TITRE IX
CHALEUR ANIMALE ET ÉCHANGES GAZEUX Les Échanges respiratoires des nouveau-nés et l’Indice
Bullelin (le l’Académie de Médecine, 1«‘‘ Décembre 1908.
Ce Iravail a été exécuté dans le service de M. le Professeur Pinard. 11 avait pour but de déterminer la quantité d’acide carbonique rendu et d’oxygène absorbé par les nouveau-nés pendant les premiers jours qui suivent la naissance, et de recbercher s’il existe quoique relation entre la grandeur des échanges respiratoires et l’état des enfants.
Mon appareil consistait en une boîte en laiton de 60 litres de capacité, dans laquelle on plaçait le sujet en expenence, et que l’on pouvait clore hermétiquement. Une glace permetlait de suivre ce qui se passait à l’inteneur de la chambre d epreuve dont un thermomètre donnait la température.
b’enfant séjournait un certain temps dans cette enceinte, une heure par exemple; à la fin, on en brassait l’air à l’aide d’un petit ventilateur électrique, afin d’assurer l’homogénéité du gaz, puis on faisait une prise qui était analysée. J’ai fait ainsi 59 expériences portant sur 12 enfants.
Des analyses de gaz faites, je déduisais la quantité totale d’oxygène absorbé et d’acide carbonique éliminé pendant le séjour de l’enfant dans la chambre d’épreuve, puis je rapportais ces quantités a l’heure et au kilogramme d’enfant.
On constate que, rapportés au même poids, les échanges respiratoires sont notablement supérieurs chez le nourrisson à ce qu’ils sont chez l’adulte. Il résulte, en effet, des nombreuses mesures effectuées sur l’homme que l’acide carbonique éliminé en moyenne dans les vingt-quaire
heures est d’envirou 0 1. 250 par kilogramme et par heure. Ce chiffre tombe k 0,160 pendant les périodes de sommeil.
Chez le nouveau-né, cette élimination d'acide carbonique peut etre deux, trois ou môme quatre fois plus considérable ; il en est de même de l’absorption d’oxygène.
En examinant les nombres qui se trouvent dans mes tableaux, ce qui frappe plus particulièrement, c’est l’écart que l’on constate entre les divers sujets. On y trouve, en effet, des valeurs d’acide carbonique éliminé comprises entre 1 1. 064 et 0 1. 337 comme chiffres extrêmes. De môme l’oxygène absorbé peut monter à 1 1. 248 et tomber a 0 1. 404. Ce sont ces variations dans le rapport de 3 à 1 qui me paraissent plus particulièrement intéressantes.
Je ferai remarquer en passant que le quotient respiratoire, c’est-à-dire le rapport des volumes d’acide carbonique aux volumes d oxygène, est généralement élevé, contrairement aux résultats obtenus [inr Schcrci'.
A quoi sont dus les écarts relevés dans mes différentes expériences’?
Un premier facteur à considérer est l’état de repos ou de mouvement de l’enfant, factenr dont, évidemment, on ne dispose pas, mais que J’ai noté dans chaque expérience. Le mouvement augmente les échanges respira-
expériences sont pour le reste comparables, on voit en effet les chiffres correspondant au sommeil du sujet être inférieurs à ceux de l’état de veille.
Mais en dehors de celte inlluence, on trouve des écarts dus à une autre cause, car, pondant le sommeil continu, on trouve chez certains enfants C0‘=0,753, 0 = 0,801, par exemple, alors que d’autres enfants, même avec agitation et pleurs, ne donnent que C0’ = 0,349, 0 = 0,459, c’est-àdire environ la moitié.
Pour établir une bonne base de comparaison, on pont faire appel à une notion de physiologie générale introduite pour la première fois dans la science par Bergmann et bien étudiée depuis par divers auteurs, en particulier par Ch. Bichet. .
