient sur la surface de l'Europe. Cette variation a été considérable | çàï si Ton essaie de rétablir sur une carU iea contours de la nappe d*eau dans laquelle S'est déposée la partie inférieure du tétrahi

eréUoé, on les trouve estrémemeot diflérents de ceux de la nappe d*eau dans laquelle s'est formé le terrain jurassique (1). Elle a été brusque; car, en beaucoup de points, il 7 a passage de Tun des Systèmes de couches à Tautre , ce qui annonce que dans ces points la nature du dépdt et celle des habitants de la surface ont varié, sans que le dépôt des sédiments ait été suspendu.

Cette variation subite parait avoir coïncidé avec la formation d*un ensemble de chaînons de montagnes, parmi lesquelles on peut citer la C6te-d*0r ( en Bourgogne ), le mont Pilas ( en Forez ), les Cévennes et les plateaux de Larzac (dans le midi de la France), et même TErzgebirge (en Saxe).

L*Erzgebirge , la Côte-d'Or, le Pilas, les Cévennes , font partie d^une série presque continue d*accidents du sol, qui se dirigent À peu près du N. • E. au S. - 0. , ou de PE. 40" N. à rO. 40° S., depuis les bords de TElbe jusqu*à ceux du canal du Languedoc et de la Dordogne , et dont la communauté

(i) J'ai esnyè, il y ■ quelques ■iinées, de figurer les tour* de ces mers géologiqurs ; M. Beudant a bien voaln insérer dans le ▼olume de Géologie du cours élémentaire d*liistoire naturelle à l'usage des coliéges et des maisoM d'éducation, p. 19 S et 999 de la seconde édition, lescarttS que j'ai essayé d'en difsser, et que j'ai sotivent montrée» dens me» cours.

de direction et la liaison , de proche en proche, conduisent à penser que Torigiue a ëié contemporaine , que la formation s'est opérée dans une seule et même convulsion.

Les observations de deux ingénieurs des mines distingués , M. de Senarmont et M« Meugy , ont constaté avec évidence que le bord méridional du terrain bouiller de Rive-de-Gier a été soulevé, redressé, «n pourrait même dire étiré par le soulèvement du massif du Pilas , et la belle carte géologique du bassin bouiller de la Loire, publiée par M. ringénieur en chef Gruner, montre que ce bassin, tronqué par le soulèvement du Pilas , présente le long de sa base une terminaison presque reclillgne qui se dirige dans son ensemble , de Cremillieux à Tartaras, de VO, 36'' S. à TE. 36** N; c'est à très peu de chose près la direction de la crête même du Pilas. Cette crête se relève dans son prolongement N.-E. près de la Verpillière ( déparlement de risère) , où une protubérance granitique disloque le calcaire du Jura; et Ton voit par là que le soulèvement du Pilas est postérieur, non seulement au dépôt du terrain bouiller, mais encore à celui du terrain jurassique.

Dans les déparienients de la Dordogneet de

la Charente, en Nivernais, en Bourgogne, en Lorraine, en Alsace, et dans plusieurs autres parties de la France , les dérangements de stratification dirigés dans le sens des chaînons de montagnes dont nous parlons embrassent les couches jurassiques, tandis qu'ils n'affectent pas tes couches inférieures du terrain crétacé à la rencontre desquelles ils se terminent près des rives dé la Dordogne , de même qu'en Saxe , où les couches de grès vert (quadersc^ndslein) , qui forment les éscarpeqients pittoresques de ce qu'on appelle la Suisse sai^onne , s'éten* dent horizontalement sur la base de TErzgebir^e.

Les couches schisleuseï aoelendeê <jui forment le corps de TErzgebirge doivent » sans aucun doute , leur redressement à des accidents stratigraphiques très anciens (Système du Finistère^, système du Westmonland et du Hundsruck), Les couches tertiaires à lignites qui supportent les basaltes du Scheibenberg, du P'ôhlberg, du Bârenstein, attestent , d'un autre cdté r qu^un soulèvement très moderne a complété le relief actuel de TErzgebirge. Mais lorsqu'on observe l'exactitude avec laquelle le terrain crétacé inférieur {quadersandsteinf plaenerhalk) s'est modelé sur les contours de la

masse générale de la chatne, depuis Niederschoçna en Saxe, jusqu'à Tœplitz et i Podhorsam, en Bohème, ce que n'avaient fait ni le trias ni le terrain jurassique , on ne peut méconnattre la date de la faillie générale que présente TErzgebirge au-dessus des terrains plus bas qui l'entourent , et qui sont forniés comme lui-même de roches schisteuses anciennes fortement redressées.

