‹ Notice sur les travaux d'anatomie et de zoologieChapitre 7 sur 15 · Du microscope et des injections · texte numérisé non relu

Du microscope et des injections

Après avoir fait connaître la constitution mécanique des principaux microscopes applicables aux études anatomiques, zoologiques, physiologiques et chimiques, j’ai décrit les qualités optiques des objectifs.

Dans cet ouvrage se trouvent en outre : 1° la description d’un moyen d’obtenir le grossissement reel des microscopes, et la preuve que les moyens employés jusqu'à présent donnent des résultats très exagérés; 2° la démonstration de ce fait que, contrairement à ce qu’indiquent les traités de physique ou du microscope, ce n’est pas à la distance de la vision distincte que l'image des objets est reportée, avec les dimensions qu’on lui voit dans le microscope ou la loupe, mais à une distance toujours moindre, variable avec le pouvoir amplifiant, d’autant plus grande que le grossissement est plus considérable, et vice

Un chapitre est destiné à l’examen des tissus des plantes (Nécessité de l’étude préalable des tissus végétaux avant d’aborder celle des tissus animaux, 1” partie, p. 208) ; un autre chapitre traite de la distinction entre les corps bruts et les êtres organisés (2’ partie, chap. 1"); et un autre de la distinction entre végétaux et les animaux (2" partie, ch. II, et préface, p. lviii). J'établis que cette question devait donner lieu à dos discussions interminables tant que trois points n’étaient pas résolus : 1“ savoir ce que sont les infusoires, tant végétaux qu'animaux, comparés aux autres êtres plus complexes; 2" quelle est la nature des spermatozoïdes ; 3° quel est le mode de naissance et de développement des éléments anatomiques végétaux et animaux. Après avoir résolu ces différents points, j’examine l’opinion de ceux qui nient, la distinction, et considèrent, les uns certains infusoires comme à la fois végétaux et animaux, les autres comme étant alternativement végétaux, puis animaux. Cela fait, j’examine les caractères de ces êtres, et je montre qu’on peut arriver à dire rigoureusement : Ces deux êtres, les plus simples de tous, sont l’un et l’autre peu compliqués à un égal degré ; mais les caractères de celui-là le distinguent du second, et ces caractères sont

de nature telle que celui-ci doit être placé en dedans des limites du règne animal, près l’un de l’autre à cause de leur simplification, mais séparément en raison des caractères invoqués précédemment.

Dans une autre partie de ce traité, j’ai Bail connaître les principaux moyens de pratiquer les injections des vaisseaux sanguins et lymphatiques, d’après l’expérience que j’avais acquise pendant trois années consacrées exclusivement à cet ordre d’études anatomiques. J’ai cherché à faire voir particulièrement quel est le but que doivent se proposer les anatomistes et les physiologistes en pratiquant les injections des capillaires.-J’ai montré aussi quelles sont les causes de l’erreur des anatomistes qui ont admis des capillaires beaucoup plus petits que les globules sanguins, et que ces prétendus capillaires n’existent pas.

41. — Mémoire sur la production accidentelle d’un tissu ayant la structure glandulaire dans les parties du corps dépourvues de glandes (Mémoire couronné par l’Académie des sciences.)

('Comptes rendu s des [séances de l'Académie des sciences. Paris, 1855, t. XL, p, 1365.)

41 bis. — Mémoire sur le tissu hétéradénique.

(Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie . Paris, 4866, in-8, t. III, p. 35 et suiv.)

L’étude du développement de chaque espèce d’élément anatomique et de tissu, en me montrant les limites entre lesquelles ils varient normalement depuis le moment de leur apparition jusqu’à celui où ils atteignent l’état sénile, m’a conduit inévitablement à l’examen de leur évolution accidentelle. J’ai reconnu que, même en se plaçant au point de vue scientifique le plus abstrait, il est impossible de juger exactement l’état normal de ces parties élémentaires qui sont en voie incessante de changements, tant qu’on n’a pas étudié leurs modifications' tératologiques et morbides. C’est ainsi que j’ai été conduit à faire et à publier des recherches d’anatomie pathologique sur beaucoup des tissus que j’avais étudiés dans leurs conditions normales.

Il résulte en outre des deux Mémoires précédents : 4° Que, dans la production des tumeurs, il est deux cas bien distincts à noter. Le cas

le plus fréquent est celui dans lequel les tumeurs dérivent d’une hypergénèsc, d’une multiplication exagérée des éléments anatomiques des tissus normaux, avec dérangement ou non de la texture de ceux au sein desquels ils naissent ou des parties voisines. Dans cette circonstance, on peut dire que tout tissu normal peut devenir l’origine de la production d’autant d’espèces de tumeurs qu’il renferme d’espèces d’éléments anatomiques; et cela par suite même du fait de l’existence de ceux-ci, lorsque les conditions de leur nutrition, de leur développe-ment, et surtout de leur génération, viennent à subir quelques modifications dont la nature est du reste à déterminer.

2° Mais, outre ce fait, on en peut observer un autre : c’est que la propriété que les tissus complexes ont de naître chez l’embryon n’est pas bornée seulement aux premiers temps de la vie. On la retrouve encore chez l’adulte dans des conditions diverses.

Cette naissance ou génération de tissus chez l’adulte peut porter :

a. Sur un tissu normal qui a été coupé, a subi une perte de substance ou une simple solution de continuité : c’est ce qui constitue la régénération des tissus, qui porte le nom de cicatrisation à la peau, de formation du cal pour les os, etc., et dans laquelle la persistance ou continuation du phénomène au delà des limites occupées par le tissu normal donne lieu à la production de ce qu’on nomme chéloïde cicatricielle, stalactites des cals irréguliers, etc.

b. Ce peut être la naissance d'organes ou de portions d’organes semblables à ceux qu’on trouve dans l’économie, mais dans une région où ils n’existent pas normalement : c’est ce qui constitue l 'hétérotopie plastique de Lebert. Telle est la génération des kystes dermoides avec derme pourvu de papilles et d’épiderme, avec follicules pileux, poils et glandes pileuses sous-dermiques, avec glandes sudoripares sous-cutanées. Telle est encore certainement la production, chezl’adulte, de lobes entiers de tissu analogue à celui de la mamelle déjà malade, à celui de la parotide, à celui des tubes épididymaires, soit à côté ou au contact des glandes normales, soit dans leur voisinage et dans les ganglions lymphatiques voisins.

c. Enfin, fait plus important au point de vue chirurgical, ce peut être, comme dans les cas rapportés dans ce mémoire, la génération au

sein des tissus musculaire, adipeux et autres, dépourvus de glandes, d'un tissu offrant l’aspect extérieur et la structure ou disposition des éléments, telle qu’on la trouve dans les glandes acineuses en général ; mais avec des épithéliums qu’on ne peut identifier avec aucun de ceux des glandes connues; avec une disposition de ces épithéliums en filaments pleins ou creux, ramifiés en forme de doigts de gant,'ou avec d’autres dispositions plus ou moins analogues à des acini, sans qu’on ’ puisse pourtant les identifier avec ceux d’aucune glande normale. Ce sont là de véritables cas tératologiques par génération d’organes parenchymateux, qui, au lieu d’avoir une origine blastodermique, comme là plupart des anomalies des organes de la vie animale et des organes non parenchymateux de la vie végétative, se produisent au contraire chez

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