‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 10 sur 41 · Applications de la méthode anatomique de M. Waller · texte numérisé non relu

Applications de la méthode anatomique de M. Waller

{Mém. delà Soc. de Moi., 1861, p, 270 et 271.)

On sait que M. Waller a insisté sur les avantages que l’anatomie peut retirer des expériences sur la dégénérescence des nerfs à la suite de leur séparation des centres nerveux, c’est-à-dire de leurs centres trophiques. J’ai eu l’occasion de constater combien ces avantages sont précieux lorsqu’il s’agit de poursuivre les filets d’un nerf au milieu d’anastomoses plus ou moins multiples et compliquées. C’est ainsi qu’après avoir arraché le nerf facial avec ses racines sur des chiens, j’ai reconnu que les nerfs pétreux, au bout de douze ou quinze jours, contiennent à la fois des fibres saines et des fibres en voie de dégénérescence. Les premières fibres ne me paraissent pouvoir être considérées que comme des fibres anastomotiques fournies par le trijumeau, et associées aux fibres ner-

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veuses émanées du facial; ce qui confirme l-opinion de M. Longet sur la constitution miste du grand nerf pétrcux superficiel.

De même douze ou quinze jours après l'arrachement du nerf facial, on trouve la plupart des fibres de la corde du tympan altérées; mais il V a toujours quelques fibres qui restent saines : ce sont sans doute des fibres du nerf Irijumeau. De plus, on ne trouve aucune fibre altérée dans le nerf liuguar au delà du point d’où naissent les filets nerveux destinés à la glande sous-maxillaire; ce qui démontre que les fibres de la corde du tympan, provenant du nerf facial, ne se rendent pas à la langue.

87. Recherches expérimentales sur la distribution anatomique de la corde du tympan.

{Archives de physiologie, 1869, p. 209.)

Dans celte courte note se trouvent rappelées des expériences faites sur des chiens et des lapins (voir 36), expériences qui avaient consisté à arracher la corde du tympan en même temps que le facial d’un côté chez ces animaux. Au bout de quelques jours, lorsque la partie périphérique des nerfs ainsi arrachés étaiten pleine dégénérescence atrophique, on examinait la corde du tympan, les filets qu’elle donne, par l’intermédiaire du nerf lingual, à la glande sous-maxillaire et le tronc ainsi que les branches terminales du nerf lingual. J’avais vu que les filets destinés à la glande sous-maxillaire étaient altérés, mais qu’au delà dû point où le nerf lingual donne naissance à ces filets, ce nerf et ses rameaux terminaux étaient sains. J’avais opposé ces résultats aux vues de M. Lussana, qui fait de la corde du tympan le nerf gustatif de la partie antérieure de la langue. Des expériences toutes récentes {Soc. de biologie^ 1872) m’ont fait voir que, lors de mes anciens essais, relatifs au chien, j’avais bien certainement opéré une avulsion incotnplète du nerf facial et de la corde du tympan. En effet, après la section de ce rameau nerveux dans la caisse du tympan, j’ai trouvé, chez plusieurs chiens, au bout d’une quinzaine de jours, des fibres nerveuses altérées non-seulement dans les filets donnés par le lingual au ganglion sous-maxillaire et à la glande sous-maxillaire, mais encore dans tous les

filets terminaux du nerf lingual lui-même. Je suis loin toutefois de voir là une confirmation de l’hypothèse de M. Lussana. L’objection que j'avais faite perd sa valeur, c’est tout ce qu’on peut conclure de mes récentes expériences.

38. Sur ranastomose qui existe entre le nerf laryngé supérieur et le nerf récurrent.

En commun avecM. Philipeaux.

(Archives de physiologie, 1869, p. 666.)

Ce filet anastomotique, d’après nos recherches, provient exclusivement du nerf laryngé supérieur et ne contient aucune fibre nerveuse émanée du nerf récurrent.

39. Études expérimentales sur les nerfs qui président aux mouvements de la déglutition.

Revue des cours scientifiques, 13 octobre 1866,Voy. aussi : Thèse de M. Jolyet, 1866, Essai sur la détermination des nerfs qui président aux mouvements de Vœsophage.)

Expériences sur les racines des nerfs crâniens qui fournissent des anastomoses au nerf pneumogastrique et sur ce nerf lui-même. Parmi les résultats bien constatés, on a vu que le pneumogastrique a, par luimême, une action motrice sur les parois de 1 oesophage, et que le facial, au moins chez le chien, a aussi une influence motrice sur ce conduit. Le spinal, dont le rôle physiologique a été étudié en répétant les expériences bien connues de M. Waller, a une influence qui varie beaucoup, comme importance, suivant les animaux observes.