Au nord de TErzgebirge, les plaines de trias de la Saxe présentent plusieurs rides légères parallèles à la direction de la C6ted'Or. Il en est de même des plaines triasiques et jurassiques de la Franconie , dé TAlsace, de la Lorraine et de la Bourgogne. Ia Côte-d'Or, située au milieu de l'espace compris entre l'Elbe et la Dordogne , fait partie d'une série d'ondulations des couches triasiques et jurassiques qui, après Avoit donné naissance aux accidents les mieux dessinés du sol du département de la Haute- Saône, se reproduit encore, plus au midi, dans les hautes Tallées longitudinales des montagnes du Jura, par-dessous lesquelles toutes les couches du terrain jurassique viennent passer pour se relever dans leurs intervalles, et former les croupes arrondies qui les séparent. Dans le fond de plusieurs de ces vallées, on trouvé des couches évidemment

oontamporaines da grès vert d'après tes fossiles qu'elles contiennent ( terrain néocomien et grès vert proprement dit); et comme ces couches ne s'élèvent pas sur les crêtes intermédiaires qui semblent avoir formé autant d'Iles et de presqu'îles , elles sont évidemment d'une date plus récente que le reploiement des couches jurassiques qui a donné naissance à ces crêtes, aux vallées longitudinales et à tout le Système dont elles font partie , et qui comprend la Côted'Or.

Il suit naturellement de là que, indépendamment des accidents plus anciens qui ont déterminé l'inclinaison de diverses couches, et notamment des couches schisteuses an* ciennes qui composent en partie le sol des provinces de l'Allemagne et de la France comprises entre les plaines de la Prusse et celles de la Gascogne , ce sol a éprouvé un nouveau mouvement de dislocation, entre la période du dépôt du terrain jurassique et celle du dépôt des terrains crétacés ; mouvement qui a, pour ainsi dire, marqué le moment du passage de l'une des périodes i l'autre. La direction suivant laquelle cette dislocation s'est opérée est indiquée par la direction générale des crêtes dont le terrain jurassique fait partie, et dont le terrain cré-

Uoé entoiire la bâte. Cette directioD , ainsi que ie Tai dit plus haut, court, eo général» à peu près du N.-E. au S.-O. Cepeiidaut il y a quelquefois des déviations suivant la direction de fractures plus anciennes. Ainsi» daos la Haute-Saône, dans le midi de la C6te-d*0r et dans le département de Saône- 6t-Loire, on voit un grand nombre de fractures de l*époque qui nous occupe suivre la direction propre au Système du Rhin,

Des faits analogues s'observent au pied des Vosges. J'ai signalé depuis longtemps le fait que les dépôts du grès bigarré et du muscbelkalk, qui sont également développés sur tout le pourtour des Voiges , n'atteignent pas un niveau aussi élevé à Test de la falaise qui borde les Vosges du c6ié de TAlsace que sur la pente opposée de la chaîne , et que, dans les points de la plaine de r Alsace où on les voit au pied de Tescarpement du grès des Vosges, leurs couches sont souvent inclinées, quelquefois même contournées d'une manière qui ne leur est pas ordinaire. Cette remarque m'a naturellement conduit à me demander si un état de choses si particulier ne pourrait pas être attribué à une grande fracture, à une /aille , qui , à une époque postérieure au dépôt du muscbeikalk, et peut-être beaucoup plus récente , se serait

niànireiUé suivant là Jighé Qui fôrtllë itintilemeni le bord oriental dé la tégion inon« iuebse. Cette Tailie , satls occflâiofatiet* une dislocation générale, aurait simplement fait lialire la différence de nivèaU actuélleihent existante entre des |>ointâ ^ui, Ibrs du dépdt du muschelkàlk , ont dû probablement it trouver â la même hauteur (1). liais il n'est t)àè nécessaire, |)Our ext^Iiquer ce phénomène, d'iihAginet* qti1l se ^oit produit, i une époque moderne, une faille ou une série dé failles entièrement nouvelles. Il suffit de cdncëvolr qu*un nouveau déplacement ait eu lieu entl-e les deux )iarols de failles d^l ëiistahtek. Là balte dèâ hiontagnes était limitée par deâ failles datis les vides desquelles Il s*était amassé, suivant toute apparence , des fllbhs ; et léS mouvements doot je parle corréspondeiit aux miroirs qu'on tobsei-vei-ait dans ces Aldus.

