DANS LA SÉRIE ANIMALE
CONSTITUTION, ORIGINE, ÉVOLUTION DE CES ÉLÉMENTS; THÉORIE DE l’hÉMATOGENÉSE, ETC,
(Ouvrage in-4° accompagné de douze planches litliographiées et coloriées.)
On a pensé jusqu’en 1881 que les globules rouges des ovipares et ceux des vivipares étaient essentiellement différents. Je m’attache à établir dans cet ouvrage que les différences signalées sont seulement apparentes. Une analyse plus pénétrante permet de retrouver dans les globules rouges des mammifères les trois éléments qui composent les hématies des oiseaux, des reptiles, des batraciens et des poissons. A l’aide des réactifs dont je donne la composition, on peut isoler instantanément ces trois éléments chez tous les vertébrés supérieurs.
Ges réactifs et l’examen microscopique démontrent que le noyau des globules rouges des ovipares est granuleux ; que leur protoplasma est granuleux aussi ; et que leur constitution, par conséquent, offre une frappante analogie avec celle des globules blancs. Chez les vivipares, le noyau et le protaplasma des hématies sont également granuleux et présentent avec les leucocytes une analogie non moins remarquable. Ces deux ordres de globules se ressemblent donc par les éléments qui les composent.
Leur similitude de composition était un puissant argument en faveur de leur commune origine.
Les uns et les autres en elfet ont pour point de départ des globules plus petits, ou fjlobidins. En se développant, les globulins forment les globules blancs; et les globules blancs, en se chargeant d’hémoglobins, donnent naissance aux globules rouges.
Les globulins sont le produit de la segmentation des globules blancs.
Cette segmentation est un phénomène remarquable, qui a échappe à l’attention des hématologistes. Cependant l’observation permet, non seulement de la reconnaître, mais de la suivre dans toutes ses phases successives. Les réactifs et le microscope démontrent :
Que dans toute la série des vertébrés les globules blancs se divisent en trois ou quatre particules, représentant chacune un globulin ;
Que le protoplasma se porte alors avec les globulins vers un point du contour de l’enveloppe ;
Que bientôt les globulins et le protoplasma traversent cette enveloppe sur le point qui leur est contigu, sans que celle-ci subisse la moindre solution de continuité, la moindre altération;
Etqu’aprèsl’avoir traversée les globulins, jusqu’alors étroitement réunis par le protoplasma, se séparent, pour flotter librement et isolément dans le liquide sanguin.
Telle est la première période de l’évolution des globulins. Dans cette première période ils sont caractérisés par leur petitesse, par leur forme arrondie et parmi aspect nettement granuleux; jusque-là ils représentent de simples noyaux.
Mais bientôt on voit apparaître sur un point de leur contour un arc fdiforme, qui constitue le premier vestige de leur future enveloppe. Cette arcade s’allonge, et ne ne tarde pas à entourer complètement le noyau.
A la formation de l’enveloppe succède très rapidement celle du protoplasma qui entoure le noyau, qui le sépare de plus en plus de l’enveloppe, et qui devient l’attribut distinctif de la dernière phase de l’évolution du globulin. A dater de ce moment il n’appartient plus àla classe des globulins; c’est un globule blanc qui n’a pas encore acquis tout son volume, mais qui ne tardera pas à l’atteindre.
Les globules blancs sont donc le siège d’un phénomène de segmentation qui porte uniquement sur leur noyau. De cette segmentation des noyaux résulte une prolifération active et incessante, qui a pour but de renouveler les globules blancs à mesure qu’ils se transforment en globules rouges, et de mettre le nombre de ceux-ci en harmonie avec les exigences de la nutrition et des sécrétions.
Dans mon ouvrage sur les éléments figurés du sang, je me propose, en définitive, d’exposer la théorie complète de l’hématogenèse en la basant sur un ensemble de faits rigoureusement observés. Cette théorie se résume dans les propositions qui suivent :
1° Les globules rouges de l’homme et des mammifères présentent une constitution identique à celle que nous offrent ces mêmes globules chez les oiseaux, les reptiles et les poissons ; dans les uns et les autres on peut constater la présence d’un noyau, d’un protoplasma et d’une enveloppe.
2" La constitution des globules rouges ne diffère pas de celle des globules blancs : dans les premiers comme dans les seconds on retrouve les trois éléments qui précèdent.
3“ Chez les vertébrés, les globules blancs prennent naissance dans les vaisseaux lymphatiques, et grossissent peu à peu en parcourant trois périodes qui sont caractérisées : la première par la formation du noyau, la seconde par la formation de l’enveloppe, la troisième par la formation du protoplasma.
Parvenus dans les vaisseaux sanguins, les globules blancs prolifèrent par voie de segmentation de leur noyau. Les globulins résultant de cette segmentation parcourent les trois périodes qui viennent d’être décrites, et arrivent aussi à l'état adulte. Alors commence pour eux une quatrième période pendant laquelle ils se colorent.
4" Chez les invertébrés, les globules blancs naissent par voie de genèse, et parcourent également trois périodes dans leur évolution. Mais leur noyau ne se segmente pas; ils ne prolifèrent pas; ils ne se colorent pas. Les éléments figurés du sang chez eux sont beaucoup moins abondants; leur corps se réduit à de moindres proportions.
En maintenant la division du règne animal en deux grands embranchements, on pourrait les caractériser en disant : que dans l’embranchement inférieur, les éléments figurés du sang n’arrivent pas à leur entier développement; ils restent à l’état de globules blancs; tandis que dans l’embranchement supérieur, ils parcourent leur complète évolution en passant de l’état de globules blancs à l’état de globules rouges et en se multipliant à l’inlini.
5" De mes études sur les éléments figurés du sang découlent quelques applications importantes à la pathologie. Elles sont relatives à la suppuration, qui n’est en définitive qu’une abondante prolifération de globules blancs, à la leucocythémie, au développement des affections cancéreuses, etc.