‹ Notice sur les titres et travaux scientifiquesChapitre 11 sur 47 · Ictère hématique (N · texte numérisé non relu

Ictère hématique (N

Lorsque les globules rouges sont détruits en masse dans le torrent circulatoire, l’hémoglobine se dissout dans le plasma et produit un état désigné sous le nom d’hémoglobinhémie.

3X SCIENTIFIQÜES

Lorsque l’hémoglobinhémie esl intense et d’une certaine durée, les téguments prennent une coloration particulière à laquelle on a donné le nom A’ictère hématique.

L’ictère hématique a été observé à la suite de divers traumatismes ayant donné lieu à de grands épanchements sanguins. 11 a été bien décrit dans la thèse dcM. Poncet(1874). L’observation que j’ai publiée eu 1891 montre que ce genre d’ictère peut survenir sans traumatisme. Le malade présentait une forte hémodobmhémie dont l’origine n’a pu être rapportée qu’à une sorte de lièvre de surmenage. 11 s’agissait d’une toxémie fébrile dont les effets ont été d’autant plus sensibles que le malade était atteint de néphrite interstitielle.

La peau offrait une coloration bistrée, très différente de celle de l’ictère ; il n’y avait pas de pigment biliaire vrai dans le sang, mais une forte proportion d’urobiline qui a été éliminée par les reins. 11 ne s’est pas produit d’hémoglobinurie.

— A côté de ce genre d’ictere hematique. il faut placer celui qui est dfi à la méthémoglobinhémie. Certains poisons dont je parlerai bientôt détruisent les hématies et transforment 1 hémoglobine en méthémoglobine, matière dont les propriétés tinctoriales sont plus grandes que celles de l’hémoglobine.

.l’ai publié avec mon interne, M. Ghika, l'étude très complète d’un cas de ce genre, dans lequel la peau et les muqueuses avaient pris une coloration foncée, jaune brun à reflets cuivrés, tout à tait spéciale.

Depuis que Virchow nous a tait connaître sommairement, en 1847, l’état leucémique du sang, un grand nombre d’auteurs se sont occupés de cette question et aujourd’hui nous possédons des notions précises sur ce sujet. Pour ma part, j’ai signalé le premier l’hypertrophie des globules blancs et montré qu’elle porte sur les mononucléaires clairs ou granuleux et sur les polynucléaires. Quelques-uns des grands mononucléaires sont analogues aux grandes cellules médullaires.

HÉMATOLOÜIE

ainsi que M. Cornil l’a signalé le premier. Ils ont été bien décrits par Ehriich sous le nom de myélocytes.

J’ai encore. attiré l’attention sur la présence fréquente dans le sang d’une grande quantité de ces petits corps réfringents provenant des organes hématopoiétiques et sur l’importance que prend, dans la constitntion de la lésion du sang, les érythrocytes de la moelle des os.

La leucémie est la seule affection où l’on puisse en voir un aussi grand nombre, la seule où ils soient abondants èl une époque où l’aglobulie est encore modérée. Ce n’est pas tout : dans la forme myélogène de la leucémie, les érythrocytes sont souvent remarquables par leurs variétés de forme et de taille et par l’abondance des éléments en scission. Ces diverses particularités sont importantes au point de vue du diagnostic.

Aussi ai-je rangé dans la leucémie un cas d’affection infantile que von Jaksch a décrit sous le nom de pseudo-leucémie et qui a été le point de départ de l’excellente thèse de mon interne M. Luzet.

Cette maladie se distingue de la leucémie myélogène ordinaire par la faihle augmentation dans le nombre des globules blancs et par l’absence presque complète de myélocytes, bien qu’il y ait une proportion assez grande d’éosinophiles.

Le petit malade qui m’en a fourni un exemple n’avait que dix mois et, à cet âge, la moelle des os forme des érythrocytes bien plus facilement que chez l’adulte.

Mais comme ces éléments étaient non seulement très nombreux, mais aussi en voie d’active multiplication par karyokinèse, le diagnostic de leucémie ne m’a pas paru douteux. Et, de fait, la maladie s’accompagne d’une forte splénomégalie et se termine par la mort comme la leucémie ordinaire, ainsi que le prouvent les faits rassemblés par M. Luzet.

— Plus récemment j’ai étudié, en collaboration avec M. le D'G. Lion, la forme dite lymphatique de la leucémie. Il en existe plusieurs variétés cliniques. Celle dont nous avons donné la description est la forme chronique de l’adulte.

Elle est caractérisée par une augmentation très variable de mononucléaires clairs qui deviennent à tel point prédominants qu’ils représentent à eux seuls 97 ii 99 p. 100 des leucocytes.

Cette variété de leucémie se distingue aussi de la myélogène par la part restreinte que prennent les globules rouges à noyau dans la lésion hématique.

La lésion du sang nous paraît être la même que celle de la leucémie aiguë, décrite par Frankel, bien que la maladie ait une évolution chronique, d’ailleurs assez variable.

Dans ces dernières années, plusieurs auteurs ont publié des cas analogues à ceux qui font l’objet de notre travail, en désignant les éléments multipliés sous le nom de lymphocytes. Il est facile de voir, d’après la description qu’ils en ont donné, qu’il s’agissait, tout au moins dans la majorité des faits, de mononucléaires clairs. Il existe, cependant, une forme de leucémie à mononucléaires opaques (lymphocytes proprement dits), ainsi qu’en témoigne le cas que j’ai rapporté tout récemment. Il s’agissait d’une leucémie infantile à marche aiguë.

La leucémie lymphatique comprend donc deux variétés anatomiques suivant que les éléments multipliés sont des mononucléaires clairs, ce qui est le cas habituel, ou des mononucléaires opaques (lymphocytes).

Page 1