Ces mouvements ont quelquefois eu lieu à des époques très récentes; car on voit, ea beaucoup de points, non seulement le miif-

(i) Elle de BMutnont , (hservatioH* géotogifuu sv k$ tUffiitW» formatiotu fui^duH* te JSysième des Vo^es^ tiparent Im formation houillère dulims- {Anmale* du miatt^ a iérie, 1. 1, p 4oa , et t. H, p. 4^; et Mémoires pour mt* éir à tttte tUseriptlàn gMogifue à* ta Pranee, 1. 1, f. il Il tM.)

éktMMkt maif n^m^ le claire jarw^Q^ el menât cerUini dépôts tertiaire i partici* per plus «H i^oiBs poippléument à Tioelir aaMoa du grès bigarré. M^is les plus eoR- ^idérabUs de eei niQuraifients «econdairei fppi^rtieniiept pr0ba|ilem§qt à Tflpoqufi qi|| a ciiivi imipédia^iiiep^ le 44p4t ^u ^rraip jamssiqMe.

Veosepable ^es cirpon^l^pces que je viei^ 4^ signaler est ^uf^qpt ïkm visible ^ $ar Yf rpe » où If cbatnf de^ Y<^S64 §f^ ri^itujt ^ une simple falaise de |$ràs des Ypsges , fi^ p|((4 de laqualla le musçbel^^lK ^f pré^tipte eq çouf;b<!s iQclinée^, et quj pii ppurponée par le grès big^rril. Je Tai ^gur^e dans VfSa^plicçitiat^ 4^ laCqr^e, géologique àe la France^ t. I, p. 428, au mpfea d'un diagramme dressé d'après mes observations de 1821, et sur i^qu^l on pourrie suivre la descripUon , aussi eiacie que détaillée , écrite par M. de Sivfy qp^rante ans auparavant (l)4Ce des* sjn fera aisément comprendre que la bau- (fimr de la cûte de Saverne (20Û" ) donne à peu près |a mesure du glissement qui a eu

(i) De Sivry, Journal des oàservationt minéralogiques faites dont une partie des Vosges et de P Alsace , paj;e ai; n(l«ra|t* ^n\ ■ remporté le prix au jageinfUt de Messigur» delà StfCiétc royale drf iciencçf , 6flie«-leUirs rt arts tic Nancy, en l^i^.

lieu dans la faille préexistante , et |iar suite duquel la Lorraine 8*est trouTée élevée audessus de PAIsace. Mais la manière doot celte faille se poursuit au midi jusqu^à Saaies, et au nord jusqu'à Pyrmasens, et la circonstance curieuse que, vers le midi, c*est son côté oriental qui est le plus bas , tandis que c'est le contraire vers le nord, montrent qu'elle existait avant le dernier glissement dont nous venons de parler. Avant ce glissement récent , les deux côtés de la faille devaient être presque exactement de niveau à Saverne , qui correspond presque rigoureusement au point où le mouvemeot relatif de ces deux côtés changeait de sens; et alors les Vosges devaient être à peu pris interrompues en cet endroit.

Les fissures qui croisent et qui rejettent les filons des Vosges sont aussi dans le cas de donner lieu à des modifications dans le relief de ces montagnes, et de détruire Tuniformité des couches déposées à leur pied. Ces dernières sont traversées par un grand nombre de failles , dont les plus remarquables/ dirigées , à peu de chose près , de 1*E. 40<* N. à rO. 40* S., forment un ensemble qui s'étend au loin , en occasionnant les principaux Accidents des collines de li Haute-Saône et de la Gôte-d'Or. ^Iles appar-

tiennent ta Système de disloeation qui t marqué la limiie entre le terrain Jurassique et le terrain crétacé inférieur.

