ANATOMIE ET HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
JfManuet a’Matoloffie paihologiqtte.
Publié en coUaboration avec M. L. Banvier (1" édition.)
Le plan suivi dans ce manuel est emprunté à la olassifioar tien et à la méthode de l’histologie normale.
A l’histologie générale correspond en effet l’anatomie pathologique générale comprenant les lésions des éléments cellulaires, c’est-à-dire l’inflammation et les tumeurs. Tel est la première partie de l’ouvrage.
A l’histologie des tissus et des systèmes correspond leur anatomie pathologique ; tel est l’objet de la seconde partie.
La troisième partie comprend l’anatomie pathologique des organes.
Pbemière partie. — Anatomie pathologique générale, in- 12 de 340 pages avec 168 figures. G. Baillière, 1869. — Les
auteurs ont décrit d’abord les altérations des cellules et des parties élémentaires des tissus survenues sous l’influence de la mort, par suite d’une insuffisance de la nutrition (atrophie) ou d’une modification de la nutrition (dégénérescence muqueuse, séreuse, amyloïde, adipeuse, calcaire, etc.), et enfin à la suite des inflammations de diverse nature.
Vinflammation., regardée par la majorité des auteurs comme une exagération des forces physiologiques, est définie par MM. Cornil et Ranviet comme la série des phénomènes observés dans les tissus ou dans les organes, analogues à ceux produits artificiellement, swr les mimes parties, par [action dun agent irritant physique ou chimique. Aussi commencent-ils son histoire par l’inflammation produite expérimentalement chez les animaux et dans les divers tissus. Ce chapitre, dans lequel est traitée l’inflammation expérimentale du cartilage, du grand épiploon, de l’os, du tissu celluloadipeux sous-cutané, etc., est écrit d'après des expériences originales, et contient de nombreux faits nouveaux établissant le rôle que jouent les cellules préexistantes ou fixes des tissus. Aujourd’hui qu’il est parfaitement démontré, d’après les expériences de Cohnheim maintes fois vérifiées, que les globules blancs sortent facilement des vaisseaux, on a une certaine tendance à ne rien voir autre chose dans l’inflammation. Les auteurs du Manuel se sont élevés contre cette manière de voir, en montrant l’exagération de la nutrition, la tuméfaction, la multiplication des cellules dans des parties où les globules blancs ne sauraient pénétrer, par exemple dans les capsules du cartilage.
L’étude des tumeurs comprend les deux tiers du volume. Les auteurs se sont efforcés d’en donner, dans leur généralité, aussi bien que dans chacune de leurs variétés, une définition précise, une classification aussi naturelle que possible, et de
mettre le lecteur en mesure d’en faire le diagnostic anatonomique, pour peu qu’il soit familiarisé avec le microscope.
Une tumeur est toute masse constituée par un tissu de nouvelle formation (néoplasme) ayant de la tendance à persister ouàs’aecroitre.
La tumeur diffère du néoplasme inflammatoire en ce que celui-ci tend toujours à disparaître ou à reproduire le tissu dans lequel il s’est développé. Les tumeurs, au contraire, vivent d’une vie en quelque sorte indépendante et se développent aux dépens de l’individu sur lequel elles sont implantées, même lorsqu'elles sont bénignes ; le malade porteur d’un lipome, par exemple, peut maigrir sans que la tumeur cesse de s’accroître.
Les tumeurs sont soumises à deux lois générales :
1“ Le tissu qui les forme a son type dans un tissu de l’organisme à l’état embryonnaire ou à l’état de développement parfait (J. Millier).
2" Les éléments cellulaires d’une tumeur dérivent d’éléments cellulaires préexistants de l’organisme (Virchow).
La classification des tumeurs repose entièrement sur la première de ces lois. MM. Gornil et Ranvier se sont efforcés de rapprocher te tissu de chaque tumeur du tissu normal qui en est le plus voisin pour lui donner son nom et sa place dans une classification naturelle. Bien que cette méthode paraisse la plus simple et celle qui s’impose tout d’abord, elle n’avait été tentée par aucun anatomo-pathologiste pour foute la série des tumeurs. Tantôt on s’était basé sur une analogie grossière, tantôt sur la forme d’un élément cellulaire dominant, mais non sur Tensemble de la constitution du tissu, ce qui est la méthode la plus rationnelle.
