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ÉTUDES DE CHIMIE PURE

rendus do l'Académie des Sciences, l. LXXIII, MÛUS*!"-Comptes reSdo

l'Académie des Sciences, t. LXXVII, p. gg 5 , 3 novembre 1873.

i» Dambonile et dambose. — Les diverses sortes de caoutchouc que l’industrie met en oeuvre proviennent de végétaux différents, et c’est par des procédés différents aussi que ces produits commerciaux sont préparés; dans quelques-uns d’entre eux, le caoutchouc, mal coagulé, reste pénétré par la sève du végétal.

Tel est, par exemple, le cas du caoutchouc livré à l’industrie par la colonie française du Gahon, caoutchouc que les Africains désignent sous le nom de ndambo et qui provient de lianes appartenant à la famille des Landolphia, etc.

En étudiant le liquide fourni par le passage de ce caoutchouc aux cylindres, liquide dans lequel la sève se trouve entraînée, j’y ai trouvé un principe sucré, nouveau, cristallisable et volatil vers 200“. Ce principe, que j’ai nommé dambonite, a pour formule C'H'O'.

Il se distingue de toutes les matières sucréés connues jusqu’alors, par la façon dont il se comporte avec les hydracides. Avec l’acide iodhydrique, par exemple, il se transforme en un composé nouveau, sucré également, ayant la composition des glucoses, et en iodure de méthyle.

On doit donc considérer la dambonite comme l’éther méthylique d’une nouvelle matière neutre analogue aux glucoses, et à laquelle l’analyse assigne une composition correspondant à la formule C”H"0"; à cette matière, j’ai donné le nom de dambose.

Le dambose a été récemment identifie par M. Maquenne avec l’inosite retirée des végétaux; la dambonite est ainsi devenue l’inosite éthylique.

2" Bornésite et bornéo-dambose. — La découverte de la dambonite, faite par moi, en 1868, dans le caoutchouc proveuant des lianes coupées dans les forêts du Gabon, m’a fait penser que la présence de produits méthylés de cette sorte dans la sève des végétaux pouvait ne pas être un fait isolé. Je me suis attaché, en conséquence, à étudier, à ce point de vue, d’autres variétés de caoutchouc provenant de lianes également et récoltées en

Le caoutchouc, que l’industrie européenne reçoit de l’ile de Bornéo et qui, à la suite d’incisions, ou même de sections complètes, s’écoule d’énormes lianes du genre Ureeola, m’a fourni, en elfet, une nouvelle matière sucrée répondant à la formule C"H'*0'*, analogue à la dambonite, volatile comme elle et, comme elle, susceptible de fournir sous l’influence des hydracides un éther méthyliqueet une matière sucrée analogue au dambose

3“ Matèzite et matézo-dambose. — En continuant mes recherches sur les matières sucrées que contient la sève des végétaux d’où provient le caoutchouc et que la coagulation du lait exsudé retient enfermées dans le produit commercial, j’ai rencontré une troisième substance, analogue aux deux précédentes.

C’est dans le caoutchouc récolté à Madagascar que j’ai découvert cette substance, et comme, d’après les renseignements que je dois à l’obligeance de M. A. Grandidier, c’est sous le nom de mateza que les habitants de cette île désignent le caoutchouc que leur fournit l’abatage de grandes lianes, je lui ai donné le nom de matèzite.

La matèzite, sucrée, blanche, volatile à 200“, répond à la formule (jiofjaoQn comme la bornésite, comme la dambonite, possède la propriété de se dédoubler au contact des hydracides, en fournissant un dambose nouveau, le matézo-dambose C**H'*0'*.

L’existence de ces trois matières sucrées, méthylées toutes trois dans des produits commerciaux extraits de végétaux croissant sur des points très divers du globe, offre, au point de vue de la constitution des matières sucrées élaborées parles tissus de certaines plantes, un grand intérêt.

