‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 9 sur 57 · XXV. — De la transformation que le sucre de canne éprouve · texte numérisé non relu

XXV. — De la transformation que le sucre de canne éprouve

par l’action de l’eau pure, et de ses conséquences, notamment

dans l’analyse des sirops.

Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. XXXIX, p. 914; iM5.

Séances et travaux de l’Académie de Reims, t. XXI, p. 56.

M. Maumené a rappelé l’attention des chimistes sur un fait signalé par Biot, confirmé par M. Bouchardat, mais demeuré très peu connu et dont aucun Ouvrage dogmatique ne faisait mention. L’eau froide, à la longue, invertit le sucre. Le glucose et les gommes ne sont pas

M. Maumené démontre ensuite, au moyen du saccharimètre, que le saccharate de chaux ne s’altère pas sous l’influence de l’eau, fait déjà établi par M. Peligot, au moyen de l’acide carbonique qui sépare la chaux et permet de retrouver le sucre à l’état cristallisé (').

L’auteur a fait remarquer les importantes conséquences suivantes :

i° Les betteraves et, en général, tous les végétaux sucrés doivent produire des quantités de sucre eristallisable de plus en plus grandes avec le temps de leur mise en travail, à cause de l’action réciproque de l’eau et du sucre.

2 0 La chaleur augmente cette action ; par conséquent, la cuite des sucres et sirops doit avoir lieu à la plus basse-température possible et le plus rapidement qu’on le peut. La cuisson dans le vide est la meil-

3° D’un autre côté, l’analyse des sirops doit être faite avec beaucoup de cirtsonspection.

Soubeiran avait indiqué le saccharimètre comme un moyen très sûr

moyen

pour ces analyses ('); M. Maumené démontre qu’aucun

i° Parce que, fe sucre étant sans cesse inverti par l’eau, l’âge du sirop trompe sur la nature du sucre;

a 0 Parce que la gomme n’a pas un pouvoir rotatoire constant; bien loin de là, chaque fragment de gomme peut offrir un pouvoir particulier, fait déjà signalé par Clerget.

XXVI. — Recherchas sur les lignites de Reims ou cendres sulfureuses.

Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. XXXIX, p. 779; 1854.

Travaux de l’Académie impériale de Reims, t. XXI, p. 1; 1854.

Les lignites dont il s’agit se trouvent dans une couche qui commence prés de Reims, se prolonge en Belgique et jusqu’en Angleterre. Ils sont spontanément inflammables par suite de là présence de 6 à i5 pour 100 de sulfure de fer, très divisé; mais on peut se mettre à l’abri de cet inconvénient en les tenant dans une cave en maçonnerie, de manière que les courants d’air ne puissent les traverser.

Les parties les plus pures, reconnaissables à une sorte de clivage cubique, peuvent être employées très avantageusement pour le chauffage des chaudières ou des fourneaux d’usines. L’économie est très grande; la même quantité de chaleur peut être obtenue avec une dépense 10 fois moins élevée que celle de la bouille-, et, malgré les vapeurs sulfureuses, développées pendant la combustion, l’usage est 1res praticable.

Le charbon de lignite a un grand pouvoir déodorant et, après un lavage aux acides, il peut servir à la décoloration du sucre ou des autres liquides organiques colorés. Réduit en poudre fine, il donne un noir très propre à la peinture et aux usages typographiques.

Ce Mémoire a donné une grande extension à l’extraction cjes lignites, qui sont employés par beaucoup de personnes dans les environs de Reims.

XXVII. — Nouveau procédé d'extraction du sucre de tous les végétaux.

Annalos de Chimie et de Physique, 3" série, t. XLVIII, p. s3. ^ Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. XLII, p. 645. - Travaux de l'Académie impériale de Beims, t. XXII, p. 1; i835. - Journal de Pharmacie et de Chimie, t. XXX, p. 354.

‘Ce procédé est fondé sur les deux faits établis dans le Mémoire relatif à l’altération que le sucre éprouve de la part de l’eau pure (X). Ces deux faits conduisent à considérer les betteraves ou les autres plantes sacchariferes comme incapables de garder leur sucre intact, malgré tous les soins mis à leur conservation et à chercher le remède, pour ce mal, dans Vextraction la plus prompte des jus et Y addition d’une dose de chaux assez forte pour convertir le sucre en sucrate ou saccharate de chaux. Ce dernier ne s’altère point avec le temps (même dans les jus bruts, ce que j’établis dans ce Mémoire), et peut reproduire le sucre tout entier, quand on le décompose par l’acide carbonique.

