CVIII. — Emploi des plantes contre le Phylloxéra
Comptes rondos do l’Académie des Sciences, t. LXXXIII, p. -07.
Journal vinicole du 1" septembre 1874.
M. Maumené, frappé des inconvénients du sulfocarbonate et du sulfure de carbone, inconvénients dont les principaux sont : i°la dépense, ces deux produits devant tous deux être renouvelés sans cesse, à cause de l’extrême volatilité du sulfure de carbone; 2° le danger du sulfure de carbone, non seulement par son extrême inflammabilité, mais encore par son influence délétère sur la santé des hommes.
M. Maumené avait proposé, dans le Journal vinicole, la recherche et l’emploi d’un végétal. Une plante, une labiée par exemple, cultivée dans les intervalles des ceps de vigne, aurait le double avantage de ne rien coûter ou même de procurer un bénéfice sur ses frais de culture, et ensuite de rester en permanence, toujours avec le même pouvoir destructeur (ou simplement expulseur) du redoutable insecte.
La même idée venait d’être présentée à l’Académie par un cultivateur qui ne connaissait pas la proposition de M. Maumené; le rappel d’antériorité fut admis aux Comptes rendus.
Une expérience, inspirée par M. Maumené, mérite d’être ici rapportée.
Tout récemment, M. X., voyant dépérir sa vigne, contiguë à celle d’un autre cultivateur, oii le Phylloxéra n’avait pas laissé vivre un seul cep, essaya le sauvetage au moyen des végétaux. Autour des racines d’un cep presque détruit par l’insecte, il creusa trois trous, dans lesquels il entassa de la marjolaine. Le cep reprit sa plus grande vigueur, et cette année toute la vigne sera soumise au traitement par plantation d’un ou deux pieds de marjolaine autour de chaque cep. Le succès ne paraît pas douteux.