« Les combustions de l’organisme se règlent, toutes choses égales
d’ailleurs, non sur le poids des sujets, mais sur leur surface. » Quand on compare des sujets de même espèce, aussi semblables que des enfants, P représentant leur poids, on peut se contenter pour évaluer leur surface d’appliquer la formule dite de Meeh, S = ^1”.
Les combustions de divers sujets de même espèce, et les phénomènes qui les accompagnent, en particulier l’intensité des échanges respiratoires, doivent donc être proportionnelles à ^jTi^ et, en rapportant cette consom-
Si donc tous les sujets se trouvaient dans les mêmes conditions d’utilisation d’oxygène, ils devraient, par kilogramme, faire une consommation proportionnelle à a. En désignant l’oxygene absorbe par kilogramme-
t, quelle que soit la taille du sujet. En suivant
les variations de
réellement l’indication d’une
surahou'
danteou défectueuse de l’oxygène ; c’est pourquoi ce rapport peut être désigné par le nom d’indiee d’oxygénaüon. Cet indice d’oxygénation est en somme le rapport de ce qu’un sujet prend réellement d’oxygène à ce qn’il devrait prendre normalement pour sa taille.
En appliquant cette formule à l’adulte pendant le cycle de vingt-quatre heures, P étant exprimé en kilos et Q en litres, on obtient un indice voisin de l’unité; 0,99 à 1,03, pour l’homme variant de 00 à 70 kilogrammes.
Voyons maintenant ce que l’on trouve chez le nourrisson.
J’ai calcule les indices correspondant à mes ilivei'ses déterminations chez le nouveau-né.
Dans les premiers jours après la naissance, l’indice d’oxygénation est un peu inférieur à la normale, mais il se relève ensuite et ne la dépasse guère: chez un seul sujet jiarticulierement beau il s’est élevé à 1,5 et inême 1,8. Mes mesures ne comprennent pas les premières heures, il y a là une lacune à combler.
Mais si, chez les enfants que l’on peut qualilier de normaux, c’est-àdire qui augmentent régulièrement de poids, l’indice d’oxygénation prend
et la théorie de l’isodynamie alimentaire.
Bulletin de VAcadémie de Médecine, 2 Novembre 1909,
Deux théories sont en présence pour expliquer la façon dont les organismes vivants utilisent l’énergie mise en liberté par la combustion des aliments. On oppose généralement la théorie isodynamique dite de Rubner et d’Atwater à la théorie isoglycosique de Chauveau.
Je montre qu’il n’y a pas de divergence importante entre Rubner et
Chauveau et que les conclusions tirées du travail d’Atwaler sur l’alcool dépassent la portée réelle des expériences de ce savant.
Étude des échanges respiratoires chez un obèse soumis à la cure de réduction alimentaire
et au traitement thyroïdien.
(En collaboration avec M. JhaccT, Labbé).
Comptes rendus de la Société de Biologie, 17 Juillet 1909.
Sur les échanges gazeux de la grenouille—Action de la lumière.
Comptes rendus de la Société de Biologie, 7 Mars 1908.
Contrairement à ce qui a été avancé par la plupart des auteurs, les échanges gazeux de la grenouille ne se modifient pas lorsque l’animal passe de l’obscurité à la lumière blanche ou colorée, ou tout au moins il n’y a pas d’action directe. Si l’on a observe en général un accroissement de l’acide carbonique exhalé et de l’oxygène absorbé, cela tient à ce que la grenouille est plus active à la lumière que dans l’obscurité. — Or, tout travail musculaire augmente les échanges. — Ceci résulte de nombreuses mesuresque j’ai faites en supprimant la cause d’erreur résultant des mouvements de la grenouille, soit par le curare, soit en lui détruisant le cerveau anterieur quelques jours avant l’expérience et laissant la plaie opératoire se cicatriser.
Influence de la température sur les échanges gazeux de la grenouille.
Comptes rendus de la Société de Biologie, 14 Mars 1908.
Sur l'élimination de l’Acide carbonique par la grenouille dans un gaz inerte.
Comptes rendus de la Société de Biologie, 21 Mars 1908.
