RECHERCHES DE MÉDECINE EXPÉRIMENTALE
Varia.
En cherchant à reproduire les divers accidents de la maladie, j’ai été amené, chemin faisant, à résoudre certains problèmes de pathologie(').
Variétés des lésions d’un même organe. — J’ai, en particulier, montré qu’un même virus, agissant sur un même organe chez une même espèce animale, fait naître des lésions variées(’). C'est ainsi que j’ai pu obtenir des néphrites
scléreuses ou parenchymateuses, des inflammations aiguës ou chroniques, des dégénérescences amyloïde ou graisseuse, des infarctus rénaux symétriques, etc.
Ces résultats permettent de comprendre comment, dans la scarlatine, par exemple, suivant les auteurs, des lésions disparates ont été décrites, sans que personne n’ait forcement fait erreur. — L’observation m’a conduit à rapporter ces variétés soit à l’influence du virus, de son activité, de sa dose, de sa porte
1. Dans ce Chapitre, j'ai cru devoir développer quelques recherches, dont les résultats m'ont paru avoir une portée générale.
2. Variété des lésions rénales dans une même maladie expérimentale. 5oc. Biol, 2 juin 1888.
d’enlrée, soit au rôle des cellules, de leurs qualités réactionnelles, soit plus encore à la durée du mal.
Dégénérescence amyloïde expérimentale. — I.a reproduction expérimentale de la dégénérescence amyloïde, obtenue pour la première f(iis('), nous a appris que cette dégénérescence,si importante en pathologie, peut être l'œuvre d’un microbe, que la suppuration n’esl pas nécessaire à sa genèse.
Dégénérescence graisseuse. — Dans la réalisation de ces dégénérescences, j’ai prouvé que le terrain joue un grand rôle (').
Infarctus rénaux. — Grâce à l’existence d’une série à'infarctus rénaux symétriques {'), nous avons reconnu que les germes peuvent, dans quelque mesure, intervenir par eux-mêmes, en comblant les capillaires (Voy. lig. 9, p. 29). D’autre part, la symétrie de ces infarctus tient à Vactiorif vaso-constrictice des toxines pyocyaniques qui paralysent les centres vaso-dilatateurs. Les bacilles sont trop petits pour obstruer directement les vaisseaux; le spasme, en réduisant la lumière de ces vaisseaux, rend cette obstruction plus aisée ; 1’ origine centrale de ce spasme impose aux lésions la symétrie et cette symétrie, en revanche, permet de soupçonner celte action des centres nerveux.
Arthropathies expérimentales. — En réalisant Aes artrûpathies(‘)]ui pu éclairer la question des pseudo-r/iumatemes: la reproduction dos lésions m’a amené à analyser le mécanisme des arthrites observées au cours des fièvres.
Hémorragies infectieuses. — Les hémorragies nées sous l’influence du Bacille pyocyanique ou de ses toxines (‘) ont prouvé qu’un germe peut acquérir une propriété hémorragipare qu’il ne possède pas à l’origine. On soutenait auparavant que cette propriété appartient à une bactérie spéciale, dont l’intervention était indispensable pour amener des extravasations. — De plus, grâce à la
t. Soc. Biol, 15 octobre 1888, avec