‹ Notice sur les systèmes de montaguesChapitre 16 sur 18 · XIV. StstIUie dks Ptebnbu · texte numérisé non relu

XIV. StstIUie dks Ptebnbu

Le défaut de continuité qui etiite d»M le iérie des dépôu de sédiment , entre le craie et les formations tertiaires , et la conséquence qu*à cette époque de la cbronolo*gie géologique il y a eu renouvellement dans la manière d*agir des causes qui produisent les dépôts de sédiment, sont au nombre des 'points les mieui avérés de la géologie.

Nulle part, ce défaut âé continuité n'est plus manifeste qu*au pied des Pyrénéee.

Diaprés les observations de plusieurs géologues, les formations tertiaires , parmi lesquelles se trouve compris le calcaire grossier de Bordeaui et de Dax, s*étendent horitontalement jusqu'au pied de ces montagnes, sans entrer, comme la craie et le terrain nummulitique , dans la composition d'une partie de leur masse ; d*où il suit que les Pyrénées ont pris , relativement aui parties adjacentes de la surface du globe , les traits principaux du relief qu'elles nous présentent aujourd'hui , après la période du dépôt des terrains crétacés et du terrain nummulitique, dont les couches redressées s'élèvent indistinctement sur leurs flancs, et avant la période du dépôt des couches parisiennes et autres couches tertiaires de divers èges<.

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qui s'étendent indistinctement jusqu'à leur pied. Souvent , dans le bassin de la GascofM 9 toutes ces couches modernes semblent •e confondre les unes avec les autres, ce qui lond à prouver que , pendant une grande pat tie des périodes tertiaires , cettf portieo île i'éoorce du globe est resté«i à peu .près Immobile.

La même eoncerdanof n'eiiste pas entre les terrains tertiaires de la Gascogne et le Iqrrain pummuHtique auquel pluf ieurs géologttM» préoccupés sur tout d'HP ciirtaiii poiat d« vue paléontologique, proppsent d'appliquer comine au calcaire grossier la qualifies- Mon d'f<H4M> présumant peutrétre que deqi 4i4gos de terrain qu'on aura compris sons que même dénomination seroni, par cela même » réputés concordants.

Nous avons observé ^ M. Dufrénoy et moi , en I83t , près de Saint-Justin (Landes), sur la route de Mont-do-Marsan à Kérae, dans le lit même de la potite rivière de Douie, qui forme en ce point des cascades, une superposition discordante des eoucbes horisontales des terrains tertiaires de la Gascogne sur les couches redressées du terrain nqmmulitique. Les premières couches ttrtigires superposées à ce terrain noua ont jMfMappepteqir eu «ilcaire grossier parisiait

deBordeaut; ma» on a eru amoindrir dernièrement IHmportance de la superposition de Saint- Justin en alléguant que les premièrea couches superposées pourraient, diaprés leurs fossiles , être considérées comtne miocènes. Cette objection me parait plus spécieuse que solide; car dans les environs de Bordeaui^ comme dans les environs de Paris , rétag« miocène est sensiblement concordant ave0 Tétage éocène parisien. Si donc Tétage éo* cène parisien manque à Saint-Justin , il eii cérUin que sa place y serait parmi lei^oov* ches horiion taies et non parmi tes cooehes îDciinées. Ces dernières, si Ton Juge à propos de les nommer éocènes^ ne peuvent appartenir qu*à un étage éocène antépyrénéen.

De son cdté, le terrain nummulitique est très habituellement en concordance de stratification avec les couches supérieures do terrain créueé proprement dit. Les falaises de Saint-Jean-de-Luz à Blaritz me Toot montré avec évidence ; car lorsque nous les a?ons visitées , M. Dufrénoy et moi , nous avons dû renoncer à j trouver aucune limite précise entre les deux terrains. IfM. de Yerneuil et Paillette viennent de constater la même concordance près de Santander ; et M. Murchison, qui, dès i829, avait annoncé, de concert avec M. le professeur Sedgwick ,

UD fait iflinblable dans les Alpes, vieiii de le sapciionner de nouveau dans une piiblica- Uon déjà citée plus baut(l), en y attachant, non sans raison , une assez grande iinporftoce. On arriverait donc , par sinnpie voie d'eielusion, à conclure quec^est seulement entre le terrain nummuli tique et le terraia peritien que peut eiister la discordance de stratification , dont ne peut manquer d*ètre accompagnée une ehatne comme les Pyrénées.