Toutes trois, en effet, peuvent être considérées comme analogues aux éthers méthyliques et comme répondant à un type de composés nouveaux, les dambosates de méthyle (').

S, fait décerner

! dioxyméthylène.

Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. XLIII, p, 396, 18 août i850, et t. LXX, p. 625,

Ces recherches ont été entreprises dans le hut d’obtenir synthétiquement une matière organique ternaire en prenant comme point de départ un composé essentiellement minéral, le sulfure de carbone; elles ont abouti à la production du disulfométhylène C''H''S‘ et, comme conséquence, à celle du dioxyméthylène C'H'O*, précédemment découvert par M. Bouttlerow en partant de l’iodoforme, et que depuis on a considéré comme l’aldéhyde formique condensée.

Soumis à l’action de l’hydrogène naissant, le sulfure de carbone CS“ perd la moitié du soufre qu’il contient; une quantité équivalente d’hydrogène s’y substitue, et le sulfure se transforme en plusieurs composes, dont le plus important est le disulfométhylène et dont les autres peuvent

être considérés comme des sulfhydrates du premier.

Le disulfomethylene forme avec le bichlorure de mercure, le nitrate d’argent, le bichlorure de platine des composés métalliques cristallisables.

ChauOfé avec l’oxyde d’argent, il se transforme en dioxyméthylène ou aldéhyde formique.

Ainsi s’est trouvée réalisée une synthèse importante, aboutissant par l’action successive du soufre, du charbon, de l’hydrogène et de l’oxygène, à la formation d’une matière franchement organique, qui se charbonne au contact de l’acide sulfurique.

Recherches sur l’acide picrique. - Acide picramique.

Comptes rendus de l’Académie dos Sciences, l. XXXVI, p. 421, 7 mars i853; t. XLII, p. 59,

En soumettant l’acide picrique (phénique trinitré) à l’action réductrice de l’acide sulfhydrique, j’ai réussi à le transformer en un acide nouveau, d’une belle couleur rouge, auquel j’ai donné le nom i'acide picramique.

On ne connaissait encore aucun exemple de l’application de ce procédé de réduction aux acides nitrés.

J’ai étudié les principaux sels de cet acide; les picramates de potasse, de soude, d’ammoniaque, de baryte se présentent sous la forme de cristaux d’une couleur rouge plus ou moins foncée; les picramates métalliques, colorés également, sont insolubles.

Tous les agents réducteurs se comportent, vis-à-vis de l’acide picrique, de la même façon que l’hydrogène sulfuré, et j’ai montré que l’acide picramique pouvait être obtenu par l’action des sulfures alcalins, de l’hydrogène naissant, du protochlorure d’étain, du protochlorure de cuivre, de l’acétate de protoxyde de fer, etc. J’ai démontré, de même, que le composé signalé par Wœhler comme résultant de l-’action du protoxyde de fer sur l’acide picrique et désigné par lui sous le nom i'aùide mtrohémalique était de l’acide picramiquc impur.

Depuis la publication que j'ai faite à ce sujet, l’industrie chimique a fait de l’acide picramique un produit commercial. Ce composé, fabriqué industriellement, par les procédés que j’ai fait connaître, a été utilisé pour produire, sur différents tissus, quelques-uns de ces tons bois dont la faveur était si grande il y a quelques années. On l’emploie pour remplacer le safran dans certains cas de coloration. Il sert, enfin, à imiter quelques-unes des couleurs que donne le carthame.

Le produit remarquable auquel j’ai donné le nom de purpurogalUne ikvvK: par réduction de Tacide pyrogallique. C’est cependant au cours des réactions desquelles résulte l’oxydation de ce composé qu’elle prend naissance et c’est, par suite, comme le résidu d’une réaction principale qu’il convient de la considérer.

Lorsqu’on effet on soumet Tacide pyrogallique en dissolution à Tactioh du permanganate de potasse, de l’azotate d’argent ou d’autres agents oxydants, on voit se dégager des quantités considérables d’acide carbonique et d’oxyde de carbone, suffisantes quelquefois pour rendre le liquide effervescent, tandis que se précipite la purpurogalliuc.