Les tameurs ont été par conséquent divisées en dix groupes correspondant : le sarcome, au tissu embryonnaire ; les fibromes, myxomes, lipomes, carcinomes, etc., au tissu fibreux ; Vostéome, au tissu osseux ; les chonêromes, au tissu cartilagineux, etc.
Bien qu’on ne puisse pas prétendre (ju’une pareille olassificalion soit immuable, cependant elle parait répondre le mieux, pour le moment, à l'état actuel de la science.
Dans la plupart des chapitres qui ont trait à chaque variété des tumeurs, des faits nouveaux ont été ajoutés à ce qui était déjà connu ; la structure et la compréhension de certaines d’entre elles ont été modifiées profondément par des données nouvelles. Ainsi, dans la variété appelée sarcome angioUthique, les petits grains que plusieurs auteurs considéraient comme des globes épidermiques et qui avaient fait donner par Virchow le nom de gliome à la tumeur, en vertu d’une analogie grossière avec la terre glaise, ont été reconnus comme étant des bourgeons vasculaires calcifiés. L’état embryonnaire spécial des vaisseaux dans les sarcomes à marche rapide et les modifications de la circulation de ces tumeurs qui en résultent, les imprégnations d’argent appliquées à l’étude des tumeurs, certaines altérations des glandes dans le développement du carcinome, la disposition des éléments dans les gommes syphilitiques, l’état des vaisseaux lymphatiques à leur pourtour, la description des tubercules du corps thyroïde, la disposition des tubercules morveux autour des bronches, sont autant de faits ou complètement nouveaux, ou mieux étudiés qu’ils ne l’avaient été jusqu’ici. Il en est de même du développement et de la disposition des lamelles osseuses dans les ostéomes, des modifiations histologiques des lymphadénorms, du rôle des
glandes dans le dé¥eloppement des épilbéliomes, de la slruoépiihéliomes à cellules cylindriques, de la genèse des fapUlo-oÂénoims et de leur structure, etc. Citons aussi comme un fait étrange et inattendu i'infiUration des cellu ¬
les épithéliales des acini mammaires dans la mélanose simple.
Cette, première partie du Manuel d’histologie est terminée par un tableau analytique permettant d’arriver au diagnostic anatomique des tumeurs par une série de caractères et une méthode dyootomique comparable à la flore qu’on con'-'ulte pour déterminer une plante.
Skqondb paktie. — Maladie des systèmes et des tissus, de 310 pages, avec 80 figures, 1872. Elle comprend l'étude des lésions du tissu osseux, du tissu cartilagineux, des articulations, du tissu conjonctif et des séreuses, du tissu musculaire, du sang, du cœur, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des ganglions, et enfin du tissu nerveux, du cerveau et de la moelleépinière.
Les altérations des os et des articulations, dont plusieurs avaient été le sujet de mémoires de M. Ranvier, sont complètement décrites au point de vue histologique et sous un jour nouveau. Les maladies du tissu conjonctif, l’oedème, le phleg» mon, les inflammations des séreuses, sont également l’objet de descriptions originales.
Les lésions des artères et des veines, et en particulier les chapitres consacrés à l’artérite, aux anévrysmes, aux ligatures, aux varices, présentent au lecteur dés considérations, des observations histologiques et des expériences nouvelles.
Troisième partie. — Maladies des organes et des appareils, in-t2 de 618 pages avec 130 figures, 1876. Elle est
respiratoire, comprenant les fosses nasales, le larynx, la trachée, les bronches, le poumon et la plèvre, de l’appareil digestif et ses annexes, glandes hématopoiétiques, rate, glande thyroïde, capsules surrénales, de l’appareil génito-urinaire et de ta peau. Comme dans la première et la seconde partie, les auteurs du manuel ont donné d’ahord l’histologie normale résumée autant que possible de chaque organe, adn que. les étudiants puissent comprendre la genèse des altérations pathologiques.
l.’immense majorité des descriptions a été faite par eux d’après leurs recherches propres, confirmant ou infirmant les faits antérieurement connus et apportant chemin faisant de nouvelles données scientifiques.
Cette première édition, tirée à cinq milles exemplaires, est devenue classique et a été traduite en anglais par MM. Shakespeare et Simas. Philadelphie, 1880.
Tome 1. — Histologie pathologique générale. Lésions des systèmes et tfes imu», avec 281 figures intercalées dansle texte. Paris, 1881, in-8“.
La seconde édition, corrigée et augmentée, publiée dans un grand format, a été mise au courant des progrès accomplis depuis dix ans. Les chapitres relatifs à l’histologie normale ont dû être refondus complètement, et beaucoup de chapitres d’histologie pathologique ont été remaniés.
