TABLEAU DE L
I. — Premier desré d’orsanisation. — PROTOZOAIRES. Corps formé d’un plastide unique ou d’une association de plastides semblables.
Embranchement a. — Rhizopodes. Point de membrane d'enveloppe permanente ou continue ; des pseudopodes.
Classes : Amiboïdes, Foraminifmt, Radiolaires.
Embranchement b. — Méoacïstidés. Protozoaires libres, de grande taille, à l’état adulte ; enveloppés d’une membrane qui peut présenter ■ un cytostome ; se reproduisant par spores nagellifères, analogues à celles des Radiolaires.
Classe unique : Noctüugues,
Embranchement c. — Sporozoaires. Protozoaires parasites d’abord nus, se développant souvent à l’intérieur d’autres plastidcs, pourvus à l’état adulte d’une membrane, sans pseudopodes, ni cils vibratiles, se reproduisant d'ordinaire par des oligospores qui naissent dans des asques naviculaires.
Classes ; Myxosporidies, Sarcosporiàm, ExQ&poridies, Grégannides. Embranchement d. — Infusoires. Protozoaires libres, pourvus d’une membrane d’enveloppe traversée par des fouets ou des cils vibratiles au moins temporaires.
Classes : Flagellifères, Ciliés, Tmtaculifères.
II. - Deuxième degré d’organisation. — MËSOZOAIRES. Entoderme réduit à un
seul plastide.
Classe : Orthonectidés, Dieyémidés.
III. — Troisième degré d’organisation. — MÉTAZOAIRES. Corps formés de nom¬
breux plastides différenciés, groupés en tissus et constituant au moins deux
A. — Premier type de structure : Phytozoaires. Corps ramifié. Rameaux disposés irrégulièrement ou en rayons.
1. — Première série. — Spongiaires. Corps ramifié ou massif, non rayonné.
Un mésoderme très développé, point de cavité générale. Ni tentacules, ni nématocysles.
Classes : Homocèles,^ Hétérocèles.
Classes : ffexactinellidées, Hexacératinées, Ckondrospongldées, Cornacuspongidées.
2. — Deuxième série. — Polypes. Corps ramifié irrégulièrement ou rayonné.
Mésoderme nul ou formé de tissu conjonctif muqueux ; point de
cavité générale. Des tentacules, des nématocysles.
Embranchement a. — Hyoromédüses.
Classes : Hydmdes, Syphonophores, Acalèpkes.
Embranchement b. — Anthozoaires.
Classes : Hydrocoralliaires, Coralliaires.
Kmbranchement c. — CTÉsopnonss.
Classe unique ; Cténophores.
3. — Troisième série. — l'îcnraoDEaMES. Corps rayonné, généraiement pentamérique. üne cavité générale entérocélique. Un mésoderme imprégné de oaicaire ; une cavité digestive à parois bien distinctes de ceiles du corps. Un système de canaux ambulacraires entodermiqucs ; un appareil piastidogène d’où dérivent souvent ies glandes géni-
Embranchement a. — Ahanoiés. Point de canaux absorbants.
Classes : Stellêrides, Opkiurides.
Embrancbement 4. — AnoiopnORES. Un système de canaux absorbants
Classe ; Crinoïdes, Echinides, Holol/iurida.
B. — Deuxième type de structure : Abtiozoaires. Corps bilatéralement symétrique, très souvent métaméridé (segmenté).
4. — (Juatrième série. — CniTi»opnoaES. Une cuticule et divers organes chitineux ; point de cils vibratiles.
i : Méroslomés, Crustacés, Pijcnogonides.
sous-embranchement. — Arthropodes terrestres ou
Classes : Arachnides, Onyehophores, Myriapodes, Insectes.
Embranchement 4. — NÉMATnELMiHTnES. Corps non métaméridé. Pas de membres articulés. Presque tous parasites.
Classes : Echinodéridés, Acanthocéphaks, Gordiacés, Nématoïdes, Desmoscolécidés, Chétosomidis, Chélognalhes.
