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SPECTRES DES MÉTALLOÏDES

Je me suis proposé de rechercher si, étant donnés plusieurs corps simples reliés entre eux par des analogies nombreuses, il existe dans leurs spectres quelque particularité qui rappelle cette similitude générale de propriétés, ou s’ilsn’ont aucune relation avec elles; j’ai examiné, à ce point de vue, trois familles de métalloïdes.

En premier lieu : le soufre, le sélénium et le tellure. Quand on fait passer dans des vapeurs de chlorures de ces corps l’étincelle d’une bobine d’induction dans le circuit induit de laquelle on a mis un condensateur, si l’on fait abstraction des bandes communes qui appartiennent nu chlore, on constate, en comparant les spectres, qu’ils s’étendent de plus en plus quand on s’avance du soufre vers le tellure ; les rayons ultraviolets augmentent de manière à reporter de plus en plus loin la limite de cette portion du spectre ; le même phénomène a lieu, mais bien moins accentué, du côté des rayons les moins l’éfrangibles. Les trois spectres présentent chacun deux maxima lumineux dont l’un est plus intense que l’autre, et chacun de ces maxima est formé de deux traits ou bandes, séparés par un trait obscur. Enfin, quand on va du soufre au tellure,

les deux maxima se déplacent et marchent dans le même sens, du c61é du violet.

En second lieu : azote, phosphore, arsenic, antimoine. Les spectres de ces corps étudiés de la même façon dans la vapeur de leurs chlorures, s’étendent de plus en plus quand on va de l’azote à l’antimoine, surtout du côté du violet; chacun d’eux présente trois maxima d’intensité lumineuse dus à des raies très brillantes, séparées par des intervalles obscurs d’éclat très faible ; on voit les trois maxima se déplacer ensemble et marcher dans le môme sens du côté du violet, quand on passe de l'azote à l’antimoine. Les maxima correspondant aux rayons les moins réfrangibles sont ceux dont le mouvement est le plus faible, ceux qui sont dans les rayons les plus réfrangibles ont au contraire les déplacements les plus prononcés.

En troisième lieu, les corps de la famille du chlore ont des spectres sur lesquels j’ai fait des remarques du môme genre : ils s’étendent de plus en plus vers le violet quand on va du chlore ii l’iode, mais d’une façon bien moins sensible que dans les familles précédentes. Lhaque spectre offre deux maxima de lumière accompagnés de bandes sombres, intenses, mais encore brillantes, qui limitent à une faible largeur la région vraiment éclatante du spectre. Quand on va du chloi-e à l'iode, les maxima se rapprochent l’un de l’autre et la portion brillante du spectre diminue d’étendue ; en même temps les maxima se déplacent l'nsemble entraînant avec eux, vers l’ultra violet, la partie lumineuse du spectre.

En résumé, les modifications que les spectres éprouvent quand on passe de l’un à l’autre des corps voisins sont comparables à celles que subissent les autres propriétés dans le même passage, et elles conduisent à les ranger dans le même ordre. Quant au fluor dont j’ai étudié le spectre dans du fluorure de silicium, il ne présente pas cette région brillante, particulière aux corps de la série du chlore, et les maxima sont très écartés l’un de l’autre ; leur position, jointe à ces autres différences, conduit a donner au fluor un rang à part auprès des corps

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