‹ Notice sur les travaux scientifiques du Dr. Ph. C. SappeyChapitre 9 sur 21 · YI. — RECHERCHES RELATIVES AU SYSTÈME GLANDULAIRE · texte numérisé non relu

YI. — RECHERCHES RELATIVES AU SYSTÈME GLANDULAIRE

Parmi les glandes qui ont été plus spécialement l’objet de mes études, il en est qui étaient inconnues et que j’ai non seulement découvertes, mais que j’ai fait connaître en exposant toutes les considérations anatomiques et physiologiques qui s’y rattachent.

Il en est d’autres qui étaient connues, mais dont la description était inexacte; j’ai relevé les erreurs commises.

Il en est d’autres encore qui étaient connues également, mais dont l’étude était restée incomplète ; j’ai ajouté aux faits qui les concernent les faits nouveaux que l’observation m’avait permis de constater.

A. Glandes que j’ai découvertes.

Au nombre de ces glandes viennent se ranger : celles de la pituitaire, celles de la conjonctive, celles du canal nasal, les glandes sébacées du bord libre des paupières, les glandes sébacées du mamelon, les glandes de l’utricule prostatique, et enfin la couche ovigène de l’ovaire, qui constitue la partie essentielle on fondamentale de cet organe.

a. €tlaudcs de la pituitaire.

{Mémoires de la Société de biologie, d853, p. 29.)

Jusqu’en 1853 on avait pensé que le mucus déposé sur la surface de la pituitaire était un simple produit d’exhalation. Je démontre dans ce mémoire qu’il est élaboré par des glandes en grappe, si nombreuses qu’on peut en compter jusqu’à 100, 120 et même 130 suri centimètre carré. C’est sur la moitié inférieure de la paroi externe des fosses nasales qu’elles atteignent leur plus grand développement, et qu’elles sont aussi les plus multipliées. Elles forment une couche presque continue et s’ouvrent sur la surface libre de la muqueuse par des orifices très apparents sur certains points, particulièrement au-devant des cornets moyen et inférieur. Aux plus longues j’ai donné le nom de glandes en épi. Ce qui les caractérise en effet, c’est un long conduit excréteur à peu près rectiligne, autour duquel se disposent une foule de lobules. Les moyennes sont pour la plupart de forme arrondie. Quelques-unes n’affectent aucune configuration déterminée. C’est surtout à la présence de ces glandes que la muqueuse nasale est redevable de son épaisseur; sur les points où elles se montrent plus petites et plus espacées, la pituitaire devient plus mince. On les rencontre aussi chez les mammifères; leur disposition ne diffère pas de celle qu’on observe chez l’homme.

Mais la pituitaire ne tapisse pas seulement les fosses nasales proprement dites; elle se prolonge dans tous les diverticules qui en dépendent, en s’amincissant et devenant presque transparente. Or dans tous ces prolongements diverticulaires j’ai constaté également la présence de très nombreuses glandules, de formes étranges et sans -analogues, dont quelques-unes se groupent autour d’un long conduit ràm eux et contourné,

tandis que d’autres se présentent sous l’aspect d’un simple utricule. Ces glandules que j’ai retrouvées jusque dans les cellules ethmoidales offrent un intérêt particulier pour le chirurgien. Elles deviennent très fréquemment le siège de kystes, qui peuvent ne pas dépasser un très petit volume, mais qui atteignent quelquefois aussi d’assez grandes dimensions pour dilater les cellules et les sinus et pour donner naissance à des tumeurs d’apparence osseuse, sur la nature et sur le traitement desquelles la chirurgie n’était pas fixée. Dolbeau, le premier, a fait remarquer qu’elles n’offrent pas le caractère de gravité qu’on a pu leur supposer; en ouvrant le kyste osseux qui les contient, on les détache sans peine par voie de simple décollement.

b. Glandes de la conjonetÎTe.

{Mémoires de la Société de biologie, t. V, p. 13.)

