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III. — Déterminations Paléontologiques

La détermination des invertébrés paléozoïques français est particulièrement' délicate, en raison de leur état de conservation médiocre, et en l’absence de mémoires fondamentaux analogues à ceux que d’Orbigny, Deshayes, ont consacrés à la description des formes de terrains plus récents. Aussi, leur étude est-elle assez négligée chez nous, et divers savants français (Ardennes, Bretagne, Pyrénées), ou étrangers (Angleterre, Belgique, Espagne), intéressés à ces études, se sont adressés à moi, comme à un spécialiste, pour la détermination de leurs échantillons [46, 78, 91]. En dehors des listes dressées par mes soins, et publiées dans les mémoires de ces savants, j’ai signalé l’existence de la faune eifélienne dans le Languedoc, et tiguré plusieurs types nouveaux, communiqués par M. de Rouville [76]. La Haute-Garonne a aussi fourni une faune infra-dévonienne, réunie par M. Gourdon et dont les caractères si spéciaux ont été retracés par plusieurs planches [5o, 53, 59, 67, 77, 92]. Les environs de Barcelone, explorés par M. le chanoine J. Aimera, m’ont fourni les éléments de la description de six faunes siluriennes distinctes, nouvelles pour la Catalogne, et ces découvertes ne sont pas sans portée pour la géographie zoologique de cette époque (104, io5, 137, 149). J’ai constaté dans les Pyrénées l’existence d’un groupe de Lichas de Scandinavie (Trochurus), et ipdiqué en 1887, dans la Montagne Noire, à M. de Rouville, la présence du groupe Dikelocephalm du Wisconsin, et depuis celle d’autres formes (i56) des étages de Trêmadoc et d’Arenig, d’Angleterre et de Scandinavie.

Un des résultats généraux de ces déterminations fut d’établir la vaste répartition, auparavant méconnue, de cinq faunes différentes, de la série silurienne anglaise ; ainsi le niveau de Caradoc, à Qystidées et Orthis Actôniœ, reconnu en Bretagne [79], dans l’Hérault [90], les Pyrénées

dovicien, comme les Momgraptidœ le Silurien supérieur ; parmi eux, les Tetragraptm, Dichograptus , appartiennent à la base de l’Ordovicien, un groupe de Didymograptm est limité à l’Arenig, un autre auLlandeilo. Les Phyllograptidœ sont limités à l’Arenig français ; par contre les Diplograptidœ sont remarquables par une répartition verticale beaucoup plus étendue.

Espagne : Les graptolite recueillis par M le Chanoine J. Aimera, en Catalogne, m’ont permis [149] de reconnaître l’existence dans cette partie de l’Espagne, des quatre étages graptolitiques, distingués dans le Gothlandien par les savants anglais. Leur concordance avec les étages indiqués en France, confirme nos notions sur la vaste extension des mers gothlandiennes à l’ouest de l’Europe. L'étendue de ces eaux tranquilles devait nécessairement être suffisante pour permettre la dissémination, de l’Espagne à l’Angleterre, à l’abri d’apports élastiques continentaux, de colonies libres de graptolites et de leurs gonozoïdes errants.

§ 3. — PÉTROGRAPHIE

Dans l’étude des roches, je me suis aidé des méthodes précises, basées sur les caractères optiques des minéraux en lames minces, que les travaux de MM. Fouqué et Michel-Lévy ont mis à la disposition des géologues. J’ai fait connaître les caractères microscopiques de diverses roches sédimentarres. éruptives, intrusives et métamorphiques, et cherché à interpréter les conditions de leur formation.

Les causes qui présidèrent à la répartition de plusieurs de ces roches sédimentaires et éruptives ont été fixées ; l’existence d’anciens volcans a été reconnue en Bretagne ; les notions sur l’âge et le mode d’apparition des granités bretons ont été transformées par l’étude de leurs phénomènes de contact, et la portée de ces observations pour la théorie du métamorphisme

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