‹ Notice sur les travaux d'anatomie et de zoologieChapitre 8 sur 15 · Sur quelques hypertrophies glandulaires · texte numérisé non relu

Sur quelques hypertrophies glandulaires

(Galette des hôpitaux. Paris, novembre ( 882, in-folio.)

Je démontre dans ce travail et autres de même ordre que je ne citerai pas ici, que nulle étude d’anatomie générale n’a d’utilité tant qu’elle ne repose pas sur l'examen des tissus et des humeurs : 1° de l'embryon, 2° de l’adulte à l’état normal, 3’ de l’un et de l’autre à l’état morbide. Tant que l’un de ces trois termes de comparaison est négligé, on ne peut faire aucune applicatién de ces recherches ; toute leur valeur, tant scientifique que pratique, peut être mise en doute. Ce fait, que la lecture des travaux modernes et l’expérience font reconnaître, m’a conduit à porter mon attention sur l’anatomie pathologique des tissus et des humeurs du foetus et de l’adulte, en même temps que sur leur état normal. En suivant cette voie, le champ des applications de cet ensemble d’observations s’étend bientôt au delà de tout ce qu’on pouvait espérer. L’étude de la structure intime des produits morbides, faite à l’aide du microscope, devient ainsi le plus précieux des compléments que l’on puisse désirer de toute description attentive de leurs caractères extérieurs. Plus de précision dans les rapports existant entre les troubles fonctionnels et la lésion, plus de certitude sur la nature réelle de celle-ci tel est donc le résultat général auquel conduit l’étude

de la structure intime des organes. En suivant cette voie, on arrive à reconnaître que les lésions des tissus sont un cas particulier de celle évolution, se manifestant par une atrophie, une hypertrophie ou une aberration de la structure de leurs éléments ; les conditions variables qui amènent ces changements dans les lois les plus constantes de l'évolution sont elles-mêmes susceptibles d’être déterminées. C’est ainsi que, de toutes ces recherches, je suis arrivé à former un ensemble dans lequel tout se tient et se lie.

J’expose dans ce travail comment les glandes sont le siège d’altérations fréquentes et graves, et quelle est la nature de ces dernières. On sait que ce sont des organes dont le tissu est d’une grande délicatesse, d’une structure complexe. Les glandes offrent de plus des alternatives de repos el d’action très prononcées, à des intervalles de temps souvent très rapprochés, ordinairement sans régularité ni périodicité analogue à celle que présentent, sous l’influence régulatrice du système nerveux, les mouvements du poumon ou du cœur : aussi on les voit devenir le siège de productions très variées, lorsque, abusant de la possibilité indirecte, mais volontaire de les faire agir, nous les mettons en action sans aucune règle. Je montre comment, à la suite de certaines hypertrophies des glandes, leurs épithéliums, partageant avec tous les éléments qui ont forme de noyaux ou de cellules la propriété de se développer et de se multiplier avec rapidité, comprimant les éléments des tissus voisins, les envahissent en s’interposant à ceux-là, déterminent leur atrophie et se substituent à eux. Ces tumeurs formant des productions épithéliales, friables parce qu’elles n’ont pas ou presque pas de trame fibreuse, elles se dissocient, s’ulcèrent avec rapidité dès. qu’elles ne sont plus recouvertes par la peau. Gagnant d’autre part en profondeur, elles envahissent aussi les organes voisins ; d’où leur confusion fréquente avec des productions d’une nature toute difféientc, qui étant aussi formées d’éléments à forme de noyaux ou dé cellules, partagent cette propriété, mais celle-là seule, et eh diffèrent sous d’autres rapports. De plus, il arrive que des éléments anatomiques d’espèces très différentes par tous leurs caractères, bien qu’ayant tous la constitution de cellules, peuvent former des productions d’aspect extérieur ou

physique analogue et même presque identique (tumeurs épithéliales du foie, etc.) ; mais l’étude de la structuré intime vient montrer les différences là où, d’après la couleur et la consistance, on croyait à l’identité.

43. — Traité de chimie anatomique et physiologique normale et patho a logique, ou des Principes immédiats normaux et morbides qui constituent le corps de l’homme et des mammifères.