Il est, en effet, certain que le soulèvement des Pyrénées est postérieur au dépôt du terrain nummulitique. Tout le long de la bue septentrionale des Pyrénées, les couches nummulttiques se redressante rentrée de U région montagneuse. Le long de leur iMse méridionale, depuis Venasque jusqu^à Pampelune, les couches les mieux caractérisées de ce terrain se redressent de même en s*appuyant sur le pied de la chaîne et elles s*élèvent sur ses flancs à une hauteur suffisante pour montrer qu^elles participent oonh plétementaux inflexions par Teffet desquelles les couches crétacées les plus incontestabl« * étendent jusqn^aux cimes du Matboré et aux escarpements gigantesques du cirque de rSavàrnie.

^t) .Miuri-hluon, PttHotophienl Mafatine, tnnt^ '849.

Si Ton Jette lei yeux sur des cartes suHasamment détaillées de la France et de TEaimgoe, on voit que les Pyrénées y forment un Système isolé presque de toutes parts; la direction qui y domine le détache également des Systèmes de montagnes de Tintérieur de la France et de ceux qui traversent TEspagne et le Portugal. Cette chaîne , considérée en grand, sMtend, d'après M. de Charpentier « depuis le cap Ortegal , en Galice , jusqu'au cap de Creuss, en Catalogne ; mais elle parait composée de la réunion de plusieurs chaînons parallèles entre eux , qui courent de ro. 18' N. à TE. 18" S., dans une direction oblique par rapport à la ligne qui joint les deux points les plus éloignés de la masse totale.

Cette direction des chaînons partiels, dont la réunion constitue les Pyrénées, se retrouve dans une partie des accidents du sol de la Provence, qui ont en même temps cela de commun avec eux, que toutes celles des couches du Système crétacé qui y existent y sont redressées; tandis que toutes les couches tertiaires qu'on y rencontre s'étendent transgressivement sur les tranches des premières.

La réunion des mêmes circonstances ca* ractérise les Alpes maritimes près du col de Tende, qui est dominé par. des cimes de

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tiènraifi nummiiHtîquë, ainUi qoe 1«s cMnons ks phis considérables des Apennins. Les prin- '•cipfltiY accidents da sol de ritalie centrale et méridionale, et de la ^ile, se coordonnent è quatre , ou même à six, directions prhioèpales , dont Tune, qui est celle des acdtients tes plus étendus, est parallèle à la direction des chaînons des Pyrénées. On la re- «eonaft dans les montagnes situées entie llodène et Florence, dans les Morges, entre Bari et Taretate, dans vn grand nomfeie d^autres crêtes infêrmédia'rres, et même dam deux rangée&de masses volcaniques quicoQrent. Tune à travers la terre de Labour, des environs de Rome aux environs de Bériévent ; et Vautre , dans les lies Ponces , de Palmarola à Ischia. Ces dernières masses, bien que d'une date probablement plus moderne , semblent marquer comme des Jalons les lignes de fracture du sol qu*ellcs ont traversé.

Les montagnes qui appartiennent è cette ^érle d'accidents du sol sont en partie eomposées de couches redressées du terrain do grès vert et de la craie ; tandis qu'elles soat enveloppées de couches tertiaires dont lliafîiotttalf té générale ne se dément qu'à Tappro^che des accidents d'un Age différent, auxquels sont dues les autres lignes dedirectiot.

iM méncig ctraetères de comp^sîtion n de direction se retrouvent dens la falaise qui, malgré des diskwations plus récentes, termine encore la masse des Alpes au nord de Bergame et de Vérone. Ils se retrouvent aussi dans plusieurs lignes de fracture qu'on peut suivre dans les Alpes de la Suisse et de la Savoie, notamment dans le canton de Glaris, où elles affectent le Système nummulitique; dans les Alpes juliennes, entre le pays de Venise et la Hongrie; dans une partie des montagnes de la Croatie, de la Dalmatie, de la Bosnie, et même dans celles de la Grèce, où MM. Boblaye et Virlet les ont observées dans les cbatnonaqu'ils ontdéaigiiés sous le nom de Système achaïque.

