BRACHIOPODES
Les Brachiopodes représentent actuellement les derniers vestiges d’une faune qui, dès les temps précambriens, fut extraordinairement riche en espèces et les espèces en individus. A partir du tertiaire, ils diminuent brusquement et l’on n’en trouve plus aujourd’hui que 140 espèces environ. Un bon tiers d’entre elles n’est connu que par un seul individu, plus ou moins bien décrit; le reste ne comprend qu’un petit nombre d’espèces assez abondantes, mais toujours très clairsemées dans des régions peu étendues.
Ces Brachiopodes se divisent en deux sections : lès Articulés, dont les deux valves sont réunies par une charnière, les Inarticulés qui ont le caractère inverse. Cette distinction qui paraît basée sur un fait bien peu important, répond au contraire à une différence profonde d’organisation des deux types. Les Inarticulés, qui remontent au précambrien, ne sont plus représentés aujourd’hui que par 3 genres ne comprenant que quelques espèces : Lingula, Crania, Discina. Le premier est à peu près connu, et, depuis peu, on a pu faire l’étude de son embryogénie. Lorsque j’ai entrepris l’étude de Crania et de Discina, ces deux types n’étaient connus que par quelques notes très incomplètes d’auteurs anciens n’ayant guère trait qu’à la coquille. J’ai fait une monographie complète de la Crania anomala que l’on se procure vivante en draguant aux environs du laboratoire de Banyuls; j’ai fait aussi une monographie presque complète de la Discina qui me fut envoyée par Agassiz des côtes du Pérou; je n’ai malheureusement pas pu obtenir que les Crania pondent en captivité. Leur embryologie est encore actuellement entièrement à faire.
On trouvera dans cette notice l’analyse des points principaux de l’anatomie de ces animaux et de leurs relations, telles que je les conçois avec les autres groupes
des Vers. Ces Brachiopodes n’ont, en effet, que l’apparence de Mollusques donnée par leurs deux valves; ce sont des Vers spéciaux, comme les Bryozoaires.
J’ai fait aussi quelques études sur les Brachiopodes articulés et contribué à élucider une que.stion très controversée, celle de leur appareil circulatoire; je le considère comme un système lymphatique absorbant les produits de la digestion et les répartissent dans les organes au moyen de vaisseaux et de vésicules lymphatiques pulsatiles.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. Noie sur les organes digeslifs el reproducteurs chez les Brachiopodes du genre Cn.4NiA. Comptes rendus de l’Aeadémie des Sciences, !'=■' décembre 1884.
3. Noie sur les syslèmes nerveux, circulaloire, respiraloire, la coquille el le manteau des Brachiopodes du genre Crania. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, février 188b.
3. Recherches sur l'analomie des Brachiopodes inarliculés. Archives de zoologie e.xpérimentale.
2' série, IV, 1886, avec 9 planches.
4. Sur l'analomie des Brachiopodes arliculés. Bull, de la Soc. zoologique de France, XII, 1887,
1 planche.
b. Noie sur les phénomènes d'absorplion et de circulation chez les Brachiopodes. Bull, de la Soc. scientifique et médicale de l’Ouest, I, 1892.
6. Recherches sur l’anatomie de WaldheiMjA venosa Sol. Mém. de la Soc. zoologique de France,
V, 1892, avec 26 fig.
7. Voyage du S. Y. « Belgica » dans VAnlarctique. Brachiopodes. Anvers 1901, in-4“, avec
2 planches.
8. Note sur un Brachiopode nouveau de l’Océan Indien : Kingena Alcoki. Bull, des naturalistes
du Muséum, nov. 1906.
9. Note sur les Brachiopodes recueillis au cours des dernières croisières du Prince de Monaco,
Bullet. du Musée océanographique, n“ 103, juin 1907.