Le second volume, qui comporte beaucoup d’additions, est sous presse.
In-8» de 748 pages, avec 27 figures et 3 planches. Ge Baillière, 1867.
Cet ouvrage, qui a obtenu une mention honorable au concours des prix décernés en 1868 par l'Académie des sciences, est entièrement basé sur la physiologie et l’anatomie pathologiques. Les tubercules, ou granulations tuberculeuses, sont des tumeurs, dans le sens do la définition qui en a été donnée plus haut (page 9), Pour comprendre leur mode de développement dans les poumons, il faut, avant tout, connaître leur structure et leur développement dans les tissus plus simples, et, pour apprécier les lésions qu’ils déterminent dans les poumons, il est essentiel de bien connaître d’abord l’histologie pathologique de cet organe. Telle a été la compréhension générale du sujet, au point de vue de l’anatomie pathologique.
Les auteurs ont subordonné aux granulations tuberculeuses, qui sont la lésion constante et initiale, toutes les autres modifioationsinflammatoires ou régressives qui les accompagnent. Si la pneumonie tuberculeuse ou caséeuse, peut, en effet, do-
pas moins impossible de la séparer du tubercule proprement dit, malgré toutes les tentatives qui ont été faites dans ce sens. Les inoculations faites avec une grande persévérance par MM. Villeinin et Chauveau ont démontré, en effet, que la pneumonie caséeuse possède, à ce point de vue, les mêmes propriétés que la granulation.
D’un autre côté, les auteurs, tels ,iue Niemeyer et Buhl, qui prétendent subordonner les granulations tuberculeuses à l’état caséeux, renversent eux-mêmes leur doctrine par cet aveu qu’il existe des cas de tuberculose miliaire sans que l’examen le plus attentif fasse découvrir de foyer caséeux dans aucun organe. Enfin les pneumonies caséeuses, dans lesquelles il n’existerait de granulations tuberculeuses, ni dans le poumon, ni dans aucun autre organe, doivent être extrêmement rares, si l’on en juge par l’expérience personnelle des auteurs de ce Traité.
La classification des différentes formes symptomatiques de la phthisie est tout entière basée sur les formes anatomiques. Userait difficile d’analyser ici les différentes parties consacrées à l’anatomie pathologique et à la clinique dans cettemonograpbie; citons seulement, comme donnant à la science un contingent d’observations nouvelles,le chapitre relatif à la pneumonie caséeuse lobaire.
Om ftébercnie êpéotntemenl étnaié «lotis aea rapiiorla
{Archim de physiologie, 1868, p. 98, (avec une planche lithographiée).
Description de la méningite tuberculeuse et des relations des granulations des méninges avec les gaines lymphatiques décrites par Robin et avec les vaisseaux. La fibrine est généralement coagulée dans les vaisseaux sanguins au niveau de
A propos de la discussion sur les rapports ent et la tuberculose, M. Cornila examiné successive tinctions entre ces deux maladies qu’on peut tir ternie pathologique, de l’examen des pièces au n de l’étiologie. Sa conclusion est qu'une distincti tuberculose, la scrofule et la syphilis ne doit ôtr par l’ensemble des caractères principaux fournis l’étiologie, la symptomatologie et l'anatomie ] Parmi ces derniers, ceux qui se rapportent au s
mt pénétrer dans son méc
Tuberculose ae« yangUon» lympliaUyue».
(SocUUde Motogie, comptes rendus, 1878, p. 96.)
L’auteur s’est attaché à montrer que, malgré l’air de famille des adénites scrofuleuses et tuberculeuses, etmalgré leur terminaison commune par la dégénérescencecaséeuse, ces deux, séries d’altérations diffèrent à leur début et à leur période d’étal au point de vue de l’analyse histologique. Les ganglions tuberculeux observés, par exemple, dans le mésenlère à la suite de la tuberculose intestinale, sont tuméâés et présentent souvent des granulations semi-transparentes visibles sous leur capsule et sur une seclion. Sur des coupes examinées au microscope, on reconnaît que les sinus périfollioulaires et les canaux lymphatiques sont remplis par des cellules lymphatiques ou par des cellules épithélioïdes provenant d’une néoformation des cellules endothéliales qui tapissent normalement ces cavités. Les granulations ou îlots tuberculeux sont constitués par de petites cellules lymphatiques pressées les unes contre les autres et séparées par un tissu réticulé qui leur est adhérent. Là, se trouvent aussi des cellules géantes, dès le début des granulations. Souvent le tissu conjonctif devient très dense etil est constitué alors par de gros faisceaux défibrés qui prennent un aspect homogène et transparent, et qui se colorent fortement par le carmin.