Le picdeNethou, point culminant du groupe de la MaladetU, éUnt à la fois la cime la plus élevée et Tune des plus centrale» des Pyrénées,, il est naturel de rapporter k ee point, situé par 42" 31' 54" de lat. N. et par i'* 40' 53'' de long. 0. de Paris, la direction 0. IS^" N., £. IS** S. que j'ai assignée àu% chaînons des Pyrénées, et Ton peut prendre pour grand cercle de comparaison provisoire de tout le Système un grand cer^ cie passant au pic de Nethou et orienté en ce point à TO. 18° N. Une parallèle menée par Corintbe à ce grand cercle decom^otPaéf

son, court très sensiblement à VO, 32<» N., ou au N. 58* 0. La direction du Système achaïque de MM. Boblaye et Virlet étant N. 59 à 60*" 0., on voit que la différence n*est, comme ils Tont dit eui-mèmes, qoe de 1 à 2o.

Toutes ces chatnes sont postérieures au dépôt du terrain nummulitique du midi de l'Europe qui couvre une partie de leurs flancs et qui s'élève quelquefois jusqu*à leurs crêtes.

Les mêmes caractères stratigraphiques et les mêmes preuves d*une origine plus récente que le terrain nummulitique, ou du moins plus récente que tous les dépôts antérieurs eux-mêmes à Targile plastique, se retrouvent dans une partie des monts Carpathes, entre la Hongrie et la Galltcie, ainsi que dans quelques accidents du sol du nord de TAIIemagne, parmi lesquels on remarque principalement certaines lignes de dislocation qui affectent le quadersandstein (grès vert) de la vallée de TElbe, entre Tetschen et Schandau, ainsi que la direction même de la vallée de l'Elbe , de Herrnskretchen à Meissen , et surtout les lignes de dislocation le long desquelles les couches du terrain crétacé se redressent au pied de Tescarpement N.-N.-E. du Harti.

Quelques accidents peu saillants des plaines de Tintérieur de la France paraissent se rapporter aussi au Système des Pyrénées. Ainsi le midi du département de Maine-et-Loire présente une petite crête qui s'étend de Mon treuil-Bellay à Concourson, parallèlement à la direction des Pyrénées. Cette crête , composée de couches de transition , de couches jurassiques et même de craie tufeau , est évidemment très moderne. Tout annonce cependant qu'elle est antérieure au dépôt des faluns de Doué et même à celui du calcaire grossier de Machecoul.

Enfin, dans le N. de la France et le S. de TAngleterre , la dénudation du pays de Bray .et celle des Wealds, duSurrey» du Sussex, du Kent et du Bas Boulonnais, paraissent avoir pris la place de protubérances du terrain crétacé dues à des soulèvements opérés immédiatement avant le dépôt des premières couches tertiaires, suivant des directions générales parallèles à celles des Pyrénées, mais quelquefois avec des accidents partiels parallèles aux directions d'autres soulèvements plus anciens.

Le districtdudépartementdu Pas-de-Calais, connu sous le nom de Bcts Boulonnais, et la contrée montueuse et bocagère , appelée WealdSj de Kent, de Siissex et de Surrey, qui

se trQuve en face, de Tautre côté de la Ibnche,sont entourés par une ceinture de collines crayeuses, à pentes souvent incultes et gazonnées (en anglais , downs)^ qui n^est ioterronapue que par le canal de la Manche i sur les rivages de laquelle elle se termina en falaises.