Les glandes de la conjonctive dont j’ai signalé l’existence en 1853 sont situées au-dessous de cette membrane, dans l’angle qu’elle forme en passant des paupières sur le globe de l’œil. C’est sur la moitié interne de cet angle qu’on les rencontre, en sorte qu’elles se disposent pour la plupart sur une ligne courbe demhcirculaire à concavité externe. Du cul-de-sac oculo-palpébral ces glandes s’avancent sous la muqueuse jusqu’au bord adhérent des cartilages tarses. Leur nombre, ainsi que leurs dimensions, varient assez notablement suivant les individus ; chez quelques-uns on en trouve de 12 à 15 seulement; chez d’autres, de 20 à 25 ou 30. Leur diamètre est de 0™™,3 à 0'™‘,5. Les plus grosses atteignent 1 millimètre, et peuvent même dépasser ce volume. De forme en général arrondie, elles offrent au microscope l’aspect et tous les attributs des glandes en grappe. Ces glandes sécrètent un liquide muqueux, qui contribue à favoriser le jeu réciproque du globe de l’œil et des paupières.

Chez les mammifères le mucus qui recouvre la surface libre de la conjonctive est sécrété par une glande située dans le grand angle de l’œil, la glande de Harder, dont les conduits excréteurs, au nombre de deux, viennent s’ouvrir en dehors du pli semi-lunaire. Entre les glandules isolées qu’on observe, soit dans l’espèce humaine, soit chez quelques quadrupèdes, comme le mouton, et la glande de Harder, l’analogie est évidente ; on peut dire que les glandules sous-conjonctivales se présentent en résumé sous deux formes principales, à l’état de segmentation chez les uns, à l’état d’agrégation chez les autres.

c. Glandes du canal nasal.

{Traité d’anatomie, 3® édition, t. 111, p. 744.)

A l’époque où je poursuivais mes recherches sur les glandes de la pituitaire et sur celles de la conjonctive, je crus devoir explorer aussi la muqueuse qui revêt le conduit lacrymo-nasal et qui relie Tune à l’autre les deux précédentes. Je pensais retrouver sur cette muqueuse intermédiaire les mêmes glandes en grappe. Je soumis d’abord à l’action des réactifs et à l’examen microscopique la muqueuse du sac lacrymal, et même celle des conduits lacrymaux. Elles ne contenaient aucune trace de glandules. Quelques auteurs admettent cependant leur existence dans le sac lacrymal; mais des recherches souvent renouvelées dans les meilleures conditions m’autorisent à les nier de la manière la plus absolue. Ces glandes existent au contraire dans la muqueuse du canal nasal. C’est plus spécialement sur la moitié inférieure du canal qu’on les rencontre. Elles offrent du reste la structure et les propriétés de celles de la pituitaire.

Les glandes en grappe du canal nasal sécrètent un mucus très fluide dans l’état ordinaire. Mais sous l’influence d’une inflammation provenant soit de la pituitaire, soit de la conjonctive ou d’une phlegmasie limitée au canal, ce mucus peut acquérir une plus grande consistance et mettre alors obstacle au passage des larmes ; c’est ainsi qu’il devient quelquefois le point de départ d’une fistule lacrymale, surtout lorsque l’embouchure du canal est plus ou moins étroite, disposition assez fréquente.

d. Glandes sébacées dti boi*d libre des paupières ou glandes ciliaires.

(Mémoires de la Société de biologie, 1853, p. 13.)

Deux glandes sont annexées au follicule pileux de chaque cil; et, comme les cils pour chaque paupière sont au nombre de 100 à 130 et 150, on voit, en prenant le chiffre 125 comme terme moyen, qu’il existe sur la lèvre antérieure de l’orifice palpébral 500 glandes environ. Le volume de ces glandes varie selon les individus et selon les cils. Celles qui dépendent du même follicule pileux offrent souvent des dimensions très inégales. Il en est qui sont formées d’un seul lobule. Les plus compliquées en comprennent de deux à trois. C’est ordinairement sur un point assez rapproché de l’embouchure des follicules qu’elles viennent s’ouvrir.

Le produit que sécrètent ces glandes est une matière sébacée, analogue à celle qui provient des glandes de Meibomius, dont elles se rapprochent beaucoup par leur nature et leurs attributions, mais dont elles diffèrent considérablement par leur mode de configuration et leur usage. Ce produit se dépose autour de la base des cils et sur toute leur longueur. Ainsi lubrifiés, ils peuvent facilement s’entre-croiser au moment du rapprochement des paupières en glissant les uns sur les autres, et reprendre ensuite leur indépendance réciproque et leur direction.

