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III. - FAUNISTIQUE

Le très grand nombre d’individus et d’espèces de Céphalopodes que j’ai eu à déterminer et à étudier m’a mis en mesure de réunir diverses observations faunistiques. Voici les éléments de travail où j’ai puisé mes documents.

Collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris.

Collections recueillies par le prince de Monaco pendant ses campagnes à bord de VHirondelle /, de la Princesse-Alice, de VHirondelle H (1885 à 1912 inclus), (Açores, Cap-Vert, Madère, Méditerranée, Manche, Spitzberg, Terre-Neuve.)

Campagnes de la Melita (Méditerranée, Sénégal, Cap-Vert, côtes de France).

Collection Eudel. Océan Indien. Principalement Céphalopodes pélagiques et Ptéropodes.

Expédition hollandaise de l’aviso Siboga (mer des Célèbes, Java, Bornéo, mers de la Sonde et de Banda).

Expédition du Caudan (golfe de Gascogne).

Expédition Bedot-Bictet (Amboine).

Expédition de la Belgica (Antarctique).

Expéditions du D" Charcot dans l’Antarctique {Français et Pourquoi pas).

Collections des Musées de Leyde et d’Utrecht (Céphalopodes de toutes provenances, mais plus particulièrement des colonies hollandaises de la province Indo-Malaise). Céphalopodes du Musée de Moscou.

Enfin je me suis procuré ou j’ai recueilli moi-même un grand nombre de Céphalopodes des côtes de France, notamment dans les laboratoires de Roscoff, Banyuls, Arcachon, Villefranche.

Tous ces éléments qui représentent plusienrsmilliers de Céphalopodes m’ont permis d’établir ou de compléter les faunes malacologiques de diverses provinces zoologiques et de préciser les relations de quelques-unes d’entre elles.

Je citerai plus particulièrement la Faune des Açores (21-26-39-40-43). — L’étude des Céphalopodes recueillis pendant les campagnes de VHirondelle et de la Princesse-Alice par le prince de Monaco m’a conduit à établir une fanne teuthologique des Açores.

Une première statistique (26) a été dressée, résumant les travaux de mes prédécesseurs et complétée parles découvertes faites au cours des campagnes de 1880 à 1889. Mais l’outillage des premiers navires du prince était peu puissant et ne

donnait que des résultats restreints. Plus tard un magnifique navire, la Princesse- Alice, remplacé récemment par un nouveau steamer Y Hirondelle II encore plus puissant, spécialement aménagé pour les recherches bathypélagiques et les dragages à grande profondeur (dépassant 6 000 mètres), ont donné des résultats très supérieurs. Il s’en est suivi que nos connaissances sur la faune des Açores se sont accrues dans des proportions considérables; une nouvelle publication (40) m’a permis alors de la compléter, ou pour être plus exact, de refaire mon, premier travail sur des bases beaucoup plus larges. Un troisième volume paraîtra incessamment.

De l’ensemble de ces publications et de diverses notes, j’ai établi un aperçu qui, à ce moment, était complet de la faune des Céphalopodes des Açores, mais qu’il faut maintenant presque doubler. Cette région est fort intéressante en raison de son éloignement des continents, de l’isolement où elle se trouve au milieu de l’Océan Atlantique par suite des fosses très profondes qui l’entourent de toutes parts, et enfin par les courants variés qui y amènent des animaux pélagiques et bathypélagiques.

Il est à remarquer que cette faune est relativement pauvre en espèces côtières, tandis qu’au contraire les animaux flottants y sont nombreux et représentés par des espèces très spéciales et fort intéressantes.

Il est intéressant de noter que plusieurs de ces espèces se rencontrent soit dans la Méditerranée, soit, et c’est le cas des animaux pélagiques, dans les eaux américaines. Il y a là un fait important au point de vue de la dispersion des animaux flottants par les courants de surface ou de fond.

Du catalogue que j’ai établi, on peut conclure que la région des Açores est une des plus riches du monde en Céphalododes. C’est un véritable carrefour où viennent se rencontrer des êtres que l’on croyait spéciaux à des régions très diverses et très éloignées.

Céphalopodes d’Amboine (20-28). — Chargé par MM. Pictet et Bedot de décrire les Céphalopodes recueillis pendant leur expédition à Amboine, j’ai établi d’après: les travaux des auteurs précédents et les miens, la faune teuthologique de la province Indo-Malaise, dont cette île dépend. Je l’ai complétée par l’étude des collections des musées de Leyde et d’Utrecht qui m’ont été confiées et qui sont particulièrement riches en espèces de cette région. Cette faune doit être considérée comme une des plus riches en Céphalopodes. Deux très belles espèces nouvelles fort intéressantes ont été trouvées parmi ces Céphalopodes.

Relevé de Céphalopodes recueillis dans l’estomac de Vertébrés divers, princi-

paiement de Cétacés et de Poissons. — L’examen du contenu de l’estomac des Vertébrés recueillis à des profondeurs souvent très grandes, permet de se procurer des Céphalopodes qui, sans cette circonstance, ne seraient jamais pêchés; ils sont, en effet, très agiles, et évitent facilement les engins divers, même les plus perfectionnés. C’est grâce à ce mode indirect de pêche que j’ai pu connaître un certain nombre de types curieux et complètement nouveaux. Je ne veux pas en donner une liste; on en trouvera l’indication dans diverses parties de celte notice: en voici seulement un résumé.

Dans l’estomac de Thons, Acanthias, Centrophores, etc., sept espèces, dont trois nouvelles et de nombreux débris. Dans l’estomac d’une Tortue marine, une espèce. Dans l’estomac de Cétacés, Cachalot, Dauphins, Grampus, dix-sept espèces dont quatre nouvelles et des débris divers.

On voit de quel intérêt est la capture de ces gros Vertébrés pour la faunistique et la spécification des Céphalopodes bathypélagiques.

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