Mémoire sur T angine maligne gangréneuse
(Société médicale des hôpitaux et Archives générales de médecine, mai 1857.)
J’ai établi par des faits d’une évidence palpable : 1° la réalité de l’angine gangréneuse, exempte de diphthérie, indépendante de la scarlatine et ne s’expliquant point, par un excès d’inflammation; 2° l’existence de la gangrène dans les cas d’angine véritablement diphthérique. Ces faits se sont produits pendant le cours d’une épidémie de diphthérie. L’auteur pense que, malgré l’absence des fausses, membranes, l’un de ces cas d’angine maligne doit cependant être rattaché à l’influence épidémique, cette
influence se traduisant presque toujours par des manifestations morbides variées et la forme anatomique ne fournissant, pour juger la nature et les affinités de ces manifestations, que des caractères d’ordre secondaire. Abordant, à ce sujet, la question de la diphthérie, je pense qu'au lieu de rassembler toutes les phlegmasies tégumentaires avec exsudation plastique sous cette appellation, qui devient ainsi beaucoup trop vague, on devrait n’y comprendre que les cas où se manifeste la tendance générale de l’économie à produire de fausses membranes sur tous les points des muqueuses et de la peau devenus le siège d’une irritation. Je pense qu’alors même cette dyscrasie ne constituerait pas une seule espèce nosologique, mais bien un élément morbide commun à plusieurs maladies de cause et de nature très-distinctes.
27. Mémoire sur l'herpès guttural {angine couenneuse commune) et sur l'ophthalmie due à l'herpès de là conjonctive.
(Société médicale des hôpitaux de Paris et Union médicale, août 1857.)
C’est une forme d’angine couenneuse jusqu’alors confondue avec là diphthévite , et que j’en sépare. Déterminée par l’action du froid, elle est due au développement, sur les muqueuses buccale et pharyngienne, d’un ou de plusieurs groupes d’herpès, coïncidant souvent avec l'apparition de groupes semblables sur les lèvres, ou même sur d’autres parties du corps. Mais l’herpès, en se développant sur la muqueuse, perd une partie des caractères qu’il offre sur la peau. Les vésico-pustules y sont éphémères, et l’épithélium, rapidement détaché, laisse à nu leur exsudât plastique qui, lorsque le groupe d’herpès est suffisamment étendu, simulé une fausse membrane, d’où la confusion avec la diphthérie. Après avoir décrit la marche de cette affection, qui offre de grandes analogies, surtout au début, avec celle de la diphthérie infectieuse, j’établis la bénignité de sa nature, et en fais le type ordinaire de l’anginé couenneuse commune, dont j’admets pourtant d’autres espèces. Je la rapproche, en outre, de l’ophthalmiedue à l’herpès delà conjonctive. Enfin, développant certains principes de nosologie déjà émis dans le précédent mémoire et qui m’ont guidé dans ces deux travaux,.j’insiste sur l’importance trop négligée de l’étiologie comme base, sinon unique du moins essentielle, d’une bonne classification nosologique.
28. Concrétions ramifiées ûhrineuses trouvées dans les crachats des malades atteints de pneumonie lobaire.
(Société de biologie et Gazette médicale, 1855.)
Je pense que dans la pneumonie franche et intense, qu’on peut appeler hémorrhagipare, le sang et le plasma épanchés en trop grande quantité
pour être entraînés avec les mucosités bronchiques se coagulent dans les vésicules pulmonaires, où ils constituent les granulations de l’hépatisation rouge, et dans les ramifications les plus déliées des bronches, où ils forment des concrétions hémoplastiques. Ces dernières, décolorées, cylindriques et moulées sur les canaux aériens, sont simples ou ramifiées dichotomiquement et comme arborisées. Elles sont expulsées avec les crachats rouillés caractéristiques. Après les avoir distinguées des pellicules canaiiculées de la bronchite diphthéritique, j’ai constaté qu’on les rencontre dans toutes les pneumonies hémorrhagipares ; et, tout en reconnaissant que, dans certaines formes, elles sont beaucoup plus abondantes, je ne pense pas qu’on doive ériger ces cas en espèce distincte, sous le nom de pneumonie fibrineuse. La simple exagération d’un symptôme d'importance secondaire ne me semble pas constituer un caractère suffisant pour la création d’une espèce nouvelle.
Je suis revenu sur ces faits, pour les confirmer dans une Note sur lu prétendue pneumonie fibrineuse publiée dans l'Union médicale (1858).
29. De la rougeur des pommettes comme signe d'inflammation pulmonaire.
(Société médicale des hôpitaux de Paris et Union médicale, 1857.)
Remettant en lumière un signe utile et négligé des phlegmasies pulmonaires, surtout de celles du sommet, je démontre que la rougeur des pommettes coïncide ordinairement avec les congestions actives et les inflammations aiguës, soit primitives, soit secondaires, des poumons. J'ai prouvé en outre que cette rougeur sympathique, résultat d’une hyperémie active, s’accompagne d’une élévation toujours sensible et parfois considérable de la température (de 0°,50 à 5°,40), et que la joue congestionnée correspond au poumon qui est le siège de la phlegmasie, non à celui qui porte des reliquats inflammatoires, mais à celui qui est actuellement affecté d’un travail phlegmasique. J’explique la rougeur par une excitation qui, partant du plexus nerveux des poumons, atteint les centres nerveux et se réfléchit sur les nerfs vaso-moteurs de la face.