Lorsque les glandes ciliaires sont le siège d’une inflammation chronique, comme chez les enfants scrofuleux, par exemple, leur produit de sécrétion prend les caractères d’un liquide séro-purulent, ou tout à fait purulent, qui se dépose autour de la base des cils, et qui constitue la chassie. Jusqu’à l’époque où j’ai signalé l’existence des glandes ciliaires, tous les auteurs plaçaient la source de cette chassie dans les glandes de Meibomius, erreur grave dans laquelle ne tombent plus aujourd’hui les ophthalmologistes, mais que commettent encore un grand nombre de médecins. Ces glandes sont donc importantes, non seulement par leur nombre et par leurs attributions, mais aussi par leurs maladies extrêmement fréquentes. Quand l’inflammation du bord libre des paupières passe à l’état chronique et persiste très longtemps, elle a pour résultat la chute des cils, dont l’absence peut être temporaire ou définitive.

e. Glandes du mamelon et glandiiles mammaiees accessoires.

{Traité d'anatomie, 3' édition, t. IV, p. 797.)

Dans l’épaisseur des téguments du mamelon il existe de cent à cent cinquante glandes sébacées, assez volumineuses pour se toucher et pour former une couche continue, qui s’étend jusqu’à sa base, où elle cesse brusquement. Ces glandes sont formées de trois, quatre ou cinq lobes, composés chacun de plusieurs lobules. Leur conduit excréteur s’ouvre dans le fond des sillons qui séparent les papilles du mamelon. Elles sécrètent un liquide onctueux, qui a pour destination de protéger cet organe contre l’action irritante de la salive de l’enfant. Aussi remarque-t-on que les gerçures si fréquentes à la suite de l’allaitement ne siègent jamais sur le mamelon, mais sur la ligne circulaire qui le sépare de l’aréole, c’est-àdire sur la limite au niveau de laquelle la peau n’est plus protégée par leur produit de sécrétion.

Sur l’aréole du sein on voit s’ouvrir des glandes de deux ordres : 1° des glandes sébacées, qui acquièrent un volume plus considérable à la fin de la grossesse et qui prennent alors le nom de tubercules de MonUjomerij ; 2" des glandules mammaires accessoires, dont l’existence est loin d’être constante. Ces glandules mammaires sont sous-cutanées. Leur conduit s’ouvre tantôt directement sur l’aréole et tantôt dans le conduit excréteur d’une glande sébacée. De là l’erreur de quelques auteurs, qui ont considéré ces glandes comme pouvant aussi sécréter du lait. Mai^ elles sont tout à fait indépendantes des glandules mammaires proprement dites et n’ont de commun avec celles-ci que leur emboucbure dans quelques cas exceptionnels.

f. Kcclierches sur la structure de rovaire; découverte de la couche ovigène.

(Mémoire présenté à l’Académie des sciences, en ISGl.)

Jusqu’à l’époque où parut ce mémoire, l’ovaire, chez la femme, était formé, pour tous les auteurs, d’une enveloppe fibreuse et d’une substance spongieuse beaucoup plus importante dans laquelle se développaient les ovules. Dans mon enseignement en 1861 et 1862 et dans mon Traité d’anatomie en 1863, je démontrais :

1" Que l’enveloppe fibreuse considérée comme l’analogue de la tunique albuginée du testicule, c’est-à-dire comme entourant la glande, représente la glande elle-même; et que la substance spongieuse considérée comme la glande ne prend aucune part à la formation des ovules.

2“ Que l’ovaire se compose de deux parties : l’une, superficielle mince, de couleur blanche et de consistance ferme; l’autre, centrale, volumineuse, de couleur rougeâtre et de consistance spongieuse.

A la portion superficielle ou périphérique je donnais le nom de portion glandulaire ou ovigène, sous lequel elle est aujourd’hui généralement connue. C’est dans son épaisseur, en effet, que sont situés les ovisacs ou vésicules ovariennes, contenant chacun un ovule. En 1872, de Graaf avoue qu’il a pu compter jusqu’à vingt ovisacs. Selon Rederer, leur nombre varierait de trente à cinquante. Les médecins qui se livrent plus spécialement à l’art des accouchements ont fait remarquer que la femme pond un ovule par mois, pendant trente à trente-cinq ans; et de

ce calcul ils ont conclu théoriquement qu’elle devait en posséder de trois cents cà trois cent cinquante. Telles sont les notions que nous ont léguées sur ce point nos prédécesseurs. Consultons maintenant l’observation.

