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grammes, une loi assez régulière, qui est figurée (toujours eu coordouuées logarithmiques) daus la figure ci-jointe.
Les ruminants domestiques, bœufs et moutons, se placent bien au-dessous de cette ligne. Si l’on veut supposer que l’élevage a accru leurs poids corporels, leurs poids encéphaliques ne s accroissant que suivant la racine quatrième de ce poids, on peut, en faisant passer par leurs points des lignes de pente 0,25, reconnaître approximativement sur le graphique le poids corporel que devrait avoir présenté l’espèce souche pour qu’il n’y ait pas eu régression cérébrale. La souche de nos bœufs aurait dû peser à peine 150 kilogrammes; celle des moutons, 15 kilogrammes. Ces chiffres sont invraisemblables; c’est la régression qui est probable.
Les Équidés paraissent s’être comportés autrement, l’homme ayant traité le cheval autrement que le bœuf et le mouton. Malheureusement, je n’ai pu. sur les Équidés sauvages, exprimer que des désiderata.
Le canard fournit l’exemple le plus net de la réduction encéphalique pi a domestication.
Le canard de nos basses-cours provient incontestablement du canai lauvage (Anas boschas) ; il a même relativement peu varié.
Or, voici les moyennes que m’ont données mes pesées :
Canards domestiques. .
Ici, aucun calcul à faire : chez le canard domestique, par rapport à l’espèi louche, le poids du corps est augmenté elle poids de l’encéphale est diminui Pour les poulets, le fait est moins net. La souche paraît connue ; c'est Trallus Bankiva qui habite les forêts de l’Inde et de la Malaisie; nous n’avoi nalheureusement pas de chiffres pour cette souche. J’ai le regret ame lujourd’hui, d’avoir autrefois tué des Gallus Bankiva et des Gallus Sonerat ians les considérer autrement que comme nourriture. A défaut de ce documei iirect, j’ai considéré l’isoneurale fournie par le paon et le faisan comn louvant servir de base. Tous les coqs et poules dont j'ai pesé le corps .'encéphale se placent au-dessous de cette ligne, excepté une minuscu ooulette de Bantam. Les poulets paraissent donc s’être comportés comme to .es animaux domestiques que nous venons de passer en revue'.
La conclusion générale est celle de Darwin, mais cette fois solidemei issise : la domestication a causé chez ces espèces une diminulion du por relatif dé Tencéphale.
COMPARAISON,DU POIDS ENCÉPHALIQUE ENTRE L’HOMME ET LA FEMMi
d’encéphale plus petit, plus grand, ou égal? On voit que celte question, passionnément discutée, dépend de la déBnition du poids relatif. J’ai été naturellement amené à la reprendre à la suite des études que je viens d’exposer.
Les poids corporels et encéphaliques de l’homme et de la femme, chez les Européens, sont connus avec une bonne approximation. En tenant compte de tous les résultats des auteurs, j’arrive aux valeurs rondes que voici :
Pour l’encéphale, ces chiffres sont peu différents de la moyenne brute calculée par Vierordt sur toutes les séries européennes (1357 et 1235); ils diffèrent très peu aussi des chiffres calculés par Topinard sur les meilleures séries anciennes, Broca, Bischoff, Boyd (13(11 et 1211); ils sont confirmés par les séries récentes de Retzius (Suédois, 1399 et 1248) et de Marchand (Hessois, 1388 et 1252) ; car si ces derniers chiffres sont un peu plus élevés, ils proviennent de races plus grandes que la moyenne de l’Europe, et le rapport de
Les poids du corps sont les poids physiologiques, résultant des pesées a l’état vivant; les moyennes prises en considération sont, pour les hommes, celles de Krause, de Quetelet et de Hassing ; pour les femmes, celles de Krause, de Hofmann, de Quetelet et de Kobylin.
Ces nombres, dont je vais me servir, je les avais établis sans idée préconçue, avant le calcul qui m’a conduit à une conclusion imprévue pour moi.
D’ailleurs, l’incertitude qu’ils peuvent présenter n’est pas d’un ordre suffisant pour entacher cette conclusion.
Le poids absolu donne une différence en moins pour la femme de 140 grammes, soit 11 pour 100 de l’encéphale de l’homme.
Le poids relatif de Cuvier donne, pour l’homme, pour la femme, soh, en en plus pour les femmes, 8 p. 100 de l’encéphale de l’homme.
C’est-à-dire que l’on trouve dans la comparaison de l’homme à la femme le môme fait que dans la comparaison des grands animaux aux petits : le plus grand a le cerveau le plus lourd, mais le poids relatif (de Cuvier) donne l’avantage au petit.
cuté, bien que ces relations soient dépourvues de signification physiologique.
Pour comparer entre eux deux groupes d’animaux de tailles différentes, il faut diviser le poids de l’encéphale par la puissance 0,56 du poids du corps si ces êtres appartiennent à deux espèces distinctes, par la puissance 0,25 de ce poids s’ils appartiennent à la même espèce.