5. — Cinquième série. — Néprridiés. Cuticule mince, quand elle existe ; d’abondants cils vibratiles ; an moins dans les formes primitives, un appareil rénal composé d’autant de paires de néphridies qu'il y a de segments au. corps. Néphridies typiques consistant en tubes ciliés intérieurement, s’ouvrant d'une part dans la cavité générale,
phère.
Embranchement a. — LopnosTOMÉs. Corps souvent fixé, formé d’un seul méride, ou d’un petit nombre de mérides indistincts, ou d'un grand nombre de mérides disposés en rameaux. Un appareil ciliaire attirant
Classes ; Dotifères, Bryozoaires, Bracfiiopodes.
Embranchement 4. — Vers. Corps mobile, rarement monoraéride, ordinairement formé de segments placés bout à bout. Aliments d'ordinaire
niasse unique : Gastérotriehes.
Classes : Polyehètes ou A«néHde$, Géphyriem, Oligochètes ou ;
Lambrici^ns, IHriiàinées. i
Classes ; Trématodes, Cestoïdes, Mellarlén, mrnertiens. |
Quatrième sous-embranchement. ^ Rntéropnbustes.
Classe unique : Balamghssidés. |
Kmbranchemenl c. — Mollusques. Corps sans segmentation apparente, j
divisé en Irois régions plus ou moins coalescentes : la tête, le pied et le tronc. Tronc généralement protégé par une coquille calcaire. Système nerveux formé de deux ou trois colliers œsophagiens, parlant i
d’une paire de ganglions cérébroïdcs et sur lesquels d'autres ganglions
Classes : Gastéropodes, Pléropodes, lametiibranches, Céphalopodes. |
Embranchement d. Tuniciers. Corps sans segmentation, fixé ou flottant. Une tunique de cellulose. Appareil respiratoire constitué aux dépens de l’œsophage. Système nerveux de l’embryon présentant ■ une cavité communiquant avec le tube digestif primitif. Larve des formes fixées ayant généralement l’aspect d’un têtard dont la queue serait soutenue par une corde cellulaire.
Classes : Appendiculaires, Ascidies, Lucies, ThaÜdes.
Embranchement e. — Vbrtébrés. Corps mélaméridé, libre ; tégument dépourvu de revêtement amorphe ou minéral. Appareil respiratoire constitué aux dépens de rœsophage. Système nerveux central comprenant, en général, une moelle épinière, un cervelet et un cerveau contenus dans une cavité dorsale, séparée de la cavité générale par une cloison renforcée par une corde dorsale, cartilagineuse chez l’em-
Premier sousTembranchement r- YERTéBRÉs aquatiques ou anal-
LANTOÏniENS. \
Classes ; Poissous, Batraciens.
TOïniEKS,
En dehors des principes qui ont condqit h la considération des degrés lïwganmtm, des types de stnwlure et des séries, les points nouveaux de cette classification étaient en 1881, lorsqu’elle a été présentée pour la pre-
niièro Ibis : 1” la constitution d’une série distincte pour les Spongiaires, série que tous les sponglologistes admettent aujourd’hui, conime indépendante de celle des Polypes ; â" la délimitation de l’embranchement des Anthozoaires et le maintien, dans col embranchement, des Hydroooralliaires qu’on tentait à ce moment d’en séparer; 3" la division de la série Échinoderraes en deuît embranchements fondés sur l’organisation interne de ces animaux; 4" le rapprochement, dans une même série, mais comme embranchements distincts, des Arthropodes et des Nématodes, qui troublaient profondément la grande homogénéité de l’embranchement des Vers ; 5" la constitution de la série des Néphridlés, pour indiquer entre les Vers, les Mollusques et les Vertébrés des affinités de nature diverse, mais que tous les anatomistes reconnaissent ; 6° la délimitation, dans cette série, de l’embranchement des Lophostomés, qui a permis de laisser à l'embranchement des Mollusques toute son homogénéité ; la constitution, pour les Gastérotriches, d’un sous-embranchement distinct, qui affranchit les Turbellariês do toute adjonction hétérogène.
