Loi du folyrrmfhüme, de Leuckarl
3. Loi de la division du Immilphysiologique, de M. H. Milne Edwards.
de formation du corps de l’animal rayonné, dont toutes les parties doivent pouvoir venir s’attacher au même niveau, sur un même axe’; le nombre des segments du corps des animaux articulés peut au contraire être au début illimité; mais peu à peu l’accroissement de la solidarité amène, avec un développement plus considérable des parties, une réduction de leur nombre, qui devient souvent fixe dans les formes élevées*. Ces segments peuvent se souder entre eux d’une manière plus ou moins complète, de façon à n’être distincts que dans l’embryon ’ ou à ne se montrer à aucune époque de la
De semblables soudures peuvent avoir lieu entre les organes de même nature des différents segments. Il en résulte la formation d’organes complexes qui paraissent indépendants des segments où ils ont pris réellement naissance '.
De toutes façons, dans les formes élevées, où la solidarité a été poussée au maximum, toutes les parties du corps, tous les organes arrivent à être entre eux dans des relations déterminées. C’est là le fait qui a été le point de départ de la théorie des types organiques, et qui a donné au principe des connexions toute sa fécondité. Mais ces types ne sont pas, comme on l’a longtemps supposé a priori, les modèles sur lesquels tous les animaux sont nécessairement construits; ce sont seulement les points culminants de nos séries indépendantes, dont les points de départ avaient conduit de Blainville à imaginer, pour compléter la théorie des types, sa théorie des types dégradés.
k mesure que les organismes se perfectionnent ainsi, Vaccélération embryogénique accomplit son œuvre. Toutes les parties de leur corps se forment et s’agencent avant que l’animal mène une vie indépendante. L’étroit agencement des parties ne permet plus leur séparation. La génération par bourgeonnement, dont tout l’effet s’est produit avant la naissance, semble disparaître, et l’œuf ne produit plus qu’un seul individu complexe. C’est ce résultat par-
do WoKf des Vertébrés allantoïdiens, par exemple.
liculier, plus apparent que réel, et tout d’abord trop généralisé, qui a rendu si longtemps obscurs les phénomènes de la génération asexuée des animaux inférieurs. L’explication de la génération par bourgeonnement, celle de la génération alternante, échappaient à la méthode qui consiste à' descendre des formes supérieures du Règne animal, ou même des formes supérieures de chaque série aux formes inférieures.
La méthode de coordination des faits morphologiques que nous venons d’exposer serait insuffisante si elle s’appliquait seulement aux faits connus à l’époque où elle a été publiée ; elle doit permettre de relier les faits nouvellement découverts à ceux qu’elle a déjà groupés et, si elle y parvient, on peut la considérer comme fournissant une base sur laquelle il est permis de s’appuyer pour arriver à une théorie morphologique de la formation des organismes. Il est donc utile d’indiquer ici quelques-uns des faits les plus saillants auxquels la méthode s’est étendue depuis 1881, date de sa publication en corps de doctrine (n“ 72).
Hydraires. — L’étude de ce que l’on appelle une colonie de Polypes hydraires, nous avait conduit à conclure que l’on doit considérer l’œuf formé dans une colonie comme appartenant, non pas à l’individu qui l’a produit, mais à la colonie tout entière. Gôtte, Weismann, de Varennes, ont, en effet, montré depuis que, dans un grand nombre de Polypes hydraires, les œufs ne se forment pas dans un individu déterminé, mais, en quelque sorte, dans les parties vagues de la colonie.
Coralliaires. — Nous avons présenté les Coralliaires comme résultant de la juxtaposition de Polypes sans bouche, dont les Hydrocoralliaires nous ont permis de suivre la concentration graduelle et le mode de coordination autour d’un polype central, pourvu d’une bouche. On sait, en effet, aujourd’hui que les cloisons des Coralliaires sont groupées par paires limitant des loges correspondant toujours à un tentacule, et que séparent des interloges, comme si les Polypes astomes s’étaient rapprochés sans se souder.