Il semble donc, à première vue, que le procédé de comparaison s’impose : de la moyenne de l’homme à la moyenne de la femme, il faut calculer le coefficient de céphalisation avec l’exposant de relation 0,25.
Pourtant, si l’on serre ce raisonnement, on voit qu’il n’est pas justifié. Nous avons affaire ici à un cas particulier.
Quand nous comparons des grands chiens à des petits chiens, ou des grands Sciurus carolinensù à des petits écureuils de la môme espèce, nous pouvons arbitrairement limiter
de l’homme et les moyennes de la femme, corps ou encéphale, nous sont donnés par la nature même des choses; nous avons affaire à deux catégories objecticement dislinc'es, et chacune de ces catégories a sa loi propre unissant la grandeur encéphalique h la grandeur corporelle, tandis que pour les grands ou les petits chiens, les petits ou les grands écureuils, c’est la même loi, avec seulement une valeur différente de la variable.
Cette différence est si profonde qu’elle est sentie intuitivement même quand les lois
Par exemple, il est facile de constituer des séries soit de même taille, soit de même
femmes relativement grandes. A-t-on le droit ensuite de comparer en valeur absolue les moyennes encéphaliques de ces deux séries? Bien qu’il ait été donné une réponse affirmative à cette question, il semble que les naturalistes sentiront en général quelque chose de choquant à un tel procédé. Sexe à part, des femmes ayant en moyenne 1“,60 ne seront pas identiques à des hommes de même taille ou de même poids moyen. Quand même il
la femme, de sorte que ces tailles, longueurs globales, ne correspondent pas à une même somme de parties ; quand même il n’y aurait pas, comme cela existe en fait, une composition différente pour les tissus de l’homme et de la femme, de sorte qu’un même poids global correspond pour l’un et pour l’autre à des quantités différentes d’eau, de sels, de carbone, etc. ; il suffit que l’un des groupes soit au-dessous pour que la comparaison directe soit discutable, sinon illégitime.
J’ai montré que chaque sexe, séparément de l’autre, suit pour la relation de l’encéphale au poids du corps, la loi intérieure d’une espèce, la proportionnalité à la racine quatrième. Par conséquent, nous voyons que la comparaison directe entre hommes et femmes de même poids constitue la même erreur que la comparaison du loup ou du renard à des chiens de même poids. Pour comparer la céphalisation du loup ou du renard à celle du chien, il faut faire le rapport du poids de l’encéphale à la puissance 0,56 du poids du corps avec les moyennes spécifiques, c’est-i-dire appliquer la formule propre aux espèces distinctes.
J’étais ainsi amené, mathématiquement, à traiter de même l’homme et la femme, comme deux espèces distinctes.
La forme inadmissible de cette proposition disparaît si on l’énonce de la façon suivante :
Dans le cas de dimorphisme sexuel qui nous occupe, la relation d’un sexe
à l’autre, au point de vue du caractère différentiel, doit être traitée comme la relation d une espèce à une autre au point de vue de la différence spécifique.
On pourrait, inversement, reprendre les propositions générales que j’ai appelées Im et espèce à espèce, loi inténeure de l’espèce et les formuler d’une façon plus abstraite, telle que le dimorphisme sexuel puisse y entrer sans difficulté.
C’est donc le calcul avec l’exposant 0,56 qui s’impose. Voici le résultat, que non seulement je ne cherchais pas, mais qui m’a surpris :
Il y a égalité.
Je dis égalité dans les résultats du calcul ; j’ai en lout cas le droit de formuler la proposilion suivante, traduction pure et simple de calculs objectifs :
Les poids corporels et encéphaliques des hommes d'une part, des femmes- de l’autre, sont entre eux exactement dans les mêmes rapports que s'il s’agissait de deux espèces animales distinctes et égales en organisation nerveuse.
En publiant ces résultats, tant à la Société de Biologie qu’à la Société d’Anthropologie, j’ai fait les plus expresses réserves sur les conséquences psychologiques ou même sociales qu’on en pourrait tirer. « En Biologie, nos problèmes comprennent tant d indéterminations, qu’il faut se méfier de la logique pure, et confronter à maintes reprises ses indications avec l’expérience. »
Pour avoir cette vérification expérimentale, il faudrait étudier dans les espèces animales saueages une différence sexuelle du même genre.
Je me suis dans ce but adressé (152) à des espèces banales, le rat et le moineau, dont on peut obtenir des séries assez nombreuses. Ayant pesé IS individus de chaque sexe et de chaque espèce, j’ai vu dans ces deux espèces que les mâles sont plus grands et ont plus de cerveau que les femelles ; la relation d’un des caractères A l’autre se rapproche de ce que j’ai montré dans l’espèce humaine ; mais les différences sont trop petites pour donner une approximation démonstrative.
J’ai commencé sur les oiseaux de proie des recherches qui seraient particulièrement