ZOOLOGIE MÉDICALE
98. Tumeur du foie, déterminée par des œufs d!helminthes et comparables à des galles , observées chez l'homme.
(Mémoires de la Société de biologie, 2« série, 1858, et Gazette médicale de Paris, 1858, p. 657.)
En zoologie médicale, j’ai rencontré et publié sous le titre précédent l’un des faits les plus curieux que la science ait enregistrés dans ces der-
niers temps. Dans un foie parsemé de tumeurs analogues à de l’encéphaloïde ramolli, frappé de l’aspect particulier de la substance, j’ai découvert par l’examen microscopique l’existence d’une multitude innombrable de corps ovi formes analogues à ceux qui avaient été vus auparavant par MM. Brown-Séquard et Rayer sur des foies de lapins. De ces corps oviformes, les uns, régulièrement ovoïdes avec un double contour parfaitement net, étaient remplis exactement par un contenu finement granuleux, tantôt homogène, tantôt fragmenté, comme le vitellus ayant subi un commencement de segmentation; les autres, plus ou moins aplatis ou flétris, étaient partiellement ou totalement vidés. L’une des extrémités de l’ovoïde, parfois très-légèrement étranglée, se terminait souvent par une petite surface un peu aplatie ou même très-légèrement déprimée, comme s’il existait là un opercule ou micropyle. Sur les limites de ses amas d’œufs parasitaires, le parenchyme hépatique était condensé et remplacé par du tissu fibreux de nouvelle formation constituant de véritables kystes. Rapprochant ce fait de ceux qui nous sont offerts par les végétaux donnant asile à des insectes parasites, je considère ces kystes comme les analogues des tumeurs désignées sous le nom de galles, avec cette différence toutefois que, tandis que les plantes, adoptant pour ainsi dire les œufs des animaux, les enveloppent de couches diverses, les unes protectrices, les autres alimentaires, les organismes supérieurs dans le règne animal cherchent plutôt à opposer une barrière aux envahissements des êtres, plus bas placés dans l’échelle, qui s’introduisent dans leurs tissus pour y vivre à leurs dépens.