RELATION ENTRE LA FONCTION D’UN ORGANE ET SA FORME
On connaît les travaux de Borelli, Marey, W. Koux, etc., sur les relations qui existent entre la longueur des fibres des divers muscles et leur fonction. En général, un muscle est d’autant plus long qu’il doit produire un déplacement plus grand de son insertion mobile. Cependant on ne pouvait conclure des observations faites, que tout muscle avait une longueur proportionnelle au déplacement qu’il devait produire, et qu’il était, par suite, bien adapté à sa fonction, puisque, les divers muscles n’ayant pas le même coefficient de raccourcissement, on ne pouvait les comparer les uns aux
Mais on peut admettre que dans un même muscle le coefficient de raccourcissement est le même pour toutes les fibres qui le composent. Dès lors, en prenant des muscles à fibres non parallèles entre elles, j’ai pu montrer que la longueur de chacune d’elles est réglée de façon à ce qu’en se raccourcissant au moment de la contraction, elles prennent toutes la même par dans l’effort total déployé.
Naturellement l’effet de chaque fihre sera plus ou moins efficace suivant son inclinaison sur la direction du mouvement résultant, mais elle fait de son mieux, son adaptation est parfaite.
Pour faire mes vérifications j’ai déterminé au compas les longueurs des fibres des divers muscles.
Je n’ai pu opérer sur l’homme, n’ayant pas à ma disposition des pièces assez fraîches, mais j’ai exécuté mes mesures sur le chien et sur le singe.
En général mes déterminations ont vérifié les prévisions de ma théorie; cependant, au début, j’ai trouvé quelques anomalies que j’ai signalées.
Dans la suite j’ai reconnu la cause de ces anomalies, et je les ai expliquées. Certains muscles ne sont penniformes quen apparence, la
traclion de leurs fibres ne se fait pas obliquement au grand axe du muscle, c’est pour cela que je les ai appelés pseudo-penniformes. Non seulement ils ne font pas exception à la règle que j’avais formulée, mais ils viennent la confirmer.
Contrairement à l’opinion de Ilaughton les muscles sont construits rationnellement, chacun d’eux donne le maximum de ce qu’il peut rendre, il n’y a pas de perte par suite de fausse direction ou longueur défectueuse des fibres.
Marey, W. Roux, Joachimstahl ont montré qu’en modifiant les fonctions du muscle on fait varier la longueur des fibres qui le composent, il y a lieu de multiplier ce genre d’expériences en les étendant à divers organes. J’ai montré qu’en nourrissant de façon différente une même espèce animale, on obtenait des changements dans son tube digestif, dans son squelette et son aspect général. Ces expériences ont été faites sur des canards alimentés exclusivement a la viande, les autres au maïs et au blé.
TITRE VI