Vaccination et accoutumance. Soc. Biol., 24 mai
2. Sur le développement des microbes pathogènes dans le sérum des animaux vaccinés Soc Biol., 23 nov. 1889.
3. BotcHAnD, liapport sur le prix Chaussier, Acad. Sc., 25 déc. 1900.
4. Évolution des microbes chez les animaux vaecinés. Soc. Biol., 26 avril 1890.
5. Atténuation du virus dans le sang des animaux vaccinés. Soc. Biol., 2 juillet 1892.
inerte, séparée de l’économie, des atlribuls qui ont quelque chose de vital!
Du reste, ce n’est point ici le lieu de rappeler les diverses objections formulées. Au demeurant, les opposants, en particulier à l’étranger, ont toujours été réduits à une minorité; aujourd'hui meme les plus difficiles a convaincre admettent que les microbes s’atténmnt hors des cellules; si, d’ailleurs, la chose avait été nécessaire, la découverte de la sérothérapie aurait emporté la conviction de ceux qui ne croyaient pas aux modifications utiles du sérum des vaccinés.
Ainsi, le premier en France, et sans jamais cesser d’étudier et d’admettre la phagocytose, j’ai soutenu, en collaboration avec M. Rogerf), \c rôle du sérum dans le mécanisme de l’immunité(')■, avec faits à l’appui, j’ai défendu cette conception à un moment où, comme le démontre, le petit nombre, à cette époque, de ses adeptes et dos travaux relatifs à cette question, elle était loin d’être solidement établie. Du reste, faisant allusion aux modifications d’aspect signalées par nous, Metchnikoff a bien voulu éciire ; « MM. Charrin et Roger les premiers ont attiré « l’attention sur Y agglutination du Bacille pyocyanique, obtenue avec le sérum des « animaux immunisés contre cette bactérie(“) ». Or, si, avec Widal, on admet que cette agglutination (microbes en amas) peut se rencontrer dans la période d’infection, nul n’ignore aujourd’hui, sans d’ailleurs déduire de ce fait une donnée théorique, que cette particularité est peut-être plus encore un des caractères des humeurs des sujets rendus réfractaires.
Les déductions pratiques de ces recherches n’ont pas tardé. — Le 7 juin 1890, à la&c. de Biologie, je signalais les heureux résultats (le plus souvent pourtant simples améliorations) obtenus par M. Bouchard, en injectant à des lapins inoculés avec le Bacille pyocyanique le sérum d'autres lapins vaccinés contre ce bacille à l'aide des toxines. — Dans la relation de ses études d’hématothérapic, en collaboration avec Iléricourt, faisant allusion à ce travail, M. Richet écrit que c’est là l’origine de l’emploi du sérum comme procédé d’hématothérapie et il ajoute : « ... c’est évidemment à MM. Bouchard et Charrin que cela est di{‘) ».
Ainsi était mise en oeuvre une sérothérapie analogue sous plusieurs rapports à celle que Behring allait nous faire connaître et que Roux devait introduire
t . Pour abn'ger.j'ai, comme je l'ai dit, renvoyé le plus souventeertains détails bibliographiques (indication dos collaborateurs, des publications similaires, etc.) i la liste faite année nar année 2. Soc. Biot., S déc. 1892.
chez nous. — Dans un cas, en effet, comme dans l'autre, on immunise un animal en lui injectant des toxines d’un microbe donné; dans un cas comme dans l’autre, on emprunte à cet animal ainsi immunisé son sérum pour combattre l’infection causée parce microbe; dans un cas comme dans l’autre, on se base sur les qualités utiles de ce sérum. — Toutefois (je crois devoir le laire remarquer), une importante différence distingue ces méthodes ; nous ne connaissions, dans ces sérums, que des propriétés nuisibles au microbe, à l’agent figuré, propriétés dites bactéricides (les seules, d’ailleurs, que possède le liquide sanguin pyocyanique), tandis que Behring et Kitasato devaient nous révéler les attributs antitoxiques, nuisibles aux poisons du germe; ces attributs confèrent à cette humeur une puissance beaucoup plus active, puissance qui malheureusement, du moins à ce degré de curation et non de prophylaxie, ne se retrouve pas toujours suffisante, jusqu’à ce jour et d’une façon indiscutable, dans d’autres sérums.