11 existe, quelquefois, en outre, dans les ganglions, de petits îlots transparents, vitreux, formés de cellules qui ont subi la dégénérescence colloïde.
Les cellules géantes dont l’originea été si discutée, prennent naissance, d’après l’auteur, dans l’intérieur des vaisseaux.
l’adénite aiguë simple, puis il donne la description détaillée des ganglions strumeux et tuberculeux, qu’il compare les uns avec les autres. Il distingue dans les ganglions syphilitiques ceux de la période primitive et secondaire et ceux de la période tertiaire et il donne une description des uns et des autres. Certains ganglions de la période tertiaire de la syphilis, au cou par exemple, ne se difiérencient nullement des ganglions scrofuleux et présentent aussi une sclérose du tissu conjonctif et des îlots strumeux. Gomme les tumeurs des gar'glions, àl’exception des lymphadéuomes, sont toujours secondaires, on y trouve constamment la structure de la tumeur primitive. Le tissu des ganglions étant peu compliqué, on peut se servir utilement et facilement de ces organes pour déterminer la nature des tumeurs primitives. Lorsqu’une tumeur un carcinome ou un épithéliome du col de l'utérus, par exemple, aura été en grande partie ulcérée et détruite, l’étude des ganglions pelviens permettra de déterminer la nature histologique du néoplasme bien mieux qu’on ne le ferait avec la tumeur primitive.
la tunique interne qui est formé par la multiplication des cellules de cette membrane. Au milieu de ces cellules de nouvelle formation, nn trouve souvent des cellules géantes typiques.
Ce n’est là du reste qu’un des modes de formation de ces éléments qui prennent naissance dans bien d’autres parties, puisque plusieurs observateurs, Mal assez en particulier, en ont trouvé dans les tubes séminifères.
Dans ce même mémoire, M. Cornil établit la possibilité du développement des cellules géantes dans les culs-de-sac des glandes acineuses de la trachée tuberculeuse. Il donne en outre les modifications des cellules à mucus des glandes acineuses de la trachée dans les inflammations et dans la tuberculose. Ces cellules, au lieu d'offrir, comme à l’état normal, un protoplasme clair, se tuméfient, deviennent polyédriques par pression réciproque et granuleuses ; leur noyau, au lieu d’être rond, petitet situéau point d’implantaliou de la cellule sur la paroi, est devenu volumineux, ovo'ide, et il occupe le centre de ta cellule modifiée.
On n’avait pas encore décrit ce mode de formation des cellules géantes dans la membrane interne enflammée |des vaisseaux, ni les lésions des glandes acineuses dans l’inflammation et dans la tuberculose.
au phargnx et aea ami/gamlea.
(Société de biologie, novembre 1880, et thèse de Chassagnette, Paris, 1880.)
Observation dans laquelle le voile du palais, la luette, tout le pharynx, la paroi postérieure, la base de la langue et les deux amygdalesétaient parsemés degranulatious, d’érosions et
d’ulcérations tuberculeuses. M. Gornil a donné à propos de ce fait une description complète du mode de production des tubercules et des cellules géantes dans les follicules clos de la muqueuses pharyngienne et des amygdales, et dans les glandes acineuses. Les vaisseaux sanguins de la luette étaient remarquablement dilatés et beaucoup d’entre eux étaient remplis d’un thrombus constitué par de la fibrine et des cellules lymphatiques. Au milieu de ce thrombus intravasculaire on rencontrait souvent des cellules géantes très manifestes, de différente grandeur, quelquefois très considérables, caractérisées par leur protoplasme granuleux central, par leur couronne de noyaux ovoïdes et par leur coloration au pioro-carminate. C’était là le début intravasculaire de follicules tuberculeux ; à propos de ce fait do tuberculose de la luette, M. Gornil a signalé l’épaississement fibreux de la muqueuse de la luette qui survient quelquefois chez les tuberculeux.
fepotis sur la SffpMUt faitea à l’HopUal de fouretne.
In-8" de 463 pages, avec 9 planches lithographiées et des figures intercalées dans le texte. — Paris, J.-B. Baillière, 1879.