(Paris, (882, 3 forts vol. in-4, accompagnés d’un allas'de 48 planches dessinées d'après nature par Ch. Robin et P. Lackerbauer, gravées et en partie coloriées.)

Dans cet ouvrage, exécuté en commun avec M. Verdeil, notre but a été de remplir une lacune-qui nous semble exister dans la science. Bichal, comme on sait, a démontré que les divers systèmes d’organes se décomposent en tissus et en humeurs. Ces tissus, appelés par lui tissus simples, ont été reconnus depuis comme composés eux-mêmes de particules ou corpuscules très petits, n’étant visibles qu’au microscope, et qu’on appelle souvent tissus élémentaires, mais mieux éléments anatomiques : ce sont les tubes, les cellules, les fibres, etc. Les humeurs se décomposent d’une manière analogue, d’une part en éléments anatomiques ayant forme de cellules, et d’autre part en un sérum.

Bichat, en instituant l’étudedes différentes espèces de tissus, nefitpas connaître les fibres, tubes, cellules, etc. Le microscope a permis de combler cette lacune, etc’estlà un des résultats principaux que j’ai cherché à obtenir.

Les éléments anatomiques et les sérums étant connus, il reste à étudier la constitution intime ou moléculaire de la substance dont sont formées ces parties du corps. C’est celte substance-là qu’on appelle matière organisée ou substance organisée. Le sujet de notre livre est l’examen de chacune des espèces de corps ou principes immédiats, qui, par leur union molécule à molécule, constituent cette substance. Nous mettons ainsi les anatomistes et les médecins à portée de la connaître exactement dans ses trois étals fondamentaux, liquide, demi-solide et solide. Comme on le voit, nous poussons l’étude de l’organisation au delà de ce qu’on a pu faire jusqu’alors à l’aide du microscope lui-même. Pour atteindre ce but, nous avons mis les procédés ou moyens d’exploration en rapport

avec la nature moléculaire des faits à observer ; c'est-à-dire qu’au lieu de l’emploi des moyens physiques aidés parles moyens chimiques comme accessoires, ce sont les procédés chimiques qui sont ici le moyen fondamental d’investigation, et les procédés physiques, le microscope, etc., constituent des moyens plus accessoires. Bien qu’indispensables.

Mais ces moyens chimiques ne peuvent conduire nos connaissances plus loin que le microscope qu’à la condition d’avoir, à l’aide de cet instrument, déjà étudié les caractères distinctifs des fibres, tubes, cellules, etc., dont les procédés chimiques nous font concevoir la constitution moléculaire. Il est certainement possible de décomposer des fragments de matière organisée, des portions de nos humeurs, sans connaître les' éléments anatomiques des tissus ou ceux qui nagent dans cette humeur ; mais alors les résultats sont illusoires, car ils donnent une seule formule, pour exprimer ce qui appartient à des corps facilement reconnaissables comme différents.

I.e point de vue que nous venons de développer peut être appelé point de- vue anatomique ou organique, car il conduit à subordonner l'emploi des moyens, tant chimiques que physiques, à la connaissance du jeu des organes, de la structure intime et dés propriétés des tissus. Or ce point de vue est capital ; il domine toutle reste des études ; il fait reconnaître que celui qui opère doit être anatomiste et zoologiste, médecin même, pour les cas oit il s’agit de produits morbides. C’est ce point de vue qui mène à donner aux procédés d’exploration une délicatesse et une précision en rapport avec la délicatesse de la matière étudiée. 1 C’est ce qui a fait de notre livre un ouvrage différent, quant aux résultats, de tous ceux déjà publiés avec un titre se rapprochant du nôtre. C’est lui qui a déjà fait dire de ce travail : qu’avec des instruments employés de tous, opérant sur des matériaux plus d’une fois remaniés, nous avons fait un travail nouveau. Ce point de vue négligé, les résultats dont nous parlons paraîtront nuis ; et ils le seront pour ceux qui, suivant les anciens errements, voudront envisager encore d’une manière purement chimique, c'est-à-dire inorganique, la substance organisée. Dès que, nous plaçant au point de vue organique, nous avons considéré la chimie comme un moyen plus puissant que tous ceux encore employés,

au lieu de la regarder comme un but exclusif, un vaste champ s’est éclairé. Des résultats riches par leur utilité se sont offerts à nous, et cette utilité est devenue à son tour un moyen d’en démontrer la réalité.