Les accidents straiigraphiques qu'on peut rapporter à ce Système , sans avoir en général beaucoup d*amplitude , sont très répandus, soit dans les montagnes, soit même dans les contrées presque planes d'une grande partie de TEurope. Je pourrais en citer un grand nombre dans toute la France orientale, depuis Marseille jusqu'à Longwy. On en trouve aussi dans le nord de la France ainsi qu'en Angleterre.

Le ploiement rapide des couches jurassiques dans l'anse qui précède le cap de la Crèche, un peu au nord de Boulogne-su r-Mer, vis-à-vis du fort de ce nom, est un des faits les plus remarquables que présente cette belle coupe. Les bancs inférieurs du grès grossier dur plongent d*environ 30** au N. 25" 0. La batterie de la Crèche est bâtie sur leur prolongement. La masse entière du terrain éprouve de ce côté un fort contournement (1), auquel participent les marnes kimméridiennes et même les grès du sommet de la falaise. Les couches s'inclinent et se relèvent ensuite pour reprendre leur pre-

. (i) F. Garnier , Mimoiie géologique »vr lu ttrraiiu dubas Boulonnai», p. S- ,

!^\^Tfi P9?HJ9R Olr ^^? ^Ançs puissants et liolifjeg df ^r^s plQps;eQt du somrpet de la falaise vers le ^. ^i) ^'epfpnçant sous le ni- Yi^^P de Iff ipep. }ffi §ai)liQ de la falaise, qui çonstitq^ |9 poipte i^Y^nç^e du cap , n'est forrn^B q^e par |a tr^f^ph* dç ces baiirs, que l'pp coupe prp^qMiB pefpepdjçulairemeni à leur direc^op» qpi^pçl on spi( sur U plage le pied des escarperiiçnf^ (?)r

Il est bon ^P rçiP4r9*J^r fl^^ '^ direction de ces eopcb^s jyrassiqq^s repliées fait un IPgle de 40 ^ ^Q** 4YeC |a djrection du grand axe de Tencein^fs çljjptique que forrpept les coifches pré(acées. Ce pli doit être plus ancien (\^p Iç relèyep[)eut des couches cr^facées en f^rn^Q de (\(t^i^ elliptique. Les pouclies crétacées p'f;|i présentent pas de semblables, et, d'appès cette circonstance, Il paraît devoir étpe rflpporté au Système de la Cùle-i'Op (3) f Uquelle sa direction le n|ttache aussi , quojque d*une manière im- Pfirfaj^e. f^a çQlfncidepce des directions est, ep eCTe^i peq p|acf|i; m^js compie les couc|ieç cpntourffée^ ^e la Crèche ne laissent

(1) llozet, Pffçript^on fi<M»otliqu€ <iu ktuin </« kt Boulonnais , ^. Go.

(2) C. Prévàkt, ButMîn ât là Société géotog. de Frmmtt, t. X (i|89)« p. a|ik

(3) Expticationde la Carte géologique fi* la Francr, t. Il

yoîr leur direction ^ue sur ui^e ^^\^\P ^W^' ^ue, la div^rSÇRÇ? ^"^ P?rai( ici de peu d*importaDC«.

On trouve ^ne colncideqce de directions beaucoup plqs approximative lorsqu'on compare à la direction du Système de la Côted'Or celle de certains accidents strati^raptiiques beaucoup mieux déGnis que le précèdent, qui affectent le terrain jurassique dès plaines de la Grande-Bretagne.

L*une des découvertes de détail les plus intéressantes qui aient été fa^cs récepaiiiiént, en Angleterre, est celle du l8m))èau de lias qui existe à ^rees, au N.-E. de Wem, dani les plaines de Shropshire. L^existence de cet out'lier peut, en eftet, conduire à conjecturer que le grand dépôt jiirass|(|ue ^es plaines de TAngleterre se liait primitivement à celui du N.-E. de Ttrlande et des Iles occidentales de rÉcosse, et que la li|;ne d'escarpements, dirigée du S.-Q. au H.-E., qui en terniine aujourd'hui la ipasse pr(pcipaie, est le résultat de dislocations plus ou moins fortes, suivies de dénudalions.

On peut prepdre pour |;rand cercle de comparaison di^ Système de la Côle-d'Or un grand cercle passantàDijon (lat. 47" |9' 25'% long. T W 50'' É. de Paris) et çrjenlé en ce point à TE. 40*» N.