Délimitation du rôle de l'embryogénie dans la classification: embryogénie normale;
Dans la classification précédente, aucun caractère embryogénique n’intervient, au moins d’une manière ostensible. Les embryogénistes, cependant, leprenantj avec Fritz Müller, les idées de Geoffroy Saint-Hilaire et de Serres, considèrent la série des formes embi-yonnaires des animaux comme une galerie des portraits des ancêtres de ces derniers. L’embryogénie, par cela même, permettrait seule de reconstituer l’arbre généalogique des animaux et d’établir leur véritable classification naturelle. Les raisons pour lesquelles ces idées justes, en principe, n’ont pas paru susceptibles d’une application pratique, sont exposées dans le travail n" 60 et ont été ainsi résumées dans mon Traité de zoologie (p. 403) :
Il semble parfaitement.vrai que le fond primitif des phénomènes embryogéniques soit la reproduction successive des traits que les ancêtres de chaque espèce d’animaux ont revêtus dans la suite des temps. Mais deux causes sont venues gravement altérer ce tond primitif: 1” Y accélération embryogénique, qui tend à reproduire l'animal de plus en plus vite, modille sans cesse les procédés de développement, suivant les circonstances dans lesquelles il se produit, et se manifeste parfois dès les pre-
mières phases de la segmentation de l’œuf; 2" les adaplaliom à un genre de vie ou il un mode de nutrition déterminé que l’embryon peut présenter à tout âge. Or, nous ignorons presque entièrement les lois de l’accélération embryogénique et nous n’avons que rarement les moyens de distinguer tes caractères adaptatifs de l'embryon des caractères que lui aurait imprimés la seule hérédité des formes autrefois revêtues par la série des ancêtres de l’animal qu’il doit devenir ; la considération trop exclusive des phénomènes cmbryogéniques peut donc conduire à des conclusions illusoires. En revanche, lorsqu’un animal abandonne le genre de vie commun aux animaux de son ordre ou même de sa classe, pour mener un genre de vie tout différent et que ses caractères extérieurs ou anatomiques se modifient, en raison de ce genre de vie, de manière à le rendre méconnaissable, ses embryons gardent, en général, d’une manière suffisante les caractères des formes ancestrales pour faire apparaître les véritables affinités de l’animal modifié. C’est ce qui est arrivé pour les Lernées, qui sont des Crustacés parasites, les Cirripèdes, qui sont des Crustacés fixés, les Tuniciers, qui semblent être également des Vertébrés primitifs déformés par la fi.xation.
Dans la publication n” 60 cl dans mon Traité de zoologie, page 175, il a été montré cependant qu’il n’est pas impossible de mesurer en quelque sorte le degré d’altération que présente le développement embryogénique d’un animal appartenant à une série donnée.
S’il est vrai qm les embryons ne sont (jue des formes ancestrales transitoires, dans le mode de développement le plus rapproché du type normal, les diverses formes embryonnaires qui se succèdent doivent être toutes capables de mener une existence indépendante.
Dans un même groupe d’animaux, s’il existe des formes à éclosion très précoce et dont les embryons soient capables, dès leur éclosion, de pourvoir par eux-mêmes à leur subsistance, ces formes peuvent être considérées comme fournissant une sorte d’étalon, une embryogénie normale à laquelle on doit comparer les embryogénies plus ou moins modifiées, et qui permettra de les sérier de manière à mettre en évidence les lois de leurs modifications. C’est ce qu’il est déjà possible de faire pour les Polypes et pour les Crustacés.