Ainsi nous avons poussé l’étude de l’organisation du corps jusqu’au degré le plus extrême qu’il soit possible d’atteindre. Étudier l'organisation, c’est faire de l'anatomie, peu importe que les moyens soient mécaniques, physiques ou chimiques. Pour cela, nous avons ramené la matière des corps ayant vécu aux Principes ou espèces de corps qui la composent d’une manière immédiate par leur union molécule à molécule. Nous l’avons fait de manière qu’il n’y eût que désunion des principês sans décomposition de ceux-ci ; car, dès lors, on le sent facilement ce n’est plus la constitution de la matière vivante qu’on étudierait, mais la composition chimique des principes eux-mêmes dont cette matière est constituée.

Nous avons pu, de la sorte, étudier chaque principe immédiat sous le point de vue de son siège, de sa quantité, de son état liquide ou solide, de son mode d’union avec les autres espèces, et de la part qu’il prend à constituer ainsi la substance des éléments anatomiques ou des sérums dans lesquels on le trouve, puis le lieu et le mode d’introduction ou de formation de chaque principe, celui de son issue, et, selon les cas, de sa destruction ou passage d’un état spécifique à un autre dans l’économie

Nous avons exécuté ce travail toujours au point do vue normal et au point de vue pathologique, c’est-à-dire que nous n’avons étudié l’état d’arrangement normal que pour mieux connaître le dérangement.

Nous sommes arrivés ainsi à reconnaître plusieurs faits assez généraux et assez évidents par eux-mêmes pour être facilement saisis, et pour qu’il soit possible d’en faire application. Tel est ce fait fondamental, que toute parcelle de substance organisée est composée par des principes immédiats nombreux, dont les espèces se rangent naturellement en trois ordres ou classes différentes :

1” Des principes cristallisables d’origine minérale, venant du dehors par conséquent, et qui sortent de l’organisme (au moins en partie quant à la masse), tels qu’ils étaient entrés.

2° Des principes cristallisables, mais qui se forment dans l’organisme même, et qui en sortent généralement comme principes excrémentitiels, tels qu’ils sont au moment de leur formation.

3° Des principes coagulables, dont le propre est de ne pas cristalliser, dont les espèces se forment dans l’organisme même, à l’aide de matériaux pour lesquels ceux de la première classe servent de véhicule et se décomposent dans le lieu même où ils se sont formés, étant ainsi les matériaux de formation des principes de la deuxième classe.

Dans le premier volume, il est question des principes en général, de leur entrée, formation, issue et destruction, puis des procédés d’èxtraotion et de ceux qui servent à distinguer les espèces extraites. Le deuxième et le troisième volume contiennent l’étude spéciale de chaque espèce de principes immédiats, faite à l’aide de tous les moyens dont disposent la physique et la chimie. L’atlas représente les formes que prennent les espèces cristallisables pendant leur extraction, lorsqu’on les sépare de celles qui leur étaient unies pour constituer la substance analysée. On peut, en se guidant sur ces formes caractéristiques pour chaque espèce, distinguer de très petites quantités de celles-ci, et ainsi venir en aide à l’emploi des réactifs. 11 faudrait entrer dans de trop longs détails pour faire connaître les notions nouvelles qui ressortent de l’examen des caractères communs aux espèces de chacune de ces classes. Aussi nous ne pouvons les signaler ici, bien que plusieurs soient utiles à la zoologie autant qu’à la physiologie.

Nous terminerons en faisant remarquer que la plupart de ces faits généraux sont communs aux plantes et aux animaux. Enfin l’historique de chaque espèce de principes montre que nous avons mis tous nos soins à indiquer exactement les travaux publiés sur le même sujet.

il. — Examen microscopique des principes immédiats de l’urine de l’homme.

