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CAUSÉES PAR LE GEL

XC. — Sur la formation de glaçons dans l’intérieur des plantes. Bulletin de la SociéM botanique, avril 1860.

Il peut se former de la glace à l’intérieur des plantes ; la dureté des organes gelés, qui deviennent rigides et craquent quand on cherche à les plier, peut être considérée comme une preuve suffisante de la producliou de la glace dans les tissus ; mais on peut se demander quelle forme prend la glace dans les plantes, et dans quelles parties elle se montre.

On a admis que la glace se forme dans les cellules, mais le fait n’a jamais pu être directement constaté. En examinant, par la gelée, des parties succulentes de plantes durcies par le froid, et il n’est pas très difficile de faire d’assez bonnes coupes et de les observer au microscope, pourvu qu’on opère au dehors par un froid très vif et avecdes instruments refroidis, j’ai pu m’assurer qu’il y a dans les tissus de gros glaçons entre les cellules, mais que les cellules n’en contiennent pas.

Ces glaçons ne sont pas constitués par une masse homogène de glace, ils sont composés d’aiguilles de glace juxtaposées, et toutes à peu près parallèles les unes aux autres ; elles sont disposées perpendiculairement i la surface de l’organe, et par conséquent perpendiculairement aussi à h surface du glaçon. Leur forme n’est pas bien nettement arrêtée, elle rappelle assez bien celle de colonnes de basalte ; elles sont ainsi pressées lei unes contre les autres. Dans leur intérieur on voit de petites bulles d’aii qui se sont dégagées quand le liquide où cet air était dissous s’est congelé Des aiguilles de glace absolument semblables se forment quand on exposi à la gelée, à l’abri d’une évaporation trop rapide, une masse de tissu charni comme est une tranche de betterave. J’en ai fait une étude spéciale, et j’a: analysé en détail les phénomènes de la formation de la glace au milieu des

cette observation, que j’ai contrôlée moi-même, que le bois gelé ne laisse pas suinter de résine quand on le débite, comme cela a lieu pour le bois vivant. Cependant, de très nombreux échantillons que j’ai reçus de diverses provenances m’ont permis d’élablir positivement que le bois gelé présente, à l’analyse chimique, au moins autant de résine que le bois non gelé.

Le résine n’est, en aucune façon altérée par le froid, mais elle n’est plus expulsée des bois gelés. La connaissance des altérations que la gelée produit dans les tissus des végétaux permet d’expliquer très clairement ce phénomène.

Sous l’influence du froid, le liquide que contenaient les cellules en a élé expulsé; au dégel, il s’est écoulé entre les cellules mortes et a infiltré le tissu, laissant les cellules molles et flasques. C’est un tait qui a été constaté partout en Sologne ; les réponses aux questions que j’ai adressées aux propriétaires de forêts gelées ont été unanimes sur ce point, que le bois des Pins tués par la gelée fondait en eau au dégel, au dire des ouvriers chargés d’abattre les arbres et de les fendre. Les cellules qui perdaient ainsi leur contenu liquide n’étaient plus gonflées; or, c’est aux pressions qu’exercent sur la résine les cellules turgescentes qui entourent les canaux résinifères qu’est due l’expulsion do cette matière, aussitôt qu’on ouvre les conduits où elle est enfermée, comme on le fait quand, d’un coup de serpe, on entaille un tronc de Pin vivant. Dans le bols de Pin gelé, les canaux résinifères ne sont plus comprimés par les cellules contiguës, qui sont vides, et la résine ne s’écoule plus.

XCVI. — Enquête sur les dégâts causés par les froids de l’hiver 1879-1880.

XCVII. — Conditions qui influent sur l’intensité des dommages que le froid

J’ai pu profiter de l'hiver désastreux do 1879-1880 pour contrôler, dans une enquête générale sur les dégâts produits dans les cultures, les notions que j’avais acquises antérieurement, et expliquer des contradictions apparentes entre des faits signalés sur des points différents du vaste territoire de la France.

