Les rayons tactiles des Bathypterois, Güntker
10 octobre 1887, — Expéditions scientifiques du Tmailkur^îu Talisman^ Poisson» : pl. XX, pi. XXII, fig. 4.)
Cette note est relative à un poisson de la famille des Scopélidées,
très caractéristique des grands fonds, le Bathyplerois dubius, n. sp.
Il possède deux appendices, aussi longs ou plus longs même que son corps, formés aux dépens de la nageoire pectorale, dont le rayon supérieur s’isole en portant son point d’attache en haut et un peu en avant; il est soutenu à part, comme chez bon nombre de poissons tels que la Perche, par le radial. La constitution du rayon formé de deux tiges, l’une pleine, l’autre articulée et susceptible de se contracter ou de se relâcher, permet des mouvements de courbure de l’appareil suivant le mécanisme décrit par Deslonchamps sur le Trigle. Le rayon interne des ventrales est également allongé, moins toutefois et forme une sorte de pince. La présence de bâtonnets en fuseaux, aux extrémités de ces appendices, montre assez qu’il faut y voir des appareils tactiles, d’autant plus nécessaires à l’animal que l’organe visuel parait peu développé .
Sur le Bathypteroïs frais et abandonné librement dans l’eau, nous avons pu constater que, normalement, le grand rayon pectoral n’est pas dirigé en arrière, comme les autres parties analogues de la nageoire, mais ramené par dessus la tête en avant, pour former deux sortes de tentacules, dont cet être doit se servir comme font,, par exemple, les Crustacés pourvus dê longues antennes.
40. — Les écailles du Chadnax pictus, Lowe, et du Centricus scolopax, Linné.
(Bu». Soc. philomathique de Paris, 7» série, t. XII, p. 123; 23 juin 1888. - Expéditions . scientifiques du Travailleur et du Talisman. Poissons : pl. XXVIII, fig. !• i 1'; pl. XXVII, (Ig. 3.
Les parties dures, qui revêtent le corps de ces Poissons, tout en se rangeant par leur structure intime auprès des écailles des Téléostéens, rappellent plutôt parleurs formes les scutelles des Élasmobranches.
Chez le Chaunax pictus, Lowe, ce sont des sortes de boucles analogues à celle des Raies ou mieux des Échinorhines. Elles se composent d’une pointe conique, supportée par une base lamelleuse circulaire Les écailles du système latéral sont d’un autre type, se
rapprochant davantage des écailles à crêtes concentriques des Poissons ordinaires.
Pour le Centriscus scolopax, Linné, cesorganes se composent d’une base en lamelle triangulaire portant une tige verticale il l’extrémité de laquelle s’insère une autre lamelle foliacée, dentelée, placée parallèlement h la surface du corps. C’est tout à fait la disposition connu pour les scutelles des Aiguillats et Squales du même groupe.
Ces faits sont de nature à montrer l’importance de l’étude histologique dans ces sortes de recherches, la seule considération morphologique des organes pourrait conduire h des rapprochements fautifs.
4t. — Observations faites à Saint-Malo sur les zones littorales (Bull. Soc. philomathique de Paris, 6" série, t. VU, p 144; il juin 1870.)
Sur la résistance vitale du Balanus balanoides hors de l'eau. (Bull. Soc. philomathique de Paris, 6" série, t. VIII, p. 183 ; 14 juin 1871.)
Remarques sur les zones littorales.
(Mémoires de la Société de biologie , 5* série, t. III, p. 165,1871.)
Les deux premières notes sont développées dans le dernier Mémoire.
Il comprend deux parties : la première est relative aux divisions qu’il convient d’adopter pour le partage en zones de la portion des côtes qui, par suite du mouvement des marées, est tantôt couverte, tantôt découverte, ou la Région littorale. Après un résumé des opinions émises à ce sujet par Audouin et Milne Edwards, Sars, OErsted, Forbes, etc., se trouvent exposés dans un tableau les rapports à établir entre ces zones et la hauteur des différentes marées, de mortes eaux, de vives eaux, d’équinoxe ; la division à
laquelle je me trouve conduit, est analogue à celle adoptée par les premiers de ces auteurs.
La seconde partie expose le résultat d’une série d’observations faites pour apprécier le temps que les Balanus balanoides , animaux sédentaires, essentiellementaquatiques, passent hors de l’eau. On est amené à conclure qu’un certain nombre d’individus de ces singuliers Crustacés restent les dix-huit ou dix-neuf vingtièmes de leur existence hors de l’élément, dans lequel cependant ils peuvent seulement se nourrir et même respirer normalement. Des expériences complémentaires montrent que ces animaux peuvent rester vivants quarante^quatre jours au moins dans l’air, s’ils sont à l’abri de la dessiccation. La hauteur maximum à laquelle ils s’élèvent à Saint-Malo correspond très exactement à la hauteur qu’atteignent les marées les moins élevés de vives eaux.
La manière dont les observations ont été conduites est exposée sur la planche d’une manière graphique.