(Comptes «tutus et Mémoires de la Société de biologie. Paris, 4 850, p. 25.)

Fait en commun avec M. Verdeil. Les résultats consignés dans ce travail sont reproduits dans notre Traité de chimie anatomique.

Le but de ce Mémoire est de faire entrer dans le domaine de la science un composé qui se forme dans l'économie animale aux dépens de la matière colorante du sang épanché. Il est connu depuis longtemps des anatomistes; en raison de la netteté de scs formes cristallines et de la beauté de sa couleur rouge» ils ont pu observer les conditions dans lesquelles il se produit. Le corps dont je parle est 1 ’liématoidine. On sait que la matière colorante rouge des globules du sang a reçu, en 1827, de, M. Chevreul, le nom d ’hématosine. En comparant les nombres fournis par mes analyses, o« reste frappé de leur concordance avec ceux obtenus en 1839 par Mülder, qui opérait sur de l’hématosine évidemment pure. Si de Yhématosine non cristallisable on enlève le fer par digestion dans l’acide sulfurique concentré,, ou par le chlore', ainsi que Fa> fait Mülder, il reste un composé de 70,49 de carbone, 5,76 d’hydrogène, 11,16 d’azote, 12,59 d’oxygène, c’est-à-dire un corps ayant la composition de l’hémalosine, moins le fer, soit Cf’WAzO?. 0r, comme la formule qui résulte de mes analyses de l'hématoïdine pure et cristallisée est C 14 H 9 AzlD?, soit C u II 8 AzO a + HO, on reconnaîtra facilement que l’bématwdine n’est point la matière colorante du sang ou hématosine, mais une espèce, chimique qui provient de sa décomposition» dans laquelle un équivalent d’eau (HO) a remplacé un équivalent de foy (Ee). La masse d’hématoïdine que j’ai pu analyser fut retirée d’un kyste hydatique du foie ; elle,pesait 3 grammes, et correspondait à 1406 grammes de sang; au moins qui ont dû s’épancher successivement pour donner lieu à sa formation.

46. — Mémoire sur l’hématoïdiue et sur sa production dans l’économie animale -

(Comptes et Uémmnsis la Société tte biologie * ans, t p,, 145.)

Recherches étendues sur le sujet traité dans le travail précédent, tant au point de vue physiologique que sous les rapports chimique et historique.

L’acide sulfurique, qui dissout la première de ces substances, laisse intacte la seconde.

48. — Note sur l'action de la glycérine et de l’acide chromique

Dans cette note, l’action de la glycérine sur les tissus vivants est étudiée d’après son action sur les éléments anatomiques observés isolément. La solution aqueuse concentrée d’acide chromique est un caustique remarquable par la rapidité de son action et la manière dont elle est limitée exactement au point oit a été déposé le caustique.

49. — Dictionnaire de médecine, de chirurgie, de pharmacie, des sciences accessoires et de l’art vétérinaire, de P.-H. Nysten. (Onzième édition entièrement refondue, par E. Littré, membre'de l'Institut, et Ch. Eobin, professeur agrégé d’histoirè naturelle à la Faculté de médecine de Paris. Paris, i 888, in-8 de 1600 pages, avec plus de 500 ligures.)

Cet ouvrage n’est pas une compilation. Il renferme sous une forme concise l’exposé de l’état actuel de nos connaissances en anatomie, en physiologie, etc. Tous les articles relatifs à l’anatomie générale sont le résumé de nos recherches. Tels sont les articles Anatomie, Appareil, Biotaxie, Cellule, Théorie cellulaire, Éléments anatomiques, Fibre, Fonction, Glande, Métamorphose, Organisme, Systèmes organiques, Tissu, Transformation, et un grand nombre d’autres qu’il serait trop long de citer ici. Les nombreuses et importantes notions dont s’est enrichie la biologie depuis quelques années ont été soumises à une discussion judicieuse ; elle nous conduit à exposer plus rigoureusement qu’on ne l’avait encore fait les lois de l’organisation, celles d’après lesquelles s’accomplissent les actes de l’économie animale, puis celles qui font de la pathologie et de la tératologie un cas particulier de la physiologie.

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