Le but de ces leçons a été surtout de décrire complètement, au point de vue de leur histologie et de leur évolution, les diverses variétés des chancres, des papules cutanées et muqueuses, des pustules, des tubercules, des gommes, etc. Comme les symptômes sont toujours mis en regard de la lésion, il en résulte que ces leçons constituent un manuel complet de la syphilis. Les coupes de chancres indurés comparées aux préparations de chancres mous s’en distinguent parce que le corps papillaire est très bien conservé, souvent même hypertrophié dans les premiers, tandis qu’il est détruit par une ulcération profonde, anfractueuse, végétante, dans
Les papules cutanées, les pustules profondes, les tuierodles sont l’objet de descriptions histologiques étendues et eu partie nouvelles. Mais il ne faudrait pas croire que cette étude histologique puisse servir à caractériser la cause et la nature spéciaque des lésions. Tout au contraire elle démontre la grande analogie d’éruptions reconnaissant des causes toutes différentes. Une papule syphilitique, examinée à un fort grossissement,est plus difûcile à diagnostiquer d'avec
Signalons aussi les lésions des os et en particulier celles de la syphilis osseuse héréditaire, chapitre réeemment ajouté à Thistoire de cette maladie. M. Comil a eu l’occasion de pratiquer des examens de ces lésions osseuses et en particulier d’exostoses crâniennes chez de jeunes enfants.
Ces leçons se terminent par l’examen de la syphilis tertiaire dans les divers organes (cerveau, moelle, foie, reins et poumons).
Xote aar te siège êtes paeetsites ae tn tèpre.
Par MM. Gornil et Suchard, avec une planche chromo-lithographiée. (Société médicak des Mlfitaux, séance du 10 juin 1881, et Archives de dermatologie, 1881.)
Description des tubercules cutanés de la peau dans la lèpre. Les bactéries, qui ont été découvertes par Hansen, siègent surtout dans les grandes cellules lépreuses qui infiltrent le derme. Les petits bâtonnets, bien visibles lorsqu'ils ont été colorés par le violet de méthylaniline B B, sont disposés en faisceaux ou en broussaille. Ils sont généralement très nombreux dans chaque cellule. Les préparations ont été faites sur un morceau de tubercule enlevé sur le vivant à la léproserie de Grenade, mis immédiatement dans l’alcool et sur plusieurs autres pièces provenant d’autopsies. Les cellules du corps muqueux de Malpighi ne contenaient point debacoilli.
ParM. Cornil, avec une planche chromo-tithographiée.
(Société medicale des hôpitaux, séance dii 28 octobre 1881.)
Cette communication est relative à une autopsie faite à Grenade par M. Hernando et dont les pièces ont été envoyées à M. Cornil. Les tubercules cutanés présentaient la même dis-
Communication faite à la Société médicale des hôpitaux, le 10 décembre 1881.
Les poules inoculées par M. Pasteur, dans le tissu conjonctif sous-cutané, au niveau du muscle pectoral, avec le liquide de culturels plus virulent du choléra, meurent avec des symptômes généraux et avec un état très remarquable du muscle pectoral qui est inhltré dans une grande étendue par l’organisme particulier du choléra. Il s’est fait en
même temps un épanchement de cellules lymphatiques et un exsudât fibrineux. Les faisceaux primitifs des muscles sont envahis et mangés pour ainsi dire par les microbes, de telle sorte qu’ils sont fragmentés, cassés en travers et que leur substance, revenant sur elle-même, prend l’aspectoaractéristique décrit par Zenker sous le nom de dégénérescence cireuse. Les microbes se rencontrent entre les fragments des faisceaux primitifs et ils remplissent par places, conjointement avec de la fibrine et des cellules lymphatiques, les gaines du sarcolerame. Le tissu conjonctif qui sépara les faisceaux secondaires est aussi infiltré par cet exsudât composé de fibrine, de globules blancs et de micro-organismes en quantité étonnante. Le sang et lalymphe,quieu sont remplis, les transportent dans tous les tissus et dans les organes. Ils encombrent les cellules du foie, du rein, etc., en leur donnant un aspect trouble et granuleux. r.es fibres musculaires du cœur sont devenus également granuleuses. Tout porte à croire que ce qu’on a décrit Jusqu’ici sous le nom de tuméfaction trouble des cellules dans les maladies aiguës infectieuses de L’homme est dû à la présence des micrococcus dans les cellules.