Une parallèle menée à ce grand cercle par Prees (lai. 52" 58' N., long. 5« 3'— O.de Paris) se dirige à PE. 45<> 57' N. Construite sur une carte d^Angleterre, elle passe à une très petite distance au nord de Wem et à une distance «également très petite au sud d*Âudelm. Tracée sur la carte de M. Murchison, cette ligne représente très sensiblement Paie longitudinal du bassin de lias de Prees et du bassin de marne rouge dans lequel il est contenu, et celle de la ligne synclinale deea double bassin. Elle est parallèle, à deux degrés près, à la ligne anticlinale qui se dessine au nord de Prees dans le nouveau grès rouge des Peckforton-Hills ; mais elle forme des angles de 15 à 20"* avec les lignes anticlinales qui, d'Ashley-Heath et de Goldstooe- Common, se dirigent vers les masses trappéennes des Breidden-Hills. Si ces dernières lignes aniirlinales sont de TAge du Syslèfïie de la Côte d* Or ; leur direction dérire sans doute de celle de dislocations antérieures des roches sous-jacentes. Quant à la ligne synclinale du bassin de Prees et à la ligne anticlinale des Pecker ton -Hills, leur direction, de même que TAge des couches quelles affectent , conduit à les rapporter au Système d» la Côte d'Or.

Je remarquerai, en dernier lieu, que U

ligne de direction que nous avons tracée par Prees est très sensiblement parallèle à la direction générale des escarpements oollthiques , depuis les collines des Cotswolds, au nord de Bristol, jusqu*aui collines de Kesteven, au sud de Graniham. Il nie parait extrêmement probable que ces masses juras- •iques déjà soulevées, mais moins tronquées vers le N.-O. qu'elles ne le sont aujourd'hui par Teffet des dénudations qu'elles ont subies à diverses époques, ont formé le rivage de la mer dans laquelle, ou sur les rivages de laquelle se sont déposés les terrains crétacés et même le terrain wealdien du S.-E. de PAngleterre. Cette côte avait, par conséquent, à peu prés la direction du Système de la Côte-d'Or.

Gomme on devait naturellement s*y attendre, la direction des chaînes du mont Pilas, de la Côte-d'Or, de TErzgebirge et des autres chaînes qui ont pris leur relief actuel immédiatement avant le dépôt du grès vert et de la craie, a eu une grande influence sur la distribution de ce terrain dans la partie oc* ddentale de l'Europe. On conçoit, en effet, qu'elle a dû avoir une influence très marquée sur la disposition des parties adjacentes de la surface du globe qui, pendant la période

du dépdi de ce même terrain, se trouvaieoi à sec ou submergées.

Parallèlement aux directions des chaînes que je viens de citer , s'étend des bords de l'Elbe et de la Saale à ceux de la Vienne, de la Charente et de la Dordogne, une masse de terrain qui , comme le montre la carte déjà citée, formait évidemment, dans la mer qui déposait le terrain crétacé inférieur, une presqu'île liée vers Poitiersaux contrées montueuses, déjà façonnées i cette époque, de la Vendée, de là Bretagne et, par elles, à celles du Cornouailles, du pays de Galles, de rirlande et de rÉcosse. La mer ne venait plus battre jusqu'au pied des Vosges ; un rivage s'étendait de Ratisbonne vers Mais, et, le long de celte ligne, on reconnaît beaucoup de dépôts littoraux de l'âge du grès vert, tels que ceux de la Perte du Rhône et des hautes vallées longitudinales du Jura. Plus au S.-E., on voit le même terrain prendre une épaisseur et souvent des caractèresqui prouvent qu'il s'est déposé sous une grande profondeur d'eau, ou dans une mer dont la profondeur s'est considérablementaccrue, pendant que le dépôis'opérait, par l'enfoncemen t de son propre fond.

Il est à remarquer que \t terrain du grèl Vert et de la craie a pris des carartères

différents sur diverses côtes de la presqu'île que je viens de désigner, et ce n^est peut-être que dans le large golfe qui continua longtemps à s'étendre entre la même presqu'île et les collines oolithiques de l'Angleterre » jusqu'aux montagnes de TÉcosse et de la Scandinavie , que sa partie supérieure s'est déposée avec cette consistance crayeuse de laquelle est dérivé son nom général quoi qu'elle tienne, selon toute apparence, à une circonstance exceptionnelle.

Xill. STSTÈlIfi t)0 MONT Visb ET HU PlNOE.