Ce travail, exécuté dans toute sa rigueur, a produit une grande amélioration dans la fabrication du sucre. Les betteraves sont râpées dans la ferme, et la pulpe gardée par le cultivateur, sans avoir passé dans la fabrique. Les jus, additionnés de chaux, peuvent être conservés en citerne, dans la fabrique, jusqu’au moment qu’on juge le plus favorable pour l’extraction du sucre. Il ne serait plus nécessaire de cultiver péniblement la betterave blanche, à collet rose : on pourrait faire le sucre avec lé globe jaune ou d’autres, d’une culture plus facile, et qui entraîneraient cependant à peu près la même amélioration de la terre. Le rendement en sucre serait presque double de ce qu’il est, même aujourd’hui. L’emploi du noir est réduit des neuf dixièmes au moins. Le sucre obtenu est du plus beau grain.

Des difficultés routinières se sont opposées jusqu’ici à cette exécution complète, mais une exécution partielle a été faite avec un grand succès dans la fabrique du Pont-Rouge, près de Soissons. Les jus bruts, additionnés de chaux, ont été conservés, tantôt pendant plusieurs mois,. tantôt pendant quelques heures seulement. On les a traités par l’acide carbonique et on a obtenu le plus beau sucre, en quantité aussi grande que peuvent le-donner des betteraves traitées au bout d’un temps

plus ou moins long après l'arrachage. Le noir a été presque supprimé : en un mot, des épreuves industrielles faites sur une grande échelle n’ont pas cessé, depuis r855, de montrer la solidité des bases de cette méthode, et de prouver que sa pratique, même partielle, peut procurer de grands avantages (’).

Aujourd’hui le procédé, réduit à une préservation de quelques heures, est devenu d’un emploi universel.

XXVIII. — Indications théoriques et pratiques sur le travail des vins, et en particulier des vins mousseux.

Ce Livre, dédié à Dumas, m’a valu de mon illustre maître l’excellente Lettre que voici :

Après cette lettre et les innombrables marques d’estime qui m’ont été adressées de toute l’Europe et de l’Amérique, je puis me dispenser de rien ajouter. Je donnerai seulement une liste des principales indications nouvelles que mon Livre renferme.

Ce dernier sujet est celui qui se recommande surtout à l’attention du lecteur. C’est un ensemble dont le succès est presque complet aujourd’hui. Nous avons consacré plusieurs années, M. Jaunay et moi, à étudier ces perfectionnements, et à disposer les nombreuses machines qui rendent tant de services; à ce titre, je crois devoir les citer ici : i° Nouveau brise-bouteilles (' ) ;

2° Aphromètre ou mesure-mousse (');

3° Aphrothèque ou garde-mousse, composé de :

■4° Doseuses( 3 );

5° Aphrophores.

Les avantages de ces machines sont reconnus dans toute la Champagne et au dehors, en France, en Allemagne, en Amérique. Les aphromètres sont dans presque toutes les mains. Le brise-bouteilles a été adopté par un grand nombre de verreries. Les doseuses ont été employées par la plupart des meilleures maisons de Reims. Le garde-

(■) Médaille d’argent à l’Exposition de ChSlons.

( a ) H y en a trois qui peuvent être pris indistinctement.

(<) Il y en a aussi trois qui peuvent être aussi prises l’une au lieu de l’autre.

mousse n’a cessé Je fonctionner depuis 1856 dans la maison J. Mumm, et l’on apprécie chaque jour davantage le mérite de cet instrument qui permet seul de faire, des doubles bouteilles, des demi-bouteilles ou des quarts, avec des bouteilles, de faire des coupages avec des vins mousseux, en un mot, de pratiquer toutes les opérations imaginables sur les vins mousseux. Les aphrophores seuls n’ont encore pénétré dans aucune maison : mais le moment n’est plus éloigné ou ces appareils pourront se faire admettre, même par le fabricant le plus éloigné de courir aucun risque d’innovation. Chaque année, deux petits aphrophores ont fonctionné sans interruption. Nous avons aujourd’hui l’expérience de six ans pour nous bien assurer que le vin peut séjourner pendant tout le temps qu’on voudra dans du cuivre argenté, sans en souffrir, et même que sa finesse augmente parfois par élimination de tout composé sulfuré, et en considérant que les aphrophores dispensent de toutes les manipulations, si multipliées et si coûteuses, entre le tirage et l’expédition, on ne peut douter que la routine la plus obstinée abandonnera bientôt les vieux errements pour adopter un progrès démontré patiemment avec tant de prudence.

Page 1