‹ Notice sur les titres et travaux scientifiquesChapitre 9 sur 17 · RÉSUMÉ DE L’EXPÉDITION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE L’EXPÉDITION

Le 15 août 1908, nous quittions le Havre, et, après des escales au Brésil et en Argentine, où nous fûmes généreusement accueillis, nous arrivions à Punta Arenas, le 10 décembre. Le Chili se montra à l’égard de l’expédition non moins libéral que les deux républiques voisines. Le 16, nous appareillions à destination de l’Antarctique, et quelques jours plus tard, arrivions à l’île Déception, grand cratère submergé qui ne communique avec la mer que par une étroite ouverture. Prenant cette terre comme base, plusieurs compagnies viennent depuis quelques années chasser la baleine pendant les mois d’été. Une de ces compagnies, la Sociedad Ballenera Magellanes, nous fournit aimablement notre plein de charbon, et, le 25 décembre, nous partions pour l’exploration défi-

De Déception, nous avons gagné Port-Lockroy, dans le détroit de Gerlache, où nous commençâmes nos travaux. Pendant ce temps, je partais, en vedette,

teurs rapportèrent de très intéressantes observations, mais ne purent franchir' là muraille à pic, de granité et déplace, qui entoure les glaciers côtiers èt ferme partout l’accès de l'intérieur. Un grand nombre d’autres excursions ont été' accomplies aux environs de Port-Circoncision.

Fin novembre 1909, nûus pûmes dégager le navire. En dépit de la douceur’ de l’hiver, probablement en raison de l’abondance des neiges, les glaces étaient’ extrêmement nombreuses et les trains d’icebérgs extraordinairement longs et compacts. Triomphant de ses difficultés de navigation, au prix de grands efforts, nous réussîmes à gagner l’île Déception, où nous retrouvâmes les baleinière* qui, eux aussi, étaient gênés par la glace et le mauvais temps* A bord du vapeur chilien Gobernador Bories, nous fûmes admirablement reçus par M. An- 1 dresen. Avec une grande générosité, nos amis nous aidèrent dans la mesure de'

vue de cette terre une tempête nous assaillit, accompagnée de brume; dans ces conditions ce tut miracle d’éviter quelque collision désastreuse avec les icebergs qui couvraient la mer. A l’ouest de cette île, ces glaces devinrent extraordinairement abondantes; en une seule journée nous en vîmes certainement pas moins de cinq mille 1

.... Tout le temps, il faut être sous vapeur et manoeuvrer au milieu d’une brume épaisse, qui masque la vue dans un rayon de 15 mètres; avec cela, à chaque moment, des coupsde vent. Néanmoins, nous arrivons jusqu’au 126° de Long O. de Paris, après avoir navigué depuis le point où la Belgica était sortie de la banquise, entre 69° et 71° de Lat. S., c’est-à-dire, à deux, et trois degrés au sud des routes de Cook ou de Bellingshausen, dans une vaste région totale-

Notre provision de charbon était épuisée et la santé de plusieurs membres de l’expédition alarmante. Je me décidai alors à mettre le cap au Nord et à battre en retraite vers la Terre de Feu. Pendant longtemps encore les icebergs furent nombreux, puis, peu à peu, ils diminuèrent; enfin, nous vîmes le dernier.

avoir supporté les épreuves auxquelles il a été soumis, sans faiblir, il faut que notre bateau soit d’une solidité remarquable. L’équipage a été parfait. Quant à l’état-major, c’est à son travail incessant que sont dus les résultats de la mission. Le programme scientifique a été scrupuleusement rempli.

La Deuxième expédition antarctique française était terminée et, pour la seconde fois, j’avais eu la chance contrairement à la plupart des autres expéditions similaires de la même époque de ramener, peut-être très fatigués mais cependant vivants et pleins d’enthousiasme, tout l’Etat-Major et l’équipage

Page 1