RECHERCHES SUR LES MUTATIONS DU FER ET LES GLOBULES ROUGES
PROCÉDÉ DE DOSAGE DU FER SPÉCIALEMENT ADAPTÉ AUX RECHERCHES BIOLOGIQUES
Je reconnus que l’iniensilé colorante reste, entre d’assez larges limites, proportionnelle à la dilution si au lieu de diluer avec de l’eau on dilue avec une solution de sulfocyanate au même titre; en outre, si la réaction de la liqueur est dès le début assez fortement acide, par HCl ou S0‘1P, un excès plus ou moins grand du même acide ne change rien à la coloration; enfin, je vérifiai que les différents sels, bases et acides qui peuvent se trouver dans les liqueurs provenant des tissus animaux n’ont aucune influence, sauf l’acide phosphorique, à partir d’une certaine proportion que j’ai déterminée exactement.
La colorimétrie en général, à la suite de quelques applications maladroites, était fort en défaveur; j’ai étudié méthodiquement la façon dont il faut l’employer pour qu’elle mérite confiance.
Il existe divers colorimèlres : l’opération essentielle consiste toujours è comparer la coloration de deux portions du champ visuel ramenées côte k côte par l'appareil et à établir l'égalité de teinte en faisant varier l'épaisseur de la solution colorée; de cette épaisseur, on déduit l'intensité colorante. Or, notre œil perçoit assez grossièrement les différences d’intensité dans un ton un peu foncé ; il est au contraire fort sensible à une modification de nuance, à un virage. Aussi, pour une matière colorante donnée, il y a lieu de chercher, pour en faire la colorimétrie, une leinle senMte qui existe en général. Pour le sulfocyanate ferrique en particulier, lorsqu'il est vu en couche mince, il est jaune pâle ;
passe par une teinte orangée qui, pour un faible changement d’épaisseur, vire d’une façon très sensible vers le jaune ou vers le rouge. On doit chercher cette nuance, et, pour avoir toujours la même sensibilité, la repérer au moyen d’un étalon fixe, en verre
La lumière doit être constante comme qualité et comme direction : il faut donc opérer i la chambre noire, avec une source de lumière artificielle, fixée d’une manière immuable par rapport k l’appareil. En outre, il faut toujours se servir de colorimètre comme on fait de la balance dans le procédé de la double pesée : la liqueur titrée et la liqueur à titrer seront mises successivement du même côté dn colorimètre, et prises chacune sous l’épaisseur nécessaire pour donner l’égalité de coloration avec l’étalon de
cherchée, on peut appliquer la simple règle de proportion, à la condition que ces épaisseurs soient voisines, c’est-à-dire que l’intensité colorante de la liqueur à titrer soit voisine de celle de la liqueur titrée. .
Moyennant ces conditions, on peut reconnaître une variation de un cinquantième de la teneur en fer d’une solution donnée; comme on peut opérer avec une quantité totale bien inférieure à 1 milligramme de Fe, on atteint facilement un centième de milligramme.
Reste à obtenir, à partir des organes, la liqueur propre à la colorimétrie;
j’ai établi le procédé suivant : l'échantillon, soit par exemple un gramme de sang, est introduit dans un ballon de KjeldabI, additionné de un centimètre cube d’acide sulfurique monohydraté, chauffé et additionné, suivant certaines précautions, d’acide asotique; et l’on obtient rapidement, sans avoir fait un épuisement ni une fdtration, dans le récipient même où l’on avait pesé la matière première, c’esl-à-dire sans aucune chance de perte, une solution peu étendue, parfaitement limpide et incolore; le fer y est contenu à l’état de sulfate ferrique, en présence d’un grand excès d’acide sulfurique ; nous sommes d’emblée dans les conditions où doit s’effectner le dosage colorimélrique.
Un dosage, dans sa totalité, ne prend guère plus d’une heure; deux dosages, menés parallèlement, peuvent être terminés en une heure et demie.
Ce procédé est indiqué en France comme le procédé de choix par M. Dastre et par la plupart des manuels'; parmi les auteurs qui l’ont employé à l’étranger, je puis citer M. Dhéré (de Fribourg, Suisse), et M. Tedeschi (de Pise)'.