C’est une matière rouge, peu soluble dans Teau, soluble dans l’alcool, et qui, vers 200“, se sublime en aiguilles rouge orangé, brillantes, dont l’apparence est identique à celle de Talizarine sublimée.

Elle se colore en bleu et en violet, au contact des alcalis, mais ces colorations sont instables.

C’est une matière tinctoriale énergique, mais qui ne m’a fourni tout d’abord que des colorations d’un faible éclat. Cependant, et d’après les résultats obtenus, il est permis de croire qu’entre les mains de teinturiers habiles, la purpurogalline est appelée à recevoir d’intéressantes applications industrielles.

Reprise en 1882 {Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. XCIV), par MM. do Clermont et Chautard, l’étude de la purpurogalline a fourni, à côté de faits nouveaux et intéressants, des résultats qui sont venus confirmer entièrement ceux que j’avais fait connaître en 1869.

Dans le remarquable travail qu’il a publié en i845 sur l’uranium et ses composés, Peligot a démontré que l’oxyde de ce métal, quoique répondant à la formule ü*0“, se comporte vis-à-vis des acides comme un véritable protoxyde. A la liste des sels que ce savant a fait connaître, j’ai ajouté deux combinaisons nouvelles, le sulfite d’uranium qui cristallise avec la formule SO“, U*0’, 4HO, et le pyrophosphate d’uranium dont la composition est représentée parPhO*, aU^O’.

La solubilité du pyrophosphate d’urane dans un excès de pyrophosphate de soude a fourni à l’analyse chimique un caractère nouveau, pour distinguer l’acide pyrophosphorique de l’acide phosphorique ordinaire.

Se l'action de l'ammoniaque sur quelques arsénites métalliques.

L’acide arsénieux, soit à l’état de liberté, soit à l’état d’arsénite, est, on le sait, absolument inoxydable sous l’influence de l’oxygène.

Aussi est-ce un fait curieux et digne d’attention que celui de l’oxydabilité qu’acquiert ce composé au contact de l’air, dans les conditions que j’ai précisées, en i853.

Pris à l’état d’arsénite de cuivre (vert de Scheele), dissous dans 1 ammo-

Iliaque et exposé à l’air, l’acide arsénieux s’oxyde rapidement en se transformant en acide arsénique. En peu de temps, en effet, on voit la solution bleue d’arsénite de cuivre ammoniacal abandonner un sel bleu, cristallisé, qui n’est autre qu’un arséniate de cuivre ammoniacal.

Cette oxydabilité de l’acide arsénieux en présence d’un oxyde métallique et de l’ammoniaque parait d’ailleurs être spéciale au cas où cet oxyde est l’oxyde de cuivre; car l’arsénite d’argent, placé dans les mêmes conditions, fournit un nouveau sel blanc cristallisé, mais présentant la composition d’un arsénite d’argent ammoniacal.

Le procédé que j’ai fait connaître pour la séparation et le dosage de l’acide phosphorique en présence de l’oxyde de fer, de l’alumine, de la chaux, etc., fournit, pour l’analyse des phosphates naturels et des engrais phosphatés, des résultats d’une grande précision.

11 repose sur l’insolubilité du phosphate d’étain dans l’acide azotique, sur la soluhilité de ce phosphate dans le sulfliydrate d’ammoniaque et sur la facile précipitation de l’acide phosphorique à l’état de phosphate ammoniaco-raagnésien au sein de la liqueur ammoniacale ainsi formée.

L’efficacité de ce procédé a été contrôlée à maintes reprises par divers analystes. M. Damour, notamment, y a eu recours pour l’analyse de la callaïs, phosphate d’alumine naturel d’un vert émeraude, découvert par lui dans un tombeau celtique à Lockmariaquer (Morbihan) (Compies rendus, t. LIX, p. 936).

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