‹ Notice sur les travaux scientifiques du Dr. Ph. C. SappeyChapitre 5 sur 21 · C. Anévrysme et Bi^aiiire de l’artère iscliiatiqiie · texte numérisé non relu

C. Anévrysme et Bi^aiiire de l’artère iscliiatiqiie

{Gazette des hôpitaux, 1850, p. 165.)

Cette observation jusqu’à présent est restée unique dans la science. La tumeur, située au niveau de la tubérosité de l’ischion, offrait les dimensions d’un gros œuf de poule. Quelques jours après l’entrée du malade à l’hôpital, je liais le tronc de l’ischiatique au-dessus de l’anévrysme. Son volume après la ligature diminua très sensiblement ; les pulsations disparurent ; les téguments qui étaient rouges reprirent leur couleur normale. Mais trois semaines plus tard la main appliquée sur la région malade pouvait sentir

quelques légers battements qui annonçaient la prochaine réapparition de la tumeur. Bientôt en effet elle reprit son volume primitif, en sorte que le malade n’avait retiré de l’opération qu’une amélioration momentanée. Il devenait évident que la lésion abandonnée à elle-môme se terminerait d’une manière fâcheuse. Dans cette conviction je proposais une seconde opération, qui aurait consisté à ouvrir largement le sac anévrysmal. Elle ne fut pas acceptée ; et le malade sortit dans l’état où il était entré, n’ignorant aucune des conséquences auxquelles il s’exposait par un ajournement indéfini. En 1866, c’est-à-dire seize ans plus tard, sa tumeur ayant acquis un volume considérable et commençant à s’ulcérer, il vint me voir, bien résolu alors à suivre mes conseils. Je l’adressai à Nélaton, qui l’admit à l’hôpital des cliniques, et qui le guérit radicalement dans l’espace de deux mois par des injections de perchlorure de fer.

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