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RECHERCHES SUR LES POISONS DES CENTRES NERVEUX

J’ai cherché à connaître et à mesurer le pouvoir toxique de nombreux sels minéraux, soit des sulfates, soit des chlorures, et j’ai essayé de déterminer le facteur important de cette toxicité.

La technique est simple, on ponctionne avec une aiguille à biseau court . la membrane atloïdo-oecipitale du lapin; on retire un centimètre cube dé liquide céphalo-rachidien et on injecte un centimètre cube de la solution du sel à étudier. Le liquide céphalo-rachidien doit être clair et exempt de toute trace de sang, sans quoi une partie de la substance toxique pourrait être immobilisée par lé sang.

Après plusieurs injections de doses différentes, on établit par tâtonnement la dose mortelle. On se sert d’animaux de même poids pesant à peu près exactement deux kilogrammes.

Quel est l’élément de toxicité le plus important?. Est-ce le poids moléculaire du sel, le poids atomique du métal, le poids absolu du métal injecté ou bien la toxicité"est-elle liée à la constitution de la molécule?

Nous avons vu que la toxicité n’est pas en rapport avec le poids molé-

anormal pendant quelques jours, puis Dériode latente occasionnent des acci-

îbstances toxiques. Si on injecte entre 2 centimètres cubes d’une solution de 'animal n’en parait nullement incomndant quelques instants après l’injec- . normal. Pendant deux ou trois jours le aucun trouble. Après cette période iquietude. dagitution, d hallucinations lisions toniques et cloniques, saliva-

i sel de plomb injecté aux mêmes doses dans la substance létermine simplement un petit foyer de nécrose qui s’enkyste lieu à aucun symptôme.

ié de même la toxicité de l’hectine, du salvursan, du néoir voie rachidienne; ils donnent lieu à des phénomènes de que ceux qui sont dus aux sels de plomb.

■ tétanique injectée dans le liquide céphalo-rachidien donne, l’ai démontré, le tableau du tétanos cérébral de Roux et limai meurt après avoir présenté de l’agitation, des crises , des chutes, de l’ataxie, etc. et sans avoir été atteint df

3” Méningites et intoxications.

in de très petites doses de chlorure 'de plomb dans le liquidi lidien d’un chien donne après une phase assez longue d’incuaccidents analogues à ceux de l’encéphalopathie saturnine

plomb, la toxir

suis adressé à un poison très éloigné chimiquement du tétanique.

Une méningite irritative, banale, non mortelle par elle-même, modifie complètement le tableau classique du tétanos. Les animaux qui en même temps que.l’injection de toxine dans les veines ont été soumis à celte irritation méningée ont présenté des accidents très différents de ceux, observés après injection de toxine tétanique seule. Ces accidents se rapprochent de ceux qui ont été réalisés par Roux et Borrel dans le tétanos cérébral par injection directe de toxine dans les centres encéphaliques. De plus la période d’incubation a été abrégée et la mort est survenue rapidement sans tétanos généralisé.

Quant au mécanisme de l’apport du poison au niveau des centres nerveux, je vois pour l’expliquer au moins deux hypothèses : soit l’altération des petits vaisseaux des méninges, soit le transport du poison par les leucocytes. Cette hypothèse me parait possible pour le plomb; en-effet, l’injection de chlorure de plomb dans les veines détermine immédiatement un fin précipité de matières albuminoïdes et de sel de plomb, il est possible que ce précipité soit repris par des leucocytes et transporlé par eux vers les méninges où se fait, par suite de la méningite, un afflux énorme de leucocytes.

Si cette hypothèse est vraie, l’expérience devrait réussir par injeclion de microbes dans le sang au cours d’une méningite irritative; on transformerait ainsi une méningite aseptique en méningite septique. J’ai essayé d’autre part, sans résultats pratiques suffisamment démonstratifs, de faire pénétrer des substances thérapeutiques dans les centres nerveux à la faveur d’une méningite aseptique légère.

Je ferai remarquer qu’au cours d’assez nombreuses expériences que je ne peux rapporter ici, j’ai vu quelques animaux présenter d’emblée la phase comateuse et succomber; d’autres, après une période de tolérancè consécutive à l’injection du toxique, mourir brusquement. Ces faits m’ont rappelé les observations médico-légales très saisissantes de Brouardel, dans lesquelles on voit des individus mourir subitement sur la voie publique et chez lesquels on trouve à l’autopsie une méningite tuberculeuse. On peut se demander si dans des ras semblables, de même que dans mes expériences, 1 altération des méninges n’a pas favorisé la fixation de poisons indéterminés sur les centres nerveux.

Ajoutons que ces recherches empruntent un intérêt tout particulier à la découverte de nombreuses réactions méningées méconnues jusque-là et non mortelles par. elles-mêmes (au cours des oreillons de la syphilis secondaire, etc.) et qui, associées à des intoxications exogènes ou endogènes, peuvent, semble-t-il, exposer les malades à des accidents redoutables.

Lésions macroscopiques tardives du tétanos expérimental guéri. — Société de Biologie, 7 juillet 1910, t. LXIX, p. 70.

Contribution à l'étude du traitement du tétanos expérimental. — Société de Biologie, LXXY,p. 633. ■ . -

Traitement du tétanos expérimental par les injections bulbaires et parabulbaires de, sérum antitétanique. — Société de Biologie, 6 mai 1911, t. LXX, p. 689.