Lorsque l’inoculation est faite avec un liquide déjà atténué, le muscle pectoral présente une altération analogue à la précédente, mais moins intense, et il se produit, suivant les beaux travaux deM. Pasteur sur ce ‘■ujet, on séquestre qui se racornit, se durcit, et s’isole des parties voisines en s’entourant d'une membrane pyogénique. Ce séquestre n’est autre que le tissu musculaire primitivement altéré. Sur des coupes, ou y voit les faisceaux primitifs des muscles en dégénérescence cireuse ; certains d’entre eux ont encore conservé, quinze ou vingt jours après l’inoculation, leur striation fine caractéristique. Le tissu conjonctif y est atrophié; il se produit par places
' M’In/taààtmnHon tUpMhérttttue
Communicalion au Congrès de l’Association sdentinque d'Alger, mai 1881, et AtcUms de physiologie 1881, p. 372,
Aprèsavoir décrit l'Mstologie normale del’amygdale, M.Cornil donne l’examen des fausses membranes telles qu’on les obtient à leur sortie de la trachée, aussitôt après l’opération de la trachéotomie. En raclant ces fausses membranes, on trouve une quantité considérable de micrococous libres ou réunis en colonies (zooglœaj et de petits bâtonnets. Comme des bactéries analogues vivent à l’état normal dans la bouche, il faut exa miner les fausses membranes de la trachée, de préférence à celles du pharynx. La charpente des fausses membranes est constituée par un réticulum de fibrine, englobant quelques globules sanguins et des cellules lymphatiques; des microbes se trouvent partout dans ses mailles.
Les fausses membranesdiphthéritiques de l’amyii'dale adhèrent à la surface de cet organe, et pénètrent dans l’intérieur des cryptes on dépressions qui la traversent de la surface à la face profonde. Lorsqu’on examine des coupes de l’amygdale, ainsi altérée, on voit d’abord la fausse membrane superficielle qui est couverte de colonies de bactéries et qui est infiltrée partout de microbes, dansles cavités circonscrites partes fibrilles défibriné qui la constituent. Lecborion muqueux aoxquel la fausse membrane adhère par sa base est le plus souvent tout à fait dépouillé de son épithélium normal ; il est enflammé au point d’être complètement infiltré par des cellules lymphatiques et des microbes qui siègent souvent dans les vaisseaux sanguins dilatés; lacirculalion sanguine paralt très peu active dans ces vais,seaux qui sont fréquemment remplisde globules blancs. La lésion de la muqueuse, à la surface de l’amygdale, se reproduit dans les cryptes de l’amygdale qui sont remplis d’un exsudât fibrillaire de fibrine enserrant dans ses mailles des cellules lymphatiques, des globules rouges.et des microbes Le revêtementépithélial delamuqueusedes cryptes est plus QU moins tombé, et la muqueuse est infiltrée de cel-
Le tissu réticulé, les follicules de l’amygdale sont bourrés de cellules lymphatiques, de telle sorte que tout l’organe est notablement hypertrophié, surtout lorsqu’il s’agit d’une angine diphthéritique, toxique, primitive.
L’inflammation diphthéritique, lorsqu’elle a gagné le pharynx. détermine sur la. paroi postérieure de cette cavité, à la base de la laugue, etc-, une hypertrophie inflammatoire très remarquable des follicules clos de cette muqueuse, de telle sorte qu’il est très facile d’étudier les granulations pharyngiennes,.
M. Cornil a dessiné des granulations du pharynx succédant à l’inflammation aiguë, et très manifestement dues à. l’hypertrophie des follicules clos. Dans ces faits, de même que dans l’inflammatiou chronique du pharynx, l’hyperémie et l’hypertrophie des follicules clos déterminent, conjointement avec l’épaississement du tissu conjonctif superficiel de la muqueuse, la formation des granulations. Les glandes acineuses qui sont situées plus profondément n’y prennent aucune part. Aussi, si l’on persistait à appeler granulations Its hypertrophies et saillies qui sont dues parfois aux glandes acineuses, il faudrait soigneusement les distinguer et les appeler granulations glandulaires par opposition aux granulations foiliculeuses.
Les ganglions lymphatiques du cou, pris, il est vrai, vingtqnalreheuresaprès la mort, présentent dans leur tissu réticulé et dans les sinus lymphatiques une grande quantité de bac-
. Xnte «Mr VHypevtro^Me aea «myaAalem.
SocUté médicale des hôpitaux, séance du 22 juillet 1881 ; reproduite dans la thèse de M. Théodore Gaillard, Paris, 1881.