ÉcUnodermes. — Nous avions été conduit à admettre que les Eohino-
dermes sont composés d’un individu central, autour duquel auraient bourgeonné un nombre d’individus latéraux égal ou supérieur à cinq. Deux objections principales pouvaient être faites à cette manière de voir ; 1° les différents rayons d’un Échinoderme semblent se former d’un seul coup ; 2' il y a une différence énorme entre l’individu central, qui paraît simple, et les individus latéraux, qui sont plus ou moins nettement segmentés. J’ai, depuis, montré que des bras nouveaux bourgeonnaient entre les premiers bras formés chez les LaUdmter, ce qui détruit la première objection (p. 23 et fig. 8,9, p. 22 de cette notice) ; quant à la seconde, les recherches de Bury ont mis en évidence une segmentation interne et une segmentation externe chez l’embryon des Échinodermes, qui constitue essentiellement l’individu central; cette segmentation rapproche singulièrement l’individu central des individus rayonnants.
Arthropodes. — L’un des points importants delà morphologie des Arthropodes était l’explication de la formation de la tête et du collier œsophagien ; on a vu que toutes les découvertes embryogéniques récentes sont conformes à la théorie; les recherches de M. Viguier sur les Annélides l’ont conduit à une confirmation analogue.
Mollusques. — Si peu de faits sont venus s’ajouter à ceux que l’on connaissait déjà relativement à la segmentation primitive des Mollusques, l’histoire embryogénique des Géphyriens, celle de la Gunda segmentata et des Dinophilus sont venues montrer comment, dans le type même des Vers, la segmentation du corps pouvait graduellement disparaître ; en outre, il a été bien établi, notamment par les recherches de M. Félix Bernard et de M. Rémy Perrier, que la symétrie bilatérale était le type fondamental de structure des Gastéropodes les plus anciens (Diotocardes), que le type dissymétrique plus récent (Monotocardes) avait été réalisé par la disparition d’une branchie, d’une oreillette du cœur et la transformation profonde de l’un
Vertébrés. — Quant aux Vertébrés, que je me suis d’ailleurs borné à rattacher à la théorie générale en m’appuyant sur les recherches de Balfour et de Semper, la segmentation de leur corps et l’analogie de leur développement avec celui des animaux segmentés sont aujourd’hui des faits tellement établis qu’on a pu déterminer de combien de segments leur tête était composée (Dohrn, Houssaye, etc.). Ces segments n’ont d’ailleurs qu’un rapport éloigné
avec les segments vertébraux du crâne, dont la détermination a si (ort occupé les ostéologistes, depuis Gœlhe et Oken.
ClassUloaüon du Règne animal.
Des données morphologiques dont le mode de coordination vient d'être indiqué, se dégagent naturellement les principes d’une classification du Règne animal, qui, sans éliminer les principes précédemment admis, montre qu’ils n’étaient pas d’une application générale et les fait intervenir chacun, à sa place, dans le groupement naturel des animaux.
Il y a lieu de considérer chez les animaux :
1” Le degré de complication organique ou degré d!organisation;
2” Le type de structure caractérisé par le mode d’arrangement des parties constitutives, mais n’impliquant aucune parenté intime d’organisation ou, si l’on veut, aucune parenté généalogique;
3” La série, qui a pour point de départ une forme simple, permanente ou embryonnaire, dont la répétition par bourgeonnement et les différenciations diverses produisent des organismes plus ou moins complexes, entre lesquels la parenté morphologique est évidente, et que l’on peut considérer comme liés généalogiquement entre eux ;
4» Chaque série peut être ramifiée; ces ramifications correspondent à ce que Cuvier appelait les embranchements, qui prennent ainsi une signification nouvelle plus en harmonie avec leur nom. Les animaux composant chacun de ces derniers présentent souvent le même nombre de parties constitutives du corps, les mêmes organes semblablement disposés, en d’autres termes, le même plan d'organisation, et se laissent répartir en classes, ordres, familles, etc.
J’ai été conduit par ces idées à la classification suivante du Règne animal, dans laquelle, tout en appliquant rigoureusement les principes qui viennent d’être exposés, j’ai cherché à conserver le plus possible les divisions et les noms le plus généralement adoptés (Traité de zoologie, 1891, p. 408) ;