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Études et observations sur le rhumatisme cérébral

[Société médicale des hôpitaux dè Paris et Archives générales de médecine, mars 1857.)

Dans ce travail, j’établis que la cause rhumatismale, lorsqu’elle agit sur le cerveau, semble d’abord porter son action sur l’enveloppe sérovasculaire, puis sur la substance corticale; que Ces complications apaisent parfois les arthrites rhumatismales, ce que j’explique par une révulsion ou un balancement entre les deux grands systèmes nerveux de la vie organique et de la vie de relation; et que les causes occasionnelles ou adjuvantes sont : les lésions antérieures du cerveau et de ses membranes, les fatigues intellectuelles et les peines morales, et les refroidissements. Classant ensuite lés différentes formes de cette phlegmasie cérébrale, j’admets quatre degrés. Les deux premiers, dus sans doute à une simple hypérhémiè, sont : 1° une céphalalgie rhumatismale de forme congestive, décrite pour la première fois par moi ; 2° un délire passager, ne laissant pas de traces à sa suite, et auquel se rattacherait la folie rhumatismale (Mesnet). Viennent ensuite : 3° une véritable méningite, ou même une méningo-encéphalite diffuse ; 4° une apoplexie rhumatismale, due sans doute à une accumulation de sérosité. Je propose de comprendre l’ensemble de ces manifestations sous le hbm de rhumatisme cérébral, déjà employé par M. Hervez de Ghégdin.

33. Hématurie de TIle de France envisagée comme une lymphorrliagie de T appareil uropoiétique.

(Société de biologie et Gazette médicale, 1858.) ;

A l’occasion d’une urine chyleuse recueillie par M. Rayer, j’ai émis l’opinion que les urines dites laiteuses ou chyleuses, dans l’hématurie de l’Ile de France, doivent ce caractère à un mélange de lymphe. J’appuie, d’une part, sur la grande analogie des éléments contenus dans ces urines avec ceux de la lymphe normale telle que j’ai décrite avec Quevenne : à savoir, des granules de matière grasse, des globules blancs et des hématies petites et sphériques ; et, d’autre part, sur la fréquence des maladies du système lymphatique dans les pays intertropicaux où règne cette hématurie. Je pense que les lymphatiques des reins sont devenus variqueux à la façdn de ceux de la cuisse dans le cas rapporté par M. C. Desjardins, et qu’une lymphorrliagie habituelle ajoute constamment ses produits à ceux de la sécrétion urinaire.

34. Des épistaxis utérines simulant les règles au début des pyrexies et des phlegmasies.

(,Mémoires de la Société de biologie et Gazette médicale, 1862.)

Partant de ce fait que l’ovulation peut s’effectuer sans exhalation sanguine, de même que des fluxions hémorrhagiques peuvent avoir lieu dans l’utérus sans ponte préalable, j’établis que nombre de métrorrhagies utérines, prises pour des menstruations anticipées, au début et dans le cours des maladies aiguës, sont de simples fluxions sanguines comparables aux épistaxis initiales des fièvres. Cette proposition était rendue probable par le peu d’intervalle qui existe parfois entre ces hémorrhagies et les dernières menstrues, par leur apparition chez des femmes non réglées, par l’absence de symptômes précurseurs ou concomitants, et par le retour précis des règles à l’époque prévue, c’est-à-dire environ vingt-neuf jours après la dernière menstruation vraie. Mais j’ai rigoureusement démontré le fait par des autopsies où l’on a trouvé, soit des ovaires sans trace aucune de fertilité, soit une hémorrhagie récente dans une vésicule ancienne, soit enfin un corps jaune déjà avancé dans son évolution. Appuyé sur cette preuve anatomique, j’ai montré que, si les maladies aiguës, qui tantôt respectent et tantôt suppriment la fonction menstruelle, peuvent l’accélérer de huit jours au plus, bien plus souvent encore elles déterminent, surtout à leur début, des épistaxis utérines qui peuvent apparaître à toutes les époques de l’intervalle qui sépare deux menstruations. De là résulte la nécessité d’une révision des statistiques relatives aux intervalles des époques menstruelles, et de celles des idées admises sur les moyens préconisés contre l’aménorrhée, ces moyens, efficaces pour congestionner l’utérus, n’ayant sans doute que peu d’action sur le retour de l’ovulation.

35. Des résultats fournis parla palpation dans le diagnostic des affections du cœur , etc .

(Union médicale, 1852.)

Prenant pour point de départ les observations de M. le professeur Bouillaud, je donne des règles pour reconnaître les altérations organiques du cœur par la seule application de la main sur la région précordiale. C’est une méthode simple et prompte, qui me suffit, presque toujours, à l’hôpital, pour faire le diagnostic de ces affections.

86. Kyste pilicellaire de la région de l’épaule. Examen microscopique.

(Société de chirurgie et Société de biologie, 1859.)

Ce kyste, opéré par M. Huguier, renfermait, au milieu de cellules pigmentaires, de matières grasses sous différentes formes, et de granules moléculaires, une grande quantité de cellules laciniées ou fimbriées qui n’étaient autres que des éléments histologiques des poils auxquels je propose de donner le nom de pilicelles. Bien que ces cellules ne fussent pas intimement unies et arrangées dans -un ordre régulier de manière à constituer un tout organique, elles pouvaient néanmoins être considérées comme la représentation d’un bulbe pileux hypertrophié. Je pense que cette tumeur appartenait à la classe des kystes préexistants de M. le professeur Gruveilhier, classe si largement accrue par MM. Huguier, Giraldès et Yerneuil.

37. De F augmentation subite des globules blancs du sang dans la période ultime des cachexies.

(Société médicale des hôpitaux, 1859.)

Je signale une forme non décrite de leucocythémie aiguë se produisant à la période ultime des maladies, chez des sujets qui offraient depuis longtemps les principaux symptômes de la leucémie sans l’altération caractéristique du sang, et chez lesquels cette altération ne s’est produite qu’au moment de l’apparition d’accidents phlegmasiques avec mouvement fébrile continu. Je pense, en m’autorisant de ces faits, que l’excès des globules blancs dans le sang 'n’est point la conséquence obligée et exclusive d’une lésion déterminée de la rate, mais constitue un élément morbide qui peut s’associer à des altérations fort diverses de cet organe, et dont la cause première est encore à déterminer. Dans ma pensée, le nom de leucémie devrait être réservé à l’entité morbide récemment-décrite par Bennett et Virchow, et celui plus précis de leucocythémie à l’augmentation de leucocytes envisagée comme symptôme accessoire dans le cours d’affections diverses.

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