Sur les échanges gazeux de la grenouille passant alternativement par l'air et par l’hydrogène.
Comptes rendus de la Société de Biologie, 28 Mars 1908.
Dans les deux noies qui précèdent, je montre que l’élimination de l’acide ‘■nrbonique dans un gaz inerte est aeneialement un peu plus abondanle que dans l’air atmosphérique, et que, lorsque la grenouille ayant séjourné dans le gaz inerte revient à l’air, elle ne fait pas de provision d’oxygène. Tout ce qu’elle prend est consommé comme en temps normal.
Il en résulte ce fait, en apparence paradoxal, qu’en faisant séjourner des grenouilles alternativement dans l’air et dans un gaz inerte elles finissent par mourir toujours au bout du même temps de séjour total dans le gaz inerte, quels que soient les passages dans l’air.
La contraction musculaire dans les gaz Inertes. — La fatigue du muscle et sa réparation.
Comptes rendus de ta Société' de Biologie, f Avril 1908.
I.ongue élude graphique de la contraction musculaire dans l’air et les gaz inertes à diverses températures.
Sur le rôle de l'Oxygène.
CompU-s rendus de la Société de Biologie, it Avril 1908.
J’arrive finalement à celte conclusion qui, par exclusion, me paraît seule permettre 1 interprétation de mes expériences, que l’oxygène n’est pas directement consommé dans le travail physiologique et lors de la contraction musculaire, mais que les transformations intraorganiques se passent en deux temps. Un premier temps sans intervention de l’oxygène de l’air, donnant lieu a des produits toxiques, qui sont détruits dans un second temps avec le concours de cet oxygène.
Recherches sur les phénomènes thermiques qui accompagnent les échanges respiratoires de la grenouille dans l’air et les gaz inertes.
Comptes rendus de la Société de Biologie, 21 Novemlre 1908.
Sur la température de la grenouille dans divers gaz.
Comptes rendus de la Société' de Biologie, 28 Novembre 4908.
Les recherches rapportées dans ces deux notes complètent les précédentes. Au lieu de mesurer les échanges gazeux de la grenouille, je détermine ses variations de calorification, par une méthode qui n’avail encore jamais été employée avant moi.
De rutilisation des aliments pour la production de l'énergie chez les hétérothermes.
Comiiles rendus de la Société de Biologie, 23 Avril 1910.
Influence de l’albumine et du glucose sur les échanges gazeux de la grenouille.
Recherches concernant l’influence de l’alimentation sur les échanges gazeux de la grenouille.
Journal de Physiologie et de Pathologie générale. Tome XII, 1910, p, 437-471.
Il est difficile, smon impossible de se rendre compte sur les homéothermes de la façon dont se fait l’utilisation des aliments pour les besoins de la vie, le travail physiologique de l’organisme et la production de l’énergie. Est-ce suivant la régie de l’isodynamie ou suivant une autre règle? La cause de cette difficulté réside dans la régulation de la température chez les homéothermes, qui restreint ou accéléré les combustions dans les tissus, en particulier dans les muscles, pour compenser tous les déficits ou excédents de combustions alimentaires. Rubner avait essayé d’éluder la difficulté en opérant sur des chiens séjournant dans une enceinte à haute température de façon à supprimer toute régulation, mais les animaux se trouvaient ainsi dans de mauvaises conditions. Malgré cela.
Rubner obtint des résultats très importants et montra que tout aliment albuminoïde donne lieu, par rapport au régime normal, à un excédent de chaleur par suite de la nécessité d’une élaboration précédant son utilisation par l’organisme.
Moi-mème j’ai abordé le problème en opérant sur les hétérothermes qui normalement n’ont aucune régulation de température. l'arcille étude n’avait encore jamais été tentée et j’ai pu montrer que, chez ces animaux, on retrouvait, à la température habituelle du laboratoire, le phénomène auquel on devait s’attendre d’après les idées de Lhaiivenn et de Rubner.