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SUPÉRIEUR

Travertin de Champigny. — Dufrénoy (i83i, i836) avait considéré le calcaire d’eau douce de Champigny comme une simple modification des meulières de Brie, et le plaçait au-dessus du gypse. Cette opinion avait été admise par tous les géologues. J’ai fait voir (n” 50) que ce travertin est compris entre les mêmes assises que celles qui délimitent le gypse, et que par conséquent il n’en est que l’équivalent.

Terrain nummulitique supérieur. — Le terrain nummulitique était, jusqu’en i854, considéré comme un grand ensemble, dont l’âge, longtemps contesté, était fixé par le plus grand nombre des géologues à l’époque éocène. J’ai démontré, par l’étude des fossiles (n“ 26), travail fait en collaboration avec M. Renevier, qu’il y avait lieu de le subdiviser en deux grands massifs, dont le plus récent comprend les puissantes assises nummulitiques des Hautes-Alpes (Faudon, Saint-Bonnet,) et se retrouve en Savoie et en Suisse (Pernant, Entrevernes, les Diablerets et la Cordaz).

La faune du terrain nummulitique supérieur a cela de remarquable qu’elle participe des caractères paléontologiques du terrain éocène moyen et de ceux du miocène inférieur. Elle renferme un mélange des fossiles les plus caractéristiques des types septentrionaux de ces deux

tout à fait

époques: mais cette faune mélangée vivait dans une mer séparée de celle du nord.

Personnellement, je considérais ce terrain comme l’équivalent du gypse, ou comme éocéne supérieur. A cette époque, pendant que le nord de l’Europe était émergé ou occupé par des lacs, une grande partie des chaînes centrales des Alpes était donc sous les eaux de l’Océan : mais il n’en est plus de même à l’époque du miocène inférieur, lequel ne pénètre point dans cette région. Il en résulte (n° 78, i865; n° 104, 1872; n° 113, 1874) qu’elle a été émergée précisément entre les deux époques.

Ce mouvement d’exhaussement a coïncidé avec le mouvement d’affaissement qui a amené la mer du Nord sur l’Europe septentrionale (fig. i). La mer s’est trouvée reculée plus au Sud, mais elle occupait encore le Vicentin, et s’étendait à l’Est jusqu’en Hongrie.

ÉocÈNE MOYEN. — Époque du calcaire grossier.

Si la succession des différentes assises marines de cette période était depuis longtemps bien établie*, grâce aux travaux de nombreux géologues, depuis Alex. Brongniart jusqu’à d’Archiac, il n’en était pas de même pour les dépôts d’eau douce. Les Mémoires n"* 58, 59 et 60 ont eu pour objet de fixer la position des calcaires de Provins, de ceux de Morancez en Beauce, de ceux de la Touraine, du Perche et de l’Anjou, que l’on croyait miocènes.

Calcaires lacustres à Lophiodon de Provins. — Les calcaires lacustres des environs de Provins et de Nogent-sur-Seine sont remarquables par une faune spéciale de Mollusques terrestres ou d’eau douce.etde grands Mammifères [Lophiodon). Une couche marine, dont l’âge n’était point fixé, les recouvre. J’ai montré que cette couche marine appartenait à la partie supérieure du groupe du calcaire grossier (sables de Beauchamp), et non point aux marnes marines de Montmartre auxquelles on l’avait assimilée.

Cette constatation reporte la formation des calcaires lacustres à Lo-

phiodon [le Provins à une époque antérieure, non-seulement au calcaire de Brie, mais même au calcaire de Saint-Ouen, entre lesquels vient s’intercaler le calcaire de Champigny, contemporain Paléothérium, comme cela a été démontré dans le Mémoire n° 50; ce travail est venu confirmer une opinion précédemment émise parM. Gervais.

Dans cette branche de la géologie du bassin de Paris, mes recherches ontdonc eu pour résultat de porter de trois à six les époques différentes pendant lesquelles des lacs ont couvert une portion considérable de ce bassin.

