RECHERCHES RELATIVES A L’INDUSTRIE SUCRIÈRE
L’évaporation des jus sucrés, et principalement celle des vesous de canne, donne, lieu à des dépôts terreux, souvent cristallins et durs, qui apportent à la transmission de la chaleur un obstacle serieux.
Quelquefois cet accident acquiert une importance considérable, et l’on voit, sous l’influence de ces dépôts, les jus rester immobiles malgré de grandes dépenses de combustible; l’enlèvement de ces dépôts, d’autre part, exige l’arrêt quelquefois prolongé de la fabrication tout entière.
Pour éviter, autant que possible, ces accidents, j’ai cherché à établir la composition de dépôts de cette sorte, récoltés dans diverses sucreries des Antilles françaises, et j’ai reconnu que, dans les anciennes plantations où l’évaporation a lieu à feu nu, où le jus n est pas soigneusement filtré, ces dépôts sont formés par un mélange de phosphate et de sulfate de chaux, tandis que, dans les sucreries à la vapeur, ils sont dus essentiellement à la cristallisation du sulfate de chaux hydraté.
Les matières calcaires dont ces dépôts sont formés proviennent, partie du vesou, partie de la chaux madréporique employée à la défécation; pour en éviter la production, j’ai proposé le recours à une défécation supplémentaire basée sur l’addition, au vesou, d’une minime quantité de carbonate d’ammoniaque.
Pour éviter ces difficultés, j’ai proposé un procédé simple que la plupart des analystes ont adopté depuis, dans les circonstances de la nature de celles que je viens d’indiquer.
Ce procédé consiste à traitera l’ébullition l’échantillon dissous par un grand excès de liqueur de Fehling, à recueillir et à laver rapidement à l’eau bouillante le précipité de protoxyde de cuivre, à brûler celui-ci dans une nacelle de platine, à le réduire, dans cette nacelle même, par l’hydrogène, et enfin à peser le métal.
L’emploi de ce procédé présente de grands avantages, non seulement pour l’analyse de certains produits commerciaux, mais encore pour le dosage des sucres contenus dans les liquides végétaux colorés, par exemple dans les sucs extraits des feuilles des plantés.
XXIX. — Inactivité optique des sucres réducteurs contenus dans les produits commerciaux.
(En.collaboration avec M. Laborde.)
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LXXXI1, p. oip, t 7 janvier 1876
Deux opinions avaient cours, autrefois, au sujet de l’action que peuvent exercer, sur la lumière polarisée, les sucres réducteurs contenus dans les produits commerciaux. D’un côté, Dubrunfaut avait annoncé que cette ac-
brunfaut et mise en doute par presque tous les chimistes et les manufacturiers est exacte, et à considérer les sucres réducteurs contenus dans les produits commerciaux tirés de la canne comme n’exerçant pas d’action sensible sur la lumière polarisée et comme étant, par suite, incapables d’influencer les résultats fournis par le polarimètre pour la mesure de la richesse saccharine de ces produits.
Au cours d’une mission qui m’avait été confiée par M. le Ministre de l’Agriculture et du Commerce, à la suite de l’Exposition universelle de Vienne en 1873, j’ai été admis à étudier et à suivre, dans diverses brasseries, la fabrication des bières de cette sorte, et j’ai pu ainsi, d’une part, établir que la supériorité des bières fabriquées aux environs de Vienne, à Liesing, à Saint-Marx, à Pilsen, etc., est due à l’accord parfait entre les procédés employés par la brasserie autrichienne ët les principes dé la fermentation du moût d’orge, tels que M. Pasteur les a posés en 1870; d’une autre, mettre à la disposition de notre industrie des renseignements dont elle a su profiter avec habileté et au grand avantage des consommateurs français.
Les qualités d'usage de la faïence fine dépendent surtout, d’un côté, de la dureté de la couverte dont la pâte est revêtue, d’un autre, de la porosité même de cette pâte. Lorsque la pâte est sèche et poreuse, en effet, les pièces se brisent avec facilité; lorsque la couverte en est molle, elles se rayent sous l’action du couteau et ne tardent pas à se salir et à s’èm-
Pour mesurer avec précision la qualité des faïences fines à ce double point de vue, j’ai mis à la disposition de l’industrie céramique qui, jusqu’alors s’était contentée de moyens grossiers, deux procédés précis et d’une application facile en même temps.
Le premier consiste dans l’emploi d’un plateau circulaire en bois porté sur trois pieds, dont deux sont terminés par des pointes mousses, le troi-' sième par un diamant soigneusement serti. Posé sur la pièce et chargé de poids successivement croissants, ce plateau y est promené à la main jusqu’à ce qu’on entende et qu’on voie le diamant rayer la couverte; la somme des poids ajoutés pour obtenir ce résultat indique alors la dureté proportionnelle de celle-ci.
Le second consiste dans la pesée de la pâte, débarrassée de sa couverte, d’abord à l’état ordinaire, puis après immersion dans l’eau; le poids de l’eau ainsi absorbée indique avec une exactitude suffisante; et proportionnellement à un type déterminé, la porosité de la pâte.
XXXIII. — Sur la présence du soufre et dn chlore dans le caoutchouc naturel.
(En commun avec M. S. Cloëz.)
Parmi les divers procédés dont l’industrie fait usage pour la vulcanisation du caoutchouc, il en est un'connu sous le nom d e procédé Paries, qui consiste à enduire les objets minces en caoutchouc d’une solution de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone.
Pour reconnaître et caractériser les produits ainsi vulcanisés, on avait proposé de s’en rapporter au dégagement d’acides sulfhydrique et chlorhydrique qui, naturellement, doit accompagner la décomposition par la chaleur du caoutchouc chloruré et sulfuré.
Nous avons établi, M. Cloëz et moi, que les conclusions tirées d’expériences de cette nature étaient erronées, et démontré que le caoutchouc naturel (Para, Java, etc.), soumis à la distillation, fournit, par sa propre décomposition, une certaine quantité d’acides chlorhydrique et sulfhy-