‹ Notice sur les titres et travaux scientifiquesChapitre 36 sur 47 · I. Saignées (N · texte numérisé non relu

I. Saignées (N

J’ai consacré à l’étude expérimentale des émissions sanguines dix leçons, où se trouvent rapportées un grand nombre de recherches personnelles. Les principales concernent les modifications de la pression sanguine, du rythme respiratoire et de la constitution anatomique du sang.

Pour élargir cotte étude, je ne me suis pas horné à produire chez le. chien des hémorragies équivalentes à celles qui représentent chez l’homme les diverses pratiques de la phlébotomie. Persuadé qu’il est extrêmement intéressant pour le médecin de connaître les effets des hémorragies d’ahondance variable, sans m’écarter de mon sujet principal, j’ai étendu mes recherches aux pertes de sang considérées en général.

Les expériences sur la pression, qui viennent compléter celles de Worm Millier, de MM. Vinay et Arloing, montrent que le système circulatoire peut s’adapter, dans une certaine mesure, impossible à déterminer avec une précision absolue, à, un contenu variable.

Dès le début d’une saignée abondante, la pression descend. Cet abaissement est progressif, mais non régulier. Relativement peu prononcé au début d’une perte mortelle, c’est vers le milieu de cette perte qu’il s’accentue avec le plus de rapidité. Enfin, pendant le dernier

THÉRAPEDTIQDE EXPÉRIMENTALE

tiers ou le dernier quart de la saignée, il n’est presque plus sensible.

11 faut donc, pour déterminer un abaissement très notable de la pression sanguine, faire subir aux chiens une perte de sang relati ■vement considérable. Après une saignée de 1/34 du poids du corps, o’esf-à-dire dépassant les plus fortes émissions sanguines pratiquées chez l’homme, l’abaissement maximum de pression qui se produit à la fin de la saignée ne tarde pas à s’affaiblir. 11 diminue immédiatement dès que l’hémorragie est arrêtée et, au bout de vingt à vingt-cinq minutes, la pression initiale n’est plus réduite que d’un tiers. Au bout de vingtquatre heures, la diminution de pression est tellement faihle que, pour une perte de cette importance, elle n’est représentée que par le rapport de 13 à H, résultat qui n’est pas dû à la reproduction du sang, car cette reproduction se fait beaucoup plus lentement que le relèvement de la pression sanguine.

Les émissions sanguines successives produisent un abaissement de pression plus persistant, mais à la condition d’être assez abondantes pour déterminer une anémie très notable.

11 est certain, d’après ces expériences, que, parmi les diverses pratiques relatives aux émissions sanguines, celle des saignées coup sur coup peut seule déterminer un abaissement notable et persistant de la pression générale du sang.

Relativement aux modifications du rythme respiratoire, j’ai pu reproduire, à l’aide de graphiques, les perturbations très grandes qu’on observe aux diverses phases d’une hémorragie plus ou moins abondante et qui ressemblent, ainsi que l’a dit P. Bert, aux troubles produits par une asphyxie graduelle.

La partie ia plus importante de cette étude est celle qui concerne les modifications du sang.

Les variations de la fibrine sont l’objet d’expériences nouvelles d’où il résulte que, si une perte de sang unique et abondante détermine une diminution immédiate de la fibrine, les saignées successives ont, au contraire, pour effet d’augmenter d’une manière très notable la proportion de ce produit.

Les variations dans les gaz du sang, étudiées également d’une manière spéciale, établissent que la capacité respiratoire du sang reste sensiblement proportionnelle au contenu hémoglobique affaibli par les hémorragies plus ou moins répétées, tandis que le volume total des gaz dans le sang en circulation, tant artériel que veineux, subit une augmentation relative. On peut en conclure que les échanges gazeux sont relativement accrus, ainsi que pouvait d’ailleurs le faire prévoir la suractivité de la respiration et de la circulation.

Les altérations dans la constitution anatomique du sang sont décrites en détail. J’ai réussi à, faire, chez le chien comme chez l’homme, le dénombrement des trois espèces d’éléments figurés du sang (globules blancs, hématies, hématohlastes), de sorte que j’ai pu déterminer d’une manière très complète les variations qu’éprouvent ces éléments à la suite des émissions sanguines plus ou moins abondantes, uniques ou multiples.

Comme, d’autre part, chaque numération des éléments du sang a été complétée par l’estimation du pouvoir colorant, mes observations tiennent compte des modifications survenues dans la richesse des hématies en hémoglobine.

Les résultats des principales expériences sont représentés sous la forme de tableaux et de graphiques qui permettent d’embrasser d’un seul coup d’œil les variations dans le nombre des hématies et des hématohlastes, ainsi que les fluctuations de la valeur globulaire. La figure 8, page 16, empruntée à ce travail, en est un spécimen. Les conclusions les plus importantes touchant les modifications du sang sont les suivantes ;

L’organisme sain possède une remarquable résistance aux pertes de sang, et en rapprochant les observations qui concernent l’homme de celles qui ont été faites chez le chien, on voit que cet animal a un pouvoir de réparation sanguine très analogue à celui de l’homme. On peut donc accorder une valeur, réelle aux données expérimentales obtenues dans les conditions où je me suis placé.

Une perte de sang unique, relativement faible, ne dépassant pas

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