Sur l’ovaire d’une lîlle de deux a trois ans, soumis préalablement à l’action des réactifs convenables, je pris i millimètre carré de la couche ovigène; et, l’examinant à un grossissement de 200 diamètres, je tentai de procéder au dénombrement des vésicules ovariennes. Mais elles s’offrirent à ma vue plus nombreuses que les étoiles du firmament. Prenant un autre millimètre carré, j’imaginai de le diviser en quatre parties; dans chacune de ces parties, elles restèrent encore innombrables. Je divisai alors un autre millimètre carré en trente particules, que je disposai sur une même ligne pour les passer ensuite successivement en revue. Grâce à ce fractionnement, je réussis enfin à trouver une base pour mes calculs approximatifs. Je constatai ainsique, chez cette enfant, le nombre moyen des ovisacs pour 1 millimètre carré s’élevait à 1750.

Pour arriver à déterminer le nombre total des ovisacs dans la couche ovigène du même ovaire, je n’avais plus qu’à évaluer son étendue superficielle. Elle était de 250 millimètres carrés; or 1750 X 250 = 422400 vésicules ovariennes. Chez cette enfant, chaque ovaire portait donc à sa superficie plus de 400000 ovisacs : ce qui donnait, pour les deux ovaires, un total de 844 000 vésicules. En répétant ces recherches sur d’autres ovaires du même âge, j’ai reconnu que leur nombre pouvait atteindre et même dépasserun million. Chez une enfant de quatre ans, dont les ovaires offraient un très beau développement, il s’élevait à 1 150000. Les ovaires les moins richement dotés en possèdent au minimum 600 (1).

La nature, qui a veillé avec tant de soin à la reproduction des espèces les plus infimes, n’a donc pas montré moins de sollicitude pour les espèces les plus élevées. Ces dernières, et à leur tête l’espèce humaine, qu’on a pu croire jusqu’à présent déshéritée sous ce rapport, ont été douées avec

(1) Vers la fin de l’année 1862, un anatomiste allemand, Selirœn, a vu ces vésicules ovariennes sur la périphérie de l’ovaire, mais seulement chez les mammifères, où elles sont très volumineuses et très apparentes. Il annonce la prochaine publication d’un autre mémoire sur l'ovaire de la femme. Mais ce nouveau mémoire n’a jamais paru. Le premier, incontestablement, j’ai fait connaître la structure de cet organe dans l'espèce humaine, où son étude devenait beaucoup plus diflicile, les ovisacs se réduisant chez la femme à leur plus extrême petitesse. L’Académie des sciences en a jugé ainsi lorsque, sur la proposition de son rapporteur, M. Coste, elle a bien voulu honorer mes recherches d’une récompense.

la même profusion 'de toutes les conditions qui pouvaient assurer leur perpétuité. Si tous les œufs que porte une jeune fille k la surface de ses ovaires étaient fécondés, et si tous ces œufs fécondés parcouraient ensuite leur complet développement, une seule femme suffirait pour peupler quatre villes, comme Lyon, Marseille, Bordeaux et Rouen, et deux pour peupler une capitale de deux millions d’habitants comme Paris.

A l’état embryonnaire, la femme est déjà en possession de tous les ovisacs qu’elle doit posséder. Leur nombre ne s’accroît pas de la naissance à la puberté. A chaque menstruation, beaucoup de ces' ovisacs sont détruits. Leur nombre diminue ainsi progressivement jusqu’à quarante-cinq ou cinquante ans, époque à laquelle ils ont tous disparu. M.Coste, le rapporteur de la Commission du prix de physiologie expérimentale, a donc pu dire avec vérité: ■! '

«: L’histoire de la couche ovigène devient celle de la vie génératrice » de la femme, et son atrophie aux approches de l’âge critique l’explica- » tion de sa stérilité. » ’ ■ . /I

M . IV ■ -q

kj B. Reclierclies sur les g^landes dont jt’ai complété > I la description. i . . , J-ib

'' A cette seconde catégorie de recherches se rattachent celles que j’ai

faites sur le testicule, sur les glandes des conduits biliaires, sur les"

glandes sudoripares et sur les glandules de la muqueuse respiratoire.

a. Recherches snr le testicule, j jO ,,

{Traité d’anatomie, t. II, p. 705.)

