‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 6 sur 17 · B. - RECHERCHES SUR LA TEINTURE ET L’IMPRESSION DES TISSUS · texte numérisé non relu

B. - RECHERCHES SUR LA TEINTURE ET L’IMPRESSION DES TISSUS

I. - APPLICATION DD PDRPDRATE D'AMMONIAQUE A LA TEINTURE ET A L’IMPRESSION DU COTON.

(Répertoire de Chimie appliquée , p. 86; 1858-1859. — Traité des matières colorantes de Sc/iützenberger, t. I, p. 114 ■ )

Les seules matières colorantes organiques appliquées à la teinture et à l’impression du coton jusqu’en i856 étaient celles que les règnes végétal et animal nous offrent toutes formées. J’ai réalisé l’introduction, dans ces industries, de la première matière organique produite artificiellement, et ce résultat a contribué sans doute au succès qui depuis a accueilli les couleurs dérivées de l’aniline; l’apparition d’une substance si différente par son origine de tous les colorants emploves jusqu’alors produisit, en effet, une grande sensation dans l’industrie des toiles peintes et attira l’attention des savants sur le parti qu’on pourrait tirer des matières colorantes artificielles.

A la vérité, dès 1820, quelques expériences avaient été tentées dans cette voie; on avait cherché notamment à reproduire la pourpre des anciens en utilisant la propriété qu’a l’alloxane de colorer les tissus en rouge, mais ces essais n’ont pas abouti.

MM. Depoully et moi, nous avons remplacé l’alloxane (matière Colombie) par la murexide (matière colorante) et nous avons montré les applications dont cette substance est susceptible.

Je me suis personnellement attaché à en réaliser l’emploi sur les tissus de coton et de laine. Mon procédé consiste à fixer sur ces tissus de l’oxyde de plomb et à les teindre ensuite dans une dissolution de murexide.de façon à produire ainsi du purpurate de plomb; cette combinaison ne présentant pas par elle-même une nuance assez belle et assez vive, je la transforme en purpurate de mercure par un passage dans une dissolution de sel mercurique; le mercure se substitue alors

au plomb et donne naissance à une belle laque pourpre. C’est une couleur assez résistante au soleil, mais elle est très sensible aux émanations sulfureuses.

En remplaçant le mercure par le zinc, on obtient du purpurate de zinc d’un bel orangé.

Les couleurs de murexide ont eu un succès brillant, mais éphémère ; la cause principale de leur chute a été la découverte, réalisée peu de temps après, du rouge d’aniline, plus solide et plus facile à employer.

Page 1