On est dans l'habitude de réunir ea un seul groupe toutes les couches de sédiment comprises entre la partie supérieure du calcaire du Jura et la partie inférieure des dépôts tertiaires. Parmi ces couches sont comprises la craie avec les sables et argiles qui lui servent de support; couches que les géologues anglais désignent par les noms de WeaXden formation greensand and chalk.

M. d'Omalius d'Halloy a proposé de nommer terrain crétacé ce groupe de couches , de même qu'on nomme terrain jurassique le groupe de couches dont le calcaire du Jura fait partie. Ces mêmes couches, que le besoin d'un nombre limité de coupures a fait réunir, forment un assemblage beaucoup

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plui bétéragène et beaucoup moins codtinu que celles dont on compose le groupe jurassique. Il me parait bien probable que, pendant la durée de leur dépôt, il s^esi opéré plus d*un bouleversement, soit dans nos contrées mêmes , soit dans les parties de la surface du globe qui en sont peu éloignées. Il me semble même qu^on peut dès à présent signaler un groupe assez étendu, et assez fortement dessiné, d'accidents de stratification et de crêtes de montagnes, comme correspondant k la plus tranchée des lignes de partage que nous offrent les couches comprises dans le groupe crétacé.

L'ensemble des couches du terrain crétacé peut, en effet, se diviser en deux assises très distinctes par leurs caractères zoologiques et par leur distribution sur la surface de TEarope : Tune, que je propose de désigner sous le nom de terrain crétacé inférieur, comprendrait les diverses couches de Tépoque de la formation wealdienne et celles du grès vert jusques et y compris le reygoUe firesUm» desAnglais,oujusquesety compris notre craie chloritée et notre craie tufeau; l*autre, que je propose de désigner sous le nom de terrain crétacé supérieur, comprendrait seulement une partie de la craie marneuse , la craie blanche et les couches qui la suivent.

4St

La ligoe de iiartage entre le terraio crétacé inférieur et le terrain crétacé supérieur me parait oorrespendre à Tapparition d*uu Système d*accidents du sol que je propose de nommer Système du titonl Fiso, diaprés une aeule cime des Alpes françaises qui, comme presque toutes les cimes alpines, doit sa hauteur absolue actuelle à plusieurs soulève* mentf successifs, mais dans laquelle les aocidents de stratification propres à Tépoque qui nous occupe se montrent d*une manière très prononcée.

Les Alpes françaises, et Teitrémité S.-O. do Jura, depuis les environs d*Antibes et de Nice Jusqu^aox environs de Pont-d*Ain et de Lons-le-Saulnier, présentent une série de crêtes et de dislocations dirigées à peu près vers le N.-N.-O. et dans lesquelles les couches du terrain crétacé inférieur se trouvent redressées aussi bien que les couches jurassiques.

La pyramide de roches primitives du mont Viso est traversée par d'énormes failles qui, d'après leur direction, appartiennent à ce Système de fractures. Des accidents stratigraphiques orientés de même jouent un grand rôle dans toute la contrée, qui s'étend du mont Viso aui rives du Rhône ; et au pied des crêtes orientales du Devoluy, formées par

4iS

les couches du terrain créUcfi inférieur redressées dans la direction dont il s*agit, sont déposées horizontalement, près du cet de Bayard , des couches qui se distinguent des précédentes par la présence d*ùn graii^l nombre de nummulites, dé cérites, d'ampullaires et d*autres coquilles appartenant a des genres et même souvent à des espèces qu*on avait crus pendant longtemps exclusif vement propres aux terrains tertiaires , couches auxquelles beaucoup de géologues aiment à conserver la dénomination de tertiaire , que M. Brongniart leur à donnée dans son mémorable Mémoire sur les terrains calcaréo-trappéens du Vicentin.