Les collioes crayeuses qui forment TeDceinte dont je viens de parler ne sont autre chose que les tranches de plateaux crayeui dont les couches se relèvent plus ou moiet rapidement vers Tintérieur de Tenceinle elliptique. L'espace creux embrassé par cetts même enceinte ne présentant aucune trace des dépOts tertiaires qui s'étendent sur une partie des plateaux circonvoisins, il est généralement admis qu'il a été creusé par dénuda tion, aux dépens des couches crayeuseSi depuis le dépôt des couches tertiaires.

Le méridien du pic de Nethou, situé à 1« 40' 53"àrO. de celui de Paris, rencontre la côte du comté de Sussex, un peu à l'È. de Hastings, c'est-à-dire vers le milieu du diamètre de l'espace dénudé. Si, par ce point de rencontre, on mène une parallèle au grand cercle de comparaison du Système des Pyrénées, orienté au pic de Nelhou vers l'0. 1 S"* N., elle se dirigera (en ayant égard à l'excès sphériquè d'un triangle rectangle) i l'O. 18*

9' N. Gooitrultt avec !• loia coDf«D«ble siif UII6 carte d* Angleterre, eette ligne puse un peu an S. de Battle et un peu au N. de Horsbam. Elle pénètre un peu au S. de Boulogne, danf le bassin demi-circulaire du bas Boulonnais; elle esl sensiblement parai* lèle à la direction générale de la partie orientale et la moins disloquée de la ligne de| North-Downs, de Folkstone à Seven-Oaks»

et à toute la ligne des Soutb-Iîowtts, de Beacby>Head à Wincbester. Elle est égale-. HMBt parallèle k une pariiê des lignes d*élé* yation que M. le professeur W. Hopkins a tfaeées sur sa carte du S.-E. de r Angleterre.

Je crois qu^elle peut être considérée comme Mrèa sensiblement parallèle à la direction fondamentale du bombement des coucbes crétacées dont la dénudation des Wealds et du bas Boulonnais a pris la place, et que ce bombement appartient en principe, par son If e comme par sa direction, au Système des Pyrénées.

M. W. Hopkins a publié, dans les Tran^ actions de la Société géologique de Londres^ un mémoire des plus remarquables sur la structure géologique du district des Wealda et du bas Boulonnais (1). Dans ce mémoire^

(i) TramsactioHs af tkâ get^gieai SotUty ofJLùHd^m- 1* s^rie, t. VII, p. 1.

le savant proresseur explique toute la gtraeture du district dont il 8*agit, avec une netteté et une simplicité qui laisseraient bien peu de chose à désirer, par l'application de ses principes déjà publiés antérieurement (i) à une hypothèse fondamentale que j*aurais été heureux de pouvoir adopter asseï complètement pour enrichir cet article des codséquencçs auxquelles elle conduit mathématiquement. Malheureusement cette hypothèse est» je crois, plus simple et plus compliquée à la rois que la réalité. Elle suppose essentiellement que toutes les lignes d'élévation du district dont il s'agit résultent originairement de l'action d'une force élévatrice qui a agi simultanément sur toute l'étendue d'une base curvUignef de manière à produire partout des tensions coordonnées, dans leur direction en chaque point, à la forme arquée de la base. Or je ne vois pas la nécessité de supposer que le district des Wealds doit sa structure à une action élévatrice unique; et, si cette action n'a pas été unique, je ne vois pas non plus pourquoi on supposerait qu'elle a toujours agi sur une même base curviligne, plutôt que d'admettre qu'elle a agi successivement sur des bases rectilignes différentes en étendue et en direction. ^

(i) Voyez plus baut, p, 403,

Les lignes d'éléTation tracées sur les diagrammes théoriques de M. Hopkins, p. 39 et suiv., soDt et devaient être des courbes régulières ; mais les lignes d'élévation, fidèlement tracées sur sa carie, approchent beaucoup plus d'être des lignes brisées conformément a mon point de vue.

Les Alpes, comme je Pal indiqué dès Torigine de mes travaux en ce genre, me paraissent résulter de soulèvements successifs.

