Névrome cérélral (N
Cette production morbide, du volume d’une orange, bien circonscrite, facilement énucléable, siégeait au centre même du noyau blanc d’un des hémisphères. Elle était entourée partout de substance cérébrale ayant conservé ses caractères normaux, et n’affectait de rapport intime avec aucune des parties même de l’encéphale. Enveloppée d’une fine membrane vasculaire, offrant à sa surface des sortes de circonvolutions séparées par de petits sillons, colorée à la façon des centres nerveux et creusée à l’inférieur de deux poches, cette tumeur présentait en réalité, rien qu’à l’œil nu, un aspect médullaire que l’examen microscopique est venu pleinement confirmer. Elle était formée, en effet, par de jeunes éléments nerveux incomplètement développés, cellules et tubes, qui, sans être disposés d’une manière très régulière, étaient cellulaires à la périphérie et fibreux
SYSTÈME NERVEUX
dans les parties centrales. J’ai proposé de désigner cette variété singulière et encore non décrite de névrome sous le nom de cérébrome (l’expression i’encéphalome serait plus correcte).
Cette production morbide nettement circonscrite, formant véritablement tumeur, était différente à tous égards des néoplasies de substance grise, décrites par plusieurs auteurs, en particulier par Virchow et Lambdl, néoplasies qui se développent habituellement dans la paroi des ventricules et qui proviennent de l’hyperplasie simple des centres gris.
Le malade, égé de trente-cinq ans, offrait des signes caractéristiques de tumeur cérébrale. Ces signes étaient particulièrement l’hémiplégie lente, incomplète, progressive, sans perte de connaissance ; la céphalalgie intense, frontale ; les vomissements répétés. La maladie a eu une marche assez rapide, progressive, sans rémissions; elle a duré deux mois et demi depuis l’apparition des premiers symptômes ; il n’y a eu è aucun moment de phénomènes épileptiformes ou apoplectif ormes.