Le problème de l’origine, de la mutabilité, du développement de l’instinct et de ses rapports avec l’intelligence a été étudié dans les diverses publications auxquelles il est renvoyé dans le titre de ce paragraphe et la
solution qui en a été proposée dans la première, en 1881, présente cette particularité qu’elle est identique aux conclusions que Romanes a développées, en 1882, d’une manière indépendante, dans son grand ouvrage sur l'Intelligence des animaux. Cette rencontre ne saurait être fortuite et semble indiquer que la théorie des instincts qui en résulte est bien celle qui se dégage nécessairement des faits actuellement connus. L’explication des instincts évidemment fixes des Insectes avait arrêté Romanes; dans la préface qui a été publiée en tête de son ouvrage (n" 71), j’ai essayé de combler cette lacune et de montrer comment la théorie de l’instinct des Insectes rentre dans la théorie générale. Cette théorie se résume dans les propositions suivantes :
1. Les phénomènes réflexes, les phénomènes intellectuels et les phénomènes instinctifs s’enchaînent comme s’ils résultaient les uns des autres.
2. Toutes les manifestations mentales ries animaux paraissent être de même nature; elles sont d’abord inconscientes, limitées aux actions et aux réactions les plus immédiates de l’organisme et du milieu dans lequel il vit. Chaque animal se cantonnant dans un genre de vie déterminé, les actions et les réactions sont toujours à peu près les mêmes pour une même espèce et provoquent les mêmes opérations intellectuelles rudimentaires.
L’aptitude à reproduire ces opérations toujours répétées se transmet héréditairement et constitue les instincts innés (Perrier) ou instincts primaires (Romanes).
3. A cet état rudimentaire succède une notion plus claire des rapports de l’organisme et du milieu; la conscience se dégage; le but prochain des actes accomplis d’abord automatiquement apparaît; dèsloreles actes instinctifs sont susceptibles d'être légèrement modifiés et perfectionnés, et si les causes qui ont amené ces modifications sont persistantes, les modifications d’abord intelligentes sortent de la conscience pour redevenir instinctives. L’intinct se modifie, mais il domine l’intelligence. De ces modifications résultent les instincts secondaires (Romanes).
4. La mutabilité de l’instinct et sa perfectibilité résultent non seulement de l’observation des espèces considérées isolément, mais aussi de la comparaison que l’on peut faire des espèces voisines. En effet, les instincts des espèces d’un même groupe sont entre eux comme si ces espèces étant dérivées les unes des autres, les diverses lignées avaient graduellement, mais inégalement
perfeotianné leurs inslliicls primüifSi à mesure que les (jénératiuns se succtiduienl (Psi'rier, Traité de zoologie, p. 362).
5. L’imitation, l’éducation, la vie sociale ont joué un giaiid rôle dans le perfectionnement dos instincts, qui demeurent chea les animaux sociaux asso* ciés à tous les degrés à l’intelligence et éminemment porl'ecliblcs.
6. A mesure que la conscience devient plus étendue, les idées plus claires, les rapports compris plus nombreux, l’intelligence se dégage de plus on plus nettement de l’instinct. Enfin arrive le moment ofi elle masque ti peu près complètement les opérations instinctives, où ce qui se fixe par hérédité, ce n’est plus l’aptitude à percevoir presque inconsciemment tel ou tel rapport, à accomplir à peu près automatiquement tels ou tels actes, c’est l’aptitude à rechercher et à découvrir des relations nouvelles, à improviser des actes en rapport avec les circonstances inattendues qui peuvent se produire, c’està-dire l’intelligence proprement dite. De là cette antinomie apparente entre l’intelligence et l’instinct, qui les a fait considérer comme deux l'aoullés exclusives l’une de l’autre (Perrier, Anatomie ol physiologie animales, p. 217).
7. Après que les instincts ont été acquis, certaines conditions particulières peuvent leur donner une immuabilité absolue. Telle a été, pour les Insectes, par exemple, la conséquence do l’apparition des saisons. La vie de ces animaux, à l’état adulte, s’est limitée à la durée do la belle saison ou à quelques semaines de cette saison; les générations successives ont été séparées les unes des autres. Les instincts acquis auparavant ont été conservés, mais toute expérience personnelle, toute éducation étant devenue impossible, sauf chez les Insectes sociaux, ces instincts sont devenus immuables.