Centralblatt f
13. Sur Hnnmation du cœur. (Comptes rendus, 1867 med. Wiss. 1866. Arcb. de M. du Bois Reymond, 1867.)
Dans ces trois mémoires sont exposées mes nombreuses recherches expérimentales, ayant pour objet de déterminer le rôle que la moelle épinière joue dans l’innervation du cœur. Depuis les belles recherches de Legallois sur l’influence de la moelle épinière sur la circulation, cette question est devenue la plus controversée de toute la physiologie. Les expériences de Bezold ont paru résoudre la question dans le sens affirmatif, mais bientôt MM. Ludwig et Thiry ont démontré que dans tes expériences de Bezold, il ne s’agissait pas d’une influence ■ directe de la moelle épinière sur le cœur, mais d’une influence indirecte, par la voie des nerfs vasomoteurs.
Lu découverte du nerf dépresseur ainsi que de la fonction vasomotrice du nerf splanchnique m’a permis d’entreprendre de nouvelles recherches sur cette question, en évitant les causes d’erreur qui jusqu’alors se sont opposées à sa solution. Les expériences nombreuses que j’ai instituées à ce sujet avec mon frère, nous ont permis non-seulement de résoudre définitivement la question en litige, mais encore elles ont amené la découverte de nouveaux nerfs auxquels, grâce à leurs fonctions, nous avons donné le nom de nerfs accélérateurs du
L’action principale de ceg nerfs consiste en un changement de la division du travail du cœur dans le temps. Ces nerfs sont les antagonistes du nerf pneumogastrique, dans ce sens que ce dernier nerf ralentit les battements du cœur en augmentant leur ampleur, tandis que les nerfs accélérateurs augmentent le nombre des pulsations en diminuant en même temps leur force.
Les découvertes du nerf dépresseur, des nerfs accélérateurs et de la fonction du nerf splanchnique m’ont valu de la part de l’Académie des sciences le prix de Physiologie expérimentale pour l’année 1867. Voici les conclusions du Rapport de Claude Bernard (commissaires : Milne-E'dwards, de Quatrefages, Charles Rohin, Longet et Claude Bernard).
« En résumé, l’étude de l’innervation du cœur par la moelle épinière a été établie, dans ces derniers temps, sur des bases toutes nouvelles, grâce à une série de recherches dont nous avons cru devoir donner un rapide aperçu dans ce rapport, parce qu’elles s’enchaînent toutes, et que les unes sont nécessaires à l’intelligence des autres. La découverte du nerf dépresseur de la circulation nous a révélé des faits de la pins haute importance, qui sont destinés à jeter une lumière vive et inattendue sur le problème encore si ardu et si complexe
de la physiologie des nerfs du cœur.
(c 'foutes les découvertes de M. E. Cyon, ainsi qu’on a pu le voir, sont des conquêtes de la méthode délicate et difficile des vivisections. L’Académie ne saurait trop encourager cette direction physiologique, qui seule nous permet de porter l'analyse expérimentale dans les organismes complexes pour dissocier les phénomènes et saisir leurs mécanismes intimes. C’est pourquoi la Commission, à l’unanimité, a décerné à M. E. Cyon le prix de physiologie expérimentale pour l’année 1867. » (Comptes rendus, séance du 18 mai 1868.)
14. Étude critigue sur VAtaxielocomotrice. (Arch. de M. Virchow, 1867.)
Ce mémoire contient un développement détaillé de plusieurs questions d’anatomie pathologique et de pathologie de l’ataxie
locomotrice, qui se rattachent à ma monographie sur le même sujet.
Ce mémoire s’occupe de l’organisation des maisons d’aliénés au point de vue économique et thérapeutique. 11 est basé sur une étude des résultats obtenus par les divers systèmes de traitement des aliénés dans les différents pays, étude que j’ai faite après avoir visité les principales maisons d’aliénés de la France, de l’Angleterre, de la Belgique et de l’Allemagne.
16. L’origine des nerfs t'osûmoteu»'s.(Mém. de l’Acad. de Saxe, 1868.)
L’origine des nerfs vasomoteurs faisait l’objet d’une vive . discussion parmi les physiologistes. Les recherches de Claude Bernard indiquaient que les racines de la moelle épinière qui renferment les nerfs moteurs et sensibles des extrémités ne contiennent pas leurs nerfs vasomoteurs. M. Schiff, au contraire, cherchait éprouver que les nerfs vasomoteurs des quatre extrémités quittent la moelle épinière par les mêmes racines que-les autres nerfs. Mes expériences ont expliqué cette contradiction apparente. Les nerfs vasomoteurs de l’extrémité supérieure quittent en effet la moelle épinière par les racines antérieures, mais pas par les racines qui forment le plexus brachial. Ces nerfs se rendent par les racines thoraciques (3 à 7) au premier glanglion thoracique et de là ils rejoignent ce plexus.