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LXVI. — Sur le sucre inverti

Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. I.XIX, p. 1008. - Journal de Pharmacie,

Les études sur le sucre sont des plus difficiles. Dubrunfaut avait présenté la composition du sucre inverti sous une forme simple : il y aurait moitié glucose dextrogyre, et moitié lévulose lévogyre.

Mais une étude attentive montre un état plus complexe.

Dans le présent Mémoire, on voit que le sucre inverti peut offrir un septième de glucose seulement; du moins n’en obtient-on pas davantage par l’action du chlorure de sodium. Le glucose offre alors une particularité délicate et toute nouvelle.

Sa combinaison avec le sel ne différé de la combinaison.correspondante du glucose de diabète que par la forme cristalline. Toutes deux ont la même forme primitive; mais elles n’ont pas la même combinaison cristallographique. Cette distinction paraît suffire pour déterminer une différence, qui n’avait pas encore été signalée, dans le temps nécessaire à la déversion (c'est le nom que j’ai dû donner à la diminution de pouvoir rotatoire qu’on observe pendant quelques heures après la dissolution);

La déversion du glucosate diabétique exige 7 11 ;

Celle du glucosate invertique n’exige pas plus de iV; >'".

Assurément c’est là un fait des plus curieux et qui pourra jeter une lumière assez vive sur la structure des cristaux.

Voici un second fait que le sucre inverti n’avait pas encore pré-

Cristallisé récemment, il offre, dans son ensemble, une rotation à droite (Mitscherlich). J’ai observé, en outre, qu’il présente la déversion, comme du glucose pur, même conservé quatorze ans, et même fondu au bain-marie pour dissoudre les cristaux.

;ales est une chimère, et que les poids des sels de chaux fc ces deux parties sont très inégaux. En outre, le sel de cha ontient deux matières : l’une qui peut être envisagée comi voisin du sucre, l’autre comme un acide que l’acide cari déplace pas; toutes deux neutres optiquement. Le sel de cha ne contient qu’un produit neutre.

iulement' ces produits sont neutres optiquement, mais une action sur la liqueur cupropotassique.

ts si étranges rendaient necessaire une étude nouvelle et ; ! de l’inversion du sucre. Quelques chimistes ont cru rétab de Dubrunfaut, mais c’est une grosse erreur. MM. Jungfleis c ont obtenu du lévulose cristallisé; mais rien ne prouve s ivec celui du sucre inverti ni surtout sa présence par moi

'ai montré dans le même travail que la fermentation du sut V électif.

— Sur une erreur des évaluations saccliarimetrimu

La preuve est tirée (les faits que j’ai observés dans la calcination de l’oxalate de plomb. Cette calcination laisse un résidu noir considéré, par les plus habiles chimistes, comme un oxyde spécial. Berzelius, Dulong, Pelouze et M. Boussingault ont admis pour cet oxyde la formule Pb 2 0 . Pelouze a, surtout, multiplié les expériences et déclaré l’existence de cet oxyde incontestable. Un chimiste allemand, M. Winckelblech, a soutenu la même opinion.

La Théorie générale m’a fait découvrir, et l’expérience m’a prouvé,

que ces cinq chimistes ont commis une erreur, et n 'ont pu l’éviter, faute du guide assuré dont je puis me servir.

Le résidu noir u’est pas un oxyde spécial : c’est un mélange de plomb et d’oxyde ordinaire : 2Pb + P 1 > 0 , ou en apparence Pb’O.

Ce résidu n’est pas insensible à l’action .du mercure, comme l’ont cru MM. Boussingault et Pelouze. Il ne faut même pas longtemps pour qu’il soit attaqué.

Le résidu n’est pas insensible à l’action du sucre, comme l’a cru Pelouze. Il lui cède beaucoup d’oxvde PbO et se comporte comme la litharge divisée, atomique.

Les gaz dégagés pendant la calcination n’ont pas le rapport indiqué par Pelouze CO a : CO : : 3 : i. Le rapport est : : 2:1 , comme la Théorie générale l’indique.

En un mot, malgré leur habileté si connue, les cinq chimistes n’ont commis que des erreurs et ne pouvaient les éviter, dans l’état d’ignorance où les hypothèses admises les tenaient plongés. Rien dans ces hypothèses ne donne une marche certaine, rien n’avertit de l’erreur. La Théorie générale, seule, permet d’éviter cette impuissance; il est donc nécessaire d’en faire usage.