Chargé par le Ministre de l’Agriculture de dépouiller les nombreux

dégâts causés à l’horticulture par l’hiver de 1879-1880, j’ai eu connaissance d’un nombre extrêmement considérable de faits se rapportant aux effets du froid sur les plantes. J'ai été heureux d’y trouver la confirmation

Dans le rapport que j’ai adressé au Ministre de l’Agriculture, j’ai exposé les faits les plus généraux qui ressortaient de l’enquête, touchant l’influence du climat ordinaire des lieux, de leur altitude, du relief des terrains et de

cultivées au moment où le froid a été le plus rigoureux.

Dans le Mémoire publié dans les Annales de TInstitut agronomique, j’ai exposé les faits les plus saillants et les plus démonstratifs parmi ceux que j’ai recueillis dans ma longue enquête, tant sur les plantes de grande culture que sur les forêts et les cultures jardinières.

résister plus ou moins bien au froid, ne peut être faite avec précision qu’en

arbres, puis la protection des plantes par la neige. Enfin, dans la troisième partie, j’ai décrit les signes de mort des plantes réputées tuées par la gelée; la nature des blessures profondes produites par la formation des glaçons dans les tissus et leurs Conséquences; puis les conditions qui peuvent en favoriser la cicatrisation et la méthode que l’on doit conseiller d’employer dans les vergers pour obtenir ce résultat.

L’année précédente, on avait remarqué, au moment de la récolte, qu’un grand nombre de tubercules étaient mous, bien que paraissant sains à l’intérieur. Même dans les champs où on ne sema que des tubercules h

porte sur la plante elle-même; puis, examinant l'état dos tiges, j’ai reconnu que les pieds portant des tubercules mous offraient une altération très marquée de la partie inférieure de la tige ; elle avait été rongée sous terre. L’écorce attaquée jusqu’au bois, la décomposition s’y était produite surtout dans les parties tendres, avait gagné de proche en proche et la désorganisation de tous les tissus de la tige en avait été la conséquence. Parfois cependant, la plaie s’était cicatrisée, le pied portait alors des tuber-

se couvrir d'abord d’une mince couche de gomme, tandis qu’il se dépose du reste aussi de la gomme sur d’autres points dans les cellules. Puis les amas de fécule englobés dans la gomme diminuent progressivement, tandis que l’épaisseur de la couche de gomme qui les entoure augmente ; mais les deux substances présentent toujours leurs propriétés spéciales, bien tranchées et sans transitions. La fécule finit par disparaître en laissant le plus souvent une place vide au centre de la petite masse de gomme. Quand il se forme au milieu des tissus de grands foyers de pro-

blément; sinon, l’accroissement cesse sur ce point, un écoulement de gomme se produit, le tissu ligneux se nécrose et ne peut plus être recouvert que par des bourrelets des parties latérales où la couche génératrice n’est pas détruite.

Les tissus qui avoisinent les lacunes éprouvent dans leur développement une modification très importante : le cambium, au lieu de s’organiser en fibres ligneuses dans ces places, produit des cellules dans lesquelles se dépose en abondance de la fécule. 11 se forme donc ainsi dans chaque point où va se développer un foyer de gomme, un tissu particulier {parenchyme ligneux) qui n’existe pas dans les tiges saines et dont l’apparition est si intimement liée à la formation morbide de la gomme qu’on

néoplasie pathologique; un tissu morbide est produit par une transformation spéciale des aliments constitutifs du tissu normal.

dehors. Cependant les cellules qui bordent les lacunes, tout en commençant déjà à subir la dégénérescence gommeuse, manifestent encore cependant une grande activité formatrice. Elles grandissent et se ramifient d’une façon extraordinaire. Il n'est donc pas juste de ne voir, comme on l'a fait, dans la production de la gomme, qu’un phénomène purement passif et indifférent, comme un mode particulier de désorganisation d’un tissu mort. C'est une véritable maladie qui présente des caractères particuliers, et dans laquelle on voit l’activité vitale détournée de sa direction régulière se manifester encore énergiquement avant de s’épuiser.

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