La muqueuse qui revêt l'amygdale est généralement lisse et comme tendue parïorgane hypertrophié ; le chorion muqueux est épaissi et le corps papillaire est souvent atrophié par places. Les follicules, très volumineux, présentent quelquefois une coloration gris jaunâtre et une certaine opacité à leur centre. Le tissu conjonctif qui les entoure est épais et très résistant. Les cryptes de l’amygdale sont le plus souvent réduites à des fentes, parce que tout le tissu qui les entoure est hypertrophié.
L’examen microscopique des follicules montre fréquemment un état granuleux des cellules lymphatiques, plus vo-
lumineuses qu’à l’état normal et dont le noyau est devenu ovoïde, comme cela s’observe dans les ganglions strnmeux. Mais il n’y ajamais de cellules géantes. Le tissu réticulé qui entoure les follicules et le tissu conjonctif du cborion de la muqueuse superficielle et de la muqueuse des cryptes sont très épaissis et parcourus par de gros faisceaux de tissu conjonctif. Il en est de m’ême du tissu conjonctif qui forme les cloisons de l'amygdale et son enveloppe, fibreuse. Les vaisseaux de ce tissu sont tous sclérosés ; il en résulte qu’il parait presque exsangue à la coupe. Au contraire, les parois vasculaires étant embryonnaires dans l’inflammation aiguë, le calibre des vaisseaux est distendu et l’amygdale est gorgée de sang.
L’hypertrophie amygdalienne se distingue absolument des tubercules de l'amygdale. Dans l’amygdalite tuberculeuse, en effet, on trouve des cellules géantes dans les follicules devenus tuberculeux et des ulcérations de la muqueuse.
Note sur u» cas a’arthrite tuhercuteuse.
{Archives de physiologie, 1870, p. 325.)
Il s’agit ici d’une arthrite chronique observée chez un tuberculeux âgé de cinquante-quatre ans et dans laquelle la membrane synoviale du coude droit était le siège de très nombreuses granulations tuberculeuses analogues à celles des plèvres et très caractéristiques. 11 n’existait alors qu’un très petit nombre d'observations publiées parKôsterde cette lésion qui peut être en effet confondue, lorsqu’on n’y regarde pas suffisamment, avec les arthrites fongueuses des tumeurs blanches.
ttevue rrMvur sur les arlHrilMes.
{Archives générales de médecine, 1862.)
L’auteur combat les doctrines de M. le docteur Bazin.
la digestion,etc., qui coexistent aveole rhumatisme chronique, sont successivement passées en revue. Il est démontré par les résultats d’autopsies que les maladies du cœur, endocardite et péricardite, peuvent compliquer assez fréquemment cette forme de rhumatisme.
Les auteurs ont décrit d’une façon générale les lésions des articulations et des viscères dans la goutte basées sur deux observations; mais le point le plus personnel de leur travail a trait au siège précis des dépôts uratiques dans les tubes uri-
nie, dirigé
technique mieroseopique et eue tes réeuttnte obte¬
nue pue «on emploi etana t’étuae tte In ftégénéeee^
{Société de Mofogic, séance du 8 mai 1876.)
élualée nuuiopen ne réactif» nouveaux.
{Archives de physiologie, 1875, p. 671, avec deux planches en chromo-lithographie.)
Lorsqu’on colore des coupes d'organes atteints de dégénérescence amyloïde avec une solution do violet de Paris, il se produit une dissociation du violet en deux couleurs : une couleur rouge violet, qui se fixe sur les parties en dégénérescence, et unecoulenr bleu violet qui teint les cellules et les tissus normaux. Gomme cette matière colorante agit très bien sur des tissus qui ontséjourné dans l’alcool,dans les chromates,eto., on peut faire des préparations sur les pièces durcies et déterminer au mieux quelles sont les cellules et les fibres atteintes par ladégénérescence amyloïde. M. Cornil a soumis une série de pièces à une étude nouvelle par ce procédé, et constaté en particulier que, dans le rein amyloïde, les cylindres hyalins resr taient colorés en bleu et, par conséquent, n’étalent pas formés de substance amyloïde ; dans cet organe, aussi bien que dans les ganglions lymphatiques, la dégénérescence porte souvent
sur les fibres du tissu conjonctif et du tissu réticulé, tandis que les cellules du tissu conjonctif elles cellules lymphatiques sont presque toujours indemnes. Les membranes hyalines des tubes urinifères sont souvent très épaissies et en pleine dégénérescence, taudis que les cellules épithéliales des tubuli sont intactes. L’auteur a donné aussi, dans ce mémoire, le dessin des lésions amyloïdes des capillaires des îlots hépatiques, dans un fait où les cellules du foie n’étaient nullement altérées.
de la variété anatomique des tumeurs, mais en même temps toute la statistique nécrosoopique, la propagation de la néoplasie aux organes voisins et sa généralisation, et l’histoire détaillée des complications multiples qui accompagnent le carcinome et le cancroïde de l’utérus. Les observations ont été recueillies dans le service de M. Charcot.