Le Système de la chaine principeUe desAlpes a été précédé, comme nous le verrons bientôt, par le Système des Alpes occidentales^ précédé lui-même, dans la même contrée, par le Système des iles de Corse et de Sardaigne, le Système des Pyrénées ^ le Système du mont Viso , etc.

Les Pyrénées résultent aussi de plusieurs soulèvements superposés, et, d'après M. Durocher, on peut y en compter jusqu'à sept.

MM. Boblaye et Yirlet ont reconnu, en Morée, les effets successifs de neuf Systèmes de dislocations d'âges et de directions différentes.

La structure des Vosges, complètement analysée, m'en révèle une douzaine.

D'autres contrées, la Bretagne, le Cornouailles, le Pembrokeshire, nous ont mon-

tréi et quelquefois sur une petite étendiie, plusieurs Systèmes d'âges différents se croisant en différents sens.

La structure du district vealdien n*est pas assez simple pour qu'on lui attribue gratuitement le pdvilége de n'avoir éprouvé qu'un seul soulèvement. Je crois qu*on peut y en distinguer plusieurs, et que, par ce moyen, on peut démêler ses rapports avec la structure du reste de l'Europe, au lieu d'y voir, suivant l'hypothèse fondamentale de M. Hopkins, un petit domaine à part régi par des lois indépendantes.

M. Hopkins, en admettantun soulèvemeot unique, a dû nécessairement le supposer postérieur aui couches disloquées les plus récentes et notamment aux couches tertiaires de rtie de Wight et des environs de Guildford. Mais, si Ton admet plusieurs soulèvevements successifs, il suffit qu'un seul d'entre eux soit postérieur aux couches tertiaires dont il s'agit. Les autres peuvent être plus anciens.

Sans parler des soulèvements antérieurs au terrain jurassique que M. Hopkins a luimême écartés en les mentionnant , je crois qu'on peut distinguer trois Systèmes de dislocations d'Ages et de directions différentes parmi les accidents stratigraphiques dont

II. Hopkins attribue Torfgine première à une seale et même action élévatrice :

i* Les couches jurassiques de la falaise de la Crèche, près de Boulogne , présentent des contournements qni me paraissent se rapporter, comme je 1*at dit plus haut, au Système de la Côte-d^Or, L*action du même Système paratt être Imprimée aussi «n mont Lambert, près Boulogne. Ainsi, d*après les diagrammes 28 et 31 de M. Hopkins, les couches jurassiques plongent vers la -région du N.-O. Ce soulèvement explique immédiatement pourquoi les couches ireaU dfennes, si puissantes dans le Kent, ne sont représentées que d'une manière douteuse <it |)resque imperceptible dans le bas Boulonnais.

2* Le soulèvement général de la grande protubérance des Wealds, dont M. Hopkins iui-même a très nettement tracé les limites, a eu lieu, comme sa direction Pindique, tors de la formation du Système des Pyrén^s, c*est-dire immédiatement avant le dépôt de Targile plastique; et ce soulèvement explique, ainsi que je le dirai ci-après, comment les couches tertiaires présentent une composition varialile dans une contrée où la craie se fait remarquer par sa composition uniforme.

3*" Enfin, un troisième soulèyement, orienté suivant une nouyelle direction, a redressé les couches tertiaires et déformé en quelques points la grande protubérance wealdienne. Je m*occuperai ultérieurement de ce dernier, lorsque nous en serons à Pépoque à laquelle il se rapporte.