Plusieurs géologues ont cru pendant quelque temps que la craie blanche manquerait dans le midi de TEurope, et que le terrain nummulitique en occuperait la place. J'ai moi-même partagé cette opinion ; mais M. de Verneuil a constaté dès 1 836 que la craie blanche existe en Crimée au-dessous du terrain nummulitique; M. Leymerie Ta reconnue , dans la même position , au pied des Pyrénées; et dernièrement M. Murchison a observé , en Savoie , en Suisse et en Bavière, des sections naturelles qui montrent un ordre ascendante partir du terrain néocomimy par une zone chargée de fot-

$%\^. du g«uH e( en gr«a«ifnd sopéritiir, à un calcaire coDteoant dec Inocéramn etr4- ^nchUes ovata qui , soit qu'il soit blanc , gris ou rouge , occupe la place de la craie blappbe, et sans doute aussi celle de la craie de M^ëstricbt (calcaire pisolithique des en- Yifons de Paris); il a observé des passages concordants de ce calcaire à inocérames [Thonne (Savoie), Hober-Seatis (Apeoiell), SonV-^ofen (Bavière)] à des coucbes coquillieras e( puipmulitiques (Flysb) qui s«nt eniM>fe c4rec(^rU<^^ P*r une Grjpbéq qu'on ne peqt distinguer de la Gryphœa vesiculatis de la creie. plus baut, on ne trouve plus de fossiles cr^tecës (l). Je n*ai pas constaté si )e petit groupe de coucbes calcaires i inoeéfAmes de f'bonne, que Je connaissais depuis longtemps , mais dans lequel je n'avais pi|s eu |o bonheur de trouver les Inocéremes et les Anancbites, existe aux environs de Gap ; mais » d'après les allures générales des cducbes, je crois avoir de bonnes raisons pour présumer que ce serait plutdt à la base des coucbes à nuromulites du col de Bayard qu'à la cime des montagnes du Devoluy qu'il faudrait cbercber ce mince représentant de la craie supérieure , d'où il résulterait que l'époque du soulèvement du

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Système du mont Viso a été inlermédMire entre les périodes représentées d*ane part par le terrain néocomten et le grès vert, et de Pautre par la craie blanche , le calcaire pisolithiqne, et le terrain nummulitique.

Toutefois ce ne serait encore là qu'une conjecture; mais les observations géologiques que M. Duhamel, ingénieur en chef des mines à Cbaumont , a recueilliei dans le département delà Haute Marne, et cella que MM. Sauvage et Buvignier ont faites dans les départements de la Marne et de la Meuse , ont constaté, près de Joinville et de Saint-Dizier et généralement en différents points de Tespace compris entre Chaumoot, Bar-le-Duc et Vitry-le-Français , Texislence de plusieurs failles dirigées en moyenne vers leN-N.-O. À peu près. Ces failles, aitoées presque exactement dans le prolongement des accidents stratigraphiques que je viens de signaler dans les Alpes françaises, et dont elles partagent la direction , affectent le terrain Jurassique et le terrain crétacé inférieur, et y causent souvent des dénivellations considérables; mais elles ne paraissent pas s'étendre dans la craie blanche des coteaux de Sainte-Ménébould. Elles sembleraient pluu^t avoir contribué à déterminer les limites du bassin dans lequel cette craie

•*ett dépotée. Ëllei doiveot par contéqueat •voir été prodnitef entre la période du dépôt du grès vert et celie du dépOt de la craie.

Cest donc entre les périodes du dépôt de ces deux parties du vaste ensemble des terrains créta^ que les couches du Système du mont f^iso ont été redressées. L^époque de son ap- . pariiion diviserait les terrains crétacés en deui groupes, dont le supérieur se distinguerait xoologiquement de rinférieur par la rareté comparative des Céphalopodes à cloisons persillées, tels que les Ammonites , les Hamites , les Turrilites , tes Scaphites , qui abondent dans certaines couches du terrain crétacé inférieur, et qui sont au moins beaucoup plus rares dans les terrains crétacés supérieurs ; car c*est depuis peu d*années seulement que la présence de véritables Ammonites a été bien constatée dans la craie de Maéstricht, équivalent du calcaire pisolitbique de Paris , et les observations de M. Gras et de M. Pareto qui ont signalé des Ammonites dans le terrain nommulitique de la vallée du Var et de la rivière de Gênes sont encore contestées.