Les faits nouveaux que mes études sur le testicule 'm’ont conduit à recueillir sont relatifs à l’origine des conduits séminifères, aux cæcums situés sur leur trajet, à leurs anastomoses et à leur étendue.

Tous les anatomistes admettaient avec Lauth que les conduits séminifères à leur point de départ se con tinuent entre 'eux, qu’ils forment un réseau, et que ce réseau représente leur commune origine. L’examen microscopique démontre qu’ils naissent par! une extrémité libre, légère-ment renflée, -tantôt simple, tantôt double.! -i* - • - ~j . ' .o!

Sur le trajet de ces conduits, on n’avait rien vu qui méritât d’être signalé. J’ai fait remarquer qu’il existe constamment, sur la première moitié de leur longueur, des cæcums, en général très courts, mais offrant quelquefois *une étendue de 1 à 2 centimètres. Ces cæcums s’échelonnent, du reste, à des intervalles très inégaux. Ils disparaissent sur la moitié terminale des conduits.

Ces mêmes conduits se trouvent unis par des anastomoses ; et celles-ci sont de trois ordres : les unes se portent d’un lobe à un autre lobe, d’autres d’un conduit à un autre conduit du même lobe, et d’autres, enfin, d’un conduit à un autre point du même conduit. Lauth avait vu les premières. J’ai découvert les secondes et les troisièmes.

La longueur des conduits séminifères avait été le sujet de laborieuses recherches. Mais les auteurs, appliquant à leur mensuration des procédés défectueux, étaient arrivés à des conclusions fort différentes. Ainsi, pour Monro, la longueur propre à chaque conduit serait de 3“,64, et pour Lauth de 25 pouces ou 70 centimètres en moyenne. L’un et l’autre ont fondé leur évaluation sur un piæcédé géométrique très compliqué et peu satisfaisant, puisqu’il donne des résultats si discordants. Celui que j’ai mis en usage consiste à durcir préalablement et à dérouler ensuite les tubes séiïiinifères. C’est le seul évidement qui pouvait conduire à des évaluations approximatives. Il prouve que la longueur des tubes est très inégale. Ceux qui forment les lobes les plus minimes ne dépassent pas 35 centimètres ; ceux des lobes de moyen volume varient de 60 à 85 centimètres; et ceux des lobes les plus gros de i“,50 à i'",75. Ils offrent donc une longueur moyenne de 75 à 80 centimètres. Leur nombre étant de onze cents, si on les suppose placés bout à bout, et formant un tube unique, on aura, pour l’expression de l’étendue de ce tube, 850 mètres; et en tenant compte des anastomoses, il atteindra 1 kilomètre.

b. Rechercbeis sur les glandes des conduits biliaires.

{Traité d’anatomie, t. IV, p. 329.)

Ces glandes n’étaient encore que très imparfaitement connues lorsque je les ai étudiées chez l’homme et chez les mammifères. J’ai pu constater qu’on les trouve sur toute l’étendue des voies biliaires, mais à des degrés de développement qui varient avec leur calibre. Sur les radicules interlobulaires, elles sont représentées par de simples utricules, d’abord très

espacés, puis plus rapprochés. Sur des radicules un peu moins déliées,, on observe deux ou trois utricules, s’ouvrant dans le conduit par un orifice commun. Sur des conduits un peu plus gros, il existe de très petites glandes en grappe; et ces glandes, à mesure qu’on se rapproche du hile du foie, augmentent de nombre et de volume au point de former une couche continue.

On n’avait pas observé encore de glandes dans la vésicule biliaire. J’ai signalé leur existence sur celle du bœuf et sur celle de l’homme, dans lesquelles elles se réduisent du reste à leurs moindres proportions.

On avait nié leur présence dans le canal cystique ; or c’est dans ce canal qu’on trouve les plus grosses glandes en grappe.

On avait au contraire admis leur existence dans les parois du canal cholédoque; j’ai démontré que ce canal n’en contient jamais aucun

vestige. -i- .J c w . .......

c. Recherches sar les glandes sndoripares.