Mécanisme de l'influence des anti-toxines sur les toxines. — On devait naturellement se demander comment agissent ces sérums bactéricides ou antitoxiques? Peut-être, ainsi qu’on l’a prétendu, interviennent-ils, pour une part, en neutralisant les toxines, bien que les expériences en général ne vérifient pas complètement ces prévisions. En tout cas, il existe, comme j’ai contribué à le montrer, entre telle toxine et telle anti-toxine une sorte d’antagonisme physiologique se traduisant par des effets contraires à ceux de la toxine exercés 'par l’anti-toxine soit sur le coeur, soit sur la diurèse, soit sur la température, etc. (*). De plus il est nécessaire, si on veut obtenir un heureux résultat, de faire pénétrer cette anti-toxine avant que les cellules trop altérées ne puissent plus réagir, car, si l’on arrive trop tard, il semble qu’on aggrave la situation. Ce résultat prouve nettement que la neutralisation chimique n’est pas seule en cause, qu’on doit compter avec la stimulation de l’organisme sollicité par ces éléments protecteurs à lutter contre les poisons bactériens (’).
Origine des principes protecteurs. — Tout en soutenant l’importance des modifications humorales dans le mécanisme de l’immunité, je n’ai jamais cessé de proclamer, avec M. Bouchard, avec Grawilz, qu’il s’agit là d’une
t. Soc. Biol, 19 mars 1898 cl-Coiyr, JIM,, Montpollior.
2. Protection des tissus contre les sécrétions. — Défense de l'organisme. Jotmi. de Phys, et de Pathol gêner., mars 1900, page 295.
propi-iété celliikirei'). - Je né me suis pas borné à l’écrire; j’ai fait effort pour établir que ces principes de la défense (bactéricides ou anti-toxiques) dérivent des modifications nutritives des cellules dépendant des sécrétions microbiennes {'). 11 nous a suffi de poursuivre une série d’analyses d’urine pour nous apercevoir des métamorphoses apportées dans ces mutations nutritives, pour voir, tout au moins pendant quelque temps, chez ces êtres rendus réfractaires, osciller les proportions de divers composants, proportions influencées par le taux des échanges (’). b’organisme, après cette mrnmmatum, n est plus ce qu’il était avant ; le terrain a subi des changements.
J’ai même réussi à prouver que, pour faire naître ces changements, il n’est pas nécessaire de disposer de composés bien rares, bien spéciaux, attendu qu’en soumettant, pendant des semaines ou des mois, des animaux à de simples injections de faibles doses de sels, j’ai vu la résistance à l’infection augmenter, l’état bactéricide s’accentuer, l’agglutination s’obtenir plus aisément, etc. A coup sûr, ces modifications n’ont pas l’intensité de celles qu’on peut observer au cours des vaccinations dues aux toxines ; néanmoins, ces résultats sont assez nets pour qu’on ait pu dire que ces recherches supprimaient ce qui pouvait rester de mystérieux dans ce problème de l’immunité. On voit, en effet, clairement que ces principes particuliers, nuisibles aux microbes ou a leurs sécrétions, apparus dans le sérum, ne sont en aucune façon les matières minérales introduites; par suite, on est fatalement amené à admettre que ces principes dérivent des cellules modifiées dans leurs échanges par le contact, par le passage de ces matières minérales elles-mêmes (*). —Remarquons, à ce sujet, que des modifications (état bactéricide, agglutination, etc.), envisagées comme des conséquences de l’intervention des produits diastasiques, se développent ici sous l’influence des composés salins minéraux qui nous ont même permis d’obtenir, avec Desgrez, la peptonisation de l’albumine ('). N’est-il pas intéressant de rapprocher ces résultats de la façon dont on tend, à l’heure présente, à concevoir les diastases et les phénomènes qui en dépendent?
t. Voir Traité Pathol, génér., t. II, cliap.