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CXIV. — Théorie générale (Trente-cinquième Mémoire

Action de la chaleur sur les cyanures de mercure et d’argent.

Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. XCII, p. 972.

Les cyanures de mercure etd’argent chauffés, sans précaution, dégagent de grandes quantités de cyanogène, avec du mercure pour le premier et en laissant de l’argent pour le second.

Longtemps on a enseigné que ces décompositions sont simples C s Az,Hg — C a Az + Hg.

Mais on n’a pu se dissimuler un phénomène des plus difficiles à comprendre : le cyanogène dégagé ne l’est jamais totalement, comme la formule l’indique ; il reste dans le vase de chauffage une masse brune, abondante.

Cette masse brune offre la composition du cyanogène : mais elle retient une plus ou moins grande quantité de métal; même dans le cas du mercure, elle conserve un peu de ce métal, malgré la température

rouge ; l’argent, qui n’est pas volatil, reste tout entier avec elle ; mais les études ont montré que ce métal n’est pas tout entier libre : une partie reste combinée avec la substance cyanique.

Ces décompositions sont loin d’être simples, et personne né pouvait dire :

i° Quelle était la formule rationnelle de la matière brune; à quel degré de condensation s’y trouve le cyanogène;

2° A quel titre et dans quelle proportion le mercure ou l’argent demeurent unis avec cette substance cyanique.

La question est d’une extrême importance, car tous les cyanures simples se décomposent d’une manière analogue.

Pour la Chimie classique, la question demeure sans réponse. Malgré les analyses les plus attentives, les plus multipliées, elle né saurait dire pourquoi le cyanogène se condense, pourquoi c’est a tel ou tel degré, pourquoi enfin le métal demeure uni au cyanogène condensé dans tel ou tel rapport.

Tout ce qu’elle avait pu faire, c’était de reconnaître l’isomérie et d’appeler paracyanogène la matière brune laissée par une calcination plus ou moins forte.

La Théorie générale répond de la manière la plus précise, non seulement pour les deux cyanures de mercure et d’argent, faciles à décomposer, mais pour tous les cyanures, sans exception. M. Maumené l’a montré pour les deux, de Hg et de Ag; mais la démonstration serait vérifiée par l’expérience avec la même précision pour tous les autres. Le cyanure de mercure donne

[M] n = '?£, iooC*Az H- 26Hg = a5(C s Az) 4 Hg-t- Hg; .

il reste 74Hg qui se dégagent avec ce dernier.

En effet, si l’on chauffe avec précaution, surtout dans un courant d’azote (ouCO s ,...), on voit distiller du mercure avant d’obtenir la moindre trace de cyanogène.

La Théorie montre donc : i° pourquoi le cyanogène se condense; 2° pourquoi sa condensation a lieu par 4 é1 ; 3° que le corps appelé paracyanogène est formé le premier, et que c’est l’action d’une température plus haute qui le décompose en cyanogène gazeux, etc.

M. Maumené peut-il être accusé d’un orgueil exagéré lorsqu’il consi-

dère ces explications de la Théorie comme très importantes, et lorsqu’il cherche la raison de la négligence des chimistes?

CXV. — Théorie générale (Trente-sixième Mémoire), rf Action des métaux et de l’acide azotique.

Comptes rendus do l’Académie dos Sciences^t. XCH, p. 97a.

Comme la précédente, cette Note, ce Mémoire a été mentionné seulement par son titre.

Cependant, M. Maumené signalait une preuve expérimentale nouvelle, et des plus imprévues, de la puissance de la Théorie.

Lorsqu’on cherche, dans un Traité de Chimie, quelle est l’action de l’acide azotique avec l’étain, il n’en est pas un seul où Ton ne trouve que l’acide donne du bioxyde d’étain, à moins d’être excessivement étendu d’eau, cas où il se produit de l’azotate de protoxyde; on cite même cette action comme un exemple de la violence avec laquelle un métal est dévoré par l’acide, comme le disait Boërhaave.

M. Maumené, guidé par la Théorie générale, a pris un acide presque concentré, ne contenant pas plus de to é< > d’eau au lieu de 6 éq que con- ■ tient l’acide à 36°, et cet acide, mis en contact avec l’étain, donne du protoxyde d’étain presque absolument pur. Cet oxyde agit avec une nouvelle dose d’acide ordinaire et dégage du bioxyde d’azote, etc.

Ce n’est pas là un fait isolé; le calcul des conditions d’expérience peut être aussi précis pour tous les métaux; il ne paraît pas avoir frappé tous les chimistes, malgré son évidente nouveauté.

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