Dans rintérieur de la France, on pourrait signaler quelques aceMents stratigraphiques appartenant au Syuème du mont Viio, et c*est probablement une ride légèrement

MilUnle de ce Syilèm« qui « ««iiécM U «raie blancbe du basf in p«rifieD <|e «-éteDdie •ûr la cr«ie tufeau dei envireos 4c fii#is, ^ Teuri et de Saumuff^

Pluf à l'ouest » de oombreuiei lignée de fracturai» d'assez nombreuses crétps forméM •Q partie par les eouciies redressées du têrraia erétacé ioférieup^ sa meiitrent depuis rtle de Noirnioutiers, «ÙM. Qeff^aad 6es< lin efi a indiqué un eieoipla (i) » jusque dans la partie méridwaU dn ift^aume de Valeocai A Ortbès (Basses-Pyréné^^) %% daes les gargea de Pancorbo ( entra Mir#M4 ft Burgos ), on trouve les cevehea du lorrain erétacé inférieur redressées d«ns la <iiv«eiiea dont il s'agit.

Il M. Boblf ye et Virlet ont signalé dans la Grèce un Système d? arêtes trè§ élevées nommé par eux S$$ièmê pin4iqu$i ^ont |a direction approcberfU ^'(^1^^ parallèle à cei|e du grand carde qui pasif^ pqf \p mont Vkio (lat. éV 4>Q' ^" If., loi^g. 4* 4»' 10" E. ) 9a «e dlrigaan^ dq N.rN.-Q. au S.-S.*E., et dont les coMcfoes las plus résentes leur paraissent se rapporter au terriin crétacé inférieur, Tf^tefo|s , |f difTérepce

iréelld 4Vrfei^^Mp<l> fl#m U H^ft^t ^i ^m

avons «nregisiréef Jusqu'à présent. Une ^-

rf lièle fnepée par Corinlh^ (laL S?» i4' Si"

N., iQDg. 20o 32' 45"E.)«u gi»nd cercle de

fx^mparjiison orienté tu montYi^o, yen le

N. 22» $Q' 0., redirigerait au lH, 13» 38

30'' 0. Cependant la direction du SffsUme

pinâique est, 4'après U!Â. Boblaye et Yir-

let, N. S4 à 25' 0. (1) ; la différeoee eat de

1 1'* 26' 30" à 12" 26' 30'' , oiaif cette diffé-

rence tjen^ probablement à queiquei dé-

ifiations locales : car M. Viquesnel qui, dans

Ha vi^yages en Turquie , i| exploré avec un

grand soin le prolongement septentrional de

la cliatne du Pinde , en Macédoine et en

Albanie» trouve que sa direction normale

dans pette contrée est N. IS** 0. (2). Or»

cette direction ne s'écarte de celle du S]/«-

tèm9 du mont Viso que de 2" 26' 30", et

mémt d'une quantité moindre encore en

raison d^ ce qii'en Macédoine et en Albanie,

la chaîne du Pinde est située à 2** environ

i| Touest du méridien de Corinthe. Pans

^tte ebalpe, les dislocations orientées» ^ui-

(i) Qo^ltye et yirret, Expédition de Moréf, U II, f e p^,^ tie ; Géologie et Minéralogie, p. 3o.

(>) Vifjufshel, Jèfuntûié'un vojrmge dam lu TiirqutettMkrtfè» ^ ^4m^oir9*^Ê.t0 <Sar»#i»#44<f|iffii« dt Mrmat^ t. 1 «e !■ a« série, p. 297.

Ttot la direction normale N. 15» O.» t'aifocient , d*aprèi M. Viquesnel, à un grand nombre d'aoïret qui courent au N. 23<>, 37" et 40" 0., déviations qu*il attribue à rinfltMDce de dislocations prëeiistantes du Système de Thuringerwald (Système olympique).

La direction du Système TMtrmgerwaid, transportée à Corintbe , est , comme nous l'avons vu ci-dessus, page 400, N. 42« 20' 0. La direction du Système du motU Visa, transportée au même point , est , comme nous venons de le voir, N. 12" SB' 30" 0. La ligne qui diviserait en deui parties égales Tangle formé par ces deux directions serait orientée au N. 27«26U5" O. Elle ne formerait par conséquent qu*un angle de 2" f à 3" 5 avec la direction du Système pmdique en Morée , telle que MM. Boblaye et Virlet ront indiquée. Cette dernière me parait d*après cela pouvoir être considérée comme une' déviation de la direction du Système du mont Fiso, résultant de sa com* binaison avec la direction du Système de Thuringerwald; la direction anormale N.

23" 0. mentionnée par M. Viquesnel est probablement dans le même cas. Le Devonsbire nous a offert ct-deiius, page 336» des faits du m4me genre.

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