Traitement du tétanos par le sulfate de magnésie, par l’acide phénique, par le sérum antitétanique. — Société de Biologie, 20 janvier 1912, t. LXXII, p. 109. . ...

Traitement du tétanos par le sulfate de magnésie. — Paris Médical, 27 avril 1912, n" 22, p. 527.

Considérations sur le traitement du tétanos. — Paris Médical, 6 janvier 1917, p. 24, n'1.

Le tétanos. (En collaboration avec M. J. Gournay.) — Sous presse. Nouveau Traité de Médecine de Mil. Loger, Widal et Teissier, fascicule u. Masson, éditeur.

Lé sulfate de magnésie, l’acide phénique ont été recommandés dans la thérapeutique du tétanos chez l’homme; j’ai essayé d’arrêter par ces substances l’évolution du télanos expérimental; mes résultats ont été négatifs. Par contre, l’injection de sérum anlitélanique s’est montrée capable de retarder, et parfois d’arrêter l’évolution du tétanos à forme

Reprenant les expériences de Roux et Borrel, j’ai obtenu des résultats identiques à ceux qu’avaient publiés ces auteurs, et j’ai pu, comme eux, guérir le télanos expérimental par injection intracérébrale d’antitoxine.

J’ai montré, par ailleurs, en 1910,1911, 1912, que la méthode la plus efficace dans le traitement du tétanos à forme rapide consisté dans l’injection du sérum antitétanique au voisinage du bulbe et j’ai recommandé d’injecter chez l’homme de fortes quantités de sérum par voie lombaire pour que les centres supérieurs baignent dans l’antitoxine.

De nombreux travaux ultérieurs, dont plusieurs furent exécutés pendant la guerre en France et à l’étranger, montrèrent le bien-fondé de mes conclusions.

En effet, "William P. Park et Mathias Nicoll, de New-York, concluent également a l’action curatrice du sérum antitétanique, surtout en injection intrarachidienne. Les études expérimentales de E. Salles Gommés (Sao Paulo, 1918) montrent de même l’inefficacité de l’acide phénique, du sulfate de magnésie, etc., et l’insuffisance du sérum antitétanique injecté sous la peau ou dans les veines et sa grande supériorité par .voie intrarachidienne.

Sherringtos, enfin, dans un travail, considérable publié en 1917 dans

The Lancet, expérimentant sur 130 singes, parvient à des conclusions identiques à celles que j’avais formulées après mes recherches sur

Chez l’homme, les résultats obtenus pendant la guerre par d’Hôtel, Doyen, Brîsset, De Monnier, par Castuel et 0. Ferrier, par Andrewes, par William Turner, David Bruce, etc., confirment les résultats de mes expériénces..

6” Rachistovaïnisation et' Rachisyncaïnisation expérimentales.

Rachistovaïnisation et Rachisyncaïnisation expérimentales. Leurs accidents;

les moyens d’y remédier. (En collaboration avec MM. René Bloch et Hertz.)

- Société de Biologie, 9 juillet 1921, t. LXIV, p. 297.

Action de la stovaîne et de la novocaïne sur les centres bulbaires. — Sous

La stovaîne et la syncâïne déterminent des accidents bulbaires et frappent plus spécialement les centres respiratoires.,..

La syncope respiratoire peut se produire avec des doses non habituellement mortelles, sous l’influence, semble-t-il, d’un changement de position, d’une excitation brusque de l’animal.

La stovaîne est hautement plus toxique pour les centres respiratoires que la syncâïne, et la marge entre la dose anesthésiante et la dose mortelle est plus étroite pour la première de ces substances.

La caféine est susceptible d’exciter les centres respiratoires et de combattre une syncope qui se produit fortuitement avec une dose d’anesthésique inférieure à la dose habituellement mortelle.

Elle ne neutralise pas les effets d’une dose d’anesthésique sûrement mortelle, que l’injection de caféine soit faite avant, pendant ou après l’injection d’anesthésique.

Il est recommandé d’employer la respiration artificielle en même temps que la caféine.

La respiration artificielle faite à la main rend de grands services; la respiration bien réglée avec un soufflet électrique lui est très supérieure; elle doit être prolongée jusqu’au reiour de la respiration spontanée, c’esla-dire durer une heure, une heure et demie et plus, l’élimination de l’anesthésique demandant environ cette durée.

Au cours de ces essais de neutralisation de poisons nerveux, je n’ai pas neutralisé de façon évidente les j’ai démontré la possibilité de sauver les animaux qui

de poisons capables de déterminer la mort et même des doses très supérieures à la dose habituellement mortelle. Les fonctions essentielles à la vie peuvent être sauvegardées après le début des accidents graves, soit en empêchant l’apport de nouvelles quantités de poisons aux centres nerveux, c’est ce qui doit se passer quand on injecte de l’antitoxine tétanique au voisinage des centres bulbaires, soit en faisant une respiration bien rythmée et longtemps prolongée pour permettre l’élimination des poisons; c’est ce qui se produit dans le cas de syncope provoquée par injections intrarachidiennes d’anesthésiques.

Les exemples connus de substances antagonistes et ceux que j'ai mis en évidence (dans la polypnée thermique) montrent la possibilité d une thérapeutique des intoxications nerveuses mortelles par des substances susceptibles de combattre les manifestations physio-pathologiques des poisons fixés, sinon de les neutraliser chimiquement.

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