{Traité d'anatàmlè,\. III, p. 592 à 598.)

Les faits nouveaux que j’ai ajoutés à l’histoire de ces glandes concernent leur dénombrement, leur corps ou glomérule, et la partie terminale de leur conduit excréteur.

' Pour en déterminer le nombre. On avait fait usage, pour ces glandes comme pour les conduits séminifères, de procédés jusqu’alors défectueux; de là dans les résultats obtenus des différences qui suffisent pour lès condamner. Ainsi Leuwenoeck en estime le nombre à plus de deux milliards, et Eichorn à dix millions seulement. J’ai prouvé, par un procédé fort simple, qu’il ne dépasse pas deux millions. Il consiste à détacher l’épiderme par voie de putréfaction. On- le laisse sécher; puis on en coupe i centimètre carré, qu’on subdivise en quatre parties égales, et on examine chacune de celles-ci au microscope, en dirigeant sa face profonde ou adhérente en haut. On voit alors très nettement l’embouchure de toutes les glandes, et on peut en faire sans la moindre difficulté le dénombrement^ en tenant compte de l’étendue superficielle totale de la peau, qui est en moyenne, d’après mes recherches, de 15000 centimètres carrés pour un homme de moyenne stature et de moyenne corpulence.

- Le glomérule des glandes sudoripares avait été considéré comme un peloton ; on admettait, en d’autres termes^ que le tube s’enroule autour

de sa 'partie initiale. L’observation atteste que cet enroulement n’a jamais lieu. Lorsqu’on examine une glande sudoripare à un grossissement suffisant, on voit que son corps est formé par de simples flexuosités du tube sécréteur, tombant et s’entassant les unes sur les autres ; d’où il suit qu’en détruisant: à l’aide des réactifs le tissu cellulaire qui les unit entre elles, on peut redresser ce tube en partie, et quelquefois même en totalité! ’ ’

La partie terminale du conduit excréteur parvenue dans la couche, épidermique se contournerait en spirale sur toute la superficie des téguments, d’après l’opinion universellement admise. Or il est très facile de reconnaître que cet enroulement spiroïde ne se montre que sur la paume des mains et la plante des pieds. Dans toutes les autres régions, quelle que soit l’épaisseur naturelle au acquise de l’épiderme, le conduit décrit seulement un demi-cercle et se termine par un orifice infundibuliforme.

d. Glandes de la mnqnease respiratoire.

{Traité d’anatomie, i. IV, p. 469.)

Ces glandes présentent dans leur volume et leur constitution de remarquables modifications à mesure qu’on descend du tronc de l’arbre aérifère vers ses dernières divisions. Sur la portion sous-glottique du larynx elles forment une couche épaisse. Dans toute l’étendue de la trachée elles se disposent sur trois plans, dont l’un est sous-jacent à la tunique musculaire, le second intramusculaire, et le troisième sousmuqueux. Sur les bronches et leur première division, même disposition générale. Mais sur. les secondes et les troisièmes elles deviennent plus petites, plus espacées et moins, compliquées; elles ne sont plus formées pour la plupart que par un seul lobule. Sur les quatrièmes divisions, les lobules eux-mêmes commencent à s’égrener; ils se réduisent à des groupes de trois ou quatre utricules, s’ouvrant sur la muqueuse par un orifice commun ; puis à ces groupes succèdent des utricules isolés de plus en plus rares et qui disparaissent sur les bronches dont le diamètre ne dépasse pas 1 millimètre.

Les mucosités que sécrètent les glandes des conduits aérifères proviennent donc surtout de la trachée, des bronches et de leurs premières divisions. On comprend sans peine que, déposées sur les parois de divisions plus petites, elles. auraient pu se trouver refoulées vers l’entrée des

lobules parla colonne d’air inspiré et mettre ainsi obstacle k'ia respiration, tandis que leur présence sur les bronches d’un plus grand calibre n’offrait plus le môme danger.

Cette dégradation dans le nombre, le volume et la constitution des glandes de la muqueuse respiratoire à mesure qu’on se rapproche des lobules pulmonaires et le point précis où elles disparaissent n’avaient pas encore été signalés et méritaient de l’être au triple point de vue de l’anatomie, de la physiologie et de la’pathologie.

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