Sur ta délimitation des zones littorales
Nouvelles éludes sur les zones littorales.
Société de Biologie ; Comptes rendus hebdomadaires des stances, 9' série, t. III, p. 422; 30 mai 1891.)
(Annales des Sciences naturelles, 7« série, t. XII, p. 39, 1891.)
Ce travail peut être regardé comme faisant suite au précédent, il a eu pour but d’étudier l’influence des marées dans les Régions littoral es sur un animal fixé, qui, dans ce cas, était unAnnélide perforant de nos plages calcaires, le Leucodoreciliatus, Johnston.
En recherchant le niveau supérieur auquel s’arrête la station normale de ces Vers, j’ai trouvé qu’au Bourg d’Ault, où les observations ont été faites, on doit le placer à environ 5", 6 au-dessus du zéro des cartes marines, point de départ adopté dans l 'Annuaire des marées de M. Hatt. Or, en calculant pour l’année 1890, les limites
théoriques dès zones de la région littorale, dont un tableau est donné dans le travail pour la localité précitée, on voit que cette élévation répond au niveau moyen de la mer 5",3.
J’ai trouvé également au Bourg d’Ault, que le point auquel s’élève le Balanus balanoides, Linné, répond, comme à Saint-Malo, au niveau théorique des pleines mers minimums de vives eaux.
En multipliant ces recherches en des lieux différents et sur des espèces variées, on arriverait, sans doute, à établir une sorte d’échelle de niveaux, par le moyen de laquelle, sur un point non encore connu quant au régime des marées, on pourrait avoir des notions positives sur celui-ci par la simple inspection des êtres habitant le rivage.
43. — Remarque sur les dépôts marins de la période actuelle au point de vue du synchronisme des couches.
[Bull. Soc. géologique de France, 8« série, t. IX, p. 83, 22 novembre 1880;
L’hypothèse sur laquelle est basée cette interprétation de l’âge respectif de couches superposées, est déduite des études dont il est question dans les précédentes recherches sur les faunes des Régions marines, aussi bien littorales que côtières ou abyssales.
On observe qu’aux différents niveaux les populations animales, dont seules il est ici question, changent si bien, qu’à une certaine profondeur on ne rencontre plus aucun des êtres des couches supérieures. Si donc on suppose théoriquement sur les parois d’un bassin clos, trois faunes superposées, caractérisées chacune, en allant de haut en bas, par la présence des Balanes, des Haliotides, des Huîtres, types arbitrairement pris pour fixer les idées, et qu’on suppose ensuite le bassin se comblant progressivement, lorsque le fond se sera relevé jusqu’à un certain point, les Huîtres disparaîtront d’abord, ne trouvant plus les conditions de profondeur nécessaires à leur existence, puis viendra le tour des Haliotides, les Balanes périront elles-mêmes à la fin. A cette époque une coupe au centre du bassin montrera trois couches superposées différant par les animaux qui s y trouveront et même, on peut en démontrer la possibilité, par
là nature des roches ; on serait tenté de rapporter ces couches à des époques géologiques distinctes, tandis que les espèces, qu’on y trouve, ayant vécu simultanément, les couches sont, au point de vue paléontologique, contemporaines ou synchroniques.