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JSote sur quelques expériences faites avec le curare

{Comptes rendus de la Soc. de bioL, 1854, p. 73 et suiv.)

Après avoir répété les expériences de M. Cl. Bernard, sur l’abolition de la motricité des nerfs chez les animaux empoisonnés par le curare, j’ai voulu répéter aussi celles qu’il avait faites sur l’innocuité de l’introduction du curare dans les voies digestives. J’ai vu que les batraciens, les jeunes oiseaux elles jeunes mammifères, mais surtout les premiers, sont empoisonnés très-facilement de cette façon. Ce fait, signalé déjà par Fontana pour certains animaux, a été étudié complètement depuis par M. Cl. Bernard, et il a montré que les mammifères à jeun ne résistent pas à des doses de curare qu’ils avalent sans le moindre danger lorsqu’ils sont dans la période de digestion.

106. Observations physiologiques faites sur des animaux empoisonnés qmr le curare et soumis à la respiration artificielle.

{Comptes rendus de la Soc. de biol., 1858, p. 33.)

Ce procédé expérimental offre le grand avantage d’anéantir complètement les mouvements volontaires de l’animal, sans léser son système nerveux central et sans lui faire perdre de sang. J ai pu faire ainsi chez les animaux qui ont servi aux observations consignées dans cette note, des études sur le reflux du sang qui a lieu dans les veines au moment des contractions du cœur.

On peut voir aussi, dans ces conditions, que lorsqu’on cesse les insufflations pulmonaires, les battements du cœur se ralentissent. Si 1 on fait une insufflation, ils ne s’accélèrent pas immédiatement : l’accélération n’a lieu que lorsque le sang oxygéné pénétré dans les parois du cœur (le thorax était ouvert).

VULPIAN

Les nerfs pneumogastriques se paralysent avec une extrême lenteur. Leur galvanisation peut encore arrêter le cœur, deux et trois heures après le début des insufflations pulmonaires. Le grand sympathique <’;chappe aussi pendant longtemps à l’action du curare.

Ces faits, dont j’ai poursuivi l’étude ultérieurement, sont aussi signalés dans cette note pour la première fois. Ce n’est que plus tard que M. de Bezold et d’autres expérimentateurs ont constaté de nouveau cette immunité relative de ces parties du système nerveux.

MTl. Résurrection des grenouilles empoisonnées jmr le curare ; action du curare et de diverses autres sidistances sur les cœurs lymphatiques des grenouilles.

(Comptes rendus de la Soc. de Uoh, 1856, p. 81.)

Les grenouilles empoisonnées avec le curare, lorsque la quantité qui a été introduite sous la peau n’est pas par trop considérable, et lorsque la température extérieure est assez basse, ne meurent pas définitivement, ou plutôt elles sont dans un état de mort apparente qui peut faire place à un retour complet à la vie au bout de quatre, huit, dix jours et même davantage, suivant la quantité de poison employée.

Les tritons reviennent plus rapidement à la vie (au bout de vingtquatre à quarante-huit heures).

Étude de l’action du curare sur les cœurs lymphatiques. Les mouvements de ces cœurs s’arrêtent très-peu de temps après l’introduction du poison sous la peau. Ils s’arrêtent seulement lorsque le poison peut arriver a se mettre en contact avec eux par la voie de la circulation sanguine. Expériences diverses sur ce sujet. La digitaline et le venin de crapaud, qui arrêtent les mouvements du cœur sanguin, n’arrêtent point ceux des cœurs lymphatiques. La strychnine et l’opium n’ont pas non plus d’influence sur ces organes.

Dans ce travail je signale ce fait constaté depuis par M. Pélikan, à savoir que le curare peut tuer les mammifères sans abolir l’action de leurs nerfs moteurs sur les muscles. Plus tard, en 1858. j’ai montré que si l’on entretient les mouvements du cœur au moyen de la respiration

artificielle chez les mammifères curarisés, la motricité des nerfs des membres disparaît plus ou moins rapidement, suivant l’espèce animale mise en expérience, et la dose, ainsi que l’énergie du curare employé.

108 . Expérience relative a la théorie de l'action physiologique du curare.

{Archives dephysiol., 1870, p. 171-176).

Cette expérience démontre que les racines antérieures des nerfs mixtes des membres conservent leur motricité un certain temps après que les mouvements volontaires sont devenus impossibles. Elle tend à prouver aussi que l’action du curare ne porte pas sur les nerfs euxmêmes, mais qu’elle s’exerce probablement sur le point intermédiaire où les fibres nerveuses entrent en conflit avec la substance musculaire.

109 . Expériences ayant pour but de déterminer quelle est rinfluence du curare sur le système nerveux sympathique des mammifères., des oiseaux et des batraciens,

{Bulletin de la Soc. philomalh., 1865, p. 36.)

J’avais montré antérieurement déjà que le nerf pneumogastrique et le grand sympathique, chez les mammifères, ne sont que faiblement influencés par le curare, ce qui tient sans aucun doute à la différence entre le mode de terminaison de leurs fibres et celui qu’affectent les fibres des nerfs moteurs ordinaires, de ceux des membres, par exemple. Les expériences rapportées dans cette note sont consacrées à bien montrer ce fait, en ce qui concerne le grand sympathique. Les filets nerveux vaso-moteurs des membres conservent leur motricité : il en est de même du cordon cervical du grand sympathique, et, deux heures après l’abolition de ta motricité des nerfs des membres, la section du cordon sympathique cervical détermine une conslriction de la pupille et une dilatation des vaisseaux de l’oreille, la galvanisation du bout supérieur de ce cordon produit des effets inverses. Chez la grenouille, l’arrachement du ganglion cervical du sympathique est suivi du résultat accoutume :

constriclion de la pupille et dilatation des vaisseaux de la langue du côté correspondant. Chez les mammifères et les oiseaux curarisés , la pupille se resserre ou se dilate, selon que l’œil est exposé au soleil ou placé dans l’obscurité, etc.

110. De raction du curare sur les nerfs de l'iris et sur les nerfs du cœur.

{Bulletin de la Soc. philomath., 1865, p. 79.)

Cette note est un complément de la précédente. Parmi les faits indiqués se trouvent les suivants. Chez les oiseaux et les mammifères empoisonnés par le curare et soumis à la respiration artificielle, l’action de la lumière sur un seul œil fait resserrer les deux pupilles, et l’effet inverse se produit, lorsqu’un des yeux est mis à l’abri de la lumière. Il y a même parfois des mouvements comme spontanés des iris. Les pupilles se modifient également sous l’influence de l’excitation douloureuse d’un point quelconque du corps. Le rameau de l’oculo-moteur commun destiné à l’iris conserve aussi sa motricité. Le cœur, dans ces mêmes conditions, s’arrête sous l’influence de la galvanisation des nerfs pneumogastriques ; ses mouvements se modifient lorsqu’il y a excitation douloureuse d’un point quelconque du corps.

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