Extension du calcaire de Provins dans la Beauce. — J’avais constaté quo le calcaire de Provins s’étendait, à l’est, au moins de Sézanne à Montereau (90 kilomètres), et qu’il disparaissait ensuite à l’ouest sous des couches plus récentes, quand j’ai pu reconnaître qu’il reparaissait au bord occidental de la plaine de la Beauce, au pied des collines du Perche, près de Chartres, après une interruption de iio kilomètres. Dans cette région, ce calcaire avait été jusqu’alors confondu avec le calcaire de Beauce, qui le recouvre en parfaite concordance, bien qu’il soit beaucoup plus récent. 11 repose sur l’argile à silex, et n’a en aucune façon participé aux mouvements du sol qui ont donné naissance aux collines du Perche. Ces collines, que l’on croyait postérieures aux sables de Fontainebleau ('), existaient donc à l’époque où ce lac déposait ses .sédiments le long de leurs contours, à l’époque où vivaient les Lophiodons, en un mot à l’époque du calcaire grossier.

Terrains tertiaires du nord-ouest de la France (n” 38). — Dans ce travail j’ai étudié : 1° les environs de Nogent-le-Rotrou ; a” ceux du Mans ; 3° la Touraine; 4° l’Anjou.

J’ai montré : 1° que les calcaires d’eau douce de ces quatre régions, que l’on plaçait généralement au niveau du calcaire de Beauce, sont plus anciens et appartiennent à l’horizon du calcaire de Saint-Ouen;

2“ Qu’ils reposent sur des sables qui, au lieu d’être des sables de

(') Voir D’AnenuG, Histoire des progrès de la Géologie, t. H, p.-542 et suiv., 1S49. — J'ai démpntré (»■“ 40 et 82) que ces sables sont crétacés et de l'époque des grès^du Maine.

Fontainebleau, ne peuvent pas être plus récents que les sables de beauchamp;

3° Que Vargile à silex, considérée par les uns comme quaternaire, par tes autres comme une dépendance du calcaire de Beauce, est, dans toutes ces régions, comme M. Triger l’avait prouvé pour la Sartbe, encore plus ancienne, et qu'elle se rapproebe, par conséquent, de l’époque de l’argile plastique.

Peu de temps après (Mémoire n” 72, p. 70, 1864), j’ai constaté que cette argile à silex était même inférieure à l’argile plastique d’Abondant, près de Dreux, et aux sables qui supportent cette argile et cerrespondent, par conséquent, aux sables de Bracbeux.

Éocène moyen d’Angleterre. — On peut voir, en consultant les publications do M. Preslwich, le géologue le plus autorisé sur les terrains tertiaires d’Angleterre, quel était sur ce point l’état de la Science de 1847 à i 85 i (') : les argiles de Barton sont placées au niveau du calcaire grossier inférieur, et la série fluvio-marine du Hampshire au niveau du calcaire grossier supérieur.

Un des principaux résultats de mon voyage de i85i fut de rectifier ces assimilations, de relever les argiles de Barton au niveau des sables de Beauebamp, et de placer les Freshwater sériés en regard des marnes et des gyp.ses de Montmartre. ^

Cette rectification, admise par M. Prestwich lui-même (’), est restée acquise à la Science.

Éocène moyen de Belgique. — Alors aussi on considérait les sables de Laeken, près de Bruxelles, comme synchroniques des sables de Beauebamp (’); j’ai démontré (Mémoire n“ 63) que ces couches devaient être rapportées à une époque plus ancienne, correspondant à la partie supérieure de notre calcaire grossier proprement dit, c’est-à-dire au calcaire à miliolites, et que, par suite, la Belgique avait été émergée pendant le dépôt du calcaire grossier supérieur ou calcaire, à ccritcs.

dos.sables de Beaucliamp, etc., jusqu’aux sables de Fontainebleau exclusivement.

Éoce'ne moyen en Italie. — En i865 (n°78), j’ai constaté que les couches de San-Giovanni-Ilarione, dans leVicentin, renferment exaetenient la faune du calcaire grossier inférieur. C’est un nouveau pas fait vers l’analyse complète du massif nummulitique. Depuis cette époque, cette question a occupé plusieurs savants distingués : M. le professeur Suess (de Vienne), M. Bayan, etc. Ayant, tout récemment, consacré deux mois à l’étude du terrain nummulitique de l’Italie et de la Hongrie, je pourrai prochainement fournir de nouvelles données sur les rapports entre ces dépôts et ceux du nord de l’Europe.