LXX. — Théorie générale de l'action chimique (treizième Mémoire). —- Préparation de l’oxyammoniaque.

L’oxyammoniaque est une substance très importante découverte par M. Lossen, chimiste autrichien. Elle prend naissance dans les actions des azotates avec les métaux, et par conséquent elle s’est trouvée parmi les produits que venaient de signaler H. Deville et surtout M. Fremy.

J’ai indiqué un moyen de l’obtenir avec les azotates métalliques, plus économiquement et moins dangereusement qu’avec l’azotate méthylique, employé par M. Lossen.

LXXI. — Théorie générale (quatorzième Mémoire). — Nouvelle preuve de l’écroulement du type chimique dans les actions dites de substitution.

Dans les objections, qui m’ont, été faites, à l’assertion qu’ancun fait simple de substitution n’a jamais été observé, on a cité l’action du chlore sur l’éther iodhydrique

que MM. Dumas et Stas ont mentionné comme une expérience fort nette. Outre que les auteurs, eux-mêmes, déclarent que la substitution du chlore à l’hydrogène ne s’est effectuée qu’après le déplacement de l’iode par le chlore, j’ai dû vérifier les indications de la Théorie qui annoncent

Comme toujours, l’expérience a vérifié ces indications. La deuxième action, la plus profonde, a lieu quand on laisse intervenir une chaleur même assez faible. On a

3 C 1 + C‘H'I = C*H‘C 1 * + HCl + 1 ,

et C‘H‘C 1 ! ne peut être considéré comme le produit d’une substitution simple, ni même d’une substitution véritable.

Chaque pierre de l’édifice des types et des substitutions s’écroule ainsi au premier rayon de la lumière que la Théorie générale peut diriger sur elle. La base de cet édifice est une immense erreur.

LXXII. — Théorie générale (quinzième Mémoire). — Deuxième preuve de la nécessité de son emploi pour éviter

(Lu à l’Académie le r j mars 1870.)

Comptes rendus de i’Académie des Sciences, t. LXX, p. 55p.

Bulletin de la Société chimique, avril 1870, p. ap..

Wurtz venait de communiquer à l’Académie des expériences sur un acide qu’il nommait, pour essayer d’en indiquer la constitution, acide

dibenzyl-carboæylique. Outre l’inexactitude des idées qui lui servaient de guide, Wurtz a commis une erreur de fait, que ces idées entraînent, et dont j’ai signalé beaucoup plus d’un exemple. Je me suis décidé à expliquer cette erreur : elle consiste en un manque d’hydrogène. L’acide n’a pas la formule C”’H'*0‘, comme le pensait Wurtz, mais bien C J1 H ,5 0‘. J’ai ajouté dans mes conclusions :

J^a différence des deux formules, indiquée et démontrée par ma Théorie, n’aurait pu être ni indiquée, ni démontrée, par les idées encore admises, ni pau aucun moyen expérimentai ;

La formule C' < ’H l, 0', suggérée à Wurtz par l’hypothèse des substitutions, est inexacte, d’après les analyses mêmes de l’auteur, et surtout d’après les résultats fournis par la distillation du sel de chaux.

Dans l’équivalent du nouvel acide, le nombre des équivalents d’hydrogène est impair, et rien n’autorise à doubler la formule, pour la faire accorder avec la prétendue loi de Laurent.

Les indications de la Théorie générale conduisent à un moyen simple pour préparer, directement et sans perte, le nouvel acide que je nomme pentadëcodique. 11 suffit de chauffer des équivalents égaux de mercure-tétradécinène et d’éther oxalique. On obtiendra l’éther du nouvel acide, etc.

La différence observée dans l’emploi du chlorure de benzyle et du bromure, incompréhensible dans les idées admises, est toute naturelle dans ma Théorie, comme je l’ai indiqué depuis longtemps. La différence se retrouve dans tous les cas analogues, c’est-à-dire pour les hydrocarbures à équivalent élevé et en raison de cette élévation.

LXXIII. — Théorie générale (seizième Mémoire). — Troisième preuve de la nécessité de son emploi pour éviter l’erreur.

Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LXX, p. 737.

Bulletin de la Société chimique, juin 1870, p. 482.