Lorsque la tunique musculaire de l’œsophage est constituée par des fibres striées (chien), les filets nerveux provenant du nerf vague sont paralysés par le curare; lorsqu’une partie de cette tunique est constituée par des fibres lisses (chat et lapin, partie inférieure de l’œsophage), le nerf vague conserve son action chez les animaux empoisonnés, sur la partie de l’œsophage ainsi constituée, et la perd sur la portion supérieure de l’œsophage dont les couches musculaires sont formées de fibres

striées : fait important qui montre bien que l’action du curare porte réeU leraent non pas sur les fibres nerveuses elles-mêmes, mais sur les points oii a lieu, leur connexion avec les fibres musculaires et seulement lorsque cette connexion offre les caractères qu’elle présente dans les muscles à, fibres striées,

La section des deux nerfs hypoglosses chez le chien, avec arrachement des bouts centraux, ne détermine pas, comme on l’avait cru, uue impossibilité absolue de la déglutition. Les animaux ainsi opérés survivent indéfiniment à l’opération.

40. De ïinfluence de la section des nerfs vagues sur les corps thyroïdes.

En commun avec M. Philipeaux.

J’ai communiqué à la Société philomathique, en 1867, la relation de quelques expériences, dans lesquelles nous avions vu chez des chiens, à la suite de la section d’un des nerfs vagues, le corps thyroïde du côté correspondant hypertrophié notablement, quelques semaines après l’opération. Ce résultat n a pas été constant, et c’est parce que nous n’avions pas pu démêler les causes de cette inconstance, que nous n’avions pas publié le fait en question.

41. Expérience relative à ï influence de la section des nerfs d’un membre sur la nutrition des os de ce membre.

En commun avec M. Philipeaux.

{Leçons sur la physiol. gén. et comp. du système nerveux, p. 850,)

Cette expérience a été faite en 1856 sur un chien. On avait coup'é le nerf sciatique et le nerf crural d’un côté, alors que l’animal avait deux mois, et l’on avait examiné le membre quatre mois après... Les os du membre étaient non-seulement hypertrophiés, mais des productions osseuses de nouvelle formation tendaient à souder les os du tarse les uns avec les autres. Ce fait confirme, sous certains rapports, ceux que M. Schifif avait fait connaître précédemment.

42. Influence de l abolition des fonctions des nerfs sur la région de

la moelle qui leur donne origine. —Examen de lamoelle épinière dans les cas damputation d’ancienne date (avec 1 pl.).

{Archives de physiologie normale et pathologique, 1868, p. 443.)

Dans (leux cas d’arnpulation ancienne d’une partie d’un membre inférieur, on a constaté une atrophie manifeste de la moitié correspondante de la moelle, surtout au niveau de la région en rapport avec les nerfs du membre amputé. L’atrophie portait sur la substance grise et sur la substance blanche, mais principalement peut-être sur la première de ces substances. On peut tirer de ces faits des déductions relatives à la physiotogie pathologique dès lésions de la' moelle épinière dans les cas d’atrophie musculaire progressive ou d’atrophie musculaire ijnfautile. L’étude des lésions de la moelle, dans ces derniers cas, montre qu’elles sont très-différentes de celles qu’on observe chez les amputés, et par conséquent on n’est pas autorisé à considérer les altérations médullaires constatées chez ces individus atteints d’atrophie musculaire comme secondaires. Des considérations diverses portent à les regarder au contraire comme primitives.

43. Section% toute la moelle lombaire chez des chiens à ïexcep¬

tion des cordons postérieurs^ perte complété et définitive de la motilité et de là sensibilité dans le train postérieur.

{Comptes rendus de la Société de biologie, 1855, p. 72 et suiv.)

44. Résultats de deux sections des cordons postérieurs de lamoelle

épinière faites sur des chiens, et séparées Hune de l autre par un intervalle de ^ à centimètres.

{Comptes rendus de la Société de biologie, 1855, p. 93 et suiv.)

Lorsque les deux sections sont séparées l’une de l’autre par un intervalle de 10 centimètres, le segment intermédiaire des faisceaux postérieurs conserve sa sensibilité; mais elle est très-diminuée. Lorsque

l’intervalle a moins de 3 centimètres, ce segment perd toute sensibilité et toute excito-motricité.

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