ÉOCÈNE INFÉniEUR.

J’ai publié sur ce terrain de nombreux Mémoires, dont le dernier, le 11° 108, 1873, peut être considéré comme le résumé. Par un grand nombre d’observations, j’ai pu établir, au milieu de ces dépôts si variés, une classification plus exacte. C’est ainsi que j’ai montré (n°’ 3, 8 et 10, 1848 à i85o) que les sables de Bracheux sont au-dessous des lignites et non au-dessus, comme le croyaient MM. d’Arcliiac et Prestwich, et qu’ils sont exactement'synchroniques des couches tertiaires les plus anciennes de l’Angleterre (sables de Thanet); que les marnes de Heers (Belgique) sont tertiaires (n° 20, iSSn) et non crétacées, comme André Dumont l’avait admis, etc., etc.

Dans les Mémoires, n°’ 23 et 47, j’ai montré les relations qu’avaient, avec la série des sables du Soissonnais, les poudingues de Nemours, le conglomérat de Meudon, l’argile plastique, les fausses glaises, etc.

J’ai fait connaître (n°’ 28 et 29) le tibia et le fémur du Gastornis parisiensis, oiseau plus grand que l’Autruche, si nombreux sur le sol, où est Paris, au commencement de la période tertiaire. J’ai aussi publié (n° 49) la description du système dentaire complet et de quelques pièces importantes du Coryphodon, grand Mammifère tapiro'ide de la même époque.

Mais, si la classification des couches principales de l’éocène infé-

rieur, do celles dont l’extension est la plus grande, est aujourd’hui complètement acceptée, telle que je l’ai rectifiée, il reste encore, chez quelques géologues, des doutes sur la place que doivent occuper certains lambeaux, d’origine lacustre, intéressants par leur faune ou leur flore, comme le calcaire de Rilly et le travertin de Sézanne. Je dois rappeler la part que j’ai prise dans la découverte des faits qui serviront it la solution définitive du problème.

Calcaire de Rilly. — On connaissait, avant 1848, deux ou trois lambeaux de cette formation lacustre. On les considérait comme des accidents sans importance des lignites du Soissonnais {terrain d’argile plastique, d’Al. Brongniart.)

J’ai successivement découvert (n" 3, 8,21,25; i8/|8 à i855) de nouveaux gisements de ce calcaire, dans la montagne de Reims, à Dormans, dans les environs de Noyon et de Cbauny. J’ai montré que presque tous ces lambeaux étaient adossés à la craie, è l’est, au sudest et au nord-ouest du bassin tertiaire de Paris; qu’ils appartenaient autrefois à une même assise continue, déposée dans un lac dont j’ai donné l’étendue; et que, postérieurement, cette assise avait été démantelée et enlevée en grande partie par des actions dénudantes, semblables à celles qui avaient agi auparavant sur le calcaire pisolithique.

Mes observations me semblent prouver que cette dénudation a précédé le dépôt de ta masse générale des sables de Bracheux, ce qui place le calcaire de Rilly à une époque antérieure.

La Paléontologie est veiyie confirmer cette conclusion, établie jusque-là sur des considérations stratigraphiques très-délicates. Mes élèves, soit dans les excursions dirigées par moi aux environs de Paris, soit dans leurs propres explorations, ont successivement découvert, dans des marnes blanches strontianifèresquisont, àMeudon, superposées au terrain crétacé, des fossiles d'eau douce du calcaire de Rilly, et des fossiles marins du calcaire de Mons, dont l’âge est maintenant bien connu. Ce calcaire est, en efl'et, incontestablement d’une époque antérieure aux sables de Bracbeux, représentés en Belgique par le système Landénien de Dumont.

Le lac de Rilly s’est donc étendu jusqu’à Paris, et il était contemporain de la faune de Mons, et non pas de celle de Bracbeux qui en est

très-distincte, quoique renfermant un certain nombre d’espèces com-

Le Mémoire, n» 108, expose en détail tous les faits relatifs è cette question.

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