Sur le ramollissement de Vencéphale chez le nouveau-né
(Lecture faite à l’Académie de médecine le 18 février 1873.)
{Archives de physiologie, 1873, t. V, p. 59.)
Après quelques remarques préliminaires sur l’état de l’encéphale chez le nouveau-né, et sur les caractères qui distinguent le ramollissement cadavérique de celui qui est pathologique, nous établissons à l’aide de nombreux faits les propositions suivantes :
1“ Le ramollissement morbide se présente sous deux formes prin- . cipales.
A. Le ramollissement blanc à foyers multiples., lié à la stéatose cérébrale dont il constitue la période ultime, qui primitivement a pour siège, à peu près exclusif, les centres hémisphériques ;
B. Le ramollissement rouge., qui envahit les mêmes régions, mais dans une étendue beaucoup plus considérable, et s’accompagne d’hémorrhagie dans la gaîne lymphatique, avec rupture fréquente de cette gaine.
2° Ces deux sortes de ramollissement, d’ordinaire séparées, peuvent se trouver réunies sur le même sujet.
3® D’autres lésions existent très-fréquemment avec les précédentes et souvent leur sont intimement liées. Elles sont :
a. Intra-crâniennes, et consistent en coagulations anciennes dans les sinus et les veines de la pie-mère ; en un exsudât jaunâtre sousarachnoïdien et péri-veineux, de leucocytes et de granulations protéiques ;
b. Ou bien atteignent le sang et divers viscères, parmi lesquels le tube digestif tient une place importante.
4° L’athrepsie est la cause la plus certaine et la plus habituelle du ramollissement encéphalique du nouveau-rié.
5“ Chez le plus grand nombre des malades, les troubles encéphalopathiques observés durant la vie ne peuvent lui être rapportés, et dans aucun cas on ne peut le diagnostiquer.
6“ Le ramollissemeni cérébral peut être observé, avec tous les traits qui caractérisent celui des nouveau-nés, chez le foetus, ou chez des enfants qui ont déjà vécu plusieurs mois; mais dans ce dernier cas, son début remonte à une époque très-voisine de la naissance.
1° Quand la lésion est ancienne et considérable, elle peut déterminer :
a. Une dégénération secondaire de la protubérance, du bulbe et de la moelle ;
|3. Une hydropisie intra-crânienne, avec ou sans développement hydrocéphalique du crâne.
8® Le ramollissement encéphalique est très-fréquent aux deux extrémités de la vie ; et s’il y présente des différences incontestables, au point de vue de la lésion, du mécanisme et des symptômes, sa cause première paraît y être la môme, et consiste, chez les nouveau-nés comme chez les vieillards, dans une déchéance de la nutrition.
2"2. Sur deux cas de hibulhématie rénale chez les nouveau-nés.
(Archives de physiologie, t. V, 1873, p. 512.)
Dans ce travail, j’ai décrit pour la première fois chez les nouveaunés une maladie pour laquelle je propose le nom de tubulhématie rénale.
Elle est caractérisée : cliniquement, par des troubles encéphalopathiques, une coloration bronzée de la peau, une altération du sang et de l’hématurie ; — anatomiquement, par la présence, dans les tubules des reins, de globules rouges du sang, qui y affectent une disposition toute spéciale.
Cette lésion rénale diffère essentiellement de celle qu’engendre la thrombose des veines émulgentes. Car dans cette dernière les veines et le réseau capillaire sont remplis de sang, mais l’on n’en trouve pas dans les tubules.
La tubulhématie reconnaît pour cause une dyscrasie primitive du
sang (une aglobulie et probablement une altération des globules rouges), tandis que la thrombose des veines est liée à l’athrepsie qui prend sa source dans des troubles digestifs.
Les deux lésions peuvent être observées chez le même sujet lorsque l’athrepsie vient compliquer le premier processus morbide.