Le but de ce Mémoire est de signaler des erreurs commises par

( Si )

JIM. Friedel et Crafts dans un travail récent sur le silicium-éthyle. Malgré le talent des auteurs, la persévérance, inexplicable, avec laquelle ils se confiaient aux idées de substitutions et d’atomicité, les avait entraînés h deserreurs, dont les unes sont des interprétations inexactes seulement, mais les autres sont, comme pour Wurtz, des erreurs d’expérience. Mes remarques n’ayant été publiées, ni dans le Compte rendu, ni dans le Bulletin de la Société chimique, je vais les résumer ici. Voici les erreurs indiquées par la Théorie générale :

i° Le silicium-éthyle monochloré de MM. Friédel et Crafts n’est pas un corps unique. C’est un mélange '» équivalents égaux de

Si(C‘H«j‘G‘H*ei

Si(C*H‘)=C‘H*Cl ou Si(C‘H>j‘CL,

C’est parce que ce corps est un mélange que les auteurs n’ont pas pu saisir un point d’ébullition tant soit peu fixe;

2° L’acétate de silico-nonyle, préparé avec le mélange précédent, contient une certaine quantité d’un acétate dont la formule est

Si(C‘H‘)‘ 0 , C‘H’ 0 1 Si(C‘H‘) ! C*H* 0 ,C‘H' 0 *,

comme les auteurs l’ont cru.

La masse entière du produit obtenu par fractionnement paraît même avoir la formule que la Théorie générale fait découvrir, car on a

3 ° L’alcool obtenu en traitant l’acétate par KO.HO a pour formule Si(C‘H s )‘ 0 ,H 0 ,

comme l’indique la Théorie, et comme le prouvent encore les analyses

LXXV. — Théorie générale (dix-septième Mémoire). — Action du chloral et de l’aniline.

Dans les idées classiques, on devrait avoir

C‘HC1’0‘+ C’HtAz = C'*H S AzO ! -h 3HCI, ce qui donnerait une synthèse de l’indigotine.

Mais la Théorie générale donne une autre équation, et l’expérience la vérifie.

LXXVI. — Sur le saccharatc de chlorure de sodium. (Lu à l'Académie le 24 avril 1871.)

L’étude du sucre neutre, dont je viens de parler, a une importance extrême pour la science et pour l’industrie : cette étude exige un moyen certain dé le distinguer, et de l’isoler, du sucre ordinaire; et Ton ne pouvait guère espérer d’obtenir ce moyen que par les combinaisons avec le chlorure de sodium.

11 était nécessaire de connaître la forme cristalline du saccharate de chlorure de sodium et de bien préciser ses caractères. M. Peligot n’avait pu obtenir ce corps qu’en masse confuse. J’ai été assez heureux pour le produire en cristaux volumineux et très nets.

L’analyse m’a donné des résultats très différents de ceux que M. Peligotavait indiqués. Au lieu de i4,65 pour 100de sel, j’ai trouvéseulement 13,29; différence qui devient plus saisissante dans les deux formules correspondantes :

Au nombre i4,65 répond la formule C**H , ‘0 , 'NaCI,

Au nombre i3,29 » C»H’«0 !, NaCl.

C’est-à-dire 5HO en plus, différence des plus importantes. En effet,

ces formules brutes doivent être écrites rationnellement :

“■*“*>». I c”h"o" NaC1 | =C ,, H ,1 0",NaCI.

M. Maumené.j ^“"0" NaC1 + 4H0 j = C''H»0“,NaCl.

M. Peligot, collaborateur de Dumas et imbu des idées de substitution, avait cru nécessaire d’expliquer sa formule par la substitution d’un NaCl à un HO; on voit, par mes analyses, combien son erreur était grande, et quel danger court le meilleur chimiste quand il sc fie aveuglément à des idées aussi dangereuses.

La formule que mes analyses assignent au saccharate cristallisé présente un haut intérêt sous un autre point de vue. Elle est absolument semblable, en nombres bruts, il celle du glucosate de chlorure de sodium. Rationnellement on doit écrire :

Saccharate. C“H !i O”, NaCl + 4HO = C ! *H ! *0>*, NaCl.

Glucosate. NaCl -t-aH0 = C s 'H”0 M , NaCl.

C’est peut-être l’exemple d’isomérie le plus frappant que l’on con-

J’ai donné, dans le Mémoire, des preuves irrécusables de l’existence unique du sucre ordinaire dans mes cristaux, et j’ai indiqué les principaux caractères du saccharate dont l’espèce est maintenant bien définie, comme le recommande si justement l’illustre doyen de la section de Chimie, M. Chevreul.

M. Des Cloizeaux a bien voulu faire l’examen des cristaux en 1875; l’éminent minéralogiste a confirmé la forme orthorhombique que j’avais signalée (voir mon Traité du nuire, t. 1, p. 74).

A ioo° le saccharate fond sans s’altérer.

Il faut ii 5° à i4o° pour lui faire perdre 2HO et le changer en glucosate. Aune température plus haute, il se réduit en caramélin C“H*0\ que j’ai fait connaître (p. i5 de cette Notice). " 1 " 'I

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