C’est en quelque sorte la suite du précédent travail, la description et la représentation des lésions des nerfs sciatique et
En coilaboralion i
(Même recueil.)
Suite du mémoire précédent. Il contient les différents modes de développement du cancroïde cutané, et une observation dans laçtuelle la tumeur avait envahi Thumérus, en suivant le trajet d’une très ancienne fistule communiquant avec un foyer de nécrose osseuse.
(Mémoire récompensé par l’Académie de médecine, prix Portai (1865) et inséré dans le lome XXVII de ses Mémoim, avec 24 figures dans
(SociéUmalomiqiie, avec une planche lithographique, mars 1874.)
Cette observation est un exemple très probant de la cicatrisation partielle et très étendue d’un canoroïde (épitbéliorae tabulé, adénome sudoripare de Verneuil) qui s’étendait encore et présentait des nodules eu voie de développement ou dans leur période d’état à sa périphérie, tandis que sa partie centrale la plus ancienne était réduite à un tissu fibreux cicatriciel. La lésion s'était bornée au derme cutaué et elle n’avait nulle part envahi les parties plus profondes. Le tissu celluloadipeux était conservé intact. La gravité decesépithéliomesest assurément moindre que celle des épithéliomes pavimenteux à globes épidermiques. Plusieurs observations de Verneuil et de Richet ont présenté des cicatrices du même genre.
(Soeiét é de biologie, 1874, p. 273, et Archives de physiologie, 1875,
La tumeur du corps thyroïde était constitaée pat, un : épi-., théliome à cellules cylindrique3:en dégénérescence muqueuse dans les parties anciennes.
Les lobules de la glande dans lesquels le néoplasme était de date récente permettaient d’étudier le mode de début de la tumeur aux dépens des follicules clos de la glande. •
Dans ces follicules, on suivait toute la série des modifications de l’épitbélium qui. de cubique, devenait plus allongé, puis nett ement cylindrique, la formation de couches superposées de cellules et la diminution progressive de la masse colloïde centrale des follicules. Les follicules, ainsi transformées, présentaient souvent à leur surface interne des villosités bourgeonnâtes, tapissées d’épithélium cylindrique. La néoformation avait envahi le tissu conjonctif de la glanae myroide et les ganglions du cou.
letbro-muiieome e$u nerfaetaUgue,
par MM. U. Trélat et Cornil, avec 2 planches.
(Mémoires de la Sociaê de Chirurgie, 1876.)
La tumeur, du volume du poing, siégeait au creux poplité ; mais le nerf sciatique et les nerfs poplités interne et externe étaient très volumineux. Le grand nerf sciatique, enlevé dans une étendue de 15 centimètres.ofl’re un diamètre de b à 6 centimètres; il est cylindrique, bosselé, variqueux, formé de gros cordons flexueux. Sur une section transversale de ce nerf, les vaisseaux primitifs, considérablement augmentés de
volume, font saillie sur le fond amorphe, semi-transparen t de la gangue qui les entoure.
L’examen microscopique a montré que le tissu nouveau de la tumeur du creux poplité et du nerf sciatique, était du tissu fibreux développé àl'intérieur de la gaine médullairedes nerfs. Les lames internes des gaines médullaires étaient dissociées ■■'par le tissu fibreum interposé entre elles. H en- résnltait des ' gaines épaisses au centre desquelles se trouvaient les tubes nerveux séparés les uns des autres et entoures d’une pr oduction nouvelle de tisssu conjonctif. Malgré ces néoformations, -.la.gaine,médullaire et les cylindres d’axe des .tubes nerveux -<étaient.intaots.
Le malade, opéré par M. Trélat, a été revu six mois après l’opération ; le membre gauche, siège du fibrome, était à peu de chose près du même volume que le membre sain; la marche était facile, même sans canne, bien que l’anesthésie fût encore complète au pied.