La dénudation du pays de Bray s^étend de Nouailles, près de Beauvais, à Bures, près de Neufchàtel , où elle se confond avec la \allée de la Béthune. Sa ligne médiane est dirigée de TE. 40"» S. à lU 40'' N. à peu près, et se trouve , par conséquent, parallèle aux deux bords du large détroit qui réunit les deux grandes expansions du bassin jurassique de Paris et de Londres. Le soulèvement dont les déchirures ont été Torigine de cette dénudation est cependant beaucoup plus moderne qoe le Système du Thuringertoald et du Morw»^ auquel nous avons rapporté Témersion des deux rivages du détroit, puisqu^il est nécessairement postérieur à toutes les couches qui entrent dans la charpente de la région dénudée, et au nombre desquelles se trouie la craie. Mais la structure de la protubérance dans laquelle le pays de Bray constitue une échancrure n*est pas aussi simple qu'elle le paraît au premier abord ; on y

reconnatt plusieurs séries de dislocations, et ron peut croire que son alIoDgement de TE. 40"» S. À ro 40° N. est dû, au moins en partie, à l'influence d'accidents stratigrapbiques souterrains cachés par le terrain jurassique, et appartenant réellement au Système du Thiiringerwald et du Morvan.

Je dis, au moins en partie, parce que la direction des courants diluviens qui ont opéré ou du moins complété la dénudation a eu une influence nécessaire sur celle que la dénudation , considérée dans son ensemble, a elle-même conservée (1).

Mais quoique la dénudation du pays de Bray ne suive pas exactement la direction des Pyrénées et se rapproche beaucoup plus de la ligne N.-O. S.-E. , on retrouve encore à peu près cette direction dans quelques uns des traits les plus saillants de la contrée, tels que la grande falaise crayeuse qui s'étend de la côte de Sainte- Geneviève ( route de Beauvais à Beaumont-sur-Oise) vers le Coud ray-Saint- Germer , Beau voir-en- Lions et Bosc-Edeline. On la reconnatt également dans les lignes auxquelles se sont arrêtées , sur la pente de l'ancienne protubérance crayeuse , les assises tertiaires successives

(i) Explication de la Carte géologique de la France, t. II, p. 298.

qui eonitUoent une partie da sol des enTirons de Beaument-sar-Oise, de Oison et d'Ecoais, et qui dessinent l^ancien relief de la craie , à peu près comme les courbes horizontales qu*on trace aujourd*l)ui sur les plans, dessinent les pentes du terrain.

La manière dont cette partie dès contours du bassin tertiaire parisien s*est moulée sur la direction pyrénéenne de la falaise méridionale du pays de Bray n*est pas un fait Isolé, et encore moins un fait contraire aux allures générales des terrains tertiaires da deux rives de la Manche.

La plus grande dimension du dépôt da calcaire grossier s^étend, au sud du pays àt Bray, des carrières de Venables, k Test die Louviers (Eure), à celles des environs d^Épernay (Marne), suivant une ligne à très peu près parallèle i la direction du Système pyrénéo-apermin , ligne au sud de laquelle la formation du calcaire grossier se perd assez rapidement , et près de laquelle s'observent les plus célèbres alternations de dépôts marins et d*eau douce que présente Ife bassin de Paris.

En Angleterre , la ligne qui termine aa sud le bassin de Londres , de Canterbory (Kent) à Shalbourne (Berluhire) , et celle qui termine au nord le bassin de Ttle de

Wight, de Seafbrd (Siuiex) , i Saliibury (WilUhire), ne forment ayec Taxe delà dénudation des Wealda , que des angles asseï petits et dans des sens oppesës. Ces deux lignes, légèrement sinueuses, semblent faire partie d*une courbe eoncentrique à la dénudation des Wealds. Tout annonce que leurs extrémités occidentales se réunissaient avant la dénudation qui a séparé le bassin de rtle de Wight de celui de Londres , en laissant pour témoins de leur ancienne continuité les lambeaux tertiaires répandus sur la surface de la craie, entre Salisbury et Shalbourne. ( royez Tiroportant mémoire de II. Buckland, intitulé : On ihe formation of the Valley ofKingsclare and other waUeys 2^ ihe élévation of the strata ihat inclose tkem; and on the original contintUty on the basins of London and Hampshire. — Transactûmi de la Société géologique de Londres , nouvelle série, t. II, p. 119.) Les soulèvements cratériformes de la vallée de Kings* clare et autres, que M. Buckland a si bien décrites sous le nom de vallées d'élévation , ont contribué k rompre cette continuité, et ^ font partie, comme le redressement simultané des coucbes crayeuses et tertiaires daaa nie de Wight et dans les conuées adja« contes» de cette série d*«ecidenu stratigra-

phiques, plus récente qae la grande élévation des Wealds, dont j'ai déjà annoncé que je parlerai ultérieurement.

A Textrémité opposée de la grande protubérance wealdienne, les collines de sable coquillier de Cassel (Nord) et des environs semblent être , de ce c^lé-ci du détroit, la prolongation des dépôts coquilliers de la partie méridionale du bassin de Londres (Chobam-Park , à Textrémité méridionale deBagsbot-Heath, etc.); et les nombreux rap« ports qui existent entre les collines de sable coquillier de Cassel (Nord) et de Laon (Aisne), joints à la présence des dépôts de grès et de sables tertiaires répandus comme des témoins sur la surface de la craie, dans la contrée basse qui sépare Laon de Cassel , rendent bien difficile de ne pas croire qu*il j avait de même continuité , dans cette direction , entre les nappes d^eau sous lesquelles se formaient les dépôts marins dt Paris, de la Belgique et de Londres.

Enfln , les amas d'argile plastique , de grès et de poudingue , répandus par lambeaux au-dessous des dépôts de sable granitique et de silex , qui, jusqu'au haut des falaises de la Hève et de Honfleur, forment la base du sol fertile des plaines de la haute Normandie, rappellent ceux de Ghristchurcli

6t de Peole , et semblent aassi indiquer une ancieDDe connexion entre les dépôts tertiaires inférieurs de Paris et de l*lle de AVight.

Tout annonce donc que ces divers dépôts se sont formés sous une nappe d*eau qui tournait tout autour des protubérances crayeuses, en partie remplacées aujourd'hui par les dénudations des Wealds et du pays de Bray ; et la manière dont les dépôts tertiaires viennent mourir en s^amincissant sur les pentes de ces protubérances , dont ils ont en tant de points dessiné les contours , montre qu'elles existaient déjà pendant la période tertiaire.

Comme rien ne conduit cependant à penser que les couches crayeuses dont l'uniformité de composition est si remarquable se soient déposées avec Tinclinaison souvent assez forte qu'elles présentent sur les bords des dénudations dont je viens de parler, on voit que les protubérances dont ces dénudations ont pris subséquemment la place ont dû être produites entre la période du dépôt de la craie et la période du dépôt des terrains tertiaires.

L'espace creux embrassé par chaque enceinte crayeuse ne présentant aucune trace des dépôts tertiaires qui s'étendent sur une

4tta

pirllt en plAletw «ivoomvoistoft» il e«| générAlenieBl admû, ainii qvi*ia Tai déjii rappoM, quUl a été crevsé par déoiiiUtioii . aux dépens des eouches crayeuses , depub la dépdt des couches tertiaires. Mais il Q>est pas nécessaire d'admettre qu'il ait été creusé d'uD seul coup; il peut ravoir été en partio par des actions faiblea et séculaires. Il ea en soi-même probable que le creusement a commencé pendant la période du dépôt du terrain tertiaire inférieur , et la composition de ce terrain le montre même avee évidence. Le transport, dans les bassins alors existants» des sables eplevés par les eaux courantes aui terrains stratifiée déjà découverU (crétacés, Jurassiques, triasiques), etc., explique en effet de la na* nière la plus naturelle , ainsi que M. Con* sUnt Prévost Ta exprimé depuis longtemps dans son ingénieuse théorie des arOueiiU» Torigine des sables tertiaires. Lecreusenaent de la dénudatioB des Wealds est la sourre la plus probable des sables des bassins de Lon«drcs et du Hampsbire (Bagshot^Sand, etc.); et si Ton admet que les sables inférieurs du calcaire grossier proviennent eii grande partie du creusement de la dénudation du pays de Bray, on conçoit immédiatement le fait,* sing olier en afpar«